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PUBLICATIONS DE L'ÉCOLE DES LETTRES D'ALGER 



BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE 



L'ATLAS MAROCAIN 



D'APRÈS LES DOCUMENTS ORIGINAUX 

PAR 

PAUL SCHNELL 

DOCTEUR ES LETTRES, PROFESSEUR A MUHLHAUSEN F. TH. 

AVEC CARTE 



TRADUIT AVEC L'AUTORISATION DE L'AUTEUR 

PAR 

AUGUSTIN BERNARD 

PROFESSEUR DE GÉOGRAPHIE DE L'AFRIQUE A L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DES LETTRES D'ALGER 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1898 



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PUBLICATIONS DE L'ECOLE DES LETTRES D'ALGEK 

BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE 



XXI 



L'ATLAS MAROCAIN 



L'ouvrage dont nous publions la traduction a paru en langue allemande dans 
le Supplément n° 103 des Mitteilungen de Petermann. (Gotha, Justus Perthes, 
1892.) Les éditeurs ont bien voulu en autoriser la reproduction. 



PARIS, 1MP. CAMIS KT C if; . — SECTION ORIENTALE A. RURDIN, ANGERS. 



PUBLICATIONS DE L'ECOLE DES LETTRES D'ALGER 



BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE 

L'ATLAS MAROCAIN 

D'APRÈS LES DOCUMENTS ORIGINAUX 

PAR 

PAUL SCHNELL 

DOCTEUR ES LETTRES, PROFESSEUR A MUHLHAUSEN I. TH. 

AVEC CARTE 



TRADUIT AVEC L'AUTORISATION DE L'AUTEUR 

PAR 

AUGUSTIN BERNARD 

PROFESSEUR DE GÉOGRAPHIE DE L'AFRIQUE A L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DES LETTRES D'ALGER 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

RUE BONAPARTE, 28 
1898 



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1138182 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

Préface du traducteur vu 



Introduction . . 1 



PREMIÈRE PARTIE 

Généralités. 

I. Histoire sommaire de l'exploration de l'Atlas Marocain ... 9 
II. Coup d'œil sur la genèse du système de l'Atlas et son articula- 
tion , . 43 



DEUXIEME PARTIE 

I. Le Haut Atlas 59 

II. Le Moyen Atlas 165 

III. L'Anti Atlas . 190 

IV. Le Djebel Bani 254 

V. Le sillon longitudinal entre le Haut Atlas et l'Anti Atlas . . . 257 

VI. Les hautes plaines entre le Haut Atlas et l'Océan 267 



Index des noms géographiques ..... 305 

Carte de l'Atlas Marocain, par Paul Schnell : échelle de 1/1 750.000. 
Environs de Maroc à 1/1.000.000. 



PRÉFACE 



Le Maroc, voisin immédiat de l'Algérie française, 
nous touche de si près que rien de ce qui le concerne 
ne saurait nous laisser indifférents. Aussi avons- 
nous entendu maintes fois exprimer le désir de voir 
paraître une traduction française de Y Atlas Marocain 
de M. Paul Schnell ; l'ignorance de la langue allemande, 
malheureusement encore si générale chez nous, même 
dans le public lettré, rendait cette traduction nécessaire. 

Il y a plusieurs manières de faire progresser nos 
connaissances sur la géographie du Maroc. La meilleure 
de toutes est assurément de l'explorer : c'est celle que 
M. de Foucauld, le plus grand des explorateurs du 
Maroc et une des gloires de l'exploration française, a 
employée avec tant de profit pour la science. Mais le 
Maghreb occidental est si fermé, les voyages y sont si 
difficiles et si dangereux, que bien rares sont ceux qui 
réussissent à y pénétrer et à y faire œuvre vraiment 
utile. Force est donc de recourir à d'autres procédés. 
On peut, comme l'a fait récemment avec beaucoup de 
bonheur M. Mouliéras, interroger les indigènes ren- 
contrés hors de leur pays d'origine et leur demander 



vin PRÉFACE 

des informations. On peut aussi — et c'est ce qu'a entre- 
pris M. Schnell — discuter et étudier de près les textes 
et les récits de voyages qui nous sont jusqu'ici parve- 
nus, les comparer les uns aux autres, les rapprocher, 
rejeter les témoignages suspects pour leur préférer les 
documents de bon aloi, et en tirer, par une critique 
attentive, des conclusions qu'ils ne comportaient pas 
au premier abord. 

C'est ainsi que M. Schnell est arrivé, au prix d'un 
travail de plusieurs années, à dresser sa remarquable 
carte de l'Atlas Marocain, dont le texte est le commen- 
taire et la justification. Les explorateurs tracent souvent 
leur itinéraire sans tenir compte des résultats acquis 
avant eux. Souvent aussi, la carte et le récit d'un voya- 
geur se contredisent, soit que la carte n'ait pas été 
dressée par le voyageur lui-même, soit que son inex- 
périence et son manque d'habitude l'aient trahi. On 
peut donc être induit en erreur lorsqu'on se borne, 
comme on le fait trop souvent, à consulter le docu- 
ment graphique sans le mettre en regard du texte 
qui y est joint. Certaines erreurs se perpétuent de 
cette manière dans la cartographie. M. Schnell en a 
corrigé plusieurs, et non des moindres ; il a, comme on 
le verra, apporté sur bien des points de très notables 
améliorations. Son ouvrage méritait donc d'être tra- 
duit, non pas seulement parce qu'il concerne le Maroc, 
mais aussi comme modèle de bonne méthode géogra- 
phique, de critique patiente et soigneuse des textes. 

M. Schnell se propose de consacrer au Maroc septen- 



PRÉFACE ix 

trional une carte et une étude analogues à celles qu'il 
a données des régions de l'Atlas 1 . Nous espérons que 
cette étude sera traduite à son tour, de manière à cons- 
tituer un travail complet sur le relief de la Berbérie 
occidentale. 

L'Atlas Marocain a paru dans les Mitteilungen de 
Petermann en 1892. Depuis lors, la géographie de 
cette région n'a guère progressé ; les quelques docu- 
ments recueillis, par suite d'une discrétion excessive et 
que rien ne justifie, sont demeurés inédits. Aussi n'a- 
vons eu, M. Schnell et moi, qu'un petit nombre de notes 
à ajouter pour mettre l'ouvrage complètement à jour. 
M. Schnell a bien voulu revoir les épreuves de la tra- 
duction française. 

L'orthographe que nous avons adoptée pour les 
noms de lieux n'a, comme on s'en apercevra de reste, 
rien de systématique, et ne prétend pas à une exactitude 
impossible dans l'état actuel des connaissances. (Test 
en général l'orthographe du Service géographique de 
l'armée ou celle des documents originaux. En pareille 
matière, il suffit, croyons-nous, de se conformer à l'u- 



sage, 



M. René de Flotte, l'auteur de la meilleure carte 
française du Maroc, nous a donné, avec le plus complet 
désintéressement, le concours de son beau talent pour 
la reproduction de la carte de Y Atlas Marocain. Grâce 



1. Nord-Marokko : pour paraître en 1899 dans les Petermunns Ergànzun- 
gen (Gotha, Justus Perthes). 



x PRÉFACE 

à sa connaissance profonde de la région, il a fait œuvre 
non seulement de cartographe, mais de véritable géo- 
graphe. M. de Flotte se prépare, par des travaux de 
ce genre, à devenir à son tour un explorateur du Maroc 
et à marcher sur les traces glorieuses du vicomte de 
Foucauld. 



A. B 



L'ATLAS MAROCAIN 



INTRODUCTION 



C'est un fait remarquable que la région de l'Afrique la 
plus rapprochée de l'Europe et qui n'en est séparée que par 
le détroit de Gibrallar, large de 14 kilomètres, soit restée 
la plus fermée à nos connaissances géographiques. Par un 
singulier enchaînement d'événements historiques, la plus 
fréquentée des routes maritimes du globe est devenue une 
des frontières les plus marquées entre l'islam et la chré- 
tienté. Le massif montagneux qui borde au nord le conti- 
nent noir, quoiqu'il ait subi jadis, plus que toute autre partie 
de ce continent, l'influence de la civilisation européenne, 
est demeuré jusqu'au milieu de notre siècle, et en grande 
partie jusqu'à aujourd'hui, au point de vue politique une 
Chine de l'Occident, au point de vue géographique une 
terra incognito,. 

C'est ce qui explique pourquoi la géographie des pays 
de l'Atlas et particulièrement du Maroc a été si rarement 
l'objet d'une description spéciale. Depuis le travail fonda- 
mental de Ritter (1822)*, il n'y a presque pas eu d'ou- 
vrage qui ait envisagé sous tous ses aspects la géographie 
de cette contrée. En 1846, Renou publiait sa Description 

1. Erdkunde, 2 Aufl., t. ï, p- 883-92?. 



2 L'ATLAS MAU0CA1N 

de f empire du Maroc*, œuvre qui lit époque, mais dont le 
but principal élail l'examen critique des matériaux (360 p.) 
sur lesquels est établie sa carte du Maroc au 1/2. 000. 000''; 
les autres considérations géographiques étaient assez 
négligées. Dans une sorte d'appendice intitulé: Description 
géographique proprement dite (p. 358-398), Renou cherche 
à donner une description réellement géographique, mais 
l'histoire, les productions, la population et le climat du 
pays y occupent tant de place, qu'il reste à peine quelques 
pages (p. 375-377) pour les principaux traits du relief du 
sol. 

La partie consacrée aux pays de l'Atlas par Gumprecht 
( 1 853), dans Slein-Wappa3us, Handbuch der Géographie und 
Statistik*, contient une description géographique beaucoup 
plus complète. 11 emprunte à Renou la division du relief 
du Maroc en zones, mais rattache ces zones à celles de 
l'Atlas oriental, qu'il regarde comme leur continuation. D'a- 
près lui 3 , toute la Rerbérie montagneuse se divise en quatre 
bandes parallèles qui se succèdent du nord au sud : une 
zone côtière montagneuse, une zone de plaines qui se 
poursuit sans interruption depuis l'Atlantique jusqu'en Al- 
gérie et en Tunisie, une seconde zone montagneuse, consti- 
tuée par le « Haut Atlas » et l'Atlas saharien du sud de l'Al- 
gérie, regardé comme sa continuation ; enfînle Sahara. Cette 
conception des pays de l'Atlas envisagés comme une unité 
orographique était encore affermie chez Gumprecht par 
l'analogie des conditions géognostiques \ telle qu'on se 
l'imaginait alors d'après une reconnaissance incomplète 
des régions côtieres de l'Algérie et du Maroc ; cette manière 

1. Exploration scientifique de V Algérie, t. VIII. 

2. Teil II, 1 Abt., p. 18-51. 

3. P. 18-19. 

4. Ibid., [». il. 



INTRODUCTION 



de voir domina pendant un quart de siècle et persiste 
encore en partie aujourd'hui 1 . Les chapitres relatifs à 
l'Atlas dans la 2 e édition du Manuel de v. Klœden, posté- 
rieure de neuf ans au travail de Gumprecht, el qui lui sont 
d'ailleurs très inférieurs en profondeur et en clarté, ont 
exercé peu d'influence sur les idées admises relativement 
à l'orographie des pays de l'Atlas. 

On peut citer encore quelques ouvrages parus vers 1860, 
plutôt pour être complet qu'à cause de leur importance 
géographique. Godard, Description et histoire du Maroc 
1861), et Barbie du Bocage, Le Maroc 2 , n'ont plus qu'un 
intérêt historique, tandis que les deux contributions de 
Beaumier 3 (1869) et Craig ; (1870) reposent presque uni- 
quement sur des observations personnelles de ces auteurs 
et conservent aujourd'hui une valeur scientifique. 

Déjà avait commencé (depuis 1860) le grand essor de 
l'exploration du Maroc; il en résulta pendant les dix 
années suivantes un grand nombre de travaux de détail, 
de nature à détourner d'entreprendre une étude critique 
plutôt qu'à y inviter. Ge n'est qu'en 1881 que Ghavanne 
entreprit, dans son Afrika im Lichte unserer Tage*, de pré - 
senter un tableau d'ensemble des principaux résultats de 
l'exploration de l'Atlas : mais ce tableau rapide ne pouvait 
donner une critique des sources, ni même les indiquer 6 , 
et perdait par suite de sa valeur scientifique. Il faut recon- 



1. Blanckenhorn, Der Atlas, dus nordafrikanische Faltengebirge, Justus 
Perlhes, Gotha, 1838, p. 3. 

2. B. S. G. P., 1861, t. 1, p. 416-457; t. II, p. 25-45, 120-132. 

3. B. S. G. P., 1867, t. XIV, p. 5-51. 

4. B. S. G. P., 1870, t. XIX, p. 177-203. 

5. A. Hartleben, Wien, p. 7-19. 

6. L'indication des sources dans la contribution Die miltlere Hôhe 
Afrikas (Mitteil. d. h. h. geogr. Ces. in Wien, 1881, t. XIV, p. 347-349) 
ne comble pas cette lacune. 



L'ATLAS MAROCAIN 



naître néanmoins que Chavanne a rendu le service de 
montrer combien les idées générales sur l'Atlas reçues 
depuis Gumprecht étaient inexactes, et de les remplacer 
par des vues mieux en harmonie avec l'étal des découvertes 
à cette époque. Il distingue trois parties qui se succèdent 
d'ouest en est, et dont les limites coïncident à peu près 
avec les divisions politiques. Le travail de Chavanne, malgré 
le temps relativement court qui s'est écoulé depuis sa 
publication, est aujourd'hui tout à fait dépassé par suite des 
progrès des reconnaissances. La conception du système 
de F Atlas fait place de plus en plus à une autre, mieux en 
harmonie avec les données actuelles, et qui se montre déjà 1 
dans La Terre' 1 de Reclus (1886) 3 . Cette dernière œuvre, 
en vertu de son plan, ne poursuit pas un but purement 
scientifique, mais contient cependant çà et là des idées gé- 
nérales dignes d'attention sur la structure orographique, 
idées d'ailleurs un peu noyées dans la masse des remarques 
ethnographiques et autres. Reclus put déjà utiliser, pour 
sa description du relief du Maroc, quelques-uns des résul- 
tats des remarquables voyages de De Foucauld (lfc83-84), 
mais ici encore, le caractère de l'œuvre ne comportait pas 
une critique approfondie des sources. 

Cette courte revue des contributions d'ensemble au 
sujet de la région qui doit nous occuper montre combien 
peu de travaux satisfaisants lui ont été consacrés. La carto- 
graphie est un peu plus avancée, et l'année \ 887 a apporté 
deux représentations de l'Atlas marocain qui marquent 
un grand progrès sur les précédentes. La feuille IV de la 



1. Nous ne parlons pas de la 4 e édition du Manuel de Klœden (1884), car, 
sauf l'indication de quelques résultais d'explorations, elle reproduit dans 
l'ensemble Celle ci-dessus mentionnée. 

2". T, XI, p. 135-770. 

3. lbid., p. 304. 



INTRODUCTION .'i 

Carte d Afrique de Lannoy de Bissy au 1/2.000.000" se 
dislingue par l'abondance des matériaux utilisés, aussi 
bien pour les parties réellement explorées que pour celles 
qu'on ne connaît que par renseignements. Malheureuse- 
ment le cartographe, dans son effort pour donner une image 
aussi complète que possible, est allé trop loin et a sur- 
chargé la carte d'une foule de détails dont la valeur est 
souvent douteuse. La représentation du relief (gris bleu) 
et des eaux (bleu) n'est pas de nature à accroître la clarté 
de l'ensemble. 

La même année (1887) a paru \&Spezialkarte von Afrika 
de Habenicht au 1/4. 000. 000 e , feuille I, 2 e édition. C'est 
une refonte de la l rc édition, parue deux ans avant 1 ; elle 
s'appuie principalement sur la carte de Lannoy de Bissy. 
Elle n'en diffère que dans les détails et pas toujours avan- 
tageusement, comme, par exemple, dans le figuré de la 
région comprise entre l'Anli Atlas occidental traversé par 
Lenz et le Draa inférieur; cependant la carte de Habenicht 
a rendu le grand service de représenter les chaînes princi- 
pales de la région montagneuse d'une manière plus claire 
et avec un coloris plus apparent que la carte française ; 
elle facilite aussi l'étude du terrain en donnant un plus 
grand nombre de chiffres d'altitudes bien choisis. Pour une 
description détaillée, on ne peut se servir ni de la carte 
française, ni de la carte allemande à échelle moitié moin- 
dre. Cela tient avant tout à l'insuffisance des matériaux 
mis à la disposition des cartographes. Les itinéraires des 
explorateurs marocains indiquent les positions d'une ma- 
nière insuffisante et figurent le terrain sans précision, 
probablement parce que la plupart de ces itinéraires n'ont 
pas été dressés par les explorateurs eux-mêmes. Souvent 

1. V. texte accompagnant la feuille 1, 2 e édition. Une 3 e édition a paru en 
1892. 



6 L'ATLAS MAROCAIN 

ils sont, comme nous le verrons au cours de notre étude, 
en contradiction absolue avec le texte qu'ils sont destinés 
à (Vlaircir, mais avec le secours duquel on doit, au con- 
traire, les rectifier. 

En 1890, Andrée et Scobel 1 ont publié une nouvelle édi- 
tion de leur carte d'Afrique, qui, malgré sa petite échelle 
(1 /10.000.000 e ), représente la région qui nous occupe avec 
assez de netteté. Elle a en outre utilisé les résultats récents 
des explorations de Thomson (1888) ; cependant elle ne l'a 
pas fait partout autant qu'on aurait pu le souhaiter; par 
exemple dans la région montagneuse située au sud de la 
capitale, où l'on n'a pas eu égard non plus à des résultats 
anciens mais importants. Le point le plus important et 
peut-être le mieux déterminé de la chaîne principale, le 
Tizi Tagherat, n'a pas été reporté. Mais surtout le figuré 
des principaux traits de l'orographie ne correspond pas à 
Félatactuel desconnaissances. Andrée etScobel,s'appuyant 
sur la carte de Lannoy plutôt que sur celle de Habenichl, 
cependant plus avancée sous ce rapport, reproduisent l'idée 
ancienne qui- fait du Djebel Aïachin (32° 30' lai. N., 4<> 40' 
W. Gr.) le nœud d'où une série de chaînes rayonnent vers 
le nord 2 . Une autre erreur rend la figuration des chaînes 
du nord-est marocain encore plus inexacte : la ceinture 
orientale de la vallée de la Moulouïa, le Rekkam, par une 
exagération d'un trait déjà trop fort de Lannoy, est devenu 
un contrefort du « Haut Atlas », reliant celui-ci avec 
l'Atlas tellien à Debdou. L'Anti Allas est représenté d'une 
manière défectueuse dans ses parties est et ouest : dans 
l'est, Ilabenicht donne la terminaison exacte, à savoir au 
nord de l'oasis de Kenadsa, tandis que Andrée et Scobel 

1. Chez Velhagen etKlasing, Bielefeld. 

2. C\. Beaudoin, Carte 'lu Maroc, 1848 3 cl H. Kieport, Bcmerkungcn, 
in Zeitschr. f. allgem. Erdk., Berlin, 1<SG0, N. F., I. VIII, p. 82-90. 



INTRODUCTION 7 

(avec de Foucauld) le font finir au Djebel Saghro; dans 
l'ouest, le système montagneux est représenté comme un 
haut plateau, ce qui contredit les données de tous les 
explorateurs de cette région. La carte présente des l rai t s 
inexacts non seulement dans la chaîne proprement dite, 
mais encore dans les étages qui précèdent le versant nord- 
ouest du « Haut Atlas », région que nous étudierons plus 
loin en détail. En somme, cette nouvelle carte d'Afrique, 
quelle que soit sa valeur pour la géographie d'autres par- 
ties de ce continent, ne fait faire aucun progrès à la carto- 
graphie du Maroc. La carte d'Afrique de Liiddecke 1 au 
1/10.000.000°, parue peu après, reproduit pour notre ré- 
gion la carte de Habenichh. 

Pour la géographie de l'Atlas marocain, aussi bien 
quant à la description verbale que quant à la représenta- 
lion cartographique, le besoin d'une critique approfondie 
des sources se fait vivement sentir. Le présent essai s'ef- 
force de combler cette lacune. 

Pour mieux comprendre comment cette région est 
entrée peu à peu dans le cercle de nos connaissances géo- 
graphiques, il nous faut d'abord rappeler brièvement l'his- 
toire de son exploration. 

1. Juslus Perthes, Golha. 

2. Les cartes d'Afrique parues en France depuis la publication de 
l'ouvrage de M. Schnell (1892) l'ont grandement mis à profit, sans d'ail- 
leurs le faire oublier ni le rendre inutile. Les principales de ces caries 
sont : 1° la Carte d'Afrique au 1/10.000.000° publiée par les soins de la 
Société de Géographie de Paris, H. Barrère, éditeur, l re éd. 1895, 2 e éd. 
1897; 2° la Carte d'Afrique au 1/10.000.000° de M. Chesneau (extraite 
de Y Atlas Vivien de Saint-Martin;, Hachette éditeur, l re éd. 1896, 2 e éd. 
1897; 3° l'importante Carte du Maroc au 1/ 1.0O0.000 e en 2 feuilles de 
M. René de Flotte de Roquevaire, avec index bibliographique, H. Bar- 
rère éditeur, 1897 : nous avons donné un compte-rendu sommaire de 
cette dernière carte dans Bull, de la Soc. de Géogr. d'Oran, 1897, p. 63. 

(iVo/e du traducteur.) 



PREMIÈRE PARTIE 

GÉNÉRALITÉS 



CHAPITRE PREMIER 

HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION DE l' ATLAS MAROCAIN 



1. —Jusqu'à Ritter [1825). 

Au commencement de notre histoire, le Nord-ouest 
africain était en dehors du domaine des peuples civilisés, 
qui se groupaient autour du bassin oriental de la Méditer- 
ranée. De même qu'en Espagne et dans le midi de la 
France, ce furent les Phéniciens qui nouèrent les pre- 
mières relations commerciales avec les populations des 
côtes (vers 1150 av. J.-C). C'est par ces navigateurs que 
les Grecs eurent la première notion des chaînes de l'Atlas ; 
mais les poètes en obscurcirent la conception \ faisant de 
la montagne, élevée jusqu'aux nuages, un Titan qui sup- 
portait le globe du monde. Ils ne nous ont guère laissé 
autre chose que le nom d'Atlas, qui est très vraisembla- 

1. Vivien de Saint-Martin, Le Nord de l'Afrique dans l'antiquité, Paris, 
1863, p. 489. 



10 L ATLAS MAROCAIN 

blement une forme, adoucie dans la bouche des Grecs, du 
\)<>v\)bre,Adnir (montagne)'. Les premiers renseignements, 
encore bien vagues d'ailleurs, se trouvent dans Hérodote, 
qui les a empruntés (448 av. J.-G.) aux colons grecs de 
Cyrène, mais paraît ignorer la circumnavigation de la 
côte ouest de l'Afrique, accomplie cent ans environ avant 
lui par Hannon de Cartilage (entre 600 et 500 av. J.-C.) 3 . 
Les cent lignes du P6 5 /7/;/ed'Hannon, gravées dans le temple 
de Garthage (traduites en grec vers 350 av. J.-C), furent 
pendant plusieurs siècles la principale source des idées 
qu'avaient les anciens sur la côte atlantique de l'Afrique 3 . 
La géographie positive de l'intérieur du Nord-ouest de 
l'Afrique ne commence qu'avec la conquête du pays par les 
Romains (146 av. J.-C). Les plus grands colonisateurs de 
l'antiquité pénétrèrent profondément dans les plis de la 
région montagneuse et, au delà de sa lisière méridionale, 
dans le désert, utilisant partout avec leur intelligence émi- 
nemment pratique les ressources naturelles du sol pour dé- 
velopper la civilisation et ouvrir le pays. Des restes nom- 
breux et étendus de villes s de travaux hydrauliques 5 , de 
roules 6 et d'exploitations minières 7 témoignent de leur tra- 

1. Washington, Journal of the Roy. G. S. London, 1830-31, p. 140; 
Vivien de Saint-Martin, Nouv. Dict. de géogr. univers., article Atlas ; Vivien 
de Saint-Martin, Le Nord de V Afrique, p. 154. 

2. Vivien de Saint- Mai-lin, Le Nord de V Afrique, p. 328, 330-333, 490. 

3. Jbid., p. 331 et 401. 

4. J. Du val, Tableau de la situation des établissements français en Al- 
gérie (B. S. G. P., 1865, t. X, p. 127). 

5. B. S. G. P., 1867, t. XIII, p. 136. 

6. Ch. Tissot, Itinéraires de Tanger à R'bat (B. S. G. P., 1876, t. XII, 
p. 235-288, carte au 1/500. 000 e ). Cf. Lenz, Timbuklu, I, p. 321-323. Lenz 
croit avoir découvert dans le pont sur l'Oued el Ghas au sud de l'Oued 
Sous un ancien pont romain, etc. D'Avezac, Tableau de la situation, etc., 
t. III. Jannasch, Handelsexped., 1886, p. 186, mentionne des ruines dans 
l'Oued Noun. 

7. Ch. Tissot, Géog. comparée delà province romaine d? 'Afrique ^ Paris, 188 i. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION il 

vail civilisateur deux fois séculaire, mais qui malheureu- 
sement n'a presque pas laissé de traces dans les connais- 
sances géographiques de l'Europe. Un petit nombre 
seulement d'expéditions de généraux romains nous sont 
connues, et encore surtout par les récits incomplets et obs- 
curs de Pline. Les principaux documents sont : le récit 
tronqué du voyage maritime de Polybe ! (vers 1 45 av. J u -C. ) 
sur les côtes de la Maurétanie, des citations des écrils 
perdus de Juba le Jeune (vers 30 av. J.-C), sur le pays et 
les habitants de Numidie et de Maurétanie, et les quelques 
lignes sur la traversée de l'Atlas par Suetonius Paulinus 3 
(41-42 ap. J.-C.) qui contiennent le nom indigène de la 
montagne, Dyrin 3 , que Strabon avait déjà donné vingt ans 
auparavant. Si l'on ajoute la remarque de ce dernier écri- 
vain, que la partie principale de la chaîne se trouve en 
Maurétanie, mais que ses contreforts s'étendent à travers 
la Numidie jusqu'aux Syrtes 4 ,on a les principaux résultats 
géographiques qui ont subsisté depuis l'époque de la 
domination romaine. Rapprochés, dans la carte de Pto- 
lémée, d'autres données qui ne nous ont pas été trans- 
mises 5 , ces résultats donnent une idée des connaissances 
défectueuses que les peuples civilisés ont eues de ces ré- 
gions à la fin de l'antiquité. 

1. Pline, Hist. r. n., I. V, i, 1. 

2. Ibid. Sur le point de. dépatt de l'expédition, v. Bail, Notes on the 
geogr. of South Marocco, in tlooker's Journal of a tour in Mar., 1878, 
Appendix G, p. 376, et Reichard, L°, Niger, le Nil, le Gir(B. S. G. P., I8i4, 
t. I, p. i72-173) en opposition avec Vivien de Saint-Martin, Le Nord de 
l'Afrique, p. 106. 

3. Cf. la dénomination indigène actuelle pour certaines parties du 
Haut Atlas : Adrar n' Deren. 

4. Nouv. Bict. de géogr. univers., art. cité. 

5. Vivien de Saint-Martin, Le Nord de l'Afrique, p. 239; Mvmoircs de 
VAead. des Inscript, et Belles-Lettres, 1759, t. XXVI, p. 04 : Tabula ad 
Ptolemaicam descriptionem exacta. 



12 L'ATLAS MAROCAIN 

Avec la chute de l'empire romain et de ses colonies, 
l'Afrique du Nord disparut de nouveau de l'horizon de 
l'Europe. L'œuvre de destruction qu'avaient commencée 
les Vandales et les Suèves fut achevée par les musulmans, 
qui élevèrent leur civilisation sur les ruines de celle des 
Romains et fermèrent pour des siècles le pays aux « in- 
fidèles ». 11 en résulta que la carte fautive du géographe 
alexandrin, avec sa représentation absolument inexacte, 
resta pendant mille ans en Europe le fondement de 
toutes les idées sur l'Afrique du Nord; car les cartes du 
moyen âge, de Fra Mauro, etc., ne sont que des va- 
riantes fantastiques de ce modèle classique, qui, à l'époque 
de la Renaissance, obtint même un nouveau crédit 1 . 

Les descriptions des savants voyageurs arabes du xi e au 
xvi e siècle (Ibn Khaldoun, Edrisi (1154), Léon l'Africain 
v. 1517, etc.), qui ont encore aujourd'hui un intérêt his- 
torique à cause de l'abondance des noms géographiques, 
mais qui ne doivent être utilisés qu'avec précaution à 
cause de leurs conceptions insuffisantes et défectueuses 2 , 
n'ont eu aucune influence durable sur le progrès de la 
géographie en Europe; les copies qui nous sont par- 
venues sont fort défectueuses et sans aucune critiques ; 
elles ne sont d'ailleurs devenues accessibles à un public un 
peu étendu que plusieurs siècles après, beaucoup d'entre 
elles même seulement dans la seconde moitié de notre 
siècle. 

Du fatras des principaux renseignements, souvent dif- 
ficiles à concilier, fournis par les anciens et les modernes 



1. Cf. H. Kiepert, Aeltere Vcrsuche afrihan. Kartographie (Zeitschr. d. 
Ges. f. Erdk., Berlin, 1873, t. VIII, p. 160-162. Cartes). 

2. Cf. Be;.umier, Le Maroc (B. S. G. P., 1867, t. XIV, p. 6); Bail, op. d*., 
p. 378. 

3. Cf. Kiepert, op cit., p. 161. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 13 

(Pline, Ptolémée, Léon), l'écrivain avec lequel commence 
la géographie critique de l'Afrique, Bourguignon d'Anville \ 
tira pour la première fois, au milieu du xvm e siècle, les 
quelques faits géographiques vraiment établis : s'ap- 
puyant sur les excellentes remarques et informations de 
Thomas Shaw 2 , il dressa la première carte qui donne une 
idée des systèmes montagneux du Nord-ouest africain, 
avec une clarté étonnante pour l'époque, et avec une ac- 
centuation singulière de la séparation de l'Atlas marocain 
comme Atlas proprement dit. 

Des recherches nouvelles sur l'articulation du sys- 
tème montagneux de la lisière nord-africaine furent failes 
par l'Espagnol Badia (Ali-Bey) 3 ; dans son voyage de Fez 
à Oudjda, contrairement à l'opinion de d'Anville 4 et de 
Jackson 3 , qui croyaient que l'Atlas marocain régnait 
depuis le cap Noun jusqu'à la montagne des Singes à l'est 
de Tanger, Badia se rendit compte que les chaînes côtières 
du Rif sont séparées du système principal par un profond 
sillon dont les eaux, réparties par un faible mouvement de 
terrain, vont à l'est à l'Oued Moulouïa, à l'ouest à l'Oued 
Sebou. 

Ainsi le système montagneux des pays de l'Atlas était 
déjà, au commencement de ce siècle, assez clairement 
connu dans ses grandes lignes pour que Ritter, le premier 

i. Mémoires de l'Acad. d. Inscrip. et Belles-Lettres, 1759, t. XXVI, 
p. 80-81 ; carte, p. 64. 

2. Shaw fut sept ans (jusqu'en 1732) chapelain à Alger; dans ses Travels 
or observations relating to several parts ofBarbary and the Levant (Lo-ndon, 
2 e éd., 1757) il donne des remarques de grande valeur sur la région 
marocaine voisine de l'Algérie, encore aujourd'hui peu connue, remarques 
qui sont accompagnées d'uue carte. 

3. Ali-Bey-el-Abassi, Voyage en Afrique et en Asie pendant les années 
1803-1807, Paris, 1814, carte. 

4. Cf. carie cit. 

5. An account of the empire Marocco, 2 e éd., London, 1811, p. 10. 



li L'ATLAS MAROCAIN 

géographe qui, avec un grand sens divinatoire, ait essayé 
de composer un tableau d'ensemble avec ces matériaux 
encore bien insuffisants, put écrire les lignes suivantes 1 : 
« Entre le Petit-Atlas, qui accompagne la côte de la Médi- 
terranée de Tanger au cap Blanc, et le Grand-Atlas qui, 
d'après Edrisi 2 , s'étend à la lisière nord du Sahara depuis 
le pays du Sous jusqu'au Nefousa, se trouve un large pla- 
teau traversé dans diverses directions par des chaînes de 
moyenne hauteur : c'est le Moyen-Atlas, qui à l'ouest s'é- 
lève par étapes jusqu'au Haut- Atlas, dont lea chaînes pa- 
rallèles, à partir du Rif marocain, se dirigent au sud-ouest 
et vont finir entre l'Oued Draa et le cap Ghir. Au sud de 
Tlemcen, le Petit Atlas s'appuie aux flancs abrupts du 
Grand-Atlas. » 

Cette première étude des sources donnait à la science 
géographique une nomenclature peu caractéristique, qui 
n'a commencé à vieillir que de nos jours, et qui ne cor- 
respond plus à l'état de nos connaissances. 



2. — 1825-1850. 

Avec l'entrée des Français à Alger (1830), il se produit, 
dans l'exploration de la partie orientale des pays de l'Atlas, 
un changement qui se fait également sentir dans la géo- 
graphie du Maroc ; le commerce avec les caravanes ma- 
rocaines apportait des renseignements qui permirent aux 
géographes critiques français, notamment à d'Avezac 3 et à 

1. Op. cit., p. 886-895. 

2. Géographie d'Edrisi, traduite de l'arabe en français par Amédée Jau- 
berl Recueil de voyages et de mémoires, t. V, p. 210). 

Sur remploi de quelques nouveaux documents pour la rectification du 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION | , 

Walckenaer 1 , savants éminents, de rectifier et de com- 
pléter les cartes dressées par d'Anville, Jackson, elc. 

Quelques voyages de découvertes datent aussi de celte 
époque. En 1826-28 le Français Caillié 2 , venant du Soudan, 
traversa l'Atlas marocain par la route de caravanes Tafilell- 
Fez, et rapporta, à côlé des premières notions sur la nature 
du Sahara occidental, un itinéraire, déterminé d'ailleurs 
d'une manière très défectueuse 3 . En 1829, le lieutenant 
Washington 4 , qui accompagnait une ambassade anglaise à 
Marrakech, chercha à pénétrer dans l'Atlas au sud de la 
capitale, mais ne parvint dans la vallée do Tasserimout 
(Oued Mesfioua) que jusqu'à une altitude de 1,950 mètres, 
où ses compagnons marocains le forcèrent au retour à 
cause de la neige qui commençait en cet endroit. Nous lui 
devons, à côté d'une série de déterminations de positions 
astronomiques en dehors de la chaîne, qui confirment en 
grande partie celles de Badia, la première détermination 
de latitude d'un point dans la chaîne même; encore au- 
jourd hui, cette détermination a une extrême importance 
pour la situation de la région au sud-est de la capitale, 
mais, chose remarquable, elle n'est pas prise en considé- 



canevas géodesique d'une partie de l'Afrique septentrionale (B. S. G. P., 
1836, t. V, p. 5-38 ; carie, p. 144) ; Notes sur quelques itinéraires de l'Afri- 
que sept. {B. S. G. P., 1840, t. XIV, p. 216-223); Tafilet, l'ancienne Segcl- 
mesah {B. S. G. P., 1840, t. XV). 

1. Walckenaer, Recherches sur la géogr. de l'intérieur de l'Afrique 
sept. 

2. René Caillié, Voyage à Tombouctou et à Jcnné, elc. (B. S. G. P., 
1. XIII, 1830, p. 215-234). 

3. V. les deux constructions de l'Itinéraire par Jomard et d'Avezac, loc. 
cit. 

4. Journal of the Royal Geogr. Society, London, 1830-31, p. 123-155. 
carte au 1/1. 650. 000 e . Traduction française défectueuse avec remarques 
tirées de Lemprière, Tour from Gibraltar to Tangier, etc., 1793, dans 
6. S. G. P., t. XVI, 1832. 



10 L'ATLAS MAROCAIN 

ration dans les cartes les plus récenles ; c'est sans doule 
que celte donnée se trouve seulement dans le lexte et non 
sur la carte, comme les autres déterminations. Washington 
rapporta en outre les premières mesures barométriques 
d'altitudes, celles de deux points du système montagneux. 

11 n'atteignit pas la chaîne même, mais évalua de la capi- 
tale, par un calcul trigonométrique, l'altitude d'un sommet 
dominant près de la source du fleuve suivi par lui (Dj. Milt- 
zin, 11.400 pieds) : résultat qui, malgré l'insuffisance de 
l'évaluation de la base 1 , avait en ce temps quelque impor- 
tance à côté de la donnée de Badia* (13.100 pieds), et à 
l'encontre des appréciations exagérées de Jackson 3 (29.6 10 
pieds) et de Graberg de Hemsô 4 (28.000 pieds). La mon- 
tagne a longtemps figuré dans les atlas 5 ; Lannoy de Bissy 
et Habenicht ne la donnent plus : cependant les explora- 
teurs modernes l'ont reconnue d'après le dessin et le profil 
donné par Washington, quoiqu'ils n'aient pas recueilli le 
même nom de la bouche des indigènes. Les remarques 
générales de Washington sur le relief du sol de la région 
deux fois traversée par lui, entre le « Haut Atlas » et l'O- 
céan, ainsi que ses renseignements sur les conditions géo- 
logiques de cette région (les premiers après ceux de Badia) 
et d'une partie du système principal, ont encore aujour- 
d'hui une grande valeur. 

Six ans après (1835), le lieutenant de vaisseau Arlett 6 



1. Cf. Hooker, Journal of a tour in Marocco and the Great Atlas, Mac- 
millan et G , London, 1878, p. 155. 

2. Op. cit., p. 279. 

3. Op. cit., p. 10. 

4. B. S. G. P., 1840, t. XIII, p. 174. • 

5. A.Petermann, Karte des Mittcllàndlschen Meercs, 1/3.500.000°, 1880. 

6. West coast of Africa, surveyed by Lieutenant Arlett, R. N., 1835, 
2 sheels. Trad. fr. du texte du J. R. G. S., London, 1836, dans B. S. G. P., 
1837, t. VII, p. 5-48. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 17 

effectua des mesures de grande importance pour la posi- 
tion cartographique de la côte atlantique ainsi que pour la 
détermination des altitudes dans son voisinage. Ces me- 
sures rectifièrent les vieilles cartes de Borda (1768) et 
Boteler (1826). Un service notable rendu par Arlett est la 
fixation précise des contreforts occidentaux de la chaîne, 
ce qui profita beaucoup à la connaissance de l'articulation 
de l'Atlas marocain. 

Le dernier voyageur à nommer pour cette période est 
Davidson 1 . Ses itinéraires au nord du « Haut Atlas » per- 
mirent de déterminer la position d'une série de loca- 
lités entre la capitale et la côte,, qu'il fut le premier Euro- 
péen à visiter. Ils sont depuis longtemps remplacés par 
des levés exacts, tandis que les résultats de ses explora- 
tions dans les contreforts occidentaux de l'Anti Atlas 2 
peuvent encore servir aujourd'hui à éclairer cette région 
d'un accès si difficile. 

Comme conclusion des travaux critiques fondés sur les 
résultats positifs de ces explorations, il faut mentionner 
l'ouvrage et la carte de Renou (1846), composés avec une 
connaissance très complète des sources anciennes et mo- 
dernes, et la carte de Beaudouin' (1848); cette dernière sur- 
tout est encore aujourd'hui la source unique pour beau- 
coup de contrées, et les explorateurs les plus renommés 4 
l'ont déclarée excellente en beaucoup de parties. Au point 
de vue d'une critique sévère, Kiepert, dans les remarques 

1. African Journal, édité seulement pour les amis de l'explorateur» 
extraits dans Renou, Description, p. 188-189. 

2. Renou, Description, p. 55-56, 69-70. 

3. Carte de Vempire du Maroc, par le capit. d'état-major Beaudouin, 
réduite et gravée au Dépôt de la guerre, Paris, 1848. 

4. Hooker, Journal, etc., p. 384; Golville, A ride in petticoats and slip- 
pers, London, Sampson Low, 1888, p. 328; Erckmann, Le Maroc moderne, 
Paris, 1885, p. 4. 



18 L'ATLAS MAROCAIN 

jointes h sa carte de la partie septentrionale du Maroc 1 , 
reproche avec raison à Beaudouin d'avoir eu trop peu 
d'égard, dans la représentation cartographique de ses in- 
formations, aux acquisitions géographiques solides, et 
d'avoir laissé trop de part à la fantaisie. La carte 2 du sa- 
vant allemand se fait remarquer non seulement par l'uti- 
lisation judicieuse de tous les matériaux, mais encore par 
ceci, que les parties effectivement explorées sont distin- 
guées cartographiquement de celles qu'on ne connaissait 
que par informations ; en outre les altitudes, conformes à 
ce qu'on savait alors, sont données en trois couleurs, seu- 
lement dans leurs contours généraux. Cette carte donne 
l'image la plus fidèle de notre connaissance du Maroc 
septentrional vers le milieu de ce siècle.. 



3. — 1850 à nos jours. 

Pour le Nord-ouest africain, de même qne pour l'Afrique 
en général, commence dans la seconde moitié de notre 
siècle l'exploration exacte et scientifique, qui ne se con- 
tente pas de renseignements recueillis dans les pays voi- 
sins, mais pénètre dans le pays même à explorer. 

Les Espagnols, par leur campagne victorieuse (1860), 
rompirent le charme qui, depuis la bataille de Ksar-el- 
Kebir, si malheureuse pour les Portugais (1578), dérobait 
complètement le Maroc à l'influence du monde chrétien, 
et la conférence de Madrid facilita notablement aux Euro- 
péens l'accès et le séjour dans cet État; l'Europe se mit 
alors à souhaiter vivement connaître de plus près ce pays 



1. Zeitschr. f. allgem. Erdk., Berlin, 1860. N. F., t. VIII, p. 82-90. 

2. IbuL, taf. 1, 1/2.000.000°. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 19 

sur lequel couraient encore les recils les plus incroyables, 
et déchirer le voile qui couvrait encore la région monta- 
gneuse, si longtemps mythique et toujours inexplorée. 

Alors commença la période de l'histoire de l'exploration 
qui dure jusqu'à nos jours et qui, à côté d'une foule de ré- 
sultats isolés, a apporté des conclusions certaines pour- 
nôtre connaissance de l'articulation des chaînes marocai- 
nes. Dans ce qui suit, nous jetterons d'abord un coup d'oeil 
rapide sur le développement des notions générales, pour 
suivre ensuite à ce point de vue le détail des explorations. 

Les géographes ont reconnu de bonne heure que les pays 
de l'Atlas appartiennent à l'Europe ; cette appartenance, de- 
puis les temps les plus anciens jusqu'à aujourd'hui, a trouvé 
son expression dans les échanges de populations entre les 
deux bords de la Méditerranée occidentale (Ibères, Ho- 
mains, Arabes, Portugais, Espagnols, Français, Italiens). 
Ainsi Ritter appelle le système orographique delà Berbérie 
« plateau d'Afrique mineure »', pour marquer parla qu'il 
est un lien entre l'Europe et l'Afrique proprement di(e. 
Mais c'est beaucoup plus tard qu'on est arrivé à la cou- 
naissance de son articulation verticale. 

Plolémée (v. 140 ap.J.-C.) porte sur sa carte d'Afrique 2 
deux chaînes, Atlas major (au S.) et Atlas minor (au N.) ; 
mais il les limite toutes deux à la région de la Maurétanie 
Tiugitane, sans tenir compte de la remarque de Stra- 
bon (20 ap. J.-C.) mentionnée plus haut, et qui donnait la 
première bonne indication sur l'extension de l'Atlas. Les 
déterminations des géographes arabes sont pour la plu- 
part inexactes : la meilleure est peut-être celle d'Edrisi ' 



1. Op. cit., p. 885. 

2. Mém. de l'Acad. des Inscr. et Belles* Lettres-, toc. cit. ; H. Kiepert, 
Aeltere Versuche afrik. Kartogr., op. cit., p. 159-165. Caries taf. 3 et -i. 

3. Op. cit., p. 210. 



20 L'ATLAS MAROCAIN 

(1 154, extension de l'Atlas depuis le Sous jusqu'à la chaîne 
de iXefousa et à Tripoli); elles ont d'ailleurs été connues 
trop tard des Européens pour exercer aucune influence sur 
leurs vues : au milieu du siècle dernier, d'Anville, se ratta- 
chant aux idées déjà exprimées par Strabon, entreprenait, 
en se fondant sur de nouvelles explorations, de diviser les 
pays de l'Atlas en deux parties, la chaîne marocaine, qu'il 
regardait comme l'Atlas propre, et les chaînes de l'Al- 
gérie '. Dans les dix premières années de ce siècle, l'Espa- 
gnol Badia, par les observations faites dans son voyage de 
Fez à Oudjda avec retour par Ksar-el-Kebir, donna la pre- 
mière indication qui permît de distinguer le troisième 
fragment des chaînes d'Afrique mineure. Malheureuse- 
ment ses observations n'ont pas été aussi estimées qu'elles 
le méritaient : ce sont seulement les récentes reconnais- 
sances françaises pour l'Algérie, les yoyages de Colville 2 
(1877), de Chavagnac 3 (1881), de Foucauld 4 (1883-84) et de 
la Martinière 6 (1891) pour la région marocaine, qui ont 
conduit à cette notion générale, qu'il faut, des chaînes de 
l'Atlas au sens propre, séparer une série de massifs côtiers 6 . 
A l'incertitude des idées sur l'articulation de la chaîne se 
joignait l'inexactitude dans la nomenclature de ses par- 
ties. Aux deux noms introduits par Ptolémée, qui, comme 
nous l'avons vu plus haut 7 , prirent un sens plus étendu 
chez Ritter, le grand géographe allemand en ajouta deux 



1. Op. cit., p. 80. 

2. A ride in petticoats and slippers. London, Sampson Low, 1880. Carte 
au 1 /500.000 e . 

3. De Fez à Oudjda (B. S. P. G., 1889, p. 269-351, avec carte au 1/800.000°). 

4. Reconnaissance au Maroc, 1887, p. 97. 

5. Itinéraire de Fez à Oudjda (Bull, de Gcogr. hist. et descript., 1895, 
p. t)5-86, avec carte). 

G. Lenz, Timbuklu, l, p, 289-291; Keclus, La Terre, t. X, i88o, p. 30ï. 
7. P. 14. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 21 

autres, ceux de « Haut Atlas » et de « Moyen Atlas » : ces 
noms, sauf celui de « Haut Atlas », ne sont nullement 
justifiés par la nature du relief; c'est pourquoi aujour- 
d'hui, au moins pour l'Algérie 1 , ils font place de jour en 
jour à des appellations plus caractéristiques, comme 
chaîne Tellienne, chaîne Saharienne, Littoral ou SaheP. 
Pour le Maroc, les anciennes dénominations sont encore 
en usage. Renou, Gumprecht et Chavanne ont évité de se 
servir de ces noms; malheureusement de Foucauld, sur sa 
remarquable carte 3 , a employé les deux moins justifiables 
des anciennes dénominations, et cela d'une manière qui 
les détourne du sens usuel, sans les rendre plus natu- 
relles ; il emploie « Grand Atlas » pour « Haut Atlas » et 
« Petit Atlas » pour « Anli Allas 4 . » 

Nous avons indiqué déjà plus haut, en discutant le tra- 
vail de Gumprecht 5 , les idées sur les relations de l'Atlas 
marocain avec les autres régions montagneuses de laBer- 
bérie. telles que ces idées s'étaient formées au milieu de 
notre siècle d'après les rares explorations accomplies sur- 
tout dans la région frontière algéro-marocaine. Les explo- 
rations des dix années suivantes devaient y apporter un 
notable changement. Déjà, dans l'automne de 1856,1e capi- 
taine de Colomb, un des hommes qui ont rendu le plus de 
services pour l'exploration géographique du Nord-ouest 
africain, accompagné du célèbre géologue et savant algé- 
rien Mares, avait, du sud-ouest de la province d'Oran, 

1. Niox, V Algérie, avec carte au 1/1.600.000% Paris, 1885. Extrait sous 
le titre : Éléments de la géogr. phys. de V Algérie, dans la Revue de 
géogr., 1884, p. 10-18, 169-, 76, avec carte au l/5.000.000 e et profils. 

2. Reclus, op. cit.,\>. 304. 

3. Itinéraires au M 'aroc (R. S. G. P., 1887, carte au 1/1.500.000). Cf. Recon- 
naissance au Maroc, p. 97-100. 

4. Cf. notre carte. 

5. P. 2. 



22 L'ATLAS MAROCAIN 

poussé une pointe à travers le Chott Tigri vers la ligne de 
partage des eaux entre ce chott, les affluents de la plaine 
de Tamlelt crime part et ceux de l'Oued xMoulouïa d'autre 
pari. Les ghdir (mares) de l'Oued Meharroug furent le point 
extrême du voyage ; de Colomb y parvint après sa sortie de 
la chaîne par le Kheneg Meharroug. En octobre et no- 
vembre 1859, il pénétra dans la région des Béni Guil jus- 
qu'aux « douze témoins »> (Athnacher Gara-ou-Gara), sur un 
des contreforts du massif montagneux dans lequel, d'après 
le dire des indigènes, l'Oued Guir prend sa source. Ils ap- 
pellent ce massif Djebel et Teldj (montagne de neige), ap- 
pellation aussi fréquente dans la géographie du Maroc que 
celle de Djebel Deren, qui a la môme signification, et que 
donne Edrisi à la montagne d'où sort l'Oued Guir l . Sur la 
signification variable de ce nom de Deren, une courte 
remarque trouve ici sa place. A drar-ri Der m [Daran, Adrar- 
n-D'ôm, ldrar-en-T)rann, désigne pour Lenz 2 et Bail 3 toute 
la chaîne du Haut Atlas, tandis que de Foucauld * l'applique 
seulement à son aile occidentale (Glaoua — cap Ghir). Le 
même nom convient à une région plus restreinte encore 
d'après Rein 5 et v. Fritsch (ce dernier lui donne le sens de 
« montagne de neige ») : c'est pour eux la haute muraille 
montagneuse au sud de la capitale, à travers laquelle le 
Tizi Tagherat, gravi par ces explorateurs, conduit à la 
région des sources de l'Oued Sous. Ils confirment la re- 
marque de Berbrugger" 1 , qui se fondait sur des renseigne- 
ments de pèlerins marocains. L'érudit français faisait en- 

1. Rcnou, loc. cit., p. 108. 

2.-TimbuJUu, I, p. 289. 

'!. Carte du Journal de Hooker. 

4. Reconn., p. 95. 

5. Verhandl. d. VU. deutschen Gengraphcnlagps, 1887, p. 85. 
G. mtt. d. des. f. Erdk., Halle a. S. 1879, p. 17. 

7. Renou, op, cit., p. 157-158. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 23 

core connaître le nom du haut pays situé sur le versant sud 
de la chaîne, Ousioua, donnée confirmée par de Castries ' 
et de Foucauld \ Quant à la ressemblance signalée par 
Berbrugger entre cet Adrar-n-Deren et le Dyrin des an- 
ciens, elle ne concerne, selon nous, que le nom seul ; nous 
croyons avec Duveyrier 3 , d'après la description de Pline, 
que le Dyrin traversé par Suetonius Paulinusest identique 
au Djebel Deren d'Edrisi situé à la source de l'Oued Guir, 
fleuve qu'atteignit le général romain après la traversée de 
la chaîne. — « Adrar-n-Deren » , de même que « Djebel-et- 
Teldj », qui est employé également tantôt au sens large 4 , 
tantôt au sens étroite, n'est pas un nom propre à signifi- 
cation ferme, auquel il faille attribuer une valeur géogra- 
phique, mais une dénomination appliquée par les indigènes 
dans différentes régions aux parties du Haut Atlas que la 
neige recouvre chaque année pendant longtemps. 

Le véritable nom propre du massif situé à la source de 
TOued Guir est donné par Edrisi et de Colomb de la môme 
manière : c'est Sfîfoun. L'explorateur français, d'après les 
résultats de ses propres observations et les renseignements 
recueillis chez les Béni Guil, dit qu'à ce Djebel Sfifoun com- 
mence une série ininterrompue déchaînes montagneuses, 
qui, diminuant de hauteur vers l'est, vont finir au Djebel 
Tendrara el Gharbia à la lisière nord-ouest du Chotl 
Tigri. Ainsi le « Haut Atlas » était reconnu jusqu'à sa ter- 
minaison orientale comme la chaîne de séparation entre la 
mer et le désert, avant que l'époque des grandes découvertes 



1. B. S. G. P., 1880, t. XX, p. 510. 

2. Reconn., p. 321. 

3. B. S. G. P., 1872, t. IV, p. 225-226. 

4. Washington, op. cit., carie; Tliomson, op. cit., carte. 

5. De Wimpiïen, B. S. G. P., 1872, t. III, p. 49; de Colomb, voir ci 
dessus. 



L'ATLAS MAROCAIN 

ne fût commencée. Malheureusement les relations de ces 
importants voyages n'ont été publiées que tard (1872) '. 
Ils ont été bien négligés par Ghavanne, qui prétend 
encore* qu'un rameau montagneux, se détachant du 
Djebel Aïachin vers le sud-est, unit le « Haut Atlas » avec 
une des grandes chaînes-bordures, notablement plus 
basses, qui limitent au sud le plateau oriental, tandis que 
la chaîne elle-même se résout en une série de massifs 
montagneux sans lien entre eux, qui constituent le rebord 
sud du haut-plateau 3 . 

Le premier résultat de la période des explorations scien- 
tifiques fut la découverte faite par Rohlfs 4 (1862), qu'au sud 
de la grande chaîne marocaine court une chaîne plus basse 
qui paraît en être un rameau 5 , et que le voyageur traversa 
en allant de l'Oued Sous supérieur à la région de l'Oued 
Draa. Hooker, qui en 1871 vit cette même chaîne d'un des 
sommets du « Haut Atlas », lui donna le nom d' « Anti- 
Atlas » 6 , quoiqu'il ne trouvât pas complète l'analogie avec 
le Liban et l'Anti Liban. Ce sont les explorations de De 
Castries 7 (1880) qui ont justifié cette dénomination. 

En 1864 Rohlfs entreprit son grand voyage 8 , première 
traversée de l'Atlas par un homme scientifiquement pré- 

1. Duveyrier, Historique des explorations au sud et au sud-ouest de Gè- 
ryville (B. S. G. P., 1872, t. III, p. 230-232 et 234-235). L'ilinéraire de 
Colomb de J85ô est reporté dans la carte de Picard de la route de Wimpf- 
fen (1870), 1/800.000* (B. S. G. P., 1872, t. III). 

2. Op. cit., p. 8. 

3. Op. cit., p. 13. 

4. Pet. Mitt., 1863, p. 361-370 : Tagebuch einer Reise durch die sùdtichen 
Provinzen von Marokko. 

5. lbid. t p. 364. 

6. Hooker, Journal, etc., p. 260 et carte. 

7. Notice sur la région de VOued-Draa (B. S. G. P., t. XX, 1880, p. 497- 
519, carte au l/1.0:0.000 e ). 

8. Pet. Mitt., 1805, p. I0>1S7, carte au 1/2.000.000*. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 25 

paré et équipé, qui nous apporta une description exacte 
du système montagneux entre Fez et Tafilelt, fondée sur 
des altitudes mesurées au baromètre 1 . Le principal ré- 
sultat au point de vue de l'articulation du système fut la 
constatation par Rohlfs de la présence d'une chaîne sep- 
tentrionale plus basse (Djebel Tamarakouit), parallèle à la 
chaîne principale (Djebel Aïachin) et se reliant à celle-ci 3 . 
Tels étaient les faits sur lesquels, jusqu'en 1883-84, 
étaient fondées nos vues sur la structure des chaînes maro- 
caines. C'est alors que de Foucauld publia les résultats de 
son voyage», le plus important de tous ceux qui ont été 
entrepris au Maroc par la longueur des itinéraires par- 
courus et par l'importance des résultats scientifiques. Dix- 
huit déterminations de positions astronomiques forment 
le canevas de son itinéraire, bien relevé et rédigé avec 
le plus grand soin, dont le figuré de relief s'appuie sur en- 
viron trois mille mesures barométriques d'altitudes 4 . 11 a 
traversé trois fois la chaîne principale, six fois la chaîne 
parallèle au sud, donnant partout les tours d'horizon sous 
forme de profils, qui lui permirent de représenter avec 
une extension plus complète, sur la carte d'ensemble, les 
chaînes montagneuses connues jusqu'ici seulement par 
fragments. Il faut y joindre, et ce n'est pas son moindre 
mérite, des matériaux d'informations réunis avec un soin 
infini, matériaux si nombreux que rarement un seul indi- 
vidu en a rassemblé autant, surtout dans un pays si peu sûr 

1. Les premiers chiffres calculés par Duveyrier et donnés sur la carte 
de P. M., 1865 ont été rectifiés dans P. M., 1866, p. 119, ce qui paraît 
avoir échappé à Lannoy de Bissy. 

2. Pet. Mitt., 1865, p. 169. 

3. Itinéraires au Maroc (B. S. G. P., 1887, p. 118-125, carteau 1/1.500.00O. 
avec neuf profils); Reconnaissance au Maroc, avec vingt cartes au 1/250. 000 e : 
et de nombreux profils dans le texte. 

4. Reportées sur les 20 cartes. 



26 L'ATLAS MAK0CA1N 

pour les étrangers; ces renseignements apparaissent d'au- 
lanl plus dignes de confiance lorsqu'on les compare aux 
explorations et informations des autres voyageurs. L'im- 
portance de ce voyage eut pu être encore notablement ac- 
crue, si de Foucauld eut prêté plus d'attention aux condi- 
tions géognosliques de la contrée, auxquelles il consacre 
seulement çà et là quelques remarques. 

De Foucauld divise l'Atlas marocain en cinq parties 1 , 
qui sont : 

a) Trois chaînes principales : 

1. Le Grand Atlas ; 

2. Le Petit Allas; 

3. Le Moyen Allas. 

h) Deux chaînes secondaires : 

4. Une chaîne septentrionale, sans nom déterminé, qui 
commence au plateau de Ouïmes (au sud de Meknes), cul- 
mine au Djebel Ghiata et se poursuit au delà de la coupure 
de la Moulouïa dans le Djebel Mergeshoum, etc. ; 

5. Une chaîne secondaire méridionale : Djebel Bani. 
Ce serait ici le lieu de placer les remarques critiques que 

nous avons à faire sur les divisions el les dénominations 
employées par de Foucauld ; nous indiquerons ensuite l'ar- 
ticulation et la nomenclature qui, d'après nos vues, cor- 
respondent à l'état actuel des connaissances. L'explorateur 
français a employé, pour les deux plus longues chaînes 
marocaines, deux noms qui depuis Plolémée ont été intro- 
duits dans la science, mais il emploie. ces noms dans un 
sens qu'ils n'ont eu ni chez ce géographe, dont de Fou- 
cauld invoque l'autorité un peu vieillie, ni chez aucun 
autre. Le « Grand Atlas » était pour Ptolémée la chaîne de 
montagne la plus méridionale; Ritter étendit cette appel- 

1, Reconnaissance au Maroc, p. 97-102. 



HISTOIRE SOMMAIRE DÉ^L'EXPLORATION 27 

lation à la chaîne entière qui, de l'Océan à la Syrie, forme 
la lisière nord du Sahara, tandis qu'aujourd'hui encore les 
Français l'appliquent seulement à la chaîne saharienne de 
l'Algérie; de Foucauld au contraire donne le nom de « Grand 
Atlas » à la chaîne septentrionale, elle limite à la région 
marocaine. Le « Petit Atlas » est pour Ptolémée la chaîne 
septentrionale, pour de Foucauld la chaîne méridionale, 
pour Lannoy de Bissy le massif montagneux qui les réunit 
l'une à l'autre. En présence de cette confusion dans la 
nomenclature, on est doublement reconnaissant à la carte 
d'Habenicht 1 d'avoir introduit pour la première fois des 
dénominations caractéristiques. La chaîne principale du 
système marocain porte les plus hautes élévations de toute 
la région de l'Atlas, et par suite ne peut être mieux dénom- 
mée que le « Haut Atlas »\ Pour la chaîne méridionale, 
de Foucauld a contribué par ses propres explorations à 
faire du nom d'Anti Atlas, si peu justifié qu'il parut à l'é- 
poque où Hookerle donna, l'expression la plus convenable 
pour exprimer les relations entre la chaîne principale et la 
chaîne parallèle. 

La troisième fraction importante de l'Atlas marocain est 
désignée par de Foucauld 3 , par suite de son altitude, sous le 
nom de « Moyen Atlas », nom que nous maintiendrons 
faute d'un autre meilleur. De cette chaîne se détache, 
à ce que croit de Foucauld d'après ses observations faites 
de loin, la « chaîne secondaire » septentrionale dont on a 
brièvement parlé ci-dessus. De la plaine de Sais (entre Fez 
et Meknes au pied nord du « Moyen Allas ») en regardant 
vers le sud, il considéra la terrasse d'Azrou, escaladée par 



1. 2 e édition. 

2. Sur l'insuffisance des dénominations indigènes Ojebel et Teldj et 
Adrar n Deren, voir ci-dessus, p. 22-23. 

3. Reconnaissance, p. 99. 



28 L'ATLAS MAROCAIN 

Rohlfs, comme la crête d'une chaîne qui commence dans 
le plateau d'Oulmes (1.290 m.), et qui. couronnée parle 
Djebel Ghiata, longe de près l'Oued Innaouen. Pour cor- 
roborer son opinion, de Foucauld cite 1 malheureusement 
l'altitude du Douar Sidi Abd Allah visité par Rohlfs, alti- 
tude calculée par Duveyrier d'après des données fausses 
(en réalité, c'est le lieu dit Souk en Nsara qui devrait figu- 
rer en face du chiffre 1517, rectifié plus tard en 2,152 m.). 
Les itinéraires de Rohlfs d'une part, d'Ahmed ben Hassen 
el Mlioui 2 (1 789), Mohammed 3 etSchaudt 4 d'autre part (ces 
trois derniers ont pris la route orientale de Ksabi ech 
Cheurfa-Aït Youssi-Fez)> itinéraires qui s'accordent par- 
faitement en ce qui concerne le relief du versant nord du 
Moyen Atlas, démentent absolument l'opinion de Foucauld 
sur l'existence d'une chaîne secondaire septentrionale. 
Mais les conceptions de Chavagnac rattachent 5 le Djebel 
Ghiata à la lisière nord de la terrasse supérieure (versant 
septentrional) du Moyen Atlas. D'après l'estimation de cet 
explorateur, qui le vit du haut des montagnes enfermant 
au nord la vallée de l'Oued Innaouen, le Djebel Ghiata 
aurait seulement environ 2.000 mètres d'altitude, mais 
devrait son aspect imposant à la suppression des deux gra- 
dins inférieurs, dont le plus septentrional disparaît déjà à 
l'ouest de Sfrou 6 . 

Avec le Djebel Bani, dernière chaîne de hauteurs vers 
le sud, l'Atlas marocain se compose donc de quatre sys- 
tèmes distincts : 

1. Reconnaissance y p. 101. 

2. Henou, op. cit., p. 94-96. 

3. Henou, ibid., p. 97. 

4. Zeitschr. d. Ges. f. Erdk. Berlin, t. XVIII. 1883, p. 290-304 et 393- 
411. 

5. Op. cit., carte et profil n° 1. 

6. De Foucauld. carie. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 29 

1. Le Haut Atlas; 

2. Le Moyen Atlas; 
3.L'Anli Atlas; 

4. Le Djebel Bani. 

Dans les pages qui suivent, nous examinerons d'un peu 
plus près l'histoire de l'exploration de ces diverses parties. 



Haut Atlas. 

Avant le début de la dernière période d'exploration, on 
avait établi, comme nous l'avons vu plus haut 1 , l'extension 
du Haut Atlas du cap Ghir à la lisière nord du Choit Ti- 
gri. La traversée du massif par Rohlfs ouvrit la série des 
tentatives entreprises sur divers points pour franchir la 
chaîne. Balansa 2 (1867), malgré tous ses efforts, parvint 
seulement à atteindre les contreforts les plus avancés au 
sud delà capitale, et de là, à jeter un regard sur l'intérieur 
inexploré de la chaîne qui se déroulait devantlui; en 1871 , 
un groupe d'Anglais, composé de Hooker, Bail et Maw, 
pénétra dans cette même partie jusqu'à la chaîne, qu'ils 
atteignirent en deux points différents; l'année suivante ce 
fut le tour de deux Allemands, von Fritsch 3 et Rein 4 . En 
dehors d'un grand nombre de chiffres d'altitude mesurées 



1. P. 23. 

2. Voy. de Mogador à Maroc (B. S. G. P., 1868, p. 321-328, carte au 
l/1.600.000 e ). 

3. Von Fritsch, a) Reisebildçr aus Marokko (Mitt. d. Ver. f. Erdk., Halle 
a. S., 1878, p. 14-62; 1879, p. 12-33); b) Ueber die geol. VerhaUnisse von 
Marokko (Zeitschr. fur die ges. Naturwissensch., Halle, 1881, p. 201-207). 

4. Ueber Marokko (Vhdlgn des Vil. deutschen Geographentages, 1887, 
p. 74-90). 



30 L'ATLAS MAROCAIN 

avec soin et d'un récit de voyage détaillé 1 , les Anglais rap- 
portèrent une foule d'observations géologiques; sur les 
deux régions, les Allemands, suivant presque le même 
chemin, complétèrent l'exploration géographique et éten- 
dirent les résultats de leurs prédécesseurs. Les deux ex- 
péditions donnent d'une manière concordante une pre- 
mière division du Haut Atlas dans son étendue entre le 
cap Ghir et le pays de Glaoua 8 , division fondée sur l'arti- 
culation très marquée que présente la chaîne montagneuse 
vue de la capitale. Ils distinguent quatre parties. La pre- 
mière, longue d'environ 1 1 kilomètres, s'étend du cap Ghir 
à lapasse de Bibaouan, par laquelle passe la route com- 
merciale principale de Marrakech à Taroudant, capitale de 
l'ancien royaume de Sous ; elle avait été visitée déjà au der- 
nier siècle par Lemprière 3 , au commencement de celui-ci 
par Jackson % et reconnue plus en détail par Lenz (1879) \ 



1. Journal of a tour in Marocco and the Great Atlas, London, Macmillan, 
1878, avec carte au 1/027.777° et un profil géolog. — Voir aussi Hooker, 
Lctters io Sir Roderick Murchinson (Proc. of the Roy. geogr. Soc. London, 
1871, t. XV, p. 212-222). 

2. Maw, Hooker's Journal, Appendix H, p. 457-458; Von Fritsch, Zeil- 
schr. /'. d. ges. Nalurw., lac. cit. 

3. William Lemprière, A tour from Gibraltar to Tangier, Sallee, Moga- 
dor, Sanla-Cruz, Tarudant and thème over Mount Atlas to Morocco, 1793, 
carte. 

4. An account of the empire of Marocco and the districts of Suse and Ta- 
ille! t, compiled from miscellaneous observations made during a long rési- 
dence^ years) in and various journeys through thèse countries, etc. 2e éd. 
London, 1811. 

5. Lenz, Bericht ùber seine Reise von Tanger bis Timbuktu und Sénégal 
(Zeitschr. d. Ges. f. Erdk., Berlin, 1881, t. XVI, p. 272-293. Jtinér. par 
Kiepert au 1/1.500.000°; 2) Voyage du Maroc au Sénégal, conférence à la 
Soc d,: géogr. de Paris (Bull., 1881, t. I, p. 199-266; 3) Timbuktu, Reise 
durch Marokko, die Sahara und den Sudan. Leipzig, Brocl\haus, 1884, t. 1; 
I— cartes sont des copies peu modifiées de celle de Kiepert; 4) GeoU 
K-ulr von Westafrika, 1/12.500.000° (Pet. Milt., 1882, Taf. 1). 



31 



La seconde parlie s'étend de ce passage jusqu'à la vallée 
profondément entaillée de l'Oued Nfis, « dont les sources 
pénètrent fort avant dans la chaîne » l . A Test de la vallée 
du Nlis, le Haut Atlas se poursuit comme une muraille 
avec des sommets relativement bas jusqu'à l'Oued Ourika. 
La dernière partie, complètement visible de la capitale, 
se caractérise comme la seconde par un grand nombre 
de sommets importants, parmi lesquels se trouve leMilizin 
de Washington. De la capitale, le regard ne s'étend pas 
beaucoup plus loin vers l'est, de sorte que Maw put seule- 
ment constater un infléchissementest-nord-est delachaîne 
dans la province de Glaoua. En cet endroit, de Foucauld 
suivit en 1883 l'Oued Rdat, origine de l'Oued Tensifl, et 
son affluent de droite, Oued Adrar n lri, jusqu'à la chaîne 
qu'il traversa par 2.6M4 mètres 2 , au Tizi n Telouet, entouré 
de hauts sommets. La hauteur relativement faible de la 
passe la fit aussitôt reconnaître comme un abaissement de 
la chaîne important au point de vue orographique. Cinq ans 
plus tard , Thomson 3 , suivant la même route que de Foucauld , 
reconnut que c'était aussi un lieu très important sous le 
rapport géognoslique. 11 établit que, non loin à l'est du 
Tizi n Telouet, dont il évaluait la hauteur à 2.540 mètres ' 
passe la limite entre les deux parties du Haut Atlas les 
plus différentes par leur âge géologique et leur structure, 
l'aile occidentale ancienne et l'aile orientale récente; d'a- 



1. Hooker, Letters,Proc , loc. cit., p. 219; Von Frilsch, Mitt. d. Ges. f. 
Erdk., Halle a. S., 1879, p. 22. 

2. Reconnaissance, feuille n° 7. 

3. Ajourney to Southern Maroeco and the Atlas Mountains [Proc. of 
the R. G. S., 1889, t. XI, u° 1, p. 1-16, carte au 1/1.027.777») ; Trnni, 
inthe Atlas and Southern Maroeco. London, G. Philip a. Son, 1889. Carte 
d'itinéraire et carte géologique au l/i.50i\000 e . 

4. Proc, loc. cit., p. 9. 



32 L'ATLAS MAROCAIN 

près l'état actuel de nos connaissances, nous faisons aller cette 
dernière jusqu'au Tizi nTelghemt (Rohlfs 2.589 mètres 1 , 
de Foucauld 2.182 mètres) 2 . Au delà de ce col, la hauteur 
de la chaîne diminue rapidement 3 . Pour l'exploration 
effective de l'aile orientale, connue jusqu'ici seulement 
par les informations de Hooker 4 , de Castries 5 , Schaudt 6 et 
de Foucauld 7 , c'est Thomson qui a fait les premiers pas; 
il a fait l'ascension d'un sommet de la chaîne principale, 
Dj. Taourirt, à Test du Tizi n Telouet, et a pénétré du 
pied nord de la montagne dans les avant-chaînes. Mais le 
principal service qu'il a rendu pour l'exploration du Haut 
Atlas concerne l'aile occidentale. C'est là qu'il réussit, par 
sa hardiesse, à étendre et à approfondir les reconnais- 
sances de ses prédécesseurs. Ce qu'ils avaient seulement 
aperçu incomplètement et de loin, il le vit de tout près. 
11 traversa la chaîne par quatre cols et fit l'ascension de 
deux sommets (Djebel Ogdimt et Tizi Likoumpt), d'où l'on 
a une vue circulaire étendue, ce qui lui permit de 
comprendre la structure intime de la chaîne. Il trouva que 
deux vallées longitudinales en déterminent l'ordonnance, 
et que ces vallées décomposent l'aile occidentale du Haut 
Atlas en trois parties nettement indépendantes au point de 
vue orographique et géognostique. Quant à ses décou- 
vertes au sud de la capitale, beaucoup de données figu- 
raient déjà dans les observations de Hooker et de von 
Fritsch; cependant un résultat apporté par son voyage, 



1. Pet.Mitt., 1866, p. 119. 

2. Reconnaissance, feuille 17. 

3. Reconnaissance, p. 239; B. S. G. P., 1887, Profils 7, 8 et 9. 

4. Journal, p. 367-36^. 

5. B. S. G. /'., t. XX, 1890, p. 497-519, avec carte. 

6. Zeitschr. d. Ges. f. Erdk., Berlin, 1883, t. XVIII, p. 290-304 et 393-411, 

7. Reconnaissance, p. 260-267, 277-278. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 33 

en ce qui concerne le massif au sud-ouest de Marrakech, est 
très surprenant : c'est le fait que l'extrémité occidentale de 
la chaîne principale se trouve éloignée d'environ 60 kilo- 
mètres de la côte. Thomson, qui suivait la route de Lenz, 
mais dans des conditions plus favorables, reconnut, en 
traversant le massif au sud du pays d'iminlanout, qu'une 
large vallée longitudinale sépare les schistes anciens de la 
haute montagne des couches plus récentes, constituant les 
contreforts; que par suite le cap Ghir, qui, depuis Arlelt 
(1835), était considéré comme l'extrémité occidentale du 
Haut Atlas, n'est pas autre chose qu'une dépendance du 
plateau de Haha. Thomson appuya tous ces résultats nou- 
veaux, si importants pour la géographie du Haut Atlas, 
sur un grand nombre de mesures d'altitudes faites avec 
soin. Les hauteurs des principaux points furent détermi- 
nées à l'anéroïde et par le point d'ébullition de l'eau 1 . 
Les données ainsi rassemblées par lui diffèrent peu en gé- 
néral de celles de ses prédécesseurs. Les déterminations 
de longitudes obtenues partie astronomiquement, partie 
au moyen de la boussole et de la triangulation 2 , et sur les- 
quelles s'appuie son itinéraire tracé avec une louable pré- 
cision, ont une grande importance pour la situation de la 
région au sud et au sud-est de la capitale, région figurée 
jusqu'ici d'une manière défectueuse. 

Les avant-monts occidentaux de Haha et Mtouga ont 
été plusieurs fois traversés dans leurs parties septentrio- 
nales et occidentales. Nous nous bornons à rappeler les 
noms des principaux explorateurs de cette région : Beau- 

1. Travels, etc., p. 282. 

2. Cf. note dans Proc, 1889, p. 1. Par malheur, les lieux ainsi détermi- 
nés ne sont pas nommés; cependant nous avons pu nous assurer par la 
construction de notre carte de l'exacte correspondance des valeurs portées 
sur la carte de Thomson avec celles qui résultent des données d'autres 
explorateurs. 

3 



L'ATLAS MAROCAIN 

mier 1 , Balansa, Hooker, vonFritsch, Erckmann*, de Fou- 
cauldj Jannasch 3 et Thomson. Nous aurons à examiner plus 
loin la part qu'ils ont prise à l'extension de nos connais- 
sances géographiques. 

Moyen Atlas. 

Deux roules commerciales importantes traversent cette 
chaîne, unissant les grands marchés du Tell, Fez et Mek- 
nes, aux oasis du Tafilelt; aussi connaît-on depuis long- 
temps des itinéraires dans cette partie de la chaîne de 
l'Atlas. En laissant de côté les notions des anciens 
Arabes, déjà au siècle dernier un certain Ahmed ben 
Hassan el-Mtioui (1 789) 4 donna une description exacte de 
la route orientale (Rsabi ech Cheurfa-Aït Youssi-Fez) avec 
les distances entre les principales stations; ces données 
furent complétées par celles, également détaillées, du 
chérit Mohammed 5 . Les renseignements ultérieurs donnés 
par deux Européens, Gaillié 6 (1 828) et Schaudt 7 (1 880), qui, 
pour leur sûreté, durent parcourir cette route en grande 
hâte, n'ajoutèrent pas grand'chose. La route occidentale 



1. Itinéraire de Mogador à Maroc et de Maroc à Saffy (B. S. G. P., 1868, 
t. XVI, p. 321-329, carte au 1/1. 500.000e). 

2. Le Maroc moderne. Paris, 1885, carte au 1/1. 000. 000 e . 

3. Die deutsche Handelsexpedition 1886. Berlin, Heymanns Verlag, 1887, 
avec une carte au 1/1. 000.000 e : Oued Sous-Mogador. 

1. Cité par Walckenaer dans Recherches géogr. sur l'intérieur de l'Afrique 
6ïpt. t p. 282-286, d'après Memorabilien, Leipzig, 1791, t. I, p. 47. Renou, 
loc. cit., p. 94-96. 

5. Communiqué par le consul De la Porte à d'Avezac (B. S. G. P., 1836, 
t. V, p. 10 sqq.). Renou, loc. cit., p. 97-98. 

6. René Caillié, Voyage à Tombouctou et à Jenné, etc. (B. S. G. P., 1830, 
t. XIII, p. 215-234). 

7. Waudcrungen durch Marokk>)(Zeitschr. d. Ges. f. Erdk., Berlin, 1883, 
I. XVIII, p. 290-304, 393-411). 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 35 

à travers la région des Béni Mgill a été suivie par Bohlfs 
et plus lard dans la partie supérieure par Schaudt, qui, en 
sa qualilé de derviche, paraît avoir réussi également à fran- 
chir la chaîne plus loin à l'ouest. Rohlfs le premier a 
relié le Moyen Atlas à la chaîne principale ; Schaudt donne 
là-dessus de plus amples renseignements, avec lesquels 
les informations de Foucauld concordent très bien. Les 
données de Schaudt relient aussi le Djebel Tamarakouit, 
traversé par Rohlfs, à l'extrémité occidentale du Moyen 
Atlas. De Foucauld a figuré cette dernière chaîne, 
telle qu'il la vit de Bou el Djad, en un profil 1 grâce auquel 
nous pouvons suivre le Moyen Atlas jusqu'au point où il se 
sépare de la chaîne principale, dans la province de Dem- 
nat. Par le même procédé 2 , cet explorateur a conduit 
l'aile orientale, dont il longea le pied au sud, jusqu'à sa 
terminaison à la coupure de l'Oued Moulouïa, et cela 
avec assez de précision pour que le col traversé par Ber- 
quin 3 , à l'est de la route de Caillié, se trouve placé de 
même. 

Anti Atlas. 

La chaîne çle montagnes que nous appelons Anti Atlas 
était connue dès le commencement du siècle par ses con- 
treforts occidentaux. La carte de Grey Jackson figure déjà 
assez exactement laconfiguration des montagnes au sud de 
l'Oued Sous inférieur, et sert encore aujourd'hui à éclair- 
cir l'itinéraire de Mardochée et de Lenz entre Oued el 
Ghas et le pays de Tazeroualt. Mais Jackson n'a pu pénétrer 

1. Itinéraires au Maroc (B. S. G. P., 1887, profil no 1). 

2. Ibid., profil n° 3. 

3. Malheureusement cette coûte ne nous est connue que par Lannoj de 
Bissy, carte, feuille IV. 



36 L'ATLAS MAROCAIN 

plus loin au sud. Déjà, dans les pays soumis au sultan, 
l'exploration se heurte aux plus grandes difficultés; la tra- 
versée des régions habitées, entre Oued el Ghas et Oued 
Draa, par des Kabyles indépendants, qui ne reconnaissent 
qu'en partie la suprématie même nominale des Chérifs ', 
équivaut aune mortcertaine pour un Européen, s'il ne réus- 
sit pas à conserver efficacement le costume musulman. 
Trois Européens seulement, depuis Jackson, ont volontaire- 
ment affronté le danger : un Anglais (Davidson, 1836) a , un 
Allemand (Lenz, 1879) et un Français (Douls, 1887) 3 . Tan- 
dis que le premier a été tué peu de temps après son entrée 
dans le désert, le voyageur français, enhardi par le succès 
de sa première tentative, fut mis à mort pendant qu'il en 
accomplissait une seconde (1889). L'Allemand seul eut la 
chance, à travers beaucoup d'épreuves, d'atteindre Tim- 
bouktou et de là Saint-Louis sur le Sénégal. La traversée 
fut plus facile pour trois hommes originaires de l'Afrique : 
Panet 4 (J850) et Bou-el-Moghdad (1 861)% partis de Séné- 
gambie, et le Juif Mardochée (1875) % parti de la lisière 

1. Jannasch, toc. cit., p. 47 et 52; de Foucauld, Reconn., p. 120. 

2. Benou, toc. cit., p. 55-56, 69-70. Lettre du cheikh Beyrouk, datée 
de Wednoun (relat. de la mort deDavidson et rem. sur sa route) (B. S. O.P., 
1837, t. VII, p. 109. Bemarques critiques sur cet itinéraire dans une note 
sur ce document par d'Avezac, Ibid., p. 110-117. Cf. B. S. G. P., t. VIII, 
1837, p. 339-342). 

3. Le Sahara occidental et te sud marocain (B. S. G. P., 1888, p. 437-479, 
avec carte : itinéraires à travers le Sahara occidental et le sud marocain, 
1/2.200.000*). 

4. Revue coloniale, 1850, p. 379-445, 473-554, sans carte. — Carte du 
voyage de Panet par MM. Panet et Benou, Paris, 1851, l/5.000.000 e . — 
Leop. Panets Beise durch die grosse Wùste von Afrika im Jahre 1850 (Pet. 
Mitt., 1859, p. 101-112, carte (t. 6) au 1/6. 000.000 e ). 

5. Voy. par terre entre le Sénégal et le Maroc (Rev. mar. et col., 1861, 
t. I, p. 477-492 et carte. Bécit plus détaillé dans Nouv. Ann. des voyages, 
1861, t. II, p. 257-270. Pet. Mitt., 1861, p. 476-477. 

">. De Mogador au Djebel Tabayoudt, par le rabbin Mardochée Abi Serour, 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 37 

nord du Sahara et qui plus tard rendit d'excellents ser- 
vices à de Foucauld. Un troisième groupe de voyageurs 
qui a contribué à l'exploration de cette région comprend 
quelques-uns des nombreux naufragés jetés par la mer à la 
côte occidentale du Sahara; chose singulière, ce groupe 
renferme aussi un Anglais (Riley, 1815) 1 , un Français 
(Cochelet, 1819) 2 et un certain nombre d'Allemands sous la 
direction du D r Jannasch 3 . Nous n'examinerons pas de 
plus près ici les résultats de leurs voyages, puisque nous 
devons y revenir en traitant de la géographie de cette 
région. Remarquons seulement que ce sont les itinéraires 
des trois plus récents explorateurs, scientifiquement pré- 
parés (Lenz, Jannasch, Douls), qui nous ont mis en état de 
démêler les lignes principales de l'Anti Atlas occidental; les 
informations des anciens voyageurs y ajoutent des complé- 
ments encore utiles. Il faut mentionner particulièrement 
les dissertations de l'Espagnol Gatell*, quoiqu'elles n'aient 
qu'une importance secondaire pourla géographie critique, 
ce voyageur n'ayant donné ses itinéraires ni dans le texte, 
ni dans les caries qui y sont jointes. 

L'extrémité orientale de l'Anti Atlas fut traversée en 
1864 par Rohlfs 5 dans son mémorable voyage au nord du 



résumé du « Journal de voyage », par H. Duveyrier (B. S. G. P., 1875, 
t. X, p. 561-573, av. itinéraire au 1/1.450.000°). 

1. Loss of the American Brig « Commerce », 1815, avec carte insuffisante. 

2. Naufrage du brick français « La Sophie » perdu le 30 mai 1819. Paris, 
1821, avec carte. 

3. Die deulsche Handelsexpedition 1886. 2 feuilles de cartes au 1/500. 000 e 
comprenant la région : 1) entre Oued Chouika et Oued Noun; 2) entre 
Oued Noun et Oued el fihas. 

4. UOued-Noun et le Tekna (B. S. G. P., 1869, t. XVIII, p. 257-287: 
carte au 1/840.000). Description du Sous (B. S. G. P., 1871, t. I, p. 81- 
106. Carte, au 1/1. 700.000 e ). 

b.Pet. Mitt., 1865, p. 165-187. 



38 L'ATLAS MAROCAIN 

Tafilelt ; trois ans auparavant ', ce môme explorateur avait 
franchi la chaîne plus à l'est, dans une partie qui, d'après 
les résultais de l'expédition de Wimpffen 8 , doit être re- 
gardée comme le dernier contrefort de tout le système. 
Ainsi, en 1870, l'Anti Atlas avait été franchi à l'est et à 
l'ouest, et aussi en son milieu par Rohlfsdans son premier 
voyage, mais on n'avait pas encore reconnu la chaîne dans 
son ensemble. Un pas vers ce but fut fait par les recon- 
naissances approfondies de De Gastries 3 ; elles permirent 
de supposer que la chaîne vue par Rohlfs au sud de la 
vallée du Sous se poursuit à Test jusqu'au Tafilelt et se re- 
lie au Haut Atlas par des chaînes transversales, qui sépa- 
rent les eaux du Sous et du Draa. Cette opinion avait be- 
soin d'être appuyée par des observations effectives. Ce fut 
de Foucauld qui les apporta; il franchit l'Anti Atlas dans 
sa partie moyenne par six passes et en détermina la hau- 
teur. Précisément dans la région la plus difficile à traver- 
ser pour les Européens, les résultats acquis par l'éminent 
explorateur frauçais servent de trait d'union entre les 
routes suivies à l'est et à l'ouest par ses prédécesseurs ; 
aussi pouvons-nous aujourd'hui regarder comme bien 
établi le tracé complet de cette chaîne, la plus importante 
après le Haut Atlas dans la physionomie de l'orographie 
marocaine. 

Djebel Bani. 

De même que l'Anti Allas, le Djebel Bani fut décou- 
vert d'abord à ses extrémités. En 1861, Rohlfs 4 traversa, 

1. Pet. Mitt., 1863, p. 361-370. 

2. L 'expédition de VOued Guir (B. S. G. P., t. III, 1872, p. 34-60, avec 
carte: Itinéraires d'Aï ri ben Khelil à l'Oued Guir et au Figuig, I /800.000 e ). 

3. B. S. G. P., 1880, t. XX, p. 197-519, avec carte. 

4. Pet. Mitt., 1863. 



HISTOIKE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 39 

venant du Draa, une chaîne de hauteurs qui entoure 
l'oasis de Tafilelt au sud-ouest et à l'ouest, et dont, dans 
son second voyage », il fixa le nom et les relations avec le 
haut plateau de l'Anti Atlas situé au nord. En 1875, Mar- 
dochée 2 , après avoir franchi un pays de collines, qu'il est 
facile de reconnaître par comparaison comme un contre- 
fort de l'Anli Atlas, atteignit une chaîne peu élevée que 
les habitants appelaient « Djebel Bani ». Une chaîne dont 
les relations avec l'Anti Atlas étaient les mêmes fut tra- 
versée aussi par Lenz. un peu plus à l'est"', avant qu'il 
atteignît l'oasis de Foum el Hossan , à la lisière du Sahara 4 . 
Mais ici encore c'est de Foucauld qui reconnut la chaîne 
comme un système continu ; par ses renseignements, qui 
concordent à l'ouest avec ceux de Panet 5 , à l'est à ceux 
de De Gastries 6 ouqui s'y relient, il combla les lacunes enlre 
les fragments antérieurement explorés du Djebel Bani. 

Il reste, pour conclure, à jeter un coup d'œil sur l'his- 
toire de l'exploration des plateaux qui précèdent à l'ouest 
le Haut Atlas. Ils forment la partie la mieux connue du 
Maroc lout entier. A maintes reprises, surtout depuis 1860, 
ils ont été traversés par huit routes différentes, qui 
rayonnent de la capitale vers l'ouest et le sud-ouest. Les 
plus grands services pour la géographie de cette région 
ont été rendus parBeaumier, qui, en sa qualité de consul, 
pouvait se mouvoir librement dans le pays. Nous lui devons, 

1. Pet. Mitt., 1865. 

2. Loc. cit. 

3. Lenz pense au contraire (Timbuktu, II, p. 11) que la route de Mar- 
dochée passe à l'est de la sienne; nous y reviendrons en décrivant. l'Anti 
Atlas occidental. 

4. L'itinéraire du voyage de Lenz dressé par R. Kiepert représente ces 
relations inexactement, en contradiction avec le texte du voyageur. 

5. Itinéraires par renseignements, portés sur la carte du voyage de 
Panet par MM. Panet et Renou, 1 /5.000.000 e . Paris, 1851. 

6. B. S. G. P., 1880, t. XX, p. 497-519, av. carte. 



40 L'ATLAS MAROCAIN 

en dehors d'une représentation exacte de la région cô- 
tière entre le cap Spartel et le cap Sini 1 , une carte fonda- 
mentale pour la région entre Mogador, Marrakech et Saffi 2 . 
Cette carte a été notablement complétée dans sa partie sep- 
tentrionale par Thomson 3 , dans sa partie méridionale par 
Hodddn\ Hooker 5 et von Fritsch 6 . Ces trois derniers 
explorateurs ont suivi la route Mogador-Marrakech, qui 
traverse la partie septentrionale déserte et infertile de la 
plaine marocaine, et qui n'est utilisable que grâce à l'entre- 
tien par l'État d'un certain nombre de « Nzelas » (lieux 
où les caravanes trouvent un abri et de l'eau). 11 existe 
encore une autre route, qui fait un grand détour en se rap- 
prochant de la chaîne et franchit le plateau par ses contre- 
forts septentrionaux de Mtouga et deHaha. Elle a été par- 
courue d'abord par Balansa dans sa partie orientale, 
mais n'a été bien connue que par les relations de voyages 
des ambassades française 7 et italienne 8 (1882), cette der- 

1. Voyage à la côte du Maroc de Tanger à Mogador, par Auguste Beau- 
mier, consul de France, 1855-75 (B. S. G. P., 1876, t. XI, p. 241-254, carte 
au l/800.000 e ). 

2. Itinéraire de Mogador à Maroc et de Maroc à Saffy (B. S. G. P., 1868, 
t. XVI, p. 321-329, carte au l/500.000 e ); Excursion de Mogador à Saffy 
{B.S. G. P., 1868, t. XV, p. 305-311, carte au 1/800.000"). 

3. Proceed. R. Geojr. Soc, London, 1889, p. 3-7. Travels in the Atlas 
and Southern Morocco, London, 1889. Gf-dessus p. 31, note 3. 

4. Narrative of a journey to Morocco in 1863 and 1864, by the late 
Thomas Hodgkin, with geological annotations, London, F. Cantley Newby, 
1866. 

5. Journal of a tour in Marocco and the Great Atlas, London, 1878. Cf. 
ci-dessus, p. 30, note 1. 

6. Cf. ci-dessus p. 29, notes 3 et 4. 

7. Mission militaire envoyée au Maroc en 1882, Bull. Soc. géogr. et 
archéol. de laprov. d'Oran, 1885, p. 157-175. — Marcel, Le Maroc, Paris, 
1885. 

8. Missione Italiana da Tangeri a Marocco e Mogador, diretta dal Comm. 
S. Scovasso : Relazione dell'ing. C. P. Crema, Cosmos de Cora, t. VIII, 
1884-85. 2 cartes au 1/750.000 6 et 1 profil de la route. 



HISTOIRE SOMMAIRE DE L'EXPLORATION 41 

nière se distinguant par une bonne figuration du relief, 
la première par une exacte appréciation des distances 
entre les localités visitées. La relation française présente 
le même avantage pour la troisième roule, par laquelle 
Washington 1 avait déjà, de Mazagan, atteint la capitale 
à travers la province de Doukkala. Un peu à l'est court 
la route de Badia 2 partant d'Azemmour et rejoignant la 
précédente un peu avant la capitale. Le récit de l'Espa- 
gnol a aujourd'hui encore une haute valeur au point de 
vue orographique et géologique, comme trait d'union 
entre les voyages ci-dessus mentionnés pour la partie 
occidentale du plateau et ceux de Washington 3 , Lenz* et 
Crema 5 dans la partie orientale. Ces trois explorateurs 
ont, avec de faibles variantes, utilisé la même route, 
qui quitte la côte à Fdala, et, se dirigeant presque di- 
rectement au sud, conduit à la capitale par la province 
de Ghaouïa, la région des Béni Meskin et la province de 
Sraghna. Entre cette route et celle de Badia, déjà au siè- 
cle dernier, Lemprière 6 traversa l'Oued Oum er Rebia à 
Taboulaouan et atteignit la mer à El Mansouria (au nord 
de Fdala). La dernière route qui de l'intérieur se dirige 
vers la côte suit le pied de la chaîne dans la direction 
du nord-est jusque dans la province de Tedla, d'où elle 
gagne Rabat en se recourbant vers l'ouest. Le Vallois 7 et 

1. Journ. of the Roy. Geogr. Soc, London, 1830-31, p. 123-155, carte 
au 1/1. 650. 000 e . 

2. Ali Bey el Abassi, Voyage en Afrique et en Asie pendant les années 
1803-1807, Paris, 1814, carte. 

3. Loc. rit. 

4. Loc. cit. 

5. Loc. cit. 

6. A tour from Gibraltar to Tangier, Sallee, etc. 

7. La route de Le Vallois ne nous était connue que par la carte de 
Lannoy de Bissy. On trouve une reconstruction de l'itinéraire, d'après 
les indications du voyageur, dans la carte du Maroc de R. de Flotte. La 



42 L'ATLAS MAROCAIN 

Erckmann' l'ont fait connaître. De cette route se sépare 
dans le pays de Tedla celle qui conduit à Meknes par 
les avant-chaînes occidentales du Moyen Atlas, et que de 
Foucauld a suivie en sens inverse 2 . 

route de l'officier français a été suivie depuis par un ingénieur militaire 
espagnol, Canizares y Moyano. La relation .de son voyage à la suite du 
sultan (1891-93) donne des renseignements importants sur les hautes 
plaines de l'ouest; mais ses cartes d'itinéraires s'accordent trop mal avec 
le texte pour servir beaucoup à la cartographie marocaine. Cf. une ana- 
lyse détaillée de l'ouvrage de E. Canizares y Moyano (Apuntes sobre 
Marruecos, Madrid, Gaijarro, 1895) par P. Schnell dans Ptterm. Mitteil., 
Litteraturbericht, 1896, n° 514. 

1. Le Maroc moderne. 

2. On peut mentionner encore, pour être complet, deux ouvrages qui 
donnent sur beaucoup de points d'intéressants compléments, sans toute- 
fois accroître bien notablement nos connaissances géographiques. Ce 
sont : a) A. von Conring, Marroco, das Land and die Leute y Berlin, 
G. Hempel, 1880; 6) Hugh E. M. Stutfied, El Maghreb, 1200 miles ride 
through Marocco, London, Sampson Low, 1886. 



CHAPITRE II 

coup d'œil sur la genèse du système de l'atlas 
et son articulation 



Avant d'aborder l'objet spécial de ce travail, il est néces- 
saire de distinguer la région dont nous nous occuperons 
particulièrement de deux autres avec lesquelles elle forme 
un tout nettement délimité. 

Le Nord-ouest de l'Afrique est occupé par un vaste sys- 
tème montagneux; le long du versant sud, dont la pente 
est le plus abrupte, et parallèlement à la direction géné- 
rale des couches de tout le système, se creuse un fossé 
géologique des plus importants, constitué à l'ouest par le 
lit de l'Oued I)raa\ à l'est par celui de TOued Djeddi 2 et la 
dépression des Chotts. Au sud de celte ligne commencent 
les plates-formes qui caractérisent tout le continent noir : 
ce sont les tables horizontales du Sahara 3 , dont un 
des traits géognosliques est l'absence des plus anciennes 
roches mésozoïques. La région située au nord, au con- 
traire, est caractérisée par un plissement intense et un 



1. Lenz, Timbuktu, II, p. 16, 21, 23, 24. Jannasch, loc. cit., p. 135, 
carte. Douls, loc. cit., carte. Caillié, route dans Peterm. Mitt., 1865, taf. 6. 

2. Rolland, Carte gcolog. du Sahara du Maroc à la Tripolitaine et de l'Atlas 
auAhaggar, 1/5. 000.000 e (B. S. G. P., 1886, p. 203-255 : Hydrogr. et orogr. 
du Sahara algérien). 

3. Lenz, Timbuktu, II, p. 24. B. S. G. P., 1881, t. I, p. 290. 



44 L'ATLAS MAROCAIN 

développement complet de la série des couches depuis la 
période la plus ancienne jusqu'à la plus récente, de sorte 
que ce pays se montre étroitement apparenté à l'Europe du 
sud-ouest 1 . La région de l'Atlas est donc un « étranger du 
nord » sur le sol africain, un membre de la grande zone 
des plissements méditerranéens, séparé de l'Europe aune 
époque relativement récente et par des changements locaux 
sans importance pour la tectonique générale du système 2 . 
A l'est, où la transgression des formations éocènes et cré- 
tacées à Malte et en Sicile fait supposer une jonction inté- 
rieure des chaînes du Nord-ouest africain avec l'Apennin, 
l'union n'a été rompue que par des dislocations de la fin 
de l'époque tertiaire, quelques-unes même post-glaciaires 3 . 
Pour l'ouest, où l'on a constaté le passage de la zone de 
calcaire jurassique du Djebel Mouça au rocher de Gibral- 
tar 4 , la correspondance de la faune de mollusques terrestres 
entre l'Afrique du Nord et l'Espagne montre qu'entre ces 
deux régions la cohésion par terre s'est maintenue jusqu'à 
l'époque actuelle 5 . Surtout l'analogie de structure et de 

i. Suess, La Face de la Terre (Das Antlitz der Erde), trad. fr. publ. sous 
la direction de Emm. de Margerie, Paris, A. Colin, 1897, t. I, p. 454-455. 
Blanckenhorn, Der Atlas, das nor da.fr ikanische Faltengebirge, Peterm. Er- 
gânzungsheft n° 90 (1888), av. carte géolog. de l'Atlas au 1/4.000.000=. 

2. Suess, op. cit., p. 375, 438-439 de la trad. fr. 

3. Suess, op. cit., p. 287 et 447 de la trad. fr. ; Blanckenhorn, op. cit., 
p. 22. D'après certains géologues, la continuation des plis de l'Atlas 
semble devoir être cherchée dans l'Apennin central (à l'est de Rome) plu- 
tôt qu'en Sicile, par suite de l'inflexion vers le nord de tous les plis du 
nord-est de la Tunisie (Haug, Géologie de la Tunisie, Revue génér. des se. 
pures et appliq., 1896, p. 1052). Il n'en reste pas moins établi que la sé- 
paration entre Tunisie et Sicile est d'âge très récent (N. du trad.). 

4. Maw, ffooker's Journal, App. H, p. 448. Suess, op. cit., p. 299 de la 
trad. fr. ; F. de Botella, Espana y sus antiguos mares {Boletin de la Soc. 
gtogr. de Madrid, 1877, t. II, cartes 2, 3, 4, 5, 6, 9). 

5. Bourguignat, Malacologie de V Algérie. Paris, 1864, discuté par V.- 
A. Malte-Brun, dans Ann. des voyages, 1866, I, p. 100-104 : Des princ. 



GENÈSE DU SYSTÈME DE L'ATLAS 45 

constitution met hors de doute la parenté géologique 
du système de l'Atlas avec l'Apennin et la Cordillère béli- 
que : on retrouve dans l'Afrique du Nord, en sens inverse 
et tournée vers le sud, la structure du système de la pénin- 
sule italienne et du système du Sud-est espagnol 1 . 

La zone la plus septentrionale comprend deux séries de 
roches éruptives récentes, dont l'une, composée d'îles, ac- 
compagne la côte, l'autre court le long de la côte même ou 
pénètre par endroits plus loin sur le continent. Dans la ré- 
gion de fracture entre ces deux séries, une grande partie 
de l'ancienne chaîne côtière composée déroches archéen- 
nes s'est effondrée. Les restes de cette chaîne ancienne, 
formant les fragments de la deuxième zone, s'avancent au 
loin dans la mer en caps aigus; constituant en beaucoup 
d'endroits des Aorsts 2 , ils entourent des golfes semi-cir- 
culaires, mais qui doivent leur configuration plutôt à la 
force d'érosion des vagues qu'à la formation de fosses de 
rupture 3 . Les schistes sont souvent surmontés de calcaires 
carbonifères 4 (?) et de grès permo-triasiques. Derrière 
eux s'élèvent les couches redressées et abruptes de la 
chaîne plissée, terrains jurassiques et crétacés qui ont 
fourni la plus grande partie des matériaux du système de 

malaco-stratigr. du syst. europ. et du nord de l'Afr.,av. carte du nord de 
l'Air, au comm. de laper, act. — Spanien, Algérien uni Tunis, Briefe an 
Michel Chevalier von P. de Tchihatchef, Leipzig, Th. Grieben, 1882. p. 22. 
Kobelt, a) Spanien, Oran, Marokko (Nachrichstblatt der deutschen malako- 
zoolog. Gesellschaft, 1881) ; b) Molluskengeographisches vom Mittelmeer 
(ibid.). — Cf. Blanckenhorn, op. cit., p. 47. 

1. Suess, op. cit., p. 287-295 et 301 de la trad. fr. Les beaux chapitres 
consacrés à l'Espagne et à l'Italie par M. Th. Fischer dans la Ldnderkunde 
de Kirchhoff sont le meilleur guide pour les relations génétiques de 
l'Afrique du Nord avec les autres pays méditerranéens (N. du trad.). 

2. Sur cette expression, cf. Suess, loc. cit., p. 163 de la trad. fr. 

3. Th. Fischer, Kùstensludien aus Nordafrika (Pet. Mitt., 1887, p. 10). 

4. Bleicher, Bull, de la Soc. Géolog. de France, 1880, t. VIII, p. 303. 



46 L'ATL/VS MAROCAIN 

l'Atlas. Leur érection en chaîne commence à l'époque ter- 
tiaire, après que, dans la période précédente, le Sahara 
orienta] se fut couvert d'une masse continentale, et que la 
force de plissement venue du nord put y rencontrer un obs- 
tacle 1 . A cette époque commencent les ruptures dans l'an- 
cienne région côtière, accompagnéesde la venue au jour de 
masses éruptives récentes sur les deux bords de la fracture, 
phénomène qui ne paraît avoir pris fin que dans la pé- 
riode actuelle 2 . Quelques massifs de la partie affaissée ont 
émergé de nouveau plus tard, recouverts de puissants sé- 
diments tertiaires, qui, de même que les couches récentes 
surmontant la chaîne jurassique et crétacée, ont participé 
au plissement ultérieur; dans l'est (Djurdjura), ces sédi- 
ments se sont agrégés à la grande chaîne calcaire méri- 
dionale, de manière à faire disparaître sur un grand espace 
le fossé de séparation auparavant si marqué entre cette 
chaîne et la série des massifs côiiers. 

Les chaînes de la partie sud-ouest occupent une place 
à part dans le système de l'Atlas. Les résultats encore 
bien incomplets des explorations font supposer qu'on y 
rencontre les mêmes roches, jusqu'à la période crétacée, 
que dans le nord et l'est 3 ; mais ces roches sont pré- 
cédées au sud d'une région occupée par des couches an- 
ciennes (carbonifères et dévoniennes) 4 ; ces couches ont 
constitué une Meseta nord-africaine, qui a opposé une 
ferme résistance à la force de plissement venue du nord. 
Il en est résulté que le mouvement y a commencé plus 

1. Cf. Blanckenhorn, loc. cit., p. 6. 

2. Tchihatchef, Spanien, etc., p. 142 et 364. 

3. Cf. von Fritsch, Geogr. VerbreUung geognosi, Formationen (Geogr. 
Jahrbuch, t. VIII, p. 375-376). Lenz, Bcitrage zut Kenntniss der Tertidr- 
bildungen in Nord- und Westafrika(Vhdlgnd.k.k. geolog. Iieichsanstalt zu 
Wien, 1883, p. 230). 

4. Lenz, B. S. G. P., 1881, t. I, p. 208. 



GENÈSE DU SYSTEME DE L'ATLAS 47 

loi ', que la formation des chaînes dans l'Atlas marocain 
a vraisemblablement débuté dès l'époque paléozoïque et 
était déjà achevée dans ses principaux traits à l'époque 
tertiaire, lorsque se produisaient les premiers plissements 
dans le nord et l'est du système de l'Atlas 2 . 

Par suite de l'âge différent des plissements et en tenant 
compte des effondrements qui se sont produits dans la par- 
tie septentrionale, il convient de diviser en trois parties, 
au point de vue géologique, les pays de l'Atlas : 

1° Les chaînes marocaines, composées presque exclusi- 
vement de roches paléozoïques et mésozoïques, dont le 
plissement paraît s'être terminé à la fin de l'ère secon- 
daire. 

2° Les chaînes calcaires algéro-tunisierfnes , constituées 
par des couches mésozoïques et récentes. Elles se sont 
élevées surtout pendant la période tertiaire, tandis que 
l'époque quaternaire a été marquée par une forte dénuda- 
lion de la surface et l'amoncellement des produits de cette 
destruction, qui sur dévastes espaces cachent l'ossature 
des chaînes 3 . 

3° Les fragments rompus de l'ancienne chaîne côlière, 
dont le noyau archéen est recouvert de couches paléo- 
zoïques et de puissants dépôts tertiaires, pendant que les 
couches mésozoïques, si fortement développées dans tout 
le reste du système de l'Atlas, n'y ont qu'une faible exten- 
sion. 

L'articulation géognostique du système de l'Atlas lait 
comprendre avec une clarté rare les lignes principales de 
l'orographie. Dans l'état actuel de nos connaissances, la 

1. CL Blanckenhorn, op. cit., p. 6. 

2. Lenz, Beilràge zur Kenntniss, etc., p. 230. 

3. P. Mares, Note sur lu constitution du Sahara dans le sud de la prou. 
oVOran (Bull, de la Soc. Gêoi, 1856-57, série II, l. XIV, p. 528;. 



48 L'ATLAS MAROCAIN 

lisière montagneuse du nord de l'Afrique nous apparaît, 
non plus, ainsi qu'on le dit encore parfois 1 , comme un 
soulèvement unique composé de zones parallèles, mais 
comme un système composé de trois parties, très diffé- 
rentes l'une de l'autre par la direction des couches, la 
structure et l'articulation : 

1° Les chaînes marocaines; 

2 Le plateau des Ghotts ou Sebkhas 3 ; 

3° Le littoral ou Sahel. 

Les chaînes marocaines. 

Cette partie des pays de l'Atlas, la plus anciennement 
plissée, se compose de trois chaînes de direction Sud- 
ouest-Nord-est, une chaîne principale médiane et deux 
chaînes secondaires, séparées de la première par deux 
importantes vallées longitudinales, mais s'y rattachant par 
des massifs montagneux qui partagent chacune des vallées 
longitudinales en deux systèmes fluviaux. Dans la vallée 
septentrionale coulent l'Oued Moulouïa et l'Oued el Abid ; 
les eaux de la vallée méridionale se rassemblent dans 
l'Oued Sous et l'Oued Draa. A l'est de ce dernier fleuve, dont 
le sépare seulement une faible élévation de terrain (50- 
60 m.) 3 , l'Oued Todgha rassemble encore ses eaux dans 
cette fosse de séparation pour les conduire à l'Oued Ghe- 
ris ; mais ce dernier, non plus que l'Oued Ziz qui coule plus 
à l'est, ne jalonne pas une vallée longitudinale entre le 
Haut Atlas et l'Anti Atlas. 



i. Blanckenhorn, loc. cif., p. 3. 

2. La forme correcte serait : plateau des Chtout ou Sbakhs; mais nous 
avons préféré employer une forme plus usuelle (IV. du trad.). 

3. Reconnaissance, feuilles 15 et 16. 



GENESE DU SYSTEME DE L ATLAS 49 

Le Djebel Bani précède le système des trois grandes 
chaînes, auxquelles il correspond par la direction des 
couches; au milieu à peu près de son parcours, il se 
soude ' au versant sud de l'Anti Allas, qui fait là un grand 
coude, mais partout ailleurs il en est séparé par une plaine 
déserte (El Feïja); il forme la terminaison vers le sud du 
système montagneux proprement dit. 

Le Haut Atlas constitue le principal trait de la physio- 
nomie des chaînes marocaines; ses promontoires attei- 
gnent l'Atlantique, et les derniers contreforts de sa chaîne 
principale forment la lisière nord du Choit Tigri, pendant 
qu'une chaîne secondaire méridionale, morcelée en massifs 
distincts (Djebel el Akhdar-Djebel Doug 2 ), entoure le Choit 
au sud, puis se recourbe vers le nord-est 3 et va finir à l'an- 
gle sud-ouest du Choit ech Chergui (Djebel Doug-Djebel 
Amrag) 4 . Grâce à sa haute chaîne, dont de nombreux som- 
mets atteignent 3.000-4.000 mètres, le Haut Atlas marque 
son empreinte dans la vie sociale de tout le Nord-Ouest 
africain; il forme séparation hydrographique et climaté- 
rique entre deux zones de civilisation dont l'opposition est 
très marquée. Il protège le Tell marocain contre le souffle 
desséchant du sirocco 5 , et détourne les vents marins hu- 
mides de la région saharienne, qui commence à son flanc 



1. Reconnaissance, p. 138. 

2. De Wimpffen, loc. cit., p. 36, carte; cf. la représentation un peu dif- 
férente du Djebel el Akhdar dans la Carte du Sud-Oranais au 1/400. 000 e , 
4 feuilles, Paris, Challamel aîné, 1884. 

3. De Wimpffen, loc. cit. Perrot, Itinéraire de Geryville àFiguig et re* 
tour (1868) (B. S. G. P., 1881, t. II, p. 273-302. Carte au l/600.000 e ). 

4. Dastugue, Hauts-Plateaux et Sahara de V Algérie occidentale {B. S. 
G. P., 1874, t. VII, p. 125, avec carte d'ensemble des Hauts Plateaux, etc., 
au l/8CO.0O0 e ). 

5. A Mogador, il souffle en moyenne deux jours seulement par an. 
Hooker, Journal, p. 90. 

4 



50 L'ATLAS MAROCAIN 

sud; il donne ainsi aux deux provinces climatériques leurs 
produits caractéristiques (céréales et dattes). Il forme aussi 
un puissant obstacle au commerce entre les deux régions. 
Des cols difficiles à franchir le traversent : leur hauteur 
atteint environ 3.600 mètres 1 au sud de la capitale, 
1.000-1.500 mètres dans la partie orientale 2 , et s'abaisse 
à 1 .200 mètres dans la partie occidentale 3 . 

Les chaînes secondaires présentent au commerce de 
bien moindres difficultés. L'Anti Atlas commence égale- 
ment à la côte ouest \ et se poursuit, en formant diverses 
arêtes, jusque près de la frontière algérienne, ayant 
comme étendue totale à peu près la longueur de la chaîne 
principale (environ 1 .000 km.). De Foucauld croit 5 qu'il se 
termine entre l'Oued Draa et l'Oued Ziz; cependant les 
voyages de Rohlfs et de Wimpffen rendent certain que 
l'Anti Atlas ne s'éteint que dans l'étroite haute plaine au 
nord de l'oasis de Kenadsa. Dans les six cols qu'on a tra- 
versés, il atteint en moyenne 2,000 mètres 6 , hauteur au- 
dessus de laquelle son arête assez uniforme ne s'élève que 
fort peu. Dans sa partie occidentale, il sépare les affluents 
de l'Oued Sous et de l'Oued Draa; par suite de son altitude 

l.TiziTagherat,3.581*>,25.(ilfitf.d. Ges.f. Erdh. Halle a. S., 1879, p. 28). 

2. Tizi n Telouet, 2.634 m. (de Foucauld, loc. cit.); Tizi n Telouet, 
2.5 50 m. (Thomson, loc. cit.) ; Tizi n Telghemt, 2589 m. (Rohlfs), 2.182 m. 
(de F.). 

3. Lenz, Timbuktu, I, p. 277. 

4. Jannasch (loc. cit., p. 184) rencontra les premières hauteurs de 
l'Anti Atlas à la rive sud de TOued Asaka inférieur. 

5. Rcconn., p. iOl. 

6. Ue l'ouest à Test se succèdent les cols : Tizi lberkaken 1.912 m., Tizi 
Azrar 1.934 m., Tizi n Haroun 2.059 m., Tizi Agni 1.674 m., Tizi Tifernin 
1.872 m.,Trik Iril n Oittob 2.280 m. (De Foucauld, itemn.,p. 100; Itinér. 
au Maroc, B. S. G. P., 1887, carte). Les 3 cols franchis par Lenz (1.100 m:), 
Mardochée et Jannasch, au sud et au sud-ouest de Ilegh (Tazeroualt), 
n'appartiennent pas à la chaîne principale, mais à un contrefort méridio- 
nal. Cf. plus loin notre description détaillée de l'Anti Atlas. 



GENÈSE DU SYSTEME DE L'ATLAS 51 

importante au-dessus du bas pays situé au nord et au nord- 
ouest, il constitue la muraille climalérique entre le Tell 
el le Sahara, muraille qui est formée plus à l'est par la 
grande chaîne 1 ; il laisse à la province méditerranéenne les 
pays de l'Oued Sous et ceux qui s'étendent au sud jus- 
qu'à l'Oued Asaka, pendant que sur son versant méri- 
dional commence la culture des dattes. A l'est de l'endroit 
où il se soude au Haut Atlas, l'Anti Atlas cesse d'être la 
principale ligne de partage des eaux. Au delà de la cou- 
pure du Draa, la chaîne se relève une (ois encore jusqu'à 
son altitude la plus forte (Djebel Saghro 2.300 m.) 2 ; puis 
elle s'affaisse notablement 3 , comme la chaîne principale à 
l'est de son point culminant (Djebel Aïachin) et prend de 
plus en plus la forme d'un haut plateau 4 , qui s'annonçait 
déjà au Saghro \ 

La chaîne secondaire septentrionale, le Moyen Atlas,, 
commence 6 par 31° 50 lat. N. et 6° 50 long. W. Gr. dans 
la province de Demnat, à l'endroit où l'Oued Tessaout el 
Foukia sort de la haute montagne; elle court dans la 
direction Sud-ouest-Nord-est jusqu'à la coupure de la 
Moulouïa, accompagnée dans la première partie d'avant- 
monts bas et plats; là où ceux-ci disparaissent, au delà de 
la gorge étroite de l'Oued el Abid, la chaîne commence à 
s'élever aune hauteur importante 7 . A l'est delà route Fez- 
Ksabi ech Gheurfa,la chaîne se bifurque 8 . Les plus hauts 



1. DeFoucauld, Uin., p. 118. Gatell, UOued-Noun et le Tekna, p. 260-263. 
Gatell, Description du Sous, p. 83-84. 

2. Reconn., feuille n° 15. 

3. Reconn., p. 101. 

4. Reconn., p. 213. 

5. Rohlfs, Pet. Mitt., 1865, p. 173. 

6. Reconn., p. 100. 

7. Uin. au Maroc, profils 1 et 2. 

8. D'après Berquin, sur feuille 4 de la carte Lannoy de Bissy. 



^2 L'ATLAS MAROCAIN 

sommets du Moyen Allas atteignent environ 3.000 mètres . 
Le versant nord de la chaîne se compose de trois terrasses, 
qui s'élargissent vers l'ouest; elles vont, sur la côte, jusqu'à 
l'embouchure del'O. bou Regreg.Lachaîneesthabitéedans 
celle partie par des tribus pillardes (Zaïan, Zemmour 
Chellaha et Zaïr), qui rendent le passage très difficile aux 
caravanes, et dont, ces derniers temps, le sultan, dans son 
voyage annuel, évite le territoire*. Ces contreforts du 
Moyen Atlas forment par suite une séparation entre les 
deux anciens royaumes (Fez et Maroc) 3 dont se compose 
le sultanat au nord du Haut Atlas; c'est pour cela aussi que 
la principale route de commerce décrit un grand arc de 
cercle autour de la chaîne. Vers l'est, les étages dimi- 
nuent de largeur et deviennent plus abrupts, surtout à 
l'est de Sfrou, endroit où se termine la terrasse infé- 
rieure \ 

Là commence la constitution orographique (deux ter- 
rasses) qui se poursuit avec une plus faible hauteur à l'est 
de l'Oued Moulouïa et qui est si caractéristique pour 
l'Atlas Tellien de l'Algérie occidentale 3 . Au pied de ces 
terrasses court le grand fossé de séparation entre l'Atlas 
proprement dit et les chaînes côtières, marqué par les val- 
lées longitudinales de l'Oued Innaouen et de l'Oued Msoun. 
C'est cette dépression que suit, depuis les temps anciens, 



\ . Rohlfs traversa la chaîne au col de Megader (2.517 m.) ; de Chavagnac 
(loc. cit.), évaluait un massif qui appartient à l'extrémité nord de la chaîne 
(Dj. Obiod) à 3.0CO mètres. 

2. Erckmann, p. 65; route ancienne du sultan : Bejad ou Bou el Djad- 
Meknes. Cf. de Foucauld, Itinéraire. Walter B. Harris, The nomadic Berbers 
of central Morocco(Geogr. Journ., 1897, p. 638). 

3. Erckmann, loc. cit., p. 22. 

4. De Foucauld, Itinéraires, etc., carie. 

5. Bourdon, Note sur la gèogr. phy$. de la prov. d'Oran (B. S. G. P. 
1869, t. XVII, p. 445-446). 



GENÈSE DU SYSTÈME DE L'ATLAS 53 

la plus importante route commerciale de l'Atlas septen- 
trional, qui d'Alger conduit par Tlemcen, Oudjda(083 m.), 
Taza (620 m.) \ à Fez (390-352 m.) 2 , Meknes (535 m.) et 
au delà, par la plaine d'alluvions du Sebou inférieur 
(40-50 m.) ', jusqu'à Rabat et à la côte. 

Dans l'angle entre le Haut Allas, qui à l'est du Djebel 
Aïachin prend une direction Est-nord-est et le Moyen Atlas 
qui court franchement au Nord-est, séparée à l'ouest de la 
région de l'Oued el Abid 4 par une série de hauts plateaux, 
s'étend la plaine des sources de la Moulouïa, qui, au point 
de vue orographique et génétique 5 , appartient au système 
marocain. A l'endroit où le fleuve sort de cette plaine, au- 
dessous de Kasba el Maghzen (1.211 m.) 6 , la direction de 
son cours montre déjà l'inclinaison vers le nord qui ca- 
ractérise la partie orientale des pays de l'Atlas. Sa 
large vallée est bordée à l'est par une muraille peu élevée, 
le Rekkam, qui se rattache au pied nord du Haut Atlas, 
de là se dirige transversalement jusqu'au pied de la 
gada (plateau) de Debdou, et va se terminer 7 vers l'ouest 
en quelques gradins assez bas aux pentes adoucies. Le 
Rekkam n'est pas, comme le représentent Lannoy de 
Bissy s et Andree-Scobel, un contrefort de la grande 
chaîne marocaine. 

Le Rekkam sépare l'Oued Moulouïa de ses affluents 

1. De Foucauld, Reconn., feuilles 20, 4, 3. 

2. Premier chiffre, de Foucauld, Reconn., feuille 3; deuxième chiffre 
pour la basse ville, Duveyrier, moyenne de 129 observations. Uenou, 
Deux notes sur le Maroc (C. R. S. G. P., 188G, p. 505). 

3. H. Kiepert, Itinéraire du voyage de Lenz, loc. cit. 

4. D'après les informations de Foucauld, Reconn., p. 102; Schaudt, loc. 
cit., p. 405-406. 

5. Pet. M Ut., 1865, p. 169. 
6. De Foucauld, Itin., carte. 

7. De Foucauld, Reconn., p. 239, profil. 

8. Feuille n° 5. 



L'ATLAS MAROCAIN 



orientaux, qui se réunissent dans la coupure de l'Oued Za 1 
et appartiennent déjà à la deuxième partie du système de 
l'Atlas, celle qui commence sur le versant oriental du 
Rekkam, et est appelée Dahra* dans la région marocaine. 



Plateau des Chotts ou Sebkhas. 

C'est un haut-plateau en forme d'auge 3 , s'étendant 
surtout d'ouest en est et de 110 kilomètres de largeur 
moyenne v ; il tire son nom des dépressions salines des 
Chotts (1 .000-1 .400 m.) et des Sebkhas (plus de 800 m.), qui 
marquent la ligne de sa plus faible altitude. De hauts 
rebords, divisés en massifs distincts par de nombreuses 
coupures, dues au plissement ou à l'érosion, et d,ont profite 
le commerce, entourent les hauts-plateaux ; suivant la zone 
de culture à laquelle ils appartiennent, ces rebords sont 
appelés Atlas Tellien et Atlas Saharien, atteignent souvent 
2.000 mètres, et culminent en un sommet à plus de 
2.300 mètres 5 . Ils se relient aux chaînes marocaines dans 
des régions encore presque complètement inexplorées ; 
d'après nos connaissances actuelles, les faits se présentent 
comme il suit : 

Le Moyen Atlas va finir comme chaîne montagneuse à la 

1. Saar de Habenicht, d'après la carte de Colville, où a long est re- 
présenté par ar : cf. Tsarsa — Tsasa — Tasa; Kasbar— Kasba. 

2. Schaudt, loc. cit., p. 301 : Dahara; de Foucauld, Reconn., p. 372. 

3. P. Mares, B. S. Géol.\ 1856-57, t. XIV, p. 525-526. Derrécagaix, Le 
suddela prov. cCOran (B. S. G. P., 1873, t. V, p. 6). Th. Fischer, Kusten- 
studien aus Nordafrika (Pet. Milt., 1887, p. 3). 

i. Cf. Th. Fischer, Fïtnfzig Jahre franzôs. Herrschaft in Algier (Preuss. 
Jahrbûch., t. XL, 1880, p. 593). La valeur donnée par Vivien de Saint- 
Martin, Nouv. Dict., etc. (150 kilom.) nous parait trop élevée. 

5. Chelia, 2.320 m. (Aurès), Lella-Khedidja 2.308 m. (Djurdjura) [Altitudes 
des principales localités de l'Algérie, etc. B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 406-407). 



GENÈSE DU SYSTÈME DE L'ATLAS 55 

coupure de l'Oued Moulouïa 1 , avec deux terrasses inclinées 
vers le nord, et évaluées à 3.000 et 2.000 mètres 2 ; au delà 
de cette coupure, il se continue dans le « plateau de 
Debdou», d'une altitude beaucoup plus faible (1.600 m.) 8 , 
qui paraît régner jusqu'à l'Oued Za 4 . Séparé de l'étage 
supérieur par la plaine de Tafrata, un seuil peu élevé (El 
Gelob), dont les contreforts limitent au sud la grande plaine 
déserte d'Angad, forme la continuation de la terrasse du 
Djebel Ghiata 5 , quoiqu'elle soit bien loin de l'égaler en 
hauteur. Cette division bien marquée de la chaîne en deux 
terrasses se maintient dans l'Atlas Tellien occidental ; c'est 
pourquoi il convient d'étendre ce dernier nom jusqu'à 
l'Oued Moulouïa, d'autant plus que l'on se conforme de cette 
manière à la double division hydrographique reconnue 
plus haut 6 dans le lit de ce fleuve. L'Atlas Tellien, dans son 
étendue à travers l'Algérie et la Tunisie, se compose de 
trois fragments séparés par de profondes vallées transver- 
sales et dont la configuration diffère. La première partie, 
avec ses deux étages d'abrasion nettement marqués 
(2.000 m. -800/1 .000 m.) 7 et la plaine qui les sépare, remplie 
de débris fournis par l'érosion des montagnes, s'étend 
jusqu'à la coupure du Ghéliff (Boghari, 633 m.) s . Dans son 
dernier massif, l'Ouarsenis,elle perd déjà le second de ses 
traits caractéristiques. De là, le système-bordure, s'élar- 



1. De Foucauld, Reconn., p. 246. 

2. De Chavagnac, loc. cit., carte. 

3. De Foucauld, carte n° 19. Schaudt, Zeitschr. d. Gcs. f. V.rdk. Berlin, 
1883, t. XVIII, p. 299 :Miluja-Dewdu, plateau montagneux; p. 300 : au 
sud jusqu'à Figuig : Dahra. 

4. Reconn., p. 374. 

5. Reconn., p. 372. 

6. P. 53. 

7. Bourdon, loc. ci£., p. 446-448. 

8. Altitudes, etc. (B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 406-407). 



L'ATLAS MAROCAIN 

pissant vers le nord, se compose de deux chaînes dirigées 
à peu près d'ouest en est, la plus septentrionale portant 
les plus hauts sommets. Au delà de la coupure de la Sey- 
bouse(Guelma 270 m.) 1 , cette chaîne septentrionale prend 
la direction Sud-ouest-Nord-est, gagne la mer par une 
arête peu élevée de moins en moins continue, mais aux 
flancs abrupts 2 , et va constituer la Côte de Fer, redoutée 
par ses rudes abords et ses caps dangereux. 

La bordure méridionale du « plateau des Chotts ou 
Sebkhas » commence à l'Oued Guir, où ses derniers massifs, 
Djebel Zelmou 3 et Djebel bou Grouz 4 , s'insèrent entre le 
Haut Atlas et PAnti Atlas, séparés 5 du premier par la 
plaine de Tamlelt, large en moyenne de 25 kilomètres, du 
second par une plaine plus étroite 6 ; c'est l'extrémité 
orientale du « grand Désert », vu par Rohlfs à sa sortie 
du Haut Atlas, dans lequel le groupe d'oasis de Mdaghra, 
long de quatre heures, s'étend jusqu'à la lisière nord de 
l'Anti Atlas 7 . 

L'Atlas Saharien, dans presque toute son étendue, 
s'élève à pic au-dessus des plates-formes du déserl s ; c'est 
seulement à l'est de la brèche de Biskra que, en même 
temps que le système dévie dans la direction Sud-ouest- 

1. lbid. 

2. La Tunisie, géogr., événem. de 1881, etc., par Amédée Rivière, p. 2. 

3. Dastugue, Carte générale du commandement du Tafilala, dressée sur 
renseignements fournis par des indigènes de Tafilala (fi. S. G. P., 1867, 
avril). 

4. Ibid. — De Wimpfen, p. 3ô. 

5. De Wimpfen, loc. cit. 

6. lbid. y p. 39, carte. 

7. Pet. Mitt., 1865, p. 171-172. Schaudt, loc. cit., p. 400 : étendue de 
l'oasis de Mdaghra — 5 heures. 

8. Derrécagaix, p. 251-252. Latruffe, Les monts Aourès (B. S. G. P., 1880, 
t. XX, p 245). Rolland, Carte géologique du Sahara du Maroc à la Tri- 
pot itaine et de r Atlas au Ahaggar, 1/5.000.000° (B. S. G. P., 1886, p. 203- 
255) : Hydrographie et orographie du Sahara algérien. 



GENESE DU SYSTEME DE L'ATLAS 51 

Nord-est, se montrent des avant-chaînes peu élevées, 
qui ménagent la transition vers la dépression du Djerid et 
la côte tunisienne 1 . Les deux bordures du plateau vont 
finir à la Syrte en promontoires bas (environ 400 m.) et 
enferment entre leurs prolongements le bassin de la Me- 
djerda*, que ses conditions orographiques, quoique très di- 
versifiées par suite de la libre pénétration des vents marins, 
mettent en relation étroite avec le a plateau des Chotts ou 
Sebkhas » et permettent de regarder comme sa termi- 
naison orientale 3 . 



Sahel ou Littoral. 

Séparée des deux parties du système principal par une 
profonde vallée longitudinale, qui a moins de 100 mètres 
de hauteur sur une vaste surface et dont l'importance est 

1. C. Tissot, Notice sur le Chott-el-Djërid (deux excursions en 1853 et 
1857), B. S. G. P., 1879, p. 5, 26 av. carte. Rouire, Le littoral tuni- 
sien, le Sahel, le pays de S fax (Rev. de géogr., 1883, t. XII, p. 101-179 ; 1884, 
t. XIV, p. 15-36. Carte du pays de Sfax et de l'Enfida avec la rég. 
occid. du pays de Kaïrouan au 1/800.000°). 

2. Carte de la Tunisie dressée au Service géogr. de l'armée, 1839, 
1/800.000% 2 feuilles (nouv. édition 1895). 

3. Cf. la même conception dans Reclus, p. 148. Nous aurions quelques 
réserves à faire sur la manière dont M. Schnell conçoit le plateau des 
Chotts ou Sebkhas. Sans supprimer complètement la région des hauts- 
plateaux, comme le fait M. Rothpletz (Das Atlasgebirge Algériens, Peterm. 
Mitteil., 1890, p. 188 et suiv.), il faut convenir qu'ils ne sont bien carac- 
térisés que dans le Maroc oriental et l'Algérie occidentale ; on ne peut 
guère les suivre plus loin que la région des Zahrez. Malgré certaines 
analogies de relief, il est difficile d'y rattacher, comme on le fait parfois, 
soit le bassin de la Medjerda, soit les hamadas éocènes de la Tunisie 
centrale, soit les grandes plaines du littoral oriental de la Tunisie. Cf. V. 
Aubert, Carte géolog. de la rég. de Tunis à 1/800.000, une feuille av. not. 
explicat. — F. Haug, La géologie de la Tunisie (Rev. d. Se. pures et appliq , 
1896, p. 1047-1054) [Note du Traducteur], 



L'ATLAS MAROCAIN 

grande pour le commerce, une série sans cohésion de 
massifs souvent complètement isolés longe la côte; leur 
altitude oscille entre 400 mètres et 2.000 mètres. 

C'est la « chaîne côtière » \ caractérisée par une direc- 
tion qui diffère de la direction générale du système, et 
montrant, par sa correspondance avec le système sud-est 
de la péninsule ibérique, le tracé de l'ancienne chaîne 
littorale. C'est seulement à l'est de la ville d'Alger que les 
terrains tertiaires du plateau des Chotts ou Sebkhas, em- 
piétant sur la chaîne côtière, ont comblé la fosse sépara- 
tive; c'est ainsi que s'explique la confusion encore faite 
entre cette avant-chaîne et l'Atlas Tellien 3 . 

Quant à la dénomination de cette série de massifs 
côtiers, le nom plus général de chaîne littorale* paraît de- 
voir être préféré à celui de Sahel\ donné aussi par Reclus, 
et à celui de i??/ 5 , employé par Lenz 6 , qui ont tous deux 
un sens trop spécial. 

i. Th. Fischer, Kiistenstudien, p. 4. 

2. Blanckenhorn, p. 3. 

3. Reclus, p. 304. 

4. Sur la signification du mot Sahd, cf. Rouire, Rev. de géogr., t. XIII, 
p. \ft<, et Cherbonneau, Légende territoriale de l'Algérie, etc. {Rsv. de 
géogr., t. XIV, 1884, p. 142). 

5. L'appellation fli/'(d'après Cherbonneau, p.3r= pays cultivé, rivage), 
est généralement appliquée à la zone côtière marocaine. 

6. Timbuktu, I,p. 291. 



DEUXIÈME PARTIE 



CHAPITRE PREMIER 



LE HAUT ATLAS 



Le Haut Atlas, en tant que grande chaîne, se termine 
au Tizi n Telghemt par 4° 15' W. Gr. (RohhV 2.589 m., de 
Foucauld 2 2.182 m) ; à l'est de ce col, la chaîne s'affaisse 
notablement 3 , pour diminuer ensuite de plus en plus de 
hauteur et s'étaler en un haut-plateau fortement érodé 4 , 
dans la dernière partie duquel est entaillé le Chott Tigri, 
aux parois abruptes 5 (1° 40' W. Gr., 1.137 m. 6 ). Mares 
évalue l'altitude du haut-plateau à 1.250-1.300 mètres 7 . 

La haute chaîne proprement dite se compose, comme 
nous l'avons déjà vu plus haut 8 , de deux ailes, une aile 
occidentale et une aile orientale. L'arête de la première 



1. Peterm. Mitt.,1866, p. 110. 

2. Reconn., feuille 17. 

3. De Foucauld, Itinéraires, profils nos 7 et 8. 

4. De Colomb, Itinéraires d'Ain ben Khèlil à l'Oued Guir, etc. (B. S. G. 
P., 1872). 

5. Mares, B. S. géol., 1856-57, t. XIV, p. 532. 

6. Ann. de la Soc. Météorolog . de France (séance du 27 déc. 1859, 
t. VII, p. 222). 

7. B.S. Géol., p. 532. 

8. P. 31. 



60 L'ATLAS MAROCAIN 

est constituée par des roches paléozoïques anciennes, qui 
étaient déjà plissées avant que les couches plus récentes 
se fussent déposées sur le ilanc nord. Dans l'aile orien- 
tale, les roches récentes traversent la chaîne et paraissent 
la composer en son entier 1 . Celle chaîne, d'après Thom- 
son, à l'exception de la partie qui entoure le Djebel Aïachin 
(4.500 m. 2 ), n'atteint nulle part la hauteur de la chaîne 
occidentale ; l'explorateur anglais l'évalue à 3.000 mètres 3 . 
La différence de structure géologique a pour conséquence 
des dissemblances dans la configuration de la chaîne et des 
sommets; les formes sont plus massives dans l'aile orien- 
tale 4 , tandis que les roches de l'aile occidentale, plus 
faciles à dénuder, surtout sous l'influence du voisinage de 
la mer, ont pris des contours plus aigus. La limite entre 
les deux ailes passe à Test du Tizi n Telouet (au sud-est de 
la capitale Marrakech), qui, avec ses schistes et ses quar- 
tzites 3 , appartient encore à l'aile occidentale; elle passe 
entre l'Oued Rdat supérieur et son affluent oriental, l'Asif 
Adrar n Iri, dont les vallées, au point de vue géologique 
et économique, marquent aussi bien le contraste entre 
l'ouest et Test 6 que les deux montagnes géantes qu'elles sé- 
parent, la pyramide du Djebel Giaoui à l'ouest et le sommet 
plat de l'Adrar n Iri ' à l'est. 



1. Thomson, Travels, p. 172. Rohlfs, Pet. Mitt., 1865, p. 170. 

2. Estimé par Kenou à 4.500 mètres (C. fl. S. G. P., 1885, p. 506) d'après 
des données de Foucauld et de Wimpffen sur des sommets à « neige 
éternelle »; évalué par Rohlfs (P. M., 1866, p. 119) à 1.000 mètres au 
moins de plus que Tizi n Telghemt : soit environ 3.600 mètres. 

3. Évalué aussi haut par Crema qui le vit de loin (Cosmos de Gora, 1884- 
85, p. 11). 

4. Thomson, Travels, p. 172. 

5. Proceed., loc. cit., p. 9. Travels, p. 213. 

6. Travels, p. 204-205. 

7. Travels, p. 243. 



LE HAUT ATLAS 61 

A. — L'aile occidentale du Haut Atlas. 

La partie ancienne du Haut Atlas se décompose en trois 
chaînes nettement marquées, qui sont séparées par deux 
profondes vallées longitudinales' (Oued Nfis, 30° 55' lat. N., 
et Oued Ourika au S.-S.-E. de Marrakech), et forment des 
échelons successifs. La configuration et la hauteur de la 
chaîne dépendent de sa constitution géognostique. Dans la 
chaîne occidentale, et, à ce qu'il semble, dans la chaîne 
orientale également, dominent des roches sédimentaires 
(surtout des schistes) : delà les colsprofondément entaillés, 
dominés par de hauts sommets. Au contraire, dans la 
chaîne centrale, ces formations ne jouent presque aucun 
rôle 2 : cette chaîne se compose de roches cristallines qui 
lui donnent l'aspect d'une muraille crénelée. Les régions 
inférieures de toute l'aile occidentale sont formées de 
couches calcaires et gréseuses (surtout crétacées), qui au 
sud et au sud-ouest de la capitale atteignent jusqu'à 
1.500 mètres environ 3 . Au sud-est de Marrakech, la plus 
grande altitude du grès (2.000 m.) 4 paraît déjà marquer 
le changement des conditions géologiques, changement 
qui se complète à l'est de l'Oued Rdat. 

L — Partie occidentale. 
La chaîne du Haut Atlas commence à l'ouest par 

1. Proc, 1889, p. 11 et 14. Travels, p. 462. 

2. Cf. la carte géologique dans Travels, qui est d'ailleurs fortement 
systématisée. 

3. Maw, Hookefs Journal, App. II, p. 458. Thomson, Travels, p 300 
et 323. 

4. Washington, profil. 



62 L'ATLAS MAROCAIN 

9° 5' W. Gr. 1 , et son premier segment va jusqu'à la vallée 
transversale de l'Oued Nlis (7° 5' W. Gr.) ; c'est une arête 
avec des coupoles et des cônes massifs», séparés par de 
profondes entailles, et constitués par des couches pa- 
léozoïques anciennes très redressées, de nature schis- 
teuse en général. Dans le contrefort occidental, Lenz 
trouva» des schistes argileux et des schistes quartzeux 
avec de puissantes masses de fer hydraté, notamment au 
nord d'Emnizlah (au sud de la passe de Bibaouan), point 
où la route abandonne les collines du sud, composées de 
dépôts détritiques. Dans la chaîne, au sud d'Amzmiz et à 
la coupure de l'Oued Nfîs, les schistes argileux sont ac- 
compagnés de grauwacke 4 , en même temps que se fait 
sentir le voisinage de l'ancien foyer éruptif d'où sont sor- 
ties les masses de la partie centrale. Là des porphyres ont 
rompu 5 et métatnorphisé G les schistes argileux du Djebel 
Tiza. 

En ce qui concerne les altitudes, Lenz 7 traversa la 
chaîne aux Bibaouan (8° 52' W. Gr.) un peu au-dessus de 
1 .200 mètres. A l'ouest de ce point, la chaîne s'abaisse ra- 
pidement à son extrémité s ; elle s'élève au contraire sans 
interruption à l'est dans le Djebel Ida ou Ziki à environ 
2.000 mètres 9 et dans le Djebellda Mhammed à 3.000 mè- 



1. Thomson, carte in Proceed. 

2. Von Fritsch, M. V. f. E., Halle a. S., 1878, p. 56; 1879, p. 22. Von 
Fritsch, Ztschr. f. d. ges. Ntw., 1881, p. 205 : hauteur relative des som- 
mets 400-500 mètres. Thomson, Travels, p. 431. 

3. Timbuktu, I, p. 285. 

4. Thomson, Travels, p. 300, 304 et 318. 

5. Hooker, Journal, p. 254. 

G. Maw, Journal, App. H, p. 463. 

7. Timbuktu, I, p. 277. 

8. Travels, p. 477. 

9. Travels, p. 476. 



LE HAUT ATLAS 03 

1res 1 ; d'après Lenz, ces montagnes atteignent môme 
4.000 mètres 2 . Bail, d'après les informations de Ilooker 3 , 
plaçait le Djebel Ida ou Ziki à l'ouest (cf. carte de Lannoy 
de Bissy)et le Djebel Ida Mhammed à l'est de la passe des 
Bibaouan ; il regardait 4 le premier de ces massifs comme 
l'extrémité orientale de « l'Atlas maritime » 5 . La descrip- 
tion donnée par Lenz de sa traversée du col et le profil 
n° 5 de Foucauld montraient déjà mieux les véritables 
relations, qui ont été indiquées aussi clairement que pos- 
sible par Thomson. Le col des Bibaouan 6 n'est pas au 
nord-est de Taroudant, comme le pense B. Kiepert \ mais 
à peu près au nord-nord-ouest de ce point, ainsi que 
l'avaient soupçonné divers explorateurs antérieurs 8 et que 
Font établi de Foucauld 9 et Thomson 10 . Dans le parcours 
oriental ultérieur de la chaîne occidentale, Hooker men- 
tionne encore, au sud d'Imintanout et de Seksaoua, deux 
sommets qu'il évalue à environ 3.000 mètres 11 . Ces monta- 
gnes doivent être identiques au Djebel Aïthadius et au Lella 
Sisa, portés sur la carte de Balansa (évalués tous deux 
d'après la limite delà végétation et delà neige à 3.100m.); 
Hooker n'entendit pas prononcer ces noms par les indi- 

J. Thomson, carte in Vrac. R. Geogr.Soc. London^ 1889. 

2. Voij. du Maroc au Sénégal (B. S. G. P., 1881, t. I, p. 204). 

3. Journal, p. 294. 

4. Maw, Journal, p. 457. 

5. Reclus, p. 663. 

6. Col des Portes ; la l'orme ordinaire du nom est Bibaouan (cf. Lenz, 
Timbuktu, I, p. 277; Jackson, p. 11 ; Gochelet, p. 148). Von Fritsch, 
Ztschr. f. d. ges. Ntw., 1882, p. 201, et Rein (Vhdlgn d. VIL deutchen Geo- 
graphentages, p. 87), écrivent Buibaun. 

7. Lenz, lfinér., loc. cit.; d'après lui, Lannoy de Bissy, Habenicht, 
Andrée et Scobel, malgré Thomson. 

8. Lemprière, carte. Gochelet, p. 147-148. 

9. Profil n° 5. 

10. Cartes. 

11. Journal, p. 290. 



64 L" ATLAS MAROCAIN 

gènes 1 . Lenz mentionne encore un passage à travers la 
chaîne, infranchissable pour les animaux de charge, et qui 
doit conduire de Seksaouaàla vallée de l'Oued Afansou 2 . 
Par 8° 5 W. Gr., la chaîne 3 se bifurque, pour enfermer la 
première des deux vallées longitudinales mentionnées 
plus haut, celle de l'OuedNfis (environ 1 .500 m.) *. Lastruc- 
ture géologique et la configuration de la chaîne et des 
sommets montrent que la muraille nord de la vallée est la 
continuation de la chaîne occidentale 5 ; la chaîne méridio- 
nale (Djebel Ouichdan), plus basse 6 , composée de calcaires 
cristallins 7 , qui, comme l'observa Thomson du Tizi Nemiri, 
s'unit à la chaîne septentrionale et entoure la région des 
sources de l'Oued Nfis 8 , doit être regardée comme le com- 
mencement de la chaîne centrale 9 . La dernière partie de la 
chaîne schisteuse court au nord à partir du point où com- 
mence la bifurcation, pour incliner bientôt à l'est et accom- 
pagner l'Oued Nfîs jusqu'à son changement de direction 10 . 
Une série de petits contreforts 11 rayonnent ici au nord de la 
chaîne; ils ont 1.500 mètres de hauteur relative (3.000 m. 

1. Journal, p. 295. 

2. Timbuktu, I, p. 271. 

3. Thomson, carte. 

4. Travels, p. 303. 

5. V. ci-dessus notre coup d'oeil sur les conditions génétiques. 

6. Déjà Hooker (Journal, p. 262) a remarqué, du haut du Dj. Tiza 
(3.350 m.), que ce sommet est repoussé notablement au nord de la chaîne 
de partage des eaux, et qu'il la dépasse de 600-900 mètres. Thomson n'es- 
time pas si haut la différence d'altitude. 

7. Travels, p. 339 et 343. 

8. Travels, p. 304. 

9. Andrée et Scobel figurent cette région inexactement ; ils font du 
Djebel Ouichdan la continuation de la chaîne schisteuse occidentale et 
représentent la véritable continuation, le Dj. Erdouz et le Dj. Tiza, 
comme une chaîne septentrionale parallèle. 

10. Thomson, carte. 
il. Travels, p. 331. 



LE HAUT ATLAS 65 

environ de hauteur absolue) 1 , el tombent à pic sur les 
bancs calcaires et gréseux récents qui les précèdent. Ces 
contreforts séparent les sources de l'Oued Amzmiz, de 
l'Oued Ratmii et de l'Oued Erdouz; de ces vallées, trois 
cols», très durs à la montée comme à la descente, et d'une 
altitude d'environ 3.000 mètres, conduisent à l'Ogdimt et 
au Gindafî, les deux pays du Nfîs supérieur. Le chemin le 
plus commode, et le plus fréquenté à cause de sa position 
centrale, suit la coupure de l'Oued Nfîs et pénètre dans 
Ja chaîne 3 à Imaghiren (31° 10' lat. N.); par une ascen- 
sion lente, on atteint ensuite Tagadir Agadir el Bour 4 , 
située une heure plus au sud, et que Léon l'Africain* men- 
tionne déjà comme la porte d'entrée de l'Atlas à l'est 
d'Imsmiz (Amzmiz) ; puis on gagne la localité de Timesk 
(900 m.) 6 et enfin la Kasba où réside le caïd du Gindafî, 
Tagentaft (1.115 m. 7 ). C'est là que se séparent les routes 
qui conduisent à l'Oued Tifnout au sud-est et au cours su- 
périeur de l'Oued Sous au sud-ouest. 

A l'est du Tizi Nemiri (à la source de l'Oued Amzmiz) 
s'élève un des deux sommets les plus importants, qui do- 
minent la chaîne au sudd'Amzmiz : c'est le Djebel Tiza ou 
Tizi, que Hooker évaluait à 3.350 mètres 8 , tandis que 



1. Travels, p. 323. 

2. Les deux plus extérieurs sont : Tizi Nslit 2.944 mètres ; Tizi Nemiri 
3.019 mètres ; Thomson, Proc. R. Geogr. Soc. London, 1889, carte. 

3. D'après des renseignements de Hooker, recueillis de la bouche d'un 
jeune commerçant juif, Ben Daoud (Journal, p. 370), et qui correspondent 
à ceux recueillis par de Foucauld (Reconn., p. 337). 

4. Journal, loc. cit. (la donnée de Hooker qui identifie Agadir Tagadirt 
el Bour avec Around à l'extrémité supérieure de la vallée de Ghegaïa, 
est insoutenable). 

5. Renou, p. 193 : Burris. 

6. Thomson, Proc, 1889, carte. 

7. De Foucauld, loc. cit. ; cf. L. de Bissy : Tagountaft. 

8. Journal, p. 266. 



GO L'ATLAS MAUÔCA1N 

Thomson estimait à la môme altitude 1 le Djebel Erdouz, 
situé plus loin à l'ouest. Le nom de Djebel Tizi signifie 
simplement « la montagne du Col » a et désigne la hauteur 
qui commande la plus importante des trois passes indi- 
quées ci-dessus, le Tizi Nemiri (col de la Panthère) déjà 
mentionné par Erckmann 3 ; le chemin part d'Amzmiz, la 
localité la plus importante du versant nord de la chaîne au 
sud de la capitale 4 , et mène au Gindafi. La désignation de 
Djebel Tiza est donc à peine un nom propre, mais il faut 
s'en contenter provisoirement, faute d'une meilleure. 
Environ 15 kilomètres à Test du Djebel Tiza s , la chaîne 
principale se termine brusquement à la coupure de l'Oued 
Nfis, endroit où Hooker, la regardant du Dj. Tiza, l'esti- 
mait à 2.200 mètres d'altitude 6 . La coupure est encore 
complètement dans la région des schistes et de la grau- 
wacke. Thomson suivit cette gorge très sinueuse, qui 
devient tour à tour plus large ou plus étroite suivant que 
c'est la première ou la seconde de ces roches qui domine ; 
il y trouva des traces indubitables de l'activité d'anciens 
glaciers; les masses de débris rocheux surmontant les pa- 
rois de la vallée portent des stries glaciaires, et il faut 
les regarder comme des moraines latérales 7 . Au nord, les 
couches anciennes, constituant une chaîne puissante dont 
le flanc septentrional est très abrupt, passent sur le côté 
extérieur du système 8 à Àmzmiz (Hooker 1.030 m. 9 , 



1. Proc, 1889, carte. 

2. Cf. Travels, p. 301. 

3. Loc. cit., p. 43. 

4. Hooker, Journal, p. 246. 

5. Journal, p. 2G4. 

6. Journal, p. 457. 

7. Travels, p. 318-319. 

8. Journal, p. 249. 

9. Carie in Proc, 1889. 



LE HAUT ATLAS 67 

i 

Lenz, 1.108 m. ! , Thomson 915 m. 2 ); au sud-esl de ce point, 
Thomson traversa la chaîne auTizi n Guerimt (2.186 m.) :t . 
Plus importants que les contreforts orientaux de la crête 
schisteuse sont ceux qui s'avancent vers l'ouest jusque clans 
la région du Seksaoua 4 et qui ont environ 2.000 mètres 
d'altitude 5 ; ils forment au sud et à l'est les parois abruptes 
de la grande vallée longitudinale, qui sépare ici les avant- 
monts et la chaîne principale . Le pied nord des avant- 
monts est placé sur la carie de Thomson environ T trop au 
nord. La Rasba Douerani (660 m.) 7 , visitée par lui, est la 
même localité par laquelle Balansa 8 , venant dTmintanout, 
pénétra dans la plaine de Maroc (Reïra 740 m.) 9 et où von 
Fritsch 10 (Kehera) place l'endroit où le fleuve du même 
nom sort des montagnes ". La Rasba Douerani proprement 
dite (816 m.) 12 , résidence habituelle du caïd, est située 
d'après Hooker, de même que la Rasba Seksaoua (879 m.) 13 , 
immédiatement au pied nord des avant-monts et à quelques 
kilomètres au sud de Reïra 14 . Mais ces deux localités, 
d'après les directions de Hooker et Lenz, sont à l'ouesl- 
sud-ouest de Rasba Mzouda, qui, de même qu'Amzmiz, est 
placée par Thomson d'une manière qui correspond exacle- 



1. Timbuktu, I, p. 265. 

2. Journal, p. 254. 

3. Thomson, carte in Proc, 1889. 

4. Journal, p. 263. 

5. Journal, p. 282-283. Thomson, Travcls. p. il 

6. Travels, p. 472. 

7. Carte in Proc, 1889. 

8. B. G. S. P., 1868, t. XV, p. 324. 

9. Ibid.y carte. 

10. Mitt. d, V. f. Erdk., Halle a. S., 1879, p. 31 

11. Davidson dans Renou, loc. cit., p. 189. 

12. Journal, p. 365. 

13. Ibid. 

14. Journal, p. 279. 



08 L'ATLAS MAROCAIN 

ment avec les itinéraires des deux autres explorateurs. 
C'est pourquoi la modification que nous venons de pro- 
poser devient nécessaire. Ce changement présente encore 
l'avantage de faciliter le raccordement des routes Iminla- 
nout-Mogador de Balansa et Hooker. 

D'après von Fritsch ! , à l'ouest de la vallée de l'Amzmiz, 
dans le Djebel Tizgin a aux pentes raides, estimé par 
Thomson à 2.400 mètres, les schistes anciens pénètrent 
aussi sur le versant nord de la chaîne ; à l'intérieur au 
contraire, dans la fosse comprise entre les hauteurs exté- 
rieures à l'est et à l'ouest d'Amzmiz (environ 2.300 m. 3 ) et 
les courts contreforts de la chaîne principale (environ 
3.000 m.), Thomson trouva des bancs de calcaire et de sa- 
ble puissamment développés (600-900 m. d'épaisseur dans 
la province de Maroussa) 4 ; les couches presque horizon- 
tales montent jusqu'à environ 1.500 mètres, dominées de 
1.500 mètres encore par les flancs verticaux des schistes 6 . 
La limite entre les roches anciennes et récentes court en 
ligne presque droite depuis les environs de Kasba Maroussa, 
au nord du lieu appelé Erdouz (1.741 m.) 6 , et se termine 
à environ 2 kilomètres au sud de la localité dlmintella "' sur 
l'Oued Amzmiz (llooker 1.346 m. 8 , Thomson 1.327 m. n ). 
Thomson attribue ces terrains, comme toutes les roches 



i. Zeitschr. f. d. ges. Ntw., 1881, p. 205. 

2. Ainsi appelé du Souk Tizguin situé à son pied (von Fritsch, Mitt., etc., 
1879, p. 31 ; Lenz, Timbuktu, I, p. 267). 

3. D'après la carte de Thomson dans Proc. : Tizi n Guerimt 2.186 mètres ; 
Dj. Tizguin évalué à 2.400 mètres. 

4. Travels, p. 322-323. Thomson écrit Marôssa, von Fritsch (Mit t., etc., 
1879, p. 31):Maruscha. 

5. Ibid. 

6. Carte de Thomson dans Proc. Cf. Travels, p. 323, 

7. Travels, p. 300. 

8. Journal, p. 254. 

9. Carte dans Proc. R. Geogr. Soc. London, 



LE HAUT ATLAS 60 

calcaires et gréseuses de la région inférieure de l'Allas, à 
la période crétacée 1 . Cependant leur altitude au-dessus du 
niveau de la mer et leur position peu dérangée pourrait 
faire supposer qu'ils sont du même âge que les bancs de 
calcaire et de grès de la zone supérieure des avant-monts 
à l'est de l'Oued Nfis, auxquels von Fritsch 2 assigne un 
âge plus ancien. Ce serait alors une formation reliant ces 
couches de la région orientale aux grès quartzeux qui at- 
teignent à peu près la même hauteur dans les avant-monts 
occidentaux de Mtouga, et que Lenz regarde comme tria- 
siques 3 . 

Le flanc nord de la chaîne extérieure à l'ouest de l'Oued 
Nfis est abrupt et n'est précédé d'aucun avant-mont; les 
contreforts commencent seulement quelques milles à l'est 
de l'Oued Keïra 4 . Jusque-là, une plaine inclinée vers le nord 
s'étend au pied de la chaîne (900-1.000 m.). Cette plaine 
a une largeur moyenne d'environ 13 kilomètres, et dimi- 
nue d'extension vers l'ouest; elle est remplie d'une grande 
épaisseur de dépôts détritiques stratifiés 3 , qui, surtout dans 
la partie orientale, sont cultivés d'une manière très inten- 
sive 6 . Au pied de la montagne la plaine atteint une altitude 
d'environ 1.000 mètres, puis s'abaisse vers le nord d'en- 
viron 400 mètres (Kasba Mzouda Hooker 721m. 7 , Thomson 
637m. 8 , DarAkinaght 601 m. 9 ) jusqu'à un rebord monta- 



1. Travels, p. 322. 

2. Zeitschr. d. ges. Ntw., 1881, p. 205. Cf. Suess, p. 291 de la trad. fr. 

3. Zeitschr. d. ges. f. Erdk. Berlin, 1881, p. 277. 

4. Von Fritsch, Zeitschr. f. d. ges. Ntw., 1881, p. 205. 

5. Journal, p. 246; Timbuktu, I, p. 265. 

6. Timbuktu, I, p. 266. 

7. Journal, p. 365. 

8. Carte inProc, 1889, où 1103 F. est une faule d'impression pour 
2103 F. 

9. Timbuktu, I, p. 268. 



10 L'ATLAS MAROCAIN 

gneux, le « Delà »*; à l'ouest de Keïra, ce rebord paraît se 
souder aux avant-monts et donne à cette plaine l'aspect 
d'une terrasse supérieure de la partie occidentale de la 
grande plaine de Maroc 2 (500 m. d'altitude). Le Delà est 
coupé par les eaux de la chaîne, qui le traversent après 
s'être réunies dans la plaine en quatre grands fleuves : ce 
sont TOued Nfis à Agadir ben Selam 3 , l'Oued Ratmii au 
sud de Frouga 4 , l'Asif el Mel ou Melh (« fleuve à eau 
salée >i) au-dessous de Dar Akinaght, TOued Keïra au- 
dessus de Keïra. C'est à cette dernière localité que Balansa 
pénétra dans la plaine de" Maroc, pour marcher « le 
long de la base de l'Atlas » par Frouga vers la capitale 3 . 
Balansa estime donc que le système montagneux ne se 
termine qu'avec le Delà, ce qui est également l'opinion 
de Thomson d'après sa carte, et ce que confirment les 
conditions géologiques, autant qu'on peut les connaître 
jusqu'ici. Lenz 6 trouva, dans la coupure du Nfis à Agadir 
ben Selam, et Maw ? observa au sud de Frouga des schistes 
argileux fortement redressés, de direction parallèle à la 
chaîne principale; le Delà apparaît donc comme une 
partie de la chaîne schisteuse ancienne repoussée vers le 
nord; ainsi que nous le verrons plus tard, c'est la conti- 
nuation d'une chaîne de couches paléozoïques anciennes, 
qui constitue une zone caractéristique des avant-monts 
au sud de la capitale 8 , et qui, de même que le Delà à 

1. Mission milit. 1882, dans Bull. d'Or an, 1885, p. 172 : « Delà » dans le 
sud-ouest de l'Algérie désigne les élages crodés des massifs gréseux. 
Cf. B. S. G. P '., 1874, t. VU, p. 134. 

2. Cf. Carte de Crema dans le Cosmos de Gora, loc. cit. 

3. Timbuktu, I, p. 265. 

4. Mission milit., 1882; Bull. d'Oran, 1885, p, 172. 

5. B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 326. 

6. Timbuktu, I. p. 265. 

7. Profil géol. dans Journal. 

8. Cf. von Fritsch, Zeitschr. f. d. ges. Ntw., 1881, p, 202. 



LE HAUT ATLAS 71 

l'Oued Nfis, oppose également plus à l'est un sérieux 
obstacle à l'Oued Gheghaïa el à l'Oued Ourika. 

Les contreforts de la partie; occidentale commencent 
seulement dans le massif de Douerani, au sud de Keïra, 
mais ne se rattachent pas très étroitement 1 à la chaîne 
principale. Un grand sillon longitudinal aux parois 
abruptes sépare les couches anciennes de la chaîne princi- 
pale des couches plus récentes des contreforts 8 . En un 
petit nombre de points seulement ces dernières s'étendent 
transgressivementen forme d'ondulations basses », qui sé- 
parent la vallée longitudinale en divers déversoirs fluviaux ; 
la plus importante de ces ondulations (1 .441 m.) 4 partage 
les eaux de l'Oued Tensift et de l'Oued Sous. Les contre- 
forts ne forment pas non plus un tout; ils sont séparés 
en massifs distincts par de courtes vallées transversales, 
qu'empruntent les eaux de la fosse longitudinale pour 
s'échapper de la montagne. La région située au pied nord 
du Haut Atlas à l'ouest de l'Oued Nfis paraît avoir subi des 
perturbations importantes, auxquelles elle doit sa confi- 
guration actuelle. On n'y rencontre guère, il est vrai, de 
formations volcaniques 5 , qui sont les témoins ordinaires de 
pareils changements; cependant l'absence partielle de 
contreforts semble bien devoir s'expliquer par leur affaisse- 
ment (à peu près comme dans la zone méridionale des 
Alpes à l'ouest du lac de Garde). La puissante compression 
des couches du massif de Douerani, qui a réduit ce massif 
au tiers de sa largeur 6 , ainsi que le redressement vertical 
des plateaux calcaires crétacés dans la vallée transversale, 

1. Journal, p. 280. 

2. Travels, p. 472. 

3. Journal, p. 289. Travels, p. 472. 

4. Traveh, p. 47 o. 

5. Timbuktu, I, p. 28G. Thomson, carte groloiz. dans Travels. 

6. Journal, p. 280, 



72 L'ATLAS MAROCAIN 

longue de 5 kilomètres, qui s'étend au-dessus d'Iminta- 
nout 1 , plaident en faveur de cette hypothèse. 

La première vallée transversale réunit les eaux des 
deux fleuves qui arrosent le sillon longitudinal au sud du 
massif de Douerani et des montagnes du Seksaoua. Le plus 
occidental de ces fleuves, Oued Ousbi 2 ou Afansou 3 , est 
aussi le plus important, et comme, d'après Lenz, un che- 
min d'ailleurs difficile conduit en amont 4 , c'est cet oued 
qui paraît pénétrer le plus profondément dans la chaîne. 
Balansa 5 fît l'ascension du sommet le plus occidental du 
massif de Douerani, le Djebel Ait ou Gourt (au sud de 
Douerani 1.400 m.?), pendant que Hooker évalue 6 à envi- 
ron 1 .700 mètres la hauteur du massif du Seksaoua. Dans 
la partie occidentale de ce massif (éloigné d'une demi- 
heure d'Imintanout), Balansa 7 a visité le Djebel Orgiz, 
mais le chiffre d'altitude donné par lui pour ce sommet 
(1.400 m.) est indiqué par lui-même, ainsi que les autres 
chiffres portés sur sa carte, avec un point d'interrogation. 
Du massif du Seksaoua, Hooker se rendit compte que vers 
l'ouest, jusqu'à la côte, aucune élévation n'égalait celle 
sur laquelle il se trouvait; que par suite les hauteurs du 
Haha et du Mtouga sont plus basses que celles du Sek- 
saoua. Plus loin, il aperçut la ligne de partage peu élevée 
entre l'Oued Ousbi et l'Oued Imintanout, dont la vallée 
marque la fin du sillon longitudinal au pied nord de la 
chaîne ancienne; le cours supérieur dirigé est-ouest de 



1. Timbuktu, I, p. 272; Travels, p. 472. 

2. Journal, p. 281. 

3. Timbuktu, I, p. 269-270. 

4. Timbuktu, I, p. 271. 

5. Bull. S. G. P., 1868, t. XV, p. 326. 

6. Journal, p. 289. 

7. Bull. S. G. P., 1868, p. 323. 



LE HAUT ATLAS 73 

l'Oued Msira est déjà dans les couches anciennes *. La val- 
lée transversale de l'O. Msira, qui décrit un demi-cercle 
vers le nord, est identique dans son parcours ultérieur 
àl'Oued Milhaïn 8 , mentionné seulement par Hooker; avec 
la vallée, suivie par Thomson, de l'affluent de l'Oued Sous 
qui coule au sud de la ligne de partage, elle limite le 
versant oriental abrupt des grands contreforts occidentaux 
de l'Atlas, le pays montagneux de Mtouga et Haha 3 . 

11 est beaucoup de régions du Maroc où une étude atten- 
tive des sources anciennes, commentées par les explora- 
tions modernes, amène maint changement à la représen- 
tation donnée par les cartes les plus récentes; mais 
il n'est pas de modification plus profonde que celle qui 
concerne cette région, renouvelée par la découverte de 
Thomson. Cet explorateur a montré que la séparation 
reconnue par Balansa et Hooker entre les contreforts sep- 
tentrionaux et la chaîne principale se poursuit aussi mar- 
quée au sud d'Imintanout, formée par la vallée longitudi- 
nale d'un affluent de l'O. Sous, sans doute celui-là même 
que Rohlfs 4 et de Foucauld 5 ont traversé sur la route 
Agadir-Taroudant, et qu'ils indiquent comme le premier 
fleuve important que l'on rencontre et le seul qui ait de 
l'eau, l'Oued Semnara 6 . 

Lenz avait déjà, avant Thomson, traversé l'Atlas dans 
cette contrée et, comme une comparaison attentive des 
itinéraires le fait supposer, presque par le même chemin 
que cet explorateur 7 jusqu'à Souk Ait Moussa (marché des 

1. Travels, p. 472 et carte géolog. 

2. Plus important que l'Oued Iminianout, Journal, p. 297. 

3. Travels, p. 474. 

4. Pet. Mitt., 1863, p. 363. 

5. Reconn., p. 191. 

6. De Foucauld, Itinéraires (B. S. G. P., 1887). 

7. Timbuktu, II, carte. 



74 L'ATLAS MAROCAIN 

Ait Moussa); en ce point, la roule du Sous se partage en 
trois embranchements 1 . Les deux explorateurs durent 
franchir un haut-plateau de grès rouge d'une traversée 
difficile; l'intensité de l'érosion l'a divisé en un grand 
nombre de monticules et de chaînons isolés, dont Lenz 
passa le plus important peu de temps après son entrée 
dans la région des grès. Le nom que l'explorateur allemand 
donne au massif, Djebel Tissa ou Tissi 5 , permet de croire 
qu'il est dans le voisinage du col estimé par Thomson à 
1.441 jnètres 3 . 

Plus au sud, les deux explorateurs remarquèrent, sur 
une colline isolée, les ruines d'une ancienne fortification 
(Ksar er Roumi de Lenz, Bordj Anserrani de Thomson), dont 
la construction, comme celle de la plupart des ruines sem- 
blables, est attribuée aux chrétiens (Portugais) 4 ou Naza- 
réens 5 . Au-dessous de Souk Ait Moussa, les routes des 
deux explorateurs se séparent. Lenz franchit la chaîne 
principale par le col des Bibaouan, pendant que Thomson 
la contourna à l'ouest. Malheureusement Lenz, dans sa 
« fuite » 6 à travers la chaîne, ne trouva pas la possibilité 
d'utiliser son anéroïde, de sorte qu'il ne put observer la 
descente vers le sud. Il traversa le fleuve qui rassemble 
ses eaux dans le sillon longitudinal entre les contreforts 
et la chaîne principale seulement un peu avant son ascen- 
sion des Bibapuan 1 ; c'est ce qui explique son erreur, de 

1. Travels, p. 476. 

2. Timbuktu, T, p. 272. 

3. V. ci-dessus notre remarque sur le Djebel Tiza (p. 66). L'opinion de 
RQin(Vhdlgn. des VIL deutschen Geographentages, p. 87), que Lenz appel- 
lerait Djebel Tizi le col de Bibaouan, n'est pas justifiée par le récit du 
dernier explorateur. 

4. Journal, p. 167. 

5. Balansa, p. 322. 

6. Timbuktu, I, p. 284. 

7. Timbuktu, IL «tarte. 



LE HAUT ATLAS 75 

croire que la chaîne principale forme encore en ce point 
la ligne principale de partage des eaux. 

Delà véritable ligne de partage des eaux (1. 411 m.) entre 
Oued Milhaïn et Oued Semnara, Thomson contempla les 
montagnes occidentales ; il établit que leur altitude n'at- 
teint nulle part celle de son point d'observation, et quelles 
appartiennent à un haut plateau de 1.200-1.500 mètres, 
sans élévations remarquables, qui occupe la partie sud des 
provinces de Mtougaetde Haha 1 . Ainsi fut complétée la dé- 
couverte de von Fritsch 8 , qui déjà en 1872 avait reconnu à 
la région inférieure de la province de Mtouga le caractère 
d'un plateau affaissé en son milieu. Mais le savant allemand 
n'avait pas accompagné sa relation d'une carte rendant sa 
conception sensible ; on s'en tint donc universellement 3 aux 
idées de Hooker, d'après lesquelles deux contreforts dirigés 
vers le nord, et appartenant à la chaîne occidentale de 
l'Atlas (l'Atlas maritime de Reclus) 4 , occuperaient la ré- 
gion de Haha et Mtouga, telle qu'elle figure sur la carte de 
Bail. Cette opinion, jointe à l'idée, appuyée sur les obser- 
vations d'Aiiett, que la chaîne principale du Haut Atlas 
finit au cap Ghir et ses contreforts nord et sud au Ras Tou- 
felneh et à la montagne d'Agadir, est le fondement de la 
représentation cartographique dans Lannoy de Bissy et 
Habenicht. Seulement Lannoy (et après lui Habenicht) a 
introduit deux fautes qui rendent l'image encore plus diffé- 
rente de la réalité. Par un changement que ne justifie ni 
le texte ni la carte de l'itinéraire très défeciueux de 
Erckmann', il modifia complètement le cours de l'Oued 



1. Travels, p. 474. 

2. MM., etc., 1879, p. 32. 

3. Reclus, p. 663. 

4. Ibid., p. 666 et carte. 

5. Le Maroc moderne y p. 45-48. 



76 L'ATLAS MAROCAIN 

Kseb, établi cependant par Balansa et Ilooker. En outre, 
induit sans doute en erreur par la petite carte de la route 
de Mardochée par Duveyrier 1 , il se laissa aller à faire du 
Djebel Ida ou Tanan (dont la position au voisinage de la 
mer avait été déterminée par la relation d'Arlett 2 , et déjà 
auparavant par la carte de Jackson) un nœud montagneux 
d'où divergeraient les chaînes ci-dessus mentionnées. 

Les montagnes de Mtouga et de Haha 3 sont un plateau 
stratifié qui s'abaisse vers le nord-ouest en plusieurs ter- 
rasses 4 , mais tombe à pic vers l'est et le sud sur l'Oued 
Milhaïn, l'Oued Aït Moussa et la plaine de l'Oued Sous in- 
férieur. Ce qui caractérise bien le versant sud, c'est le peu 
de développement des petits fleuves qui vont à l'Oued 
Sous et que de Foucauld traversa à leur embouchure, pen- 
dant que Thomson, dont la roule passe plus près de la 
montagne, ne mentionne leur cours supérieur ni dans le 
texte, nisur la carte. De Milhaïn (1.035m.) 5 , Hookern'osa 
pas, avec ses bêtes de somme, gravir 6 la pente abrupte à 
l'ouest de cette localité, mais fît un détour par l'Aïn 
Tarsil, située presque directement au nord; de là, en 
suivant une vallée profondément entaillée dans le calcaire 
par le fleuve du même nom, il atteignit la ligne de partage 
des eaux (1.100 m.) 7 à la Kasba Mtouga (Bal. 8 910 m., 
H. 9 940 m.). Pour le tracé sud de la lisière orientale, les 



1. 1 /1.450.000 e (B. S. G. P., 1875, t. X). 

2. B. S. G. P., 1837, t. VII, p. 35; cf. sheet II de West, coast of Africa, 
survcyed by Lieutenant Arlett, R. N., 1835. 

3. La province de Haha va jusqu'à Agadir (Reconn., p. 185). 

4. Journal, p. 308. 

5. Journal, p. 365. 

6. Journal, p. 299. 

7. Journal, p. 302 : 1.092 mètres. Balansa, p. 321 : 1.100 mètres. 

8. Loc. cit. , p. 320. 

9. Journal, p. 306. 



LE HAUT ATLAS 77 

hauteurs mesurées par Thomson 1 dans la vallée supé- 
rieure de l'Oued Semnara montrent combien la pente est 
escarpée. LeprohT de Foucauld ci-dessus mentionné nous 
renseigne sur l'altitude de cette bordure méridionale. Elle 
atteint une hauteur plus grande que le col des Bibaouan, 
pour s'abaisser tout à coup, à environ 20 kilomètres au 
nord-nord-est d'Agadir, avec un sommet du Djebel Ida ou 
Tanan qu'Arlelt 3 évalue à 1.150 mètres; puis elle va, par 
les montagnes du pays d'Imseggin ou Mesgina (évaluées 
par Erckmann* à 300-400 m.), finir à Agadir (188 m.) 5 . Le 
pays d'Imseggin est situé, d'après de Foucauld et Thom- 
son, à l'est d'Agadir, mais s'étend en réalité au nord de 
cette ville jusqu'à l'Oued Tamarakt. C'est ainsi que le 
représente Gatell 6 , et cette opinion est confirmée par Mar- 
dochée 7 . Les deux voyageurs placent sur la rive droite de 
ce cours d'eau la localité de DarTamesguida (Tamesgina?, 
ou Tamesguia'a l'Alâl), nom où il est facile de reconnaître 
celui du pays. A l'est, lTmseggin s'étend jusqu'à l'Oued 
Semnara 8 . Par cette correction,, la région des Ida ou 
Tanan occupe une position plus septentrionale que dans 
Thomson, mais qui correspond mieux aux données concor- 
dantes de Jackson 9 et d'Arlett. Jackson, qui place l'ha- 
bitat de cette tribu à peu près à la même distance de la 
côte qu'Arlett, décrit le pays comme très fertile en raisins 



1. Carte dans Proc, 1883. 

2. N° 4. 

3. West, coast of Africa : sheet II (Journal Roy. Geogr. Soc. London, 
1836). 

4. Le Maroc moderne, p. 50. 

5. Arlett, loc. cit. 

6. Le Sous (B. S. G. P., 1871, t. I, carte au 1/1. 700.000 e ). 

7. B. S. G. P., 1875, t. X, carte. 

8. Thomson, carte. 

9. Op. cit., p. 18. 



78 L'ATLAS MAROCAIN 

et en amandes, mais aussi comme plein de hautes mon- 
tagnes difficiles à franchir ; il faut sans aucun doute iden- 



"O 



iifier ces montagnes avec le Djebel Ida ou Tanan d'Arlett, 
mentionné également par Mardochée 1 au sud-est d'Agadir. 
La partie ouest du plateau est fortement accidentée par 
suite de l'érosion, qu'active le voisinage de la mer. De 
nombreux fleuves, grands et petits, ont contribué à faire 
reculer la lisière ouest du plateau. Au nord du contrefort 
finissant à Agadir, la vallée de l'Oued Tamarakt pénètre 
profondément dansla montagne; le rempart nord de celle-ci 
s'avance au loin dans l'ouest, et vient tomber à pic dans la 
mer, avec une altitude de 370 mètres 2 , au cap Ghir ou Ighir 
Oufrani, le point le plus occidental de tout l'Atlas. De 
même que le contrefort sud, ce chaînon septentrional n'at- 
teint une hauteur plus importante (1.340 m.) 3 qu'à quelque 
distance de la mer, en un point dont la position dans le 
profil de Foucauld correspond assez bien à celle que donne 
Arlett (30 kilom. au nord d'Agadir). Ce fragment du pla- 
teau était regardé jusqu'ici comme un contrefort de la 
chaîne principale du Haut Atlas, mais déjà de Foucauld, 
qui le traversa non loin de la côte par 420 mètres d'al- 
titude *, lui donnait sur ses deux cartes la forme de plateau. 
Sur le flanc nord des hauteurs qui vont finir au cap 
Ghir s'étend la profonde et fertile 5 vallée du plus grand des 
fleuves côtiers, l'Oued Ait Amer, le seul qui ait de l'eau 
toute l'année 6 . Pour expliquer son importance, il faut ad- 
mettre dans son bassin un recul de la lisière du plateau, 
d'autant plus que, de la mer, Arlett n'aperçut dans ces 

1. B. S. G. P., 1875, t. X, p. 564. 

2. Arlett, op. cit. 

3. Arlett, op. cit. 

4. Heconn.f feuille 12 et Keconn., p. 185. 

5. Gochelet, loc. cit., p. 159. 

6 S De Foucauld, Reconn., p. 186, 



LK HAUT ATLAS 79 

parages aucun sommet élevé. L'opinion de Thomson 1 , 
d'après laquelle entre l'Oued Ait Amer supérieur et la 
côte s'étend une région élevée d'environ 1.000 mètres, 
paraît appuyée dans Lannoy sur l'itinéraire d'Erckmann. 
De Foucauld, qui traversa cette contrée, y constata seule- 
ment des altitudes de 245 mètres et 420 mètres*. 

Quant au relief des étages intérieurs et plus élevés, nous 
n'en savons à peu près rien. Le plateau a été traversé deux 
fois dans celte direction (par la même route, à ce qu'il 
semble). Il l'a été d'abord par Erckmann, qui se rendit dans 
la province du Sous en 1882 avec l'armée du sultan; 
malheureusement son texte et sa carte sont bien maigres, 
dépourvus de clarté et d'exactitude. Des résultats de l'au- 
tre explorateur, Soller, on n'a publié jusqu'ici que quel- 
ques renseignements 3 , qui se bornent presque à l'énumé- 
ration des localités visitées. La petite carte d'ensemble 
qu'on y a jointe n'est qu'une copie de la partie correspon- 
dante de la carte Lannoy de Bissy. 

Il résulte du récit d'Erckmann v que de Mskala (sud-est 
de Mogador), par Bou Riki (sur l'Oued Kseb), il atteignit 
Dar Ould Emflous en suivant le défilé long de 5 kilomètres 
de Mina Takandout (vraisemblablement le lit à sec d'un 
affluent de gauche de l'Oued Kseb 3 , et non, comme le croit 
Lannoy, ce fleuve lui-même). Delà, un chemin très dange- 
reux, longeant des parois rocheuses difficiles à franchir, le 
conduisit à Ida ou Galloul (Ida ou Guilloun de Mardochée 6 ) ; 
puis Erckmann atteignit la côte; pendant les 6 derniers 
kilomètres, il suivit le ravin, large de 4-5 mètres, de 

1. Itinér. dans Travels. 

2. Reconn., feuille n° 12. 

3. G. R. S. G. P., 1887, p. 445-448. 

4. Loc. cit., p. 45-48. 

5. Cf. Erckmann, carte. 

6. Carte, op. cit. 



80 L'ATLAS MAROCAIN 

Temensift, qui n'est autre que le lit desséché de l'Ida 
ou Tghomma 1 traversé par de Foucauld 3 . Le commence- 
ment et la fin de cette route ont été plusieurs fois fixés; 
les autres localités sont nouvelles. Avec Lannoy, nous pla- 
çons Ida ou Galloul au voisinage de la source probable du 
fleuve du même nom ; il n'est pas impossible néanmoins 
que ce lieu soit identique à la Rasba visitée par Thomson 
près de ce môme fleuve. Le passage difficile entre Dar 
Ould Emflous et Ida ou Galloul, c'est-à-dire entre le 
bassin intérieur de l'Oued Kseb et la région côtière, doit 
être cherché sans aucun doute sur la ligne de partage des 
eaux entre les deux; cette ligne de partage, eu égard au 
peu de développement des cours d'eau, est repoussée vers 
l'ouest; non loin de la côte, en deux points mesurés de la 
mer par Arlett 3 , elle atteint 882 mètres et 690 mètres. 
D'ailleurs, la plus septentrionale de ces hauteurs n'est pas 
aussi proche de la côte que le pensent Arlett, et d'après lui 
Renou et Lannoy; elle est plus dans l'intérieur, comme le 
supposait déjà Balansa* et comme le confirment de Fou- 
cauld et Thomson. En effet, entre l'Oued Tidsi et l'Oued 
Kseb inférieur s'étend la plaine d'Ida ou Gert (d'où l'Oued 
Kseb prend le nom d'Oued Gert ou Ghored) 5 ; élevée de 
60-100mètres% cetteplainecourtlelongdurubandedunes 
qui, entre Mogador et le cap Sim, sépare de la côte l'é- 
tage inférieur du plateau 1 . Entre le cap Sim et lecaplghir 



1. Mardochée : ïda ou Tagourtima. 

2. Feuille n 8 12. 

3. Op. cit. 

4. Carte, op. cit. 

5. Arlett, B. S. G. P., 1837, t. VII, p. 33. Beaumier, B. S. G. P., 1876, 
t. XI, carte. Le fleuve est appelé aussi Oued Diabat, d'une localité située 
sur ses bords. Travels, p. 92. 

6. De Foucauld, feuille n° 13. 

7. Arlett, B. S. G. P., 1837, t. VII, p. 33. Thomson, Travels, p. 80. 



LE HAUT ATLAS 81 

Oufrani, les terrasses tombent à pic dans la mer 1 , attei- 
gnant dans la partie sud 300 mètres 2 , ne dépassant pas 
200 mètres plus au nord, sauf au Ras Toufelneh (238 m.) 3 . 
L'opinion d'après laquelle ce cap Toufelneh serait l'extré- 
mité d'une chaîne divergente de l'Atlas occidental est 
d'ailleurs répétée avec beaucoup de force par Jannasch 4 . 
Ce dernier explorateur traversa, d'après sa carte itinéraire 
au 1/500.000% à la même hauteur que le Ras Toufelneh et 
« à deux lieues de dislance delà mer », une chaîne monta- 
gneuse évaluée par lui à 1.000 mètres, dont il vit la conti- 
nuation vers l'est dans une chaîne couverte de neige, « la 
plus septentrionale des trois chaînes principales de l'Atlas 
occidental ». Ce que Jannasch, venant du sud, regardait 
comme le flanc d'une chaîne, était en réalité le rebord 
occidental abrupt du plateau, dont la traversée plus au 
sud avait olfert à Erckmann de si grandes difficultés. Les 
hauteurs mêmes franchies par l'explorateur allemand (éloi- 
gnées de deux heures de la mer) se laissent identifier avec 
celles qu'Arlett évalue à 882 mètres, « à une faible distance 
de la mer » vers le cap Toufelneh. La coupure qui les sépare 
de la « chaîne » orientale 5 n'est autre chose que ce dos de 
pays (390 m.) 6 par lequel xWardochée 7 et de Foucauld 
parvinrent de l'Asif Ait bou Zoul à TOued Imaghiren ou 
Oued el Melh (fleuve salé). Malheureusement les données 
sur les fleuves, si nécessaires pour s'orienter dans cette 
contrée, manquent dans le texte et la carte de Jannasch; 
d'autre part, Jannasch a visité des localités que ne mention- 

1. Arlett, op. cit., p. 34. 

2. De Foucauld, feuille n° 12. 

3. Arlett, op . cit. 

4. Op. cit., p. 266. 

5. Jannasch, carte. 

6. Reconn., p. 187, feuille no 13. 

7. Op. cit. 



82 L'ATLAS .MAROCAIN 

nent pas les autres explorateurs : deux circonstances qui 
rendent très difficile le report de son itinéraire. lien est de 
même de trois autres routes qui, bien que fournissant 
beaucoup de noms de lieux, ne sont guère utilisables pour 
la construction d'une carte à cause de l'absence d'indica- 
tions sur les distances et les directions. Nous avons consi- 
gné dans notre carte les quelques faits solides que l'on peut 
établir par une comparaison critique. Nous nous conten- 
tons d'énumérer ici les localités visitées par les voyageurs. 
\ . Itinéraire de Panet 1 : Lamsal (au sud de l'Oued Sous 
inférieur), Aghroud, Timassinin , Tala n Tefa, Agadir 
Amoussoun, Ida Guargar, Askhar, Ifras (ou Ifîrkhas), Sidi 
Bou Sekri (cf. de Foucauld), Bou Ghirba, Bou ïasart, Dia- 
bat, Mogador. 

2. Itinéraire de Bou el Moghdad 2 : Agadir, Igherould 
(Aghroud de Panet), Tim Gharem, Sidi bou Sekri, Moga- 
dor. 

3. Itinéraire de Mardochée 3 : Mogador, Diabat, Bou 
Tazart (cf. Panet), Bir Ida ou Tagoumma, Agadir Imoussa 
(Agadir Amoussoun de Panet), Agerodd (cf. P. et B. el M.), 
Tamesguia'a l'Alâl, Agadir. 

4. Itinéraire de Jannasch 4 : Agadir, Dar el Kadi Ait Tse- 
merts, Zaouïa Sidi Bouskri (de Foucauld Bou Sekri), Mo- 
gador. 

La plus grande partie du plateau de Mtouga et Haha est 
occupée par la cuvette dont le sillon le plus profond ras- 
semble les eaux de l'Oued Kseb. La direction de la pente 
générale et la limite des principaux étages du plateau 
se marquent clairement dans la direction de ce fleuve. Le 

1. Carte du voy. de Panet, par Panet et Renou, au 1 /5.000.000 e , Paris, 
1851. 

2. Nom. Ann. des voy., 1861, t. II, p. 269. 

3. B. S. G. P., 1875 : t. X, p. 562-564. 

4. Die deutsche Handelsexpedition 1886, p. 263-267, 



LE HAUT ATLAS 83 

cours d'eau principal venant du sud 1 et le cours d'eau af- 
fluent venant de l'est" se réunissent à la lisière nord de la 
terrasse supérieure, à laquelle Thomson 3 attribue une 
hauteur de 1. 100-1. 400 mètres; puis ilspercentMa deuxième 
terrasse au-dessous de Kasba Mtouga (Balansa* 910 m., 
Hooker 6 940 m.), par un fossé de 12 mètres de pro- 
fondeur, étroit et aux parois verticales. A la sortie de 
celte gorge, la vallée s'élargit notablement, limitée au 
sud par des montagnes auxquelles Balansa 7 attribue en 
général l'altitude mesurée par lui pour la Kasba de ilaha 
(740 m. 8 ). C'est au voisinage de ce dernier point que doivent 
se terminer les deux défilés mentionnés par Erckmann et 
dont il suivit le plus occidental. Plus loin et plus bas, 
les hauteurs se rapprochent une fois encore et forment 
l'étroite porte par laquelle l'Oued Kseb sort des monta- 
gnes; ce cours d'eau gagne ensuite péniblement la côte, 
par un lit ensablé et envahi par les broussailles; il l'atteint 
environ 2 kilomètres au sud de Mogador. La muraille sud 
de cette cluse est la hauteur estimée par Arlett à 690 mè- 
tres, appartenant à la chaîne de Mouley Hassan 10 ; l'escar- 
pement nord est le Djebel Tamazart 11 (Beaumier i2 386 m.). 
L'enceinte occidentale de la dépression du Kseb est 
presque inconnue. L'itinéraire d'Erckmann est déterminé 

1. Balansa, op. cit., p. 320. 

2. Journal, p. 302. 

3. Travels, p. 474. 

4. Journal, p. 306. 

5. Op. cit., p. 320. 

6. Loc. cit. 

7. Op. cit., p. 320. 

8. Carte. 

9. Op. cit., p. 47. 

10. Travels, p. 93. 

H. Balansa, carte : Djebel Tamersad. 
12. B. S. G. P., 1868, t. XVI, carte. 



84 L'ATLAS MAROCAIN 

d'une manière défectueuse ; il paraît avoir franchi la 
ligne de partage entre l'Oued Kseb et l'Océan par au 
moins 1 .000 mètres d'altitude, comme on peut le supposer 
d'après les évaluations de Balansa pour les montagnes in- 
férieures immédiatement au sud de l'Oued Kseb moyen 
(700-800 m.). Nous possédons en outre une remarque de 
von Fritsch 1 ; il a fait l'ascension du plus haut sommet 
de la chaîne bordant la dépression à l'ouest, le Lella Tasgi- 
tet, mais ne donne aucun renseignement sur sa position 
et sa hauteur. Les montagnes au nord de l'Oud Kseb sont 
mieux connues par la traversée 2 de Hooker. De l'extrémité 
de la gorge supérieure de l'Oued Kseb, il descendit environ 
450 mètres, sur des pentes rocheuses inclinées au nord- 
ouest, et atteignit, par Azaghar(780 m.) 3 , lavant-dernière 
terrasse à Mskala (H. 476 m. 4 , Th. 500 m. 5 ), franchis- 
sant un défilé difficile. Bail, induit en erreur par la 
carte de Beaumier 6 , a placé Azaghar, contrairement au 
rapport de Hooker, sur le côté sud de l'Oued Kseb; l'iti- 
néraire de cet explorateur s'en est trouvé notablement dé- 
placé. Surtout la représentation inexacte par Bail de la 
dernière partie de la route de Hooker entre Imintanout et 
Mogador, jointe à celle que donne Kiepert de l'itinéraire 
de Lenz dans le Seksaoua etl'Imintanout, a beaucoup con- 
tribué à fausser la cartographie de cette région, si voi- 
sine de la côte et assez souvent traversée. Nous avons 
cherché sur notre carte à la reconstruire d'après les 
sources et voulons indiquer en quelques mots sur quelles 
données nous nous sommes appuyé pour le faire. Kiepert 

1. Milt., etc., 1879, p. 32. 

2. Journal, p. 307-310. 

3. Beaumier, B. S. G. P., 1868, t. XVI, carte 

4. Journal, p. 365. 

5. Carte in Proc, 1889. 

6. Op. cit. 



LE HAUT ATLAS 8". 

place riminlanout», en opposition avec les expressions très 
claires de la relation de Lena»» (et avec les résultais des 
explorations de Balansa et Ifooker), au sud-est du Sek- 
saoua, sur le même fleuve que la Kasba de ce pays. En 
présence de la carte de Kiepert, L. de Bissy et Habenicht 
se comportent différemment. Le premier place Iminla- 
nout d'après Balansa et Hooker à l'ouest du Seksaoua et 
indique inexactement la route de Lenz; Habenicht se con- 
tente de donner cette dernière. La carte de Thomson ap- 
porte de nouveau quelque clarté; cependant, comme nous 
l'avons montré plus haut 3 , elle doit être reportée d'envi- 
ron 7 minutes vers le sud. L'Imintanout étant ainsi placé, 
on fait très bien concorder la position d'Aïn Tarsil et de 
Kasba Mtouga, telles que Balansa les donne sur sa carte, 
avec la relation de Hooker 4 , qui est ici peu nourrie de faits 
géographiques; la localité de Milhaïnest 5 , d'après Hooker, 
à 2 heures dTminlanout et à 4 beures (route en pays de 
collines) presque droit au sud d'Aïn Tarsil. Pour le cours 
de l'Oued Kseb, la figuration de Balansa nous paraît digue 
de foi, d'autant plus qu'elle est confirmée jusque dans les 
moindres détails par l'itinéraire de Boulnois (1887), qui ne 
nous est connu malheureusement que par la carte de 
Thomson 6 . De Kasba Mtouga, Hooker 7 , se dirigeant au 
nord-ouest, atteignit Azaghar; non loin de là et à l'ouest, 
il traversa une profonde rigole conduisant à l'Oued Kseb, 



1. Imintanout est un pays comprenant quatre ou cinq villages et 
non une localité (Balansa, loc. cit., p. 323). 

2. Timbuktu, I, p. 271. 

3. P. 67. 

4. Journal, p. 297-306. 

5. Cf. la position impossible de ce lieu sur la carte itinéraire des Tra- 
vels. 

6. Proc, 1889. 

7. Journal, p. 307-310. 



86 L'ATLAS MAROCAIN 

la même que mentionne Beaumier et que Bail tient à 
torl pour l'Oued Rseb supérieur. Au delà de cette vallée, 
Hookervit, en allant à Mskala, à peu près dans la direc- 
tion du sud et à environ 16 kilomètres de distance, la 
Kasba du caïd de Haha (appelée Ambach par Boulnois). La 
position trouvée pour Mskala d'après les données de Hooker 
correspond avec celle que donne à ce lieu la carte de 
Thomson. Le petit affluent de droite de l'Oued Kseb, 
venant de Mskala, est représenté sur la carte de Beaumier, 
où il entoure au nord le Djebel ïamazart ; Thomson 1 a 
remonté sa vallée. Une course à cheval de trois heures 
amena Hooker 2 de Mskala à la Kasba du caïd de Chiadma 
(Ali Hanchen 3 , el Anchen 4 : 375 mètres 5 , 442 mètres 6 , 
366 mètres 7 , 485 mèlres s ). Cette indication permet de re- 
lier la route sud d'une manière satisfaisante à la route 
nord Mogador-Marrakech, telle que l'indiquent avec 
de faibles différences Beaumier, Hooker et von Fritsch. 
Les deux groupes d'itinéraires se rejoignent au nord-ouest 
de la Kasba de Ali Hanchen, à la zaouïa de Sidi Abdallah 
ben Ouasmin 9 , que Crema 10 laissa à gauche de la route 
Souk Tleta Hanchen-lmisgarn. Là se coupent aussi les iti- 
néraires d'Erckmann ll (Ouachmi Regregi) et de l'ambas- 
sade française. Cette dernière, venant de l'est, visita avant 
la Kasba une citerne au lieu dit El-Krimat, pendant 

1. Travels, p. 93. 

2. Journal, p. 311. 

3. Von Fritsch, Mitt. etc., Halle, 1878, p. 45. 
i. Hall. (FOran, loc. cit., p. 17i. 

5. Heaumier, II. S. G. P., 1868, I. XVI, carte. 

6. Journal, p. 365. 

7. Von Fritsch, loc. cit. 

8. Thomson, carte. 

9. liull. cVOran, loc. cit., p. 174. 

10. Carie dans le Cosmos de Gora, loc, cii, 
U. Loc. cit., p. 45, 



LE HAUT ATLAS 87 

qu'Rrckmann rencontra au sud-ouest de la zaouïa la 
Djema Kl-Kourimat, et que Thomson 1 , sur la route de la 
Kasba à Souk el Tleta (360m. 2 -292 m. 3 ), mentionne le 
paysd'El Kouroumout. Il résulte de cela que El Kourimat 
est le nom d'un pays, qui s'étend en demi-cercle au nord- 
ouest de la Kasba Ali Hanchen ; dans sa partie occiden- 
tale (Mskala-Souk el Tleta) , commence la région de l'ar- 
ganier 4 , qui, sous l'influence de l'alizé 5 détourné par les 
montagnes voisines, prospère jusqu'à 70 kilomètres de 
distance de la côte 6 . 

L'avant-dernier étage du plateau (400-500 m. Mskala- 
Ali Hanchen) s'étend au loin vers le nord, vraisemblable- 
ment jusqu'à l'Oued Tensift ; mais, de même que les terrasses 
supérieures au-dessus de Milhaïn et d'Ain Tarsil, il finit à 
l'est par une véritable muraille, formant la limite occiden- 
tale de la plaine de Maroc, el diminue rapidement de hau- 
teur du sud. au nord 7 . A 20 kilomètres environ au nord du 
point où Balansa et Hooker traversèrent la ligne de par- 
tage des eaux par 1.100 mètres d'altitude, Crema 8 dé- 

1. Travels, p. 97. 

2. Journal, p. 106. 

3. Crema, carte du Cosmos de Cora, loc. cit. 

4. Bull. oVOran, loc. cit. Travels, p. 97. L'arganier {Argania side- 
roxylon) est une Sapotacée dont la présence dans le Maroc occidental 
constitue une remarquable exception botanique (v. O. Drude, Manuel de 
géogr. botan., trad. fr. par G. Poirault, Paris, 1893, p. 362 et 365). On 
trouve les indications les plus complètes sur cet arbre dans Hooker et 
Bail, Journal, App. D, p. 395-404. La plupart des géographes arabes men- 
tionnent l'arganier ou helgan, appelé aussi louz el Berber (amande des 
Berbères). Cf. notamment El-Bekri, Descript. de CAfr. septentr., trad. de 
Slane, p. 482-484. (Nous devons ces derniers renseignements à l'obli- 
geance de M. René Basset) [N. du traduct.]. 

5. Mitt. etc. Halle, 1878, p. 27. 

6. Balansa, carte. Journal, p. 93. 

7. Journal, p. 302. 

8. Cosmos, 1884-1885, t. VIII, p. 227 et carte. 



88 L'ATLAS MAROCAIN 

termina une élévation de 600 mètres seulement, pen- 
dant que le pli de terrain situé à l'ouest d'Aïn Oumest 
(350 m.) 1 s'élève encore d'un jet d'environ 150 mètres 
au dessus de la plaine marocaine (Naïret 494 m.) 2 . Au 
point de vue géologique, la région du plateau s'étend 
jusqu'à Sidi Moktar, où les tables calcaires horizonta- 
lement stratifiées qui la caractérisent sont remplacées par 
les tufs calcaires de la grande plaine 3 . Le flanc abrupt 
des gradins, vers l'est, paraît avoir son extrémité nord à 
l'embouchure de l'affluent de l'Oued Tensift qui prend sa 
source à Aïn Oumest \ 11 faut remarquer qu'un fragment 
oriental du plateau, le Serf er Rokma 5 (600 m) 6 en est 
séparé par la plaine déserte des Ouled ben Sba. Cette tribu 
s'étend jusqu'aux montagnes de Mtouga qui la bornent 
au sud, comme Ta établi 7 la mission française (1882), 
contrairement à l'opinion de Hooker 8 , d'après laquelle 
Sidi Moktar serait la limite commune des provinces de 
Chedma, de Mtouga et des Ouled ben Sba. 

Le gradin inférieur du plateau s'avance jusqu'à quelques 
kilomètres de la mer; son flanc occidental est recouvert 9 
par les dunes de sable qui accompagnent la côte de l'em- 
bouchure de l'Oued Tensift jusqu'au cap Sim, et séparent 
Mogador de l'intérieur par un large anneau. Au delà de 
cette région sableuse reparaît la roche dure ; ses affleure- 
ments, dirigés vers le nord, et peu éloignés de la côte jus- 

1. Journal, p. 107 : 345 mètres. Mitt. etc., Halle, 1878, p. 46 : 356 m. 

2. Mitt. etc., Halle, 1878, p. 46. 

3. Badia, loc. cit., p. 252. Mitt. etc. Halle, 1878, p. 47. 

4. Beaumier, carte dans B. S. G. P., 1876. 

5. Crema, loc. cit., carte. Bull. d'Oran, 1885, p. 173. 

6. Crema, carte. 

7. Bull. d'Oran, 1885, p. 174 : à tort « Msouga », au lieu de » Mtouga ». 
Crema, carte. 

8. Journal, p. 110. 

9. Von Fritsch, Mitt., etc. Halle, 1878, p. 40. Thomson, Travels, p. 80. 



LE HAUT ATLAS 89 

qu'à l'Oued Tensift, marquent l'extrémité occidentale du 
plateau 1 . Les couches, presque horizontales 2 partout ail- 
leurs, ont subi dans la partie septentrionale de notables 
transformations : elles sont redressées 3 en une chaîne, le 
Djebel Hadid, qui commence à 25 kilomètres environ de 
Mogador, et se poursuit au nord-est jusqu'à l'Oued Tensift 
sur une longueur de 50 kilomètres 4 ; un profond sillon le 
sépare de l'étage supérieur du plateau. En un seul point 
ce sillon est interrompu sur le versant oriental du Djebel 
Hadid, par le renflement qui sépare en deux les eaux de 
la dépression : l'Oued Ifiri 5 coulant au nord va à l'Oued 
Tensift, tandis que le fleuve qui coule vers le sud ne 
paraît pas atteindre la côte \ 

Le Djebel Hadid (montagne de fer) doit son nom à la pré- 
sence de mines de fer, des cories et de restes d'anciennes 
galeries, datant peut-être de l'époque carthaginoise ou 
romaine 7 ; il est encore regardé par Bail 8 comme l'extré- 
mité de la chaîne qui, d'après lui, se détache de la partie 
occidentale du Haut Atlas dans la région du col des 
Bibaouan. Thomson eut le premier l'occasion de faire le 
tour de la chaîne dans presque toute son étendue ; il réussit 
aussi à pénétrer dans l'intérieur et y trouva 9 des traces 
indubitables de l'origine éruptive du système. La chaîne, 
étroite et plate, atteint une hauteur moyenne de 600 mè- 



1. Carte in Proceed., 1889. 

2. Travels, p. 97. 

3. MM., etc., Halle, 1878, p. 43. Travels, p. 100. 

4. Journal, p. 313. 

5. Sur la carte de Beaumier est mentionnée une plaine de « Ifiri ». 
B. S. G. P., 1876. 

6. Travels, p. 107 et carte. 

7. Beaumier, B. S. G. P., 1868, t. XVI, p. 337. Journal, p. 317-318. 

8. Carte dans Journal. 

9. Travels, p. 106. 



90 L'ATLAS MAROCAIN 

très 1 , mais elle est dominée par une série de sommets; un 
des plus importants paraît être celui qui forme l'extrémité 
sud s , et que couronne le tombeau de Sidi Yakoub (Beau- 
mier 630 m. s , von Fritsch 644 m. \ Th. 749 m. 5 ). Au nord- 
est de ce point, von Fritsch 6 remarqua une montagne plus 
haute encore, paraissant la plus élevée de toute la chaîne : 
le Sidi Ouasmin. Jannasch 7 la vit aussi en face de lui 
par 31° 50' lat. N. et 9° 40' W. Gr.(Dj. Wasman, estimé à 
700 m.), et la reconnut d'après sa position comme l'extré- 
mité nord du Dj. Hadid, presque complètement séparée du 
reste de la chaîne par une dépression profonde. Déjà Ar- 
lett 8 avait pu distinguer de la mer deux chaînes de hau- 
teurs, dont il évaluait les sommets, d'accord avec les ex- 
plorateurs ultérieurs, à 716 et 640 mètres. Thomson" 
désigne la hauteur du nord sous le nom de Roubba de Sid' 
« Lalkourat ». lieu qui est appelé par Beaumier 10 Zaouïa 
Sidi Aly Kouraty. Dans la dépression occupée parla vallée 
de l'Oued Msouid 11 , qui assèche parfois, l'explorateur an- 
glais trouva la confirmation de son opinion sur l'activité 
volcanique de la région, dans la présence de sources 
chaudes, d'où les habitants de la région tirent leur sel 12 . 



1. Journal, p. 321. Travels t p. 100. 

2. Parmi les altitudes données sur la carte de Beaumier dans B. S. G. 
P., 1868, t. XV, deux n'ont pu être identifiées. 

3. Carte dans B. S. G. P., 1876. 

4. Mitt., etc., Halle, 1878, p. 43. 

5. Travels, p. 102. 

6. Mitt., etc., Halle, 1878, p. 43. 

7. Loc. cit., p. 15, esquisse. 

8. B. S. G. P., 1836,;t. VII, p. 29. 

9. Travels, p. 108. Les cartes dans Proc. et dans Trav. diffèrent pour la 
région de l'embouchure de l'Oued Tensift; nous suivons la première. 

10. B. S. G. P., 1863, t. XVI. 
il.Ibid. 

12. Travels, p. 108. 



LE HAUT ATLAS 91 

Hooker * rencontra des sources semblables en grand 
nombre à Ain el Iladjar (Beaumier 2 84 m., Hooker 3 
153 m.) à l'angle sud-ouest de la chaîne. Le versant ouest 
du Djebel lladid est précédé par la plaine d'Akermout' 
(ait. 150 m. 3 ), large de 16 kilomètres, bien arrosée et 
bien cultivée; c'est une cuvette qu'entoure ° au sud et à 
l'ouest un rebord peu élevé, garni d'arganiers. 

Pour ce qui est de la constitution géologique, Thom- 
son 7 regarde les couches du Djebel lladid comme créta- 
cées ; von Fritsch 8 attribue en général les roches calcaires 
et dolomitiques de la chaîne et de son flanc sud au cré- 
tacé inférieur, d'autres formations paraissant appartenir 
au jurassique. Sur la structure des autres étages du pla- 
teau, on ne connaît encore rien de positif. Dans l'inté- 
rieur, Hooker 9 constata dans la région d'Azaghar une 
modification de la constitution minéralogique des roches, 
qui se reflétait aussi très clairement dans la végétation. 
Lenz 10 incline à ranger encore dans le trias les grès quart- 
zeux rouges de la partie orientale, vraisemblablement la 
plus élevée ; Thomson, au contraire, regarde tout le pla- 
teau comme constitué par des terrains crétacés. Ces mêmes 
terrains, d'après Mavv 11 , s'approchent de la mer au capGhir, 



1. Journal, p. 313. 

2. Carte dans B. G. S. P. y 1876. 

3. Journal, p. 321. 

4. Beaumier, B. G. S. P., 1868, t. XV, p. 307. Travels, p. 63. 

5. Zaouïa Sidi bon Baker, 156 mètres (B. S. G. P., 1876, carte) ; ruines 
d'Akermout 530 mètres (B. S. G. P., 1838, t. XV, carte au 1/800.000°). 

S. Beaumier, B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 307. Travels, p. 61. 

7. Carte géolog. dans Travels. 

8. Zeitschr. f. d. gcs. IStw., 1881, p. 204. 

9. Journal, p. 303 

10.7}. S. G. P., 1881, t. 1, p. 204. Zeitschr. d. G. f. Erdk., Berlin, 1881, 
p. 277. 

11 . Journal, p. 451, 



92 L'ATLAS MAROCAIN 

tandis que Jannasch' doute si les puissants bancs d'huîtres 
qu'il trouva au voisinage de ce point, surmontant les grès 
éocènes, doivent être attribués au tertiaire ou au crétacé. 
Le tertiaire paraît occuper une zone étroite le long de la 
côte 2 ; Hooker 3 mentionne le calcaire tertiaire friable des 
roches sur lesquelles reposent Mogador et des îlots qui pro- 
tègent son port, îlots qui perdent de plus en plus de leur 
étendue par suite de la faible résistance de la roche 4 . 

II. — Partie centrale de l'aile occidentale. 

La partie centrale de l'aile occidentale n'est connue 
dans toute son étendue que depuis le voyage de Thomson 
(1888). Hooker et von Fritsch connaissaient seulement la 
section orientale, l'Adrar n Deren, qu'ils regardaient 
comme la continuation de la chaîne schisteuse de l'ouest; 
cependant les observations qu'ils avaient faites de certains 
points des avant-monts (la haute plaine de Sektana et 
l'Agdan Ouasmanan, tous deux au sud de la capitale) au 
sujet de la profonde entaille ouverte dans la haute mon- 
tagne par la région des sources de l'Oued Nfis, lais- 
saient déjà supposer les faits qu'a établis Thomson 5 . 
D'après les explorations de Thomson, la chaîne centrale 
de l'aile occidentale s'étend du Djebel Ogdimt (8° 2' W. 
Gr.) jusqu'à l'Oued Ourika (7° 20' W. Gr.); elle se com- 
pose de deux parties : le Djebel Ouichdan à l'ouest et 
l'Adrar n Deren à l'est 6 , ce dernier morcelé à son tour 

1. Loc. cit., p. 264. 

2. Travds t carte géolog. 

3. Journal, p. 86 et 81. 

4. Hodgkin, On some superficial geological appearanccs in North Wes- 
tern Morocco (Proc. ofthe Geogr. Soc. London, 1864, Nov. 28, p. 24). 

5. Cf. ci-dessus, p. 31-33. 

G. Sur Ja signification et l'emploi de ce nom, v. ci-dessus, p. 22-23. 



LE HAUT ATLAS 93 

en deux subdivisions par l'infléchissement marqué vers le 
nord-est au Tizi Tagherat 1 (7° 30' W. Gr.). 

L'unité de la chaîne montagneuse n'apparaît pas très 
clairement sur les cartes itinéraires de Thomson; elles 
éveillent plutôt, comme le montre la représentation 
d'Andrée et Scobel, cette idée fausse, que l'Oued Nfis, ou 
mieux l'Oued Gindafi, et l'Oued Agandis (ce dernier venant 
de l'est), appartiendraient à une vallée longitudinale, 
partagée en deux parties par une légère barre transver- 
sale. Mais les expressions employées dans la relation de 
Thomson 2 contredisent absolument cette manière de 
voir; la chaîne qui s'infléchit au nord et que traverse 
l'Oued Agandis y est indiquée comme la « chaîne princi- 
pale la plus haute », par opposition à la chaîne secondaire 
du sud évaluée seulement à 2.500 mètres 3 . Une autre 
contradiction se rencontre chez l'explorateur en ques- 
tion dans l'emploi du nom de Djebel Ouichdan : sur 
la carte qui accompagne le récit de voyage, ce nom ne 
s'applique qu'à une partie de la chaîne, celle pour laquelle 
Thomson l'emploie dans le texte 4 , d'accord avec de Fou- 
cauld 5 et Erckmann 6 . Les conditions géologiques engagent 
d'ailleurs à regarder le Djebel Ouichdan et l'Adrar nDeren 
comme une chaîne unique. Les calcaires cristallins jouent 
un rôle important dans la structure de l'une et l'autre 
chaîne ;ils sont accompagnés de roches éruptives anciennes, 
dont l'importance va en augmentant dans l'est. Tandis 
que Thomson 7 , faisant l'ascension du Djebel Ouichdan, 

1. Von Fritsch, Mitt., d. Ver. f. Erdk., Halle a. S., 1879, p. 28. 

2. Travels, p. 315. 

3. lbid., p. 317. 

4. Travels, p. 304. 

5. Reconn., p. 337. 

6. Lac. cit., p. 44. 

7. Travels, p. 304. 



94 L'ATLAS MAROCAIN 

ne remarqua pas la présence de roches massives, d'après 
Hooker ' et von Fritsch- les porphyres, les mélaphyres, etc. , 
forment au Tizi Tagherat le noyau de la chaîne, dont les 
calcaires cristallins, interrompus aussi 3 par des porphyres, 
forment seulement les flancs. A Test de ce col les masses 
éruptives paraissent constituer seules la chaîne monta- 
gneuse. Thomson * y trouva, au Tizi Likoumpt, le principal 
foyer d'émission des roches volcaniques anciennes. Maw 
et Hooker 5 mentionnent des blocs de cliorite à la partie 
inférieure de la chaîne principale, dans la vallée de 
l'Ait Mesan, qui prend sa source au Tizi Tagherat, et 
Thomson 6 en signale également dans la vallée de l'Oued 
Iminnen, affluent de droite de l'Oued* Ait Mesan; mais en 
ce point ils n'ont guère d'importance pour la tectonique 
de la chaîne. Au contraire ces mêmes roches témoignent 
de puissantes dislocations dans la vallée transversale de 
l'Oued Agandis et paraissent être en relation très étroite 
avec la formation même de cette vallée. Les parois de la 
gorge permettent de jeter un coup d'œil sur la structure 
géologique du fragment montagneux intermédiaire entre 
le Djebel Ouichdan et l'Adrar n Deren 7 . Des bancs de 
calcaires cristallins verticaux et très fracturés forment 
la moitié nord; à ceux-ci se relient au sud, formant l'axe 
de la chaîne, de puissantes masses de grès jaunes, des 
terrains rouges et bleus à structure schisteuse et des 
calcaires gris, dans lesquels se trouvent des diorites et 
des tufs basaltiques. La constitution des roches stratifiées, 

i. Journal, p. 197 et profil géologique. 

2. Mitt., etc., 1879, p. 23 et 27. 

3. Journal, p. 222. 
i. Travels, p. 463. 

5. Journal, p. 197 et profil géolog. 

6. Travels, p. 459. 

7. Travels, p. 315. 



LE HAUT ATLAS 95 

eur couleur et leur position au-dessus du niveau de la 
mer (environ 1.200 m.) 1 engagent à les rattacher aux 
couches de la zone montagneuse inférieure à louest de 
la vallée de l'Amzmiz. Une parenté géologique du môme 
genre paraît unir les grès rouges, pinces dans un synclinal, 
de la vallée du Gindafi 2 (1.300 m. et au-dessus) avec les 
roches analogues de Mtouga et de la vallée supérieure de 
la Mesfioua. Thomson ne pouvait pas s'expliquer la pré- 
sence isolée des grès à l'Oued Gindafi. D'après lui, il est 
douteux s'ils ont été portés par un plissement primaire à 
leur position actuelle ou s'ils se sont formés dans un lac, 
prédécesseur de la vallée longitudinale de l'Oued Gindafi, 
et ont pris la position synclinale par un plissement secon- 
daire. 

On ne peut rien dire de concluant en ce qui concerne la 
situation, par rapport à la chaîne principale, du rempart 
méridional de la vallée de l'Oued Agandis, regardé par 
Andrée et Scobel comme élant la chaîne principale : il fau- 
drait que les suppositions faites de loin par Thomson fus- 
sent vérifiées par des observations plus directes. Thomson 
monta sur le flanc nord de la chaîne jusqu'à environ 
2.400 mètres et estima la crête à 100-130 mètres plus 
haut 3 . Du point terminus de son ascension, il vit pour la 
première fois le Djebel Tizi n Tamjourt (7° 33' W. Gr.) ; il 
reconnut plus tard, du haut du Djebel Tizi Likoumpt (au 
nord-est du Tizi Tagherat) que ce massif, dans lequel il 
croit avoir trouvé la plus haute élévation 4 de tout le système 
de l'Atlas, est séparé de la chaîne principale par la 



1. D'après l'altitude de 1.116 mètres déterminée par Thomson pour la 
Kasba Gindafi. 

2. Travels, p. 307 et carte géolog. 

3. Travels, p. 317; la mesure a été prise sans anéroïde. 

4. Évalué à environ 4.500 mètres (Travels, p. 462). 



% L'ATLAS MAROCAIN 

coupure de l'Oued Tisgui, non loin du Tizi Tagherat'. 
A cet abaissement au nord correspond, sur le versant 
sud de la montagne, un col qui a donné à celle-ci son 
nom. Ces deux seuils, d'après les renseignements de 
Foucauld 2 et Thomson 3 , ont une grande valeur pour 
le commerce entre la région des sources de l'Oued Nfis 
et de celles de l'Oued Sous; ils conduisent des vallées 
de TOued Tagouna et de l'Oued Agandis, affluents de 
l'Oued Nfis, au pays de Tifnout, dont von Fritsch 4 , au 
Tizi Tagherat, vit à ses pieds la localité la plus élevée. 
Plus importante pour le commerce, parce qu'elle est 
plus commode et réunit des régions plus notables au 
point de vue économique, est la route qui, de Kasba Ta- 
gentaft 5 (1 J16 m.) 6 , conduit au Djebel Ouichdan par les 
pays de Gindafi et d'Ogdimt. Cette route franchit le Dj. 
Ouichdan (évalué par Th. à 3.000 m.) 7 par le col situé 
à 2.909 mètres au flanc oriental du Djebel Ogdimt 
)3.859 m.), traverse le pays d'Ounaïn 8 sur TOued el 
Amdad, appelé aussi Oued el Ounaïn 9 , puis atteint Ras 
el Oued, le pays de l'Oued Sous supérieur; l'Oued Sous 
est formé 10 à son extrémité orientale par la réunion de 
FOued Tifnout et de l'Oued Zagmouzen à Timekkoul. Les 
pays situés sur le versant sud de la chaîne sont placés 
différemment dans la carte de Thomson et dans de Fou- 
cauld; nous avons suivi pour notre carte les observations 

1. Travels, p. 463. 

2. Reconn., p. 338. 

3. Travels, p. 318 et 319. 

4. MM., 1879, p. 28. 

5. Nom donné par de Foucauld, Reconn., p. 337. 

6. Thomson, carte in Proceed., loc. cit. 

7. Carte in Proceed., loc. cit. 

8. Reconn., p. 337. 

9. Reconn., p. 335. 

10. De Foucauld, Reconn., p. 322. 



LE HAUT ATLAS 91 

de l'explorateur français, qui a en parlie traversé lui-même 
ces régions, tandis que Thomson s'est seulement orienté 
du haut du Djebel Ogdimt d'après les données de son com- 
pagnon indigène. Mais les observations de Thomson mon- 
trent que le versant sud du Djebel Ouichdan est court et 
très raide jusqu'à la vallée supérieure de l'Oued Sous, qui 
se trouve à environ 600 mètres f d'altitude. En outre de la 
route principale par le Djebel Ouichdan, Erckmann 2 men- 
tionne encore un passage dans cette chaîne déserte 3 ; il est 
situé beaucoup plus à l'est, car la route qui y conduit 
contourne les montagnes du Gindafi et atteint l'Oued Sous 
non loin d'Aoulouz (sur l'Oued Tifnout inférieur) 4 . Le col 
utilisé par cet itinéraire s'appelle Tizi nTast ou Tizi Oum- 
chach (col des chats), à cause de la difficulté du passage. 
L'aile orientale delachaîne centrale, plus élevée et s'avan- 
çant plus loin vers le nord 3 , a dans toute son étendue, entre 
l'Oued Nfis et l'Oued Ourika, l'aspect d'une haute muraille 
montagneuse, moins importante par sa longueur et par la 
hauteur des sommets, qui ne doit guère dépasser 4.000 mè- 
tres, que par son épaisseur; c'est ce qui explique que les 
indigènes regardent cette partie de la chaîne comme une 
masse montagneuse indépendante et lui donnent un nom 
particulier, celui d'AdrarnDeren. Cette chaîne ininterrom- 
pue forme une crête de 3.700 mètres 5 , dentelée en forme 
de scie, et se recourbant au nord dans sa partie orientale ; 
un petit nombre de sommets, dont le plus élevé paraît 
être le Tizi Likoumpt, évalué par Thomson à 3.985 mètres 7 , 

1. Reconn., feuille 14 : Douar Oumbarek ou Dehen, 572 mètres. 

2. Loc. cit., p. 44. 

3. De Foucauld, Reconn., p. 337. 

4. Reconn., p. 326. 

5. Von Fritsch, Mitt., 1379, p. 22. 

6. Journal, p. 227. 

7. Travels, p. 362. 



98 L'ATLAS MAROCAIN 

s'élèvent à environ 200-300 mètres plus haut 1 . Le colle 
plus important, et peut-être le seul de cette région, se 
trouve seulement à 100-150 mètres au-dessous de la crête; 
c'esl le Tizi Tagherat (Hooker 1 3.500 m., von Frilsch 3 
3.581 m ,25) qui s'ouvre presque directement au sud delà 
capitale et conduit de la vallée de l'Oued Ait Mesan dans 
une vallée des sources de l'Oued Sous, au Tifnout. La haute 
chaîne est presque toute l'année couverte de neige, quoi- 
qu'on n'y doive pas parler de « neige éternelle » 4 . 

Au nord, la chaîne principale s'abaisse par une chute 
très rapide (environ 2.200 m.) sur un plateau stratifié de 
calcaires et de grès, qui atteint une hauteur absolue de 
1.200-1.300 mètres 5 ; c'est la continuation orientale des 
couches mentionnées plus haut 6 , dont ce plateau est séparé 
par le rameau schisteux de la grande chaîne occidentale 
qui se rattache au Djebel Tiza. Dans la province de Ghe- 
ghaïa 7 (sur le fleuve du même nom, au sud de la capi- 
tale), von Fritsch 8 distingue deux zones d'âge géologique 
différent; elles sont nettement divisées dans leur parlie 
orientale par une chaîne de schistes anciens (31° 20' lat. 
N. à l'ouest, extrémité orientale 31° 25'), mais cette 
chaîne cesse de former séparation géologique dans la pro- 
vince de Gheghaïa. L'opinion de von Fritsch est appuyée 
par Maw 9 , qui, d'après quelques fossiles trouvés dans les 
calcaires surmontant le flanc nord des schistes, considère 

1. Journal, p. 227. 

2. Journal, p. 226. 

3. Mitt., 1879, p. 28. 

4. Lettersof, Hooker to Murchinson, Troc, 1871; t. XV, p. 216. 

5. Maw, App. H au Journal, p. 458. 

6. V. ci-dessus, p. 68-69. 

7. Halansa, loc. cit., carie : Ghaghaya ; Hooker, Journal, p. 192: 
va. 

8. Mitt, 1879, p. 19. 

9. Journal, p. 462. 



LE HAUT ATLAS 99 

ces calcaires comme du crétacé récent, pendant qu'il 
attribue aux plus anciens âges crétacés les couches situées 
plus haut, et reposant sur le porphyre de la chaîne prin- 
cipale. Von Fritsch paraît regarder ces dernières, qu'il 
appelle grès de Wausero \ comme plus anciennes, et Suess 2 
les relie également aux couches permiennes des côtes 
algéro-marocaines de la Méditerranée. Thomson 3 attribue 
sans distinction tous les grès et les calcaires des avant- 
monts à l'époque crétacée. 

Le fragment le plus ancien des avant-monts est la 
chaîne séparative ci-dessus mentionnée; elle se compose 
de schistes paléozoïques ; (carbonifère ancien ?) redressés 
verticalement, et de direction parallèle à la chaîne princi- 
pale, dans lesquels se rencontrent des grauwackes, des 
calcaires cristallins 3 et du fer brun hydraté 6 . La position 
et la direction des couches font de ce massif un membre 
intermédiaire entre la chaîne principale occidentale finis- 
sant à la vallée transversale de l'Oued Nfîs, et les chaînons 
septentrionauxqui, jusqu'à l'Oued Oum er Rebia, dominent, 
pareils à des îles, les dépôts plus récents 7 . Cette chaîne 
schisteuse, avec ses sommets arrondis, importante pour 
la physionomie des avant-monts,, fut tout d'abord recon- 
nue dans sa continuité par von Fritsch s ; cependant cet 

1. Du lieu de Ouanzero ou Wansero (Wanserout de Hooker), où l'Oued 
Ait Mesan et TOued Iminen ou Iminan forment l'Oued Gheghaïa. 

2. Op. cit., I, p. 291 de la trad. fr. 

3. Travris, carte géologique. 

4. Journal, p. 192. Ztschr. f. d. ges. Mw., 1881, p. 202 et 203 : von 
Fritsch regarde comme assez vraisemblable que ces schistes soient plus 
anciens que les roches cristallines delà chaîne principale. 

5. Travels, p. 454 et 280. 

6. Von Fritsch, op. cit. 

7. Cf. von Fritsch, Ztschr. f. d. ges. Ntw., loc. cit. Gcogr. Jahrbuch, 
1880, t. VIII, p. 375. 

8. Mitt., 1879, p. 19. 



100 L'ATLAS MAHOCAIN 

explorateur lui donna une trop faible extension, croyant 
qu'elle était coupée par l'Oued Gheghaïa, mais contournée 
par l'Oued Nfis et l'Oued Ourika. Les informations d'autres 
voyageurs mettent hors de doute la continuation de la 
chaîne à Test et à l'ouest. Nous avons déjà supposé plus 
haut 1 , nous appuyant sur la ressemblance des conditions 
géologiques, une liaison entre le Delà, lisière sud de la 
plaine marocaine occidentale, et la chaîne schisteuse. Nous 
ajouterons ici quelques remarques sur la topographie du sud 
et du sud-ouest de la capitale, qui paraissent justifier notre 
manière de voir. Tamesloht (538 m.) 3 , au témoignage de 
Balansa 3 , est à peu près à mi-chemin entre l'Oued Tensift 
(6 kilom. nord de Marrakech), et la lisière de la chaîne 
située à 3 heures de ce point, et, d'après Lenz *, à 4 heures 
au sud-ouest 6 de la capitale. Cet explorateur paraît avoir 
mis environ 3 heures pour aller de Tamesloht à Agadir ben 
Selam, point où l'Oued Nfis coupe le Delà 6 ; Agadir ben 
Selam est donc à environ 7 heures de Marrakech. Ben 
Daoud 7 nous apprend qu'il faut 6 heures de Marrakech pour 
atteindre Taghinaout (un peu au nord du débouché de la 
vallée de l'Oued Gheghaïa, rivière qui, d'après la relation 



1. P. 70. 

2. Cette forme du nom paraît être la plus exacte; elle se trouve dans 
ttenou (p. 195), Lenz et Gora (cartes) ; Balansa et Bail donnent Tamslohe. 

3. Loc, cit., p. 327. 

4. Timbuktu, I, p. 263. 

5. Au sud-sud-ouest d'après la carte de Balansa. Le fleuve en question, 
d'après les remarques concordantes de Balansa et Lenz sur la faible dis- 
lance entre Oued Nfis et Tamsloht, doit être placé plus à l'est que sur la 
carte de Cora, peut-être même plus à l'est que sur notre carte si Ton veut 
tenir compte de Badia (loc. cit., p. 250), et de la relation de l'expédition 
française de 1882 (loc. cit., p. 171). Mais alors on est en conflit avec 
Beaumier et Hooker pour le cours inférieur de l'Oued Nfis. 

6. Timbuktu, I. p. 265. 

7. Journal, p. 371. 



LE HAUT ATLAS 101 

et la carte de Balansa, doit être identique à l'Oued Bâcha 
traversé par Lenz); si l'on compare ces données, on en 
conclura que le Delà est la continuation occidentale de la 
chaîne schisteuse. 

Vers Test, von Fritsch 1 a constaté l'extension de la 
chaîne jusqu'au versant ouest de la vallée d'Ourika. Il n'y 
pénélra pas assez profondément pour reconnaître que 
l'Oued Ourika, ou, comme il est peut-être plus justement 
appelé en ce point d'après von Fritsch, l'Oued Dermat, a 
dû scier les schistes environ 6 kilomètres au sud de sa 
sortie des avant-monts et qu'il Fa fait dans une gorge 
étroite dont la longueur, indiquée par Hooker", nous 
donne la même largeur pour la chaîne schisteuse que dans 
la vallée transversale de l'Oued Gheghaïa : 5 kilomètres. 

La chaîne schisteuse s'étend aussi jusqu'à la vallée la 
plus voisine vers l'est, celle de l'Oued Mesfioua. Washing- 
ton y fit l'ascension d'un sommet schisteux (31 25' 30") 3 : 
son appartenance à la chaîne ci-dessus caractérisée pour- 
rait être douteuse à cause de sa position avancée vers le 
nord, mais sa hauteur (1.394 m.) 4 , la position presque 
verlicale des couches 5 et avant tout la séparation qu'il 
trace entre les deux zones des avant-monts 6 plaident en 
faveur de cette opinion. Les schistes n'atteignent pas 
l'Oued Rdat ; d'après Thomson 7 , c'est entre ce fleuve et 
l'Oued Mesfioua que s'accomplit la modification des con- 
ditions géologiques de la chaîne principale et des avant- 
monts. 

1. Mltt., 1879, p. 19. 

2. Journal, p. 179-180. 

3. Washington, Journal of the Roy. Geogr.Soc. London, 1830-31, p. 147. 

4. Profil sur la carte de Washington. 

5. Cf. Journal de Hooker, p. 192. 

6. Profil sur la carte de Washington. 

7. Travels, p. 277. 



LQ2 L'ATLAS MAROCAIN 

Au siijel des altitudes de la chaîne schisteuse, nous pos- 
sédons un certain nombre de mesures et d'évaluations 
d'après lesquelles ses crêtes ont une hauteur moyenne de 
1 .400-1 .500 mètres, llooker attribue encore aux sommets 
au nord de la Kasba Sektana (1.380 m.) 1 à l'ouest du Ghe- 
ghaïa, une hauteur relative de 100 mètres 2 , soit une hau- 
teur absolue de l.oûO mètres environ, c'est-à-dire la même 
que von Friiscb 3 constatait juste à la coupure de l'Oued 
Gheghaïa. La hauteur s'abaisse rapidement vers l'ouest, 
de sorte que l'explorateur allemand, un peu à l'ouest de 
la Kasba Sektana, apercevait 4 la capitale par dessus la 
chaîne. A l'est de la coupure de la Gheghaïa, on a plu- 
sieurs fois franchi la chaîne schisteuse. Maw 5 a déter- 
miné à 1-2 kilomètres de distance de la vallée fluviale 
une hauteur de 1 .460 mètres. C'est à peu près dans cette 
région que doit se trouver, d'après la description de Ba- 
lansa,le « plus haut sommet » des environs de la zaouïa de 
Mouley Ibrahim (sur le flanc ouest delà vallée de Gheghaïa), 
le Sidi Fars 6 , dont il (it l'ascension en 4 heures environ, 
après avoir traversé le fleuve. Les données de ce voyageur 
sur la hauteur de la montagne, qui diffèrent dans le texte 7 
(2.200 m.) et sur la carte (2.000 m.), perdent beaucoup de 
leur importance lorsqu'on lit la remarque qui accompagne 
la carte : « évalué d'après les limites de la neige et de la 

1. llooker s Journal, p. 364. 

2. Ibid., 240. 

3. Mitt., 1879, p. 19. 

4. Ibid., p. 30. C'est à peu près en ce point que Thomson (Travels, 
p. 280) traversa la chaîne, composée ici également de roches anciennes, 
sans déterminer sa hauteur. 

5. Profil géolog. du Journal de Hooker. 

6. Ce nom est identique au Sitifers de Rein (Vhdlgn. des VIL Geogra- 
phentogpsy 1887, p. 84), mais celui-ci place cette montagne dans la chaîne 
principale. 

7. hoc, cit., p. 329. 



LE HAUT ATLVS 103 

végétation. » Plus à l'est enfin, d'Atchliz, au débouché de 
la vallée de l'Oued Ourika, von Fritsch fit l'ascension de 
« la plus haute montagne » de la province d'Ourika, sur la 
rive ouest du fleuve du même nom, et l'évalua à « plus de 
J .405 mèlres » l , hauteur à laquelle le sommet ("1 .398 m.) 2 
visité par Washington dans la vallée de la Mesfioua n'est 
que de fort peu inférieur. Avec ce sommet, nous avons déjà 
quitté les avant-monts de la chaîne centrale. Mais comme 
l'articulation de la chaîne principale n'a pas eu d'influence 
sur celle de la région inférieure, et comme on remarque 
plutôt un certain parallélisme entre la structure de cette 
dernière au pied de l'Adrar n Deren et la chaîne orien- 
tale, nous traiterons ensemble, dans ce qui suit, des avant- 
monts entre l'Oued Nfîs et l'Oued Rdat. Ils se compo- 
sent, indépendamment de la chaîne schisteuse ci-dessus 
mentionnée et des roches éruptives qui s'y présentent par 
bandes, de formations gréseuses et calcaires 3 , mais qui 
dans les deux zones prennent une part différente à la 
structure. Tandis que dans la zone septentrionale les deux 
sortes de roches sont à peu près également développées, 
dans la zone méridionale les grès rouge sombre et les 
conglomérats ont une puissance beaucoup plus grande 4 : 
dans la vallée de l'Oued Mesfioua, le hard red sandstone* 
est seul; dans la vallée de la Gheghaïa, il est traversé de 
couches calcaires jaunâtres 6 . L'Oued Ourika n'a pas été 
suivi jusqu'à la zone supérieure, cependant von Fritsch 
trouva sur les flancs de la vallée, à son débouché au voi- 
sinage d'Atchliz, de gros blocs de grès dur différant nota- 

1. Mitt., 1879, p. 17. 

2. Loc. cit., profil. 

3. Mitt., 1879, p. 19. 

4. Maw, Hookers Journal, A pp. H, p. i(V2. 

5. Washington, profil, loc. cit. 

6. Maw, loc. cit. — Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 23. 



104 L'ATLAS MAROCAIN 

blement du substratum et qui sans aucun doute y avaient 
été transportés de l'intérieur 1 . La zone supérieure règne 
dans la partie centrale comme dans la partie occidentale 8 
jusque vers 1.500 mètres, à Test plus haut encore, car Wa- 
shington» la traversa à TOued Mesfioua jusqu'à 1.939 mè- 
tres d'altitude. Les grès rouges rencontrés à la partie infé- 
rieure de l'Asif Adrar n Iri, qui vient du Tizi n Telouet 
(Tagmout3l°25' 17" lat. N., 7° 5' W.Gr.)' f , appartiennent 
aussi probablement à cette même zone 5 . 

La position qu'occupent les roches a plus d'importance 
que leur composition pour distinguer les deux zones 
d'avant-monts. Les couches anciennes ont toujours une 
position qui diffère peu de leur situation originelle. Les 
voyageurs constatent tous une légère inclinaison au sud 
(Washington 6 l'évalue à 10°); cette position n'est chan- 
gée que là où sont intervenus des dérangements locaux, 
comme par exemple dans la partie inférieure du Wansero 
vis-à-vis du débouché de la vallée d'Iminan, où les épan- 
chements porphyriques ont fortement recourbé vers le 
nord les grès de l'extrémité supérieure de la zone sud 7 . La 
présence des roches éruptives anciennes, jointe à la posi- 
tion en général presque horizontale des couches, plaide 
en faveur de l'opinion de von Fritsch sur l'âge plus an- 
cien du grès de Wansero. Il en résulte une opposition mar- 
quée entre ia zone supérieure des avant-monts et la zone 
inférieure avec ses masses importantes de formations volca- 

1. Mitt., 1879, p. 15. 

2. V. ci-dessus, p. 69. 

3. Loc. cit., profil. 

4. Reconn., p. 415. 

5. Travels, p. 205. 

6. Loc. cit. Cf. Hooker's Journal, p. 462. 

7. Travels, p 457. Ci. les relations pareilles dans la chaîne de Maroussa 
au sud-ouest d'Amsmiz, ci-dessus, p. 68-69. 



LE HAUT ATLAS 105 

niques récentes, basaltes 1 et dolérites ; ces dernières roches 
font supposer une réaction intense du noyau interne contre 
l'écorce, ce que confirme le plissement très prononcé des 
bancs calcaires et gréseux, tel qu'il se montre 8 notam- 
ment dans la formation des vallées en V entre l'Oued 
Mesfioua et l'Oued Rdat. 

Parmi les différentes lignes caractéristiques pour l'ex- 
tension des roches éruptives récentes, celle qui a été re- 
connue par von Fritsch et Thomson 3 nous intéresse par- 
ticulièrement. Cette ligne commence au nord de la chaîne 
schisteuse, dans la vallée d'un aftluent de droite de l'Oued 
Ourika qui vient finir à Taourirt (5 kilom. sud d'Atchliz); 
puis elle se poursuit à l'ouest sur le versant sud de cette 
chaîne, dans la vallée profondément encaissée d'un ruis- 
seau qui s'unit à l'Oued Gheghaïa avant son entrée dans 
les schistes; elle se continue sur la rive ouest de la vallée 
de ce fleuve àHasni (5 kilom. au-dessous de Wansero) et se 
termine avec les masses éruptives intercalées dans les 
bancs calcaires 4 fortement infléchis de la haute plaine de 
Sektana et Gergouri \ A l'ouest de ces pointements isolés 
on ne rencontre plus déformations volcaniques, mais d'au- 
tres témoignages font supposer de puissantes transforma- 
tions dans des périodes récentes . 

Une autre marque distinctive de la zone inférieure 
est la présence du sel tant dans les sources qu'en roches 
solides, sel généralement en relation avec les dolérites. 

1. La même roche est appelée par Thomson basalte, par von Fritsch 
dolérite. Travels, p. 454-455 et carte géolog. — Von Fritsch, Mitt., 1879, 
p. 15, 20, 21. 

2. Travels, p. 277. 

3. Loc. cit. 

4. Travels, p. 280. 

5. Hooker's Journal, p. 240. 

6. V. ci-dessus, p. 74. 



106 L'ATLAS MAROCAIN 

Les vallées affluentes ci-dessus mentionnées de l'Oued 
Ourika et de l'Oued Gheghaïa l , et la rive ouest de la val- 
lée de ce dernier fleuve à lïasni 2 en fournissent des exem- 
ples. Von Fritsch 3 trouva, dans les couches voisines, des 
fossiles qui rendent très vraisemblable que ce sel soit ter- 
tiaire ancien ou crétacé récent. La présence du sel en ro- 
che est très intéressante au point de vue climatologique, 
car elle permet de conclure que les précipitations sont 
assez faibles pour qu'il puisse se maintenir à la surface des 
parois. La situation géographique des roches éruptives ré- 
centes et des rochers de sel qui caractérisent la- zone infé- 
rieure des avant-monts — au nord de la chaîne schisteuse 
dansl'Ourika, au sud dans le Gheghaïa, — fait supposer que, 
dans son parcours occidental, cette chaîne cesse de séparer 
les deux zones des avant-monts ; là, comme nous l'avons vu 
plus haut \ elle s'abaisse au-dessous du niveau de la haute 
plaine de Sektana et de Gergouri, constituée par des cou- 
ches crétacées. En cet endroit, un golfe de la mer du cré- 
tacé récent pénétrait profondément dans la chaîne; limité 
au nord, à ce que pense von Fritsch 3 , par la crête schis- 
teuse, il fut fermé à l'ouest par une ou plusieurs éruptions 
doléritiques qui le transformèrent en un lac intérieur; le 
sel s'y déposa jusqu'à ce que l'Oued Gheghaïa eut réussi à 
se frayer une issue à travers les schistes et à vider le lac, 
laissant à découvert une plaine dont la fertilité fut encore 
accrue par la décomposition des roches éruptives «. 

\. Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 15, 20 et 21. — Il faut yjoindre apparem- 
ment la vallée longitudinale de l'Oued Ifraden, affluent de droite de l'Asif 
Adar n Iri inférieur, où de Foucauld (Reconn., p. 82) trouva du sel en roche. 

2. Ibid. 

3. Mitt., 1879, p. 22, et Zeitschr. f. d. ges. Ntw., 1881, p. 204. 

4. V. ci-dessus, p. 102. 

5. Mitt., 1879, p. 2i. 

6. Travels, p. 454. 



LE HAUT ATLAS 107 

Les conditions de gisement des couches qui surmontent 
le flanc nord de la chaîne schisteuse dans Gheghaïa, Sek- 
tana et Gergouri sont peu connues. Nos renseignements sur 
ces couches proviennent de deux remarques dues à von 
Fritsch ! et à Thomson 2 ; le premier décrit les hautes plaines 
directement à l'est de la coupure de la Gheghaïa comme 
composées de grès rouges faiblement inclinés et mélangés 
• de calcaires ; l'explorateur anglais, qui remonta la vallée du 
fleuve, vit, au-dessus de Taghinaout, les couches plisséesen 
un anticlinal dans une direction parallèle à celle delà chaîne 
principale. La chaîne schisteuse sépare donc ici, non plus, 
comme à l'est, la zone supérieure des avant-monts de la 
zone inférieure, mais deux subdivisions de cette dernière; 
la subdivision du sud a été fortement atteinte par les 
perturbations caractéristiques des dernières périodes cré- 
tacées dans le Haut Atlas, et annonce les bouleversements 
qu'on observe à l'ouest de l'Oued Nfîs, entre le Delà et 
la chaîne principale; la subdivision du nord marque le 
passage à la plaine marocaine, composée de couches ho- 
rizontales. 

Ce dernier point paraît établi par la description de 
Hooker 3 , au moins pour la région entre Oued Gheghaïa et 
Oued Ourika. Les contreforts s'y présentent sous forme 
de dos allongés, diminuant de hauteur vers le nord, qui 
sont divisés par des selles abaissées en sommets isolés 
de forme presque conique. Hooker franchit, sur la 
route d'Atchliz (880 m. H. 4 , 810 m. Th.) 3 , à Tassilount 
(963 m.), localité lapins au nord -est de la province de Ghe- 

d. Mitt., 1879, p. 19. 

2. Travels, p. 454. 

3. Hooker s Journal, p. 181-182 et carte. 

4. Journal, p. 173. 
î>. Carte. 



108 I/ATLAS MAROCAIN 

ghaïa 1 , deux de ces cols d'une hauteur presque égale; il 
estima celui de l'ouest, le plus élevé, à 1 .09i mètres*. Deux 
tleuves s'écoulent de cette partie des avant-monts : le plus 
oriental, appelé Oued Herwa par Thomson % se dirige vers 
le nord et est l'origine de l'Oued Issil, sur lequel est située 
la capitale ; l'autre fleuve, comme tous ceux de la province 
de Gheghaïa, va à l'Oued Nfis 4 . Bail 5 s'est laissé induire, 
par la direction sud-nord du cours supérieur, à considé- 
rer l'Oued Tassilount comme un affluent direct de l'Oued 
Tensift ; sa représentation est rectifiée par von Fritsch 6 , qui 
traversa le cours inférieur est-ouest de l'Oued Tassilount 
environ 1 kilomètre au sud de Taghinaout. De cette ma- 
nière, la localité de Tassilount obtient également une po- 
sition plus convenable. Situé sur le cours supérieur du 
fleuve du même nom, Tassilount doit se trouver à peu près 
au sud-est de Taghinaout et ne peut être repoussé vers 
le nord comme sur la carte de Bail, d'autant plus que de 
ce point il suffît d'une courte montée 7 pour se trouver sur 
la chaîne schisteuse en face de la zaouïa de Mouley 
Ibrahim, qui couronne le flanc ouest de la coupure de la 
Gheghaïa. L'expédition anglaise doit avoir, sur la route 
Atchliz-Tassilount, décrit un arc très accentué vers le nord, 
puisqu'il lui a fallu 4 heures et demie pour la parcourir 8 , 
tandis que Thomson 9 et Ben Daoud 10 s'accordent à donner 



i. Hooker's Journal, p. 183. 

2. Hooker's Journal, p. 180. 

3. Carte. 

4. Hooker's Journal, p. 191. 

5. Carte au Journal de Hooker. 

6. Mitt., 1879, p. 18; von Fritsch écrit Tassiloumt. 

7. Hooker's Journal, p. 190-191. 

8. Hooker's Journal, p. 181-183. 

9. Travels, p. 454. 

10. Hooker's Journal, p. 371. 



LE HAUT ATLAS 100 

seulement 2 heures et demie à la route directe Atehliz- 
Taghinaout. 

Entre la coupure de la Gheghaïa et celle du Nfis, aucun 
fleuve digne d'être nommé ne descend de la chaîne. La 
pente nord des contreforts est beaucoup plus courte que 
dans la partie orientale. Sur une des hauteurs les plus no- 
tables s'élève la tombe de Mouley Ibrahim (1 .287 m.) *. Ce 
lieu se trouve au nord de la chaîne schisteuse, car de là 
Balansavit la plaine du iMaroc étendue devant lui; c'est 
pourquoi aussi il n'y a pas lieu de s'étonner que de la 
haute plaine de Seklana von Fritsch - n'ait pu apercevoir la 
zaouïa. 

Les avant-monts septentrionaux entre Oued Nfis et Oued 
Ourika dont il vient d'être question ont un passé géologi- 
que relativement tranquille; la région qui leur succède 
vers l'est se fait remarquer au contraire par de puissantes 
dislocations. 

Au débouché des vallées de l'Oued Ourika et de l'Oued 
Mesfioua, les bancs calcaires et gréseux sont presque 
verticaux 3 , très disloqués et tordus 4 . Au nord, les têtes 
des couches redressées forment une muraille haute de 
200 mètres, sur une longueur d'environ 20 kilomètres 5 , 
entre les deux vallées en question; cette muraille domine 
une coupurelongitudinale large de60-90mètres,qui s'étend 
entre les avant-monts (1 .200 m.)et les plus hautes des col- 
lines de débris qui couvrent ici la parlie supérieure de la 
plaine 6 . Maw regarde ces cônes de débris comme d'origine 

1. Balansa, op. cit., p. 328. 

2. Mitt. t 1879, p. 30. 

3. Von Fritsch, Milt., 1879, p. 15. Washington, profil, op. cit. : 70» 
sud-est. 

4. Maw, Hookers Journal, App. H, p. 462. 

5. Hooker's Journal, p. 171 et 459. 

6. Maw, op. cit., p. 4C0. 



110 L'ATLAS MAROCAIN 

glaciaire, de même que Thomson ] à Tamarakl 2 voyait une 
moraine terminale dans les masses de graviers situés plus 
loin au nord. Cependant Hboker 3 , contrairement à cette 
opinion, attire l'attention sur deux faits, à savoir que ces 
collines ne sont composées que de blocs ûo très grosses di- 
mensions, et manquent par conséquent des petits produits 
de trituration qui caractérisent les moraines ; qu'en outre 
elles ne renferment qu'une seule espèce de roches (des 
grès), ce qui ferait supposer dans l'intérieur de la chaîne 
des conditions géologiques qui, d'après ce que nous savons, 
ne s'y rencontrent pas. D'ailleurs, dans tout l'espace entre 
Oued Mesfîoua et Oued Ourika, la muraille abrupte des 
avant-monts n'est interrompue qu'en un point, et elle l'est 
par un petit fleuve 4 , dont la vallée a trop peu d'importance 
pour avoir servi de chemin au glacier qui aurait apporté 
les masses de décombres. Ce fleuve abandonne la chaîne 
3-4 kilomètres à l'ouest du débouché de la vallée de l'Oued 
Mesfioua. Il doit être regardé comme le cours supérieur 
du fleuve dont Hooker traversa le lit desséché au sud-est 
de Kasba Mesfioua, et qu'il reliait à tort avec le fleuve 
de Tasserimout. Thomson 5 , qui marque exactement son 
cours, l'appelle Oued Melha (fleuve salé). L'Oued Gedji 6 , in- 
diqué non loin à l'ouest par le même explorateur, doit, 



1. Travels, p. 279. 

2. Le Tamarakt du texte est identique au Tamzarart de la carte et au 
Tamsart de Ben Daoud (Hookcr's Journal, p. 369), qui est éloigne de 
4 heures de Marrakech Dans la continuation de l'itinéraire Oued Udat- 
Tamsarart, Thomson aurait mis 2 heures pour aller de l'Oued Ourika 
à Taghinaout ; cette donnée n'a pas été suivie sur la carte de Thomson 
et repose d'ailleurs sur une erreur. 

8. Journal, p. 170. 

4. Hooker's Journal, p. 459. 

5. Journal, p. 163. 

6. Travels, carte. 



LE HAUT ATLAS tll 

d'après ce qui a été dit, avoir son origine dans les cônes 
de débris mêmes. 

La coupure qui sépare les avant-monts et les collines de 
débris, et qui paraît être une faille de crevassement, se 
poursuit dans la vallée longitudinale de l'Oued Mesfîoua 
inférieur. Le fleuve court dans celte vallée vers le nord-est 
après sa sortie de la chaîne; il longe le pied nord de la 
montagne, qui le domine h pic d'environ 150 mètres de 
hauteur : sous le nom de chaîne d'Arima, elle entoure 
d'abord le bassin de Tasserimout au nord *, puis paraît se 
poursuivre au nord-est en une série de « bluffs » plats a , pen- 
dant que l'Oued Mesfioua incline vers le nord-ouest à Imin- 
zet (502 m.) 8 , dans la plaine proprement dite. Ce cours 
caractéristique de l'Oued Mesfioua, que Washington repré- 
sente très clairement sur sa carte, n'est pas reproduit sur 
les cartes récentes, même sur celle de Thomson, sans doute 
par suite d'un emprunta Lannoy de Bissy et Habenichl. 
Entre chacun des bluffs coulent de la chaîne de nombreux 
petits cours d'eau '\ qui se déversent dans la vallée longitu- 
dinale de l'Oued Mesfioua; un seul d'entre eux, l'Oued 
Masin, est un affluent indépendant de l'Oued Tensift 5 , 

Avant d'abandonner l'Adrarn Derenet ses avant-monts, 
nous voulons encore donner une idée d'ensemble du cours 
de l'Oued Gheghaïa, qui le mérite à plus d'un égard. C'est 
le seul fleuve de cette région qui par ses sources (Oued 
Ait Mesan et Oued Iminan 6 ou Oued Iminnen 7 ) pénètre 
dans la haute chaîne et traverse les avant-monts dans toute 

1. Washington, op. cit., p. 147. 

2. Hooker's Journal, p. 160 : 32 kilomètres de long. 

3. Thomson, carte in Proceed. 

4. Washington, carte, op. cit. 

5. Thomson, carte. 

6. Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 23. 

7. Thomson, Travels* p. 457. 



112 L'ATLAS MAROCAIN 

leur largeur. L'Oued Gheghaïa porle le nom de la pro- 
vince dont nous avons appris à connaître la localité la plus 
nord-est, Tassilount, et qui s'étend au sud à peu près jus- 
qu'au point où la vallée se rétrécit et où les deux branches- 
mères se rejoignent, à Wansero ' ou Wanserout 2 . Hooker 3 
et Thomson 4 limitent à cet espace le nom de «vallée 
de la Gheghaïa », tandis que von Fritsch 5 l'étend jus- 
qu'à la crête de la chaîne. L'Oued Iminan n'a été traversé 
qu'une fois, par Thomson ; nous avons représenté son cours 
d'après la carte de cet explorateur. Quant au cours de 
l'Oued Ait Mesan, nous avons dû le construire à nouveau 
d'après les données de Hooker et von Fritsch, car la carte 
de Bail donne une image insuffisante et superficielle du 
voyage important de l'explorateur anglais dans la chaîne 
de l'Adrar n Deren, et l'explorateur allemand n'a joint 
aucune carte à sa relation, quoique les mesures 6 effectuées, 
mais non publiées par lui, en fournissent abondamment les 
matériaux. 

Le cours du fleuve principal est représenté sur la carte 
de Thomson d'une manière qui concorde suffisamment 
avec les relations des autres voyageurs. Taghinaout est 
placé d'après la donnée de Ben Daoud 7 , Marrakech-Ta- 
ghinaout, 6 heures =30 kilomètres; en outre, ce point 
est relié d'après les itinéraires ci-dessus mentionnés 8 à 
Atchliz en Ourika (2 heures et demie) et Atchliz, à son 
tour, est mis en relation par la route de Washington avec 

1. Von Fritsch, op. cit., p. 23. (Ouanzero de notre carte.) 

2. Hooker's Journal, p. 195. 

3. Journal, p. 199. 

4. Carte, et Travels, p. 457. 

5. Op. cit, p. 28. 

6. Mitt., 1879, p. 22. 

7. Hooker' s Journal, p. 371. 

8. V. ci-dessus, p. 107-108. 



LE HAUT ATLAS 113 

le sommet schisteux dont la position a été déterminée 
par cet explorateur à 31° 25' 30", par l'intermédiaire de 
l'indication de Maw, qui met Tasserimout à environ 20 ki- 
lomètres d'Atchliz. De Taghinaout à Hasni, à l'entrée de la 
chaîne centrale, par une gorge difficile, Thomson i mit en- 
viron cinq heures, pendant que von Fritsch, qui franchit la 
chaîne schisteuse, parcourut 2 le même chemin en 6 heures 
environ. Si l'on tient compte, en outre, de la donnée de 
Hooker, que, venant de Tassilount, il dut marcher 3 heures 
et demie dans la large vallée de l'Oued Gheghaïa après 
avoir traversé la chaîne schisteuse avant d'arriver à Hasni 5 , 
il reste 1 heure et demie à 2 heures et demie pour la cou- 
pure de la Gheghaïa. Cet espace de temps, si l'on consi- 
dère les difficultés du passage de Thomson et le détour 
auquel von Fritsch se vit forcé par sa déviation vers l'est, 
correspond à une étendue de 5 kilomètres; cette lar- 
geur, comme nous l'avons vu plus haut 4 , est aussi celle 
de la chaîne schisteuse à sa base dans la vallée de l'Oued 
Ourika. La vallée de l'Oued Gheghaïa au dessus de la 
coupure Jusqu'à l'entrée au cœur de la montagne, a à peu 
près une direction ouest 6 . A l'extrémité supérieure de la 
vallée, large de 1 kilomètre 6 , sont trois localités, parmi 
lesquelles Hasni est mentionné par Hooker et Thomson, 
Tasghirt par Hooker seulement, et Tamarout seulement 
par von Fritsch. Nous n'avons de détermination d'altitude 
que pour Hasni : 1.282 mètres d'après Hooker 7 , 1.160 



1. Travels, p. 454. 

2. Mitt., 1879, p. 18-30. 

3. Journal, p. 192. 

4. P. 101. 

5. Travels, p. 454. 

6. Hooker" s Journal, p. 192. 

7. Ibid., p. 194. 



LU L'ATLAS MAROCAIN 

mètres d'après Thomson l . Ces trois localités ne peuvent 
êlre bien éloignées les unes des autres, car leur distance 
par rapporta la jonction des sources de l'Oued Gheghaïa à 
Wansero est évaluée d'une manière à peu près concor- 
dante à (5 kilomètres 2 . Wansero (ou Ouanzero) fut visité 
seulement par Hooker et von Fritsch, c'est pourquoi nous 
le plaçons sur la rive gauche du fleuve. 

De là, la vallée de l'Oued Ait Mesan 3 conduit presque 
droit au sud 4 ; c'est d'abord une gorge étroite, de sorte 
que les voyageurs furent forcés « pendant plusieurs milles 
anglais » de suivre la paroi occidentale de la vallée par un 
sentier difficile, à 60 mètres au-dessus du lit du fleuve 5 . 
Dans celte partie, von Fritsch traversa à Ait Ali un petit 
affluent de gauche, peu de temps après le fleuve principal, 
et atteignit au village de Tinitin la limite supérieure où 
les grès font place aux formations cristallines de la chaîne, 
que Hooker 6 fait commencer déjà non loin de Wansero. 
L'observation du géologue allemand gagne en valeur, 
quand on la compare à celle qu'a faite Thomson 7 pour la 
vallée inférieure de l'iminan, où, après une heure de che- 
min, il eut à traverser une gorge étroite dans les grès. 
Avec la différence des formations géologiques coïncide un 
changement dans la fertilité du sol, changement d'ailleurs 
nullement avantageux pour la vallée supérieure de l'Imi- 
man, car la contrée y prend un caractère presque déser- 
tique. Dans la vallée de l'Oued Ait Mesan au contraire, les 



1. Carte. 

2. Hooker's Journal, p. 195. — Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 23. — Travels, 
p. 457. 

3. Hooker's Journal, p. 190 et 199. 

4. Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 26. 

5. Ibîd., p. 23. 

6. Journal, p. 197. 

7. Travels, p. 458. 






LE HAUT ATLAS 115 

industrieux Berbères ont tiré parti avec soin des condi- 
tions naturelles pour transformer l'étroit talus qui s'étend 
au pied des murailles verticales de porphyre en terrasses 
culturales irriguées avec art 1 . De nouveau, après a plu- 
sieurs milles anglais », les voyageurs descendirent vers la 
vallée élargie 2 . De l'est et de l'ouest l'Oued Ait Mesan 
reçoit divers affluents, mais au sud sa vallée est fermée 
par une barrière. Hooker franchit celte barrière par un 
torrent venant de la localité d'Adjerziman (i.687 in.) 3 ; il 
reconnut qu'elle est constituée par des porphyres et qu'elle 
traverse la vallée d'W. en E, coupée à son extrémité occi- 
dentale par le fleuve principal. La roche en place est sur- 
montée d'un puissant amas de débris composé de gros 
blocs de cette même roche, avec une pente antérieure de 
250 mètres; sur la lisière se trouve la localité d'Arround 
(1.970 m.) 4 . Yon Fritsch 5 , qui suivit à peu près la même 
route que l'expédition anglaise, mais ne trouva pas de 
roche en place, décrit la barrière comme une « digue de 
débris rocheux de grosseurs diverses et disposés sans 
règle ». Il réfute, en se fondant sur la considération des 
circonstances locales, l'opinion de Maw 6 d'après laquelle 
cet amas de débris serait une moraine. Thomson 7 re- 
garde aussi comme très invraisemblable que, dans une 
vallée aussi étroite que celle de l'Oued Ait Mesan supérieur, 
on puisse rencontrer une moraine aussi importante. D'a- 
près les vues du géologue allemand, c'est plutôt un ébou- 



1. Hooker' s Journal, p. 198. Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 24. 

2. Ibid., 

3. Hooker's Journal, p. 199. 

4. Ibid., p. 364. 

5. Op. cit., p. 25-26. 

6. Hooker s Journal, App. H, p. 460. 

7. Travels, p. 276. 



116 L'ATLAS MAROCAIN 

lement montagneux qui paraît être la cause de l'accumu- 
lation d'une si puissante masse de débris. 

Arround (même localité que 1' « Armet», de von Fritsch 
d'après la correspondance des autres données) se trouve 
à la bifurcation de deux cours d'eau dont l'un vient du 
sud-est et l'autre du sud-ouest ; le chemin qui suit ce der- 
nier conduit à la chaîne et à l'Oued Sous. Au sud de ce 
village s'étend sur l'amas de débris une plaine maréca- 
geuse, large d'environ 2 kilomètres ', qui marque la place 
d'un lac comblé (un lac de moraine d'après Maw). Cette 
plaine est importante au point de vue des conditions cli- 
matériques de la vallée de l'Ait Mesan, car elle marque la 
limite supérieure du développement de l'orge, du maïs et 
du noyer 2 . 

La distance d'Hasni à Arround fut franchie pour la 
seconde fois par Hooker et ses compagnons en 6 heures 3 ; 
si l'on tient compte des conditions difficiles dans lesquelles 
s'accomplit le voyage, il faut évaluer à environ 12 kilo- 
mètres l'étendue de la vallée vers le sud, valeur que nous 
avions également déduite des distances étudiées ci-dessus. 
Pour la continuation de l'itinéraire vers la chaîne, il y a de 
grandes divergences dans la relation des deux expéditions. 
Hooker 4 longea la paroi occidentale abrupte de la vallée 
principale, venant du sud-ouest ; au bout de deux heures et 
demie d'une marche très dangereuse, il arriva au tombeau 
d'un saint (2.393 m.) 5 , à la partie supérieure de la vallée, 
où, d'après Hooker, le fleuve est formé d'un ruisseau ve- 
nant de l'ouest et d'un autre qui vient du sud. Les Anglais 



1. Hooker' s Journal, p. 200. 

2. Ibid. — Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 26. 

3. Hooker's Journal, p. 214. 

4. Ibid., p. 207. 

5. Ibid., p. 218. 



LE HAUT ATLAS 117 

remontèrent la gorge de ce dernier ruisseau sous une pluie 
battante, qui se transforma bientôt en une tempête de 
neige l , à travers laquelle un seul d'entre eux, Maw, put 
arriver jusqu'à la chaîne présumée. En un point estimé à 
200 mètres 2 au dessous de la chaîne, il jeta un coup d'œil 
sur son anéroïde, des indications duquel il conclut pour 
le Tizi Tagherat une altitude de 3.500 mètres 3 . D'après 
Hooker, le col en question doit se trouver à peu près au 
sud de la tombe du saint ; cette donnée paraît être con- 
firmée par Thomson 4 , car il vif, de l'embouchure de 
l'Oued Iminan, une brèche dans la muraille bordant au 
sud la vallée de l'Ait Mesan, à côté du sommet de Tizi n 
Saout, et les habitants donnaient à cette brèche le nom de 
Tizi Tagherat. Cependant l'opinion des deux explorateurs 
est absolument contredite par la relation de von Fritsch 5 , 
qui accomplit son ascension dans des circonstances atmo- 
sphériques beaucoup plus favorables. Le voyageur alle- 
mand suivit quelque temps la vallée principale, dirigée au 
sud jusqu'à son extrémité, par 2.400 mètres de hauteur, 
en un point par conséquent que, d'après l'altitude et les po- 
sitions, il faut chercher non loin de la tombe du saint men- 
tionnée par Hooker. Von Fritsch ne parle pas de ce tom- 
beau , ni de l'affluent venant de l'ouest ; il faut donc admettre 
qu'il se tint sur le flanc oriental de la vallée. A l'extrémité 
supérieure de la vallée courant sud-nord, il se dirigea droit 
à l'est, longeant le fleuve principal, pour atteindre la chaîne 
en 4 heures. Les explorateurs anglais 6 employèrent pres- 

1. Lelters from D T 3. D. Hooker to Sir Roder ich Murchinson, Proc, 1871 
t. XV, p. 215. 

2. Hooker 1 s Journal, p. 224. 

3. Ibid., p. 226-227. 

4. Travels, p. 457. 

5. Op. ci£.,p. 27-28. 

6. Hooker's Journal, p. 220-223. 



US L'ATLAS MAROCAIN 

que le même temps, à partir de la tombe du saint, pour 
effectuer l'ascension. La principale cause des divergences 
que présente la relation anglaise paraît avoir été le temps 
défavorable, qui n'a pas permis aux voyageurs de bien 
s'orienter. Qu'ils aient été sur la route du Sous jusqu'à la 
fin de leur ascension 1 , c'est ce que prouve leur rencontre 
avec la caravane venant sans aucun doute de ce pays. 
Von Fritsch évaluait le Tizi Tagherat à 3 581 m ,25 2 . Du haut 
delà chaîne principale, il voyait en bas, au dessous de lui, 
une coupure dans la muraille occidentale de la vallée de 
l'Ait Mesan; elle conduisait à l'Oued Nfîs et était appelée 
Ouogan par les indigènes accompagnant l'expédition. La 
route vers ce col suit l'affluent de l'Oued Ait Mesan traversé 
par Kooker, au voisinage de la tombe du saint. Mais le 
dos qui sépare les deux vallées voisines paraît être, d'après 
la description qu'a donnée von Fritsch 3 de son ascension' 
de l'Agdan Ouasmanan, assez élevé pour rendre le com- 
merce très difficile. La. route principale l'évite et passe 
par les avant-monts qui entourent à l'ouest la province 
de Gheghaïa, avec une hauteur relative de 100 à 200 mè- 
tres. La haute plaine de Sektana et Gergouri (environ 
1.400 m.) 4 s'adosse, dans sa partie orientale, à la chaîne 
schisteuse ci-dessus décrite ; dans la partie occidentale, 
von Fritsch 5 put percevoir la capitale par dessus les mon- 
tagnes septentrionales, du haut de la bordure nord relevée, 
qui domine la plaine 5 d'une hauteur de 120 à 150 mètres, 
et qui, sous le nom d'El Brouz, paraît former un membre 



1. Cf. von Fritsch, op. cit., p. 28. 

2. Op. cit., p. 28. 

3. Op. cit., p. 22. 

4. Hooker's Journal, p. 241. 
5 Op. cit., p. 30. 

6. Hooker's Journal, p. 241. 



LE HAUT ATLAS H 9 

indépendant. Une profonde vallée longitudinale sépare en 
ce point la haute plaine et la chaîne schisteuse, de même 
qu'au sud les couches calcaires de la haute plaine tombent 
à pic sur une vallée qui les sépare delà grande chaîne 1 . 
Une ligne de faîte assez basse partage cette vallée entre 
deux directions principales, mais les eaux de la moitié oc- 
cidentale paraissent seules former un fleuve. Hooker et 
von Fritsch pénétrèrent dans la haute plaine par la partie 
orientale de la dépression qui s'ouvre à environ b' kilomètres 
au nord de Hasni 2 . Après une courte marche (le voyage 
Hasni-Sektana fut accompli en une après-midi), Hooker 
et ses compagnons arrivèrent à la Kasba Sektana, où ils 
dressèrent leurs tentes. Non loin de là doit se trouver la 
localité d'Ameuz n Kik mentionnée par von Fritsch, car, 
en regardant l'El Brouz s'élevant au nord avec ses ruines 
anciennes (portugaises?), les voyageurs anglais 3 aussi bien 
que les Allemands se souvinrent des ruines de Tasseri- 
mout. La province de Sektana dépasse au nord la chaîne 
schisteuse et va jusqu'à Taghinaout, de sorte que la limite 
de Sektana et Gheghaïa passe entre Taghinaout et Tassi- 
lount, qui est situé au sud-est. On connaît quatre loca- 
lités en Sektana : Taghinaout, Zaouïa Mouley Ibrahim, 
Kasba Sektana et Ameuz n Kik 4 , à moins que lès deux der- 
niers noms ne s'appliquent à une même localité. Il faut 
ajouter le Tizi Ouada mentionné par Thomson 5 : le mot 
Tizi ferait supposer que ce point se trouve peut-être dans le 
voisinage d'un col de la chaîne schisteuse; d'après lapo- 

1. Von Fritsch, op. cit., p. 28. 

2. Hookefs Journal, p. 239. 

3. Hooher's Journal, p. 241 : contrairement à la remarque de von Fritsch, 
p. 31, op. cit. t que Hooker n'a pas mentionné les ruines. 

4. D'après de Foucauld (Rtconn., p. 337), Asdrem Kik, qui est identique 
à la localité mentionnée par von Fritsch, est déjà en Gergouri. 

5. Carte. 



120 L'ATLAS MAROCAIN 

sition et la ressemblancefdu nom, il doit être identique au 
Souk el Had, le marché de Mouley Ibrahim, placé par Ben 
Daoud * à 2 heures et demie de distance de Taghinaout. A 
l'ouest du Sektana se trouve la province de Gergouri 2 . Von 
Fritsch*, depuis Ameuz n Rik, chevaucha encore plus d'une 
heure dans la haute plaine vers l'ouest, avant de descendre, 
par un chemin escarpé, de son rebord occidental ; ce rebord 
est fort intéressant au point de vue géologique par une 
puissante masse de travertin. Yon Fritsch pénétra ensuite 
dans la plaine fertile, parsemée de nombreux villages, de 
la rive droite de l'Oued Nfis; son prochain quartier pour la 
nuit fut Amzmiz. Hooker 4 parcourut encore depuis Rasba 
Sektana environ 11 kilomètres dans la haute plaine, 
avant d'atteindre la Kasba Gergouri, située sur un pro- 
montoire rocheux du rebord occidental. D'après Hooker, 
l'abrupt de cette falaise résulte sans aucun doute de l'éro- 
sion des eaux de l'Oued Nfis, dont un ancien lit s'étendait 
jusque-là, avant qu'il eût scié les schistes du Delà à Agadir 
ben Selam. L'importante couche de travertin mentionnée 
par von Fritsch paraît justifier cette manière de voir. 
L'opinion du savant allemand, d'après laquelle la plaine 
de l'Oued Nfis serait une ramification vers le sud de la 
grande plaine marocaine, a déjà été combattue par ce que 
nous avons dit du Delà. C'est beaucoup plutôt une plaine 
composée de débris montagneux stratifiés à une grande 
profondeur et dont la partie inférieure est cimentée en un 
conglomérat à très gros éléments 5 . L'Oued Nfis entaille 

1. Hooker 1 s Journal, p. 366. 

2. Pour ce nom, cf. les orthographes suivantes : Hooker (op. cit., p. 243): 
Gurgouri ; Thomson (carte) : Gurguri; de Foucauld (fleconn., p. 337) : Ger- 
gouri. 

3. Op. cit. y p. 31. 

4. Op. e#.,p. 243. 

5. Lenz, Timbuktu, 1, p. 265. 



LE HAUT ATLAS 121 

ces masses jusqu'aux roches calcaires qui les supportent 
et dans lesquelles il a creusé son cours encaissé l ; il n'en 
est pas de même du petit fleuve à l'ouest de celui-ci, men- 
tionné par Hooker 2 et Thomson 3 , quoique la coupure de la 
vallée soit profonde de 60 mètres. La hauteur absolue de 
la région, à l'ouest de l'Oued Nfis, s'abaisse à plusieurs 
centaines de mètres au dessous de celle de la haute plaine 
de Sektana 4 . 

La non-concordance des données de Hooker et von 
Fritsch pour la distance du rebord occidental de la haute 
plaine par rapport à la Kasba Sektana s'explique si l'on 
compare attentivement leurs relations. Pendant que les 
explorateurs allemands se dirigeaient plus au sud-ouest 
droit sur Amzmiz, Hooker était conduit par ses com- 
pagnons marocains, avides d'une bonne « mona » 5 , direc- 
tement à l'ouest, à environ 11 kilomètres, vers la Kasba 
Gergouri 6 également visitée par Thomson. Cette localité 
doit être située un peu plus au sud que ce dernier voya- 
geur ne l'a placée : car la largeur de la bande fertile entre 
la haute plaine et l'Oued Nfis traversée par lui à Nourzan, 
est évaluée par Hooker à environ 6 kilomètres, ce qui fait 
mieux correspondre la distance Gergouri-Amzmiz avec le 
texte de Thomson \ 

La route principale de Marrakech au Sous passe par la 

1. Hooker's Journal, p. 245. 

2. lbid., p. 246. 

3. Carte. 

4. Hooker's Journal, p. 245. Lenz, Zeitschr. d. G. f. E., Berlin, 1881, 
t. XVI, carte. 

5. Fourniture abondante de toutes les choses nécessaires à laquelle 
les habitants d'un lieu sont tenus envers les Européens voyageant sous la 
protection du sultan et envers leurs compagnons indigènes. — Hookers 
Journal, p. 169 : Mona; Timbuktu, p. 189 : Muna. 

6. Hooker's Journal, p. 243. 

7. Travels, p. 280 : Kasba Gergouri-Amzmiz, 4 heures. 



122 L'ATLAS MAROCAIN 

haute plaine de Sektana el Gergouri, pour éviter les 
vallées transversales difficiles à suivre de l'Oued Ghe- 
ghaïa el de l'Oued Nfîs; nous avons esquissé déjà plus 
haut 1 le parcours de cette route à partir de son entrée dans 
la haute chaîne à lmaghiren. C'est à ce village que se rejoi- 
gnent les trois routes qui coupent la haute plaine de 
Sektana et Gergouri : l'une passe par Kasba Gergouri 2 , 
la suivante par Ameuz n Kik 3 , la troisième parTaghinaout 
et Souk el Had\ 

III. — Chaîne orientale de l'aile occidentale. 

DuhautduTizi Likoumpt dans la chaîne centrale, Thom- 
son vil que, à l'ouest du lieu où il se trouvait, une chaîne 
méridionale plus basse (évaluée à 3.300 m.) 5 , se soude à 
la chaîne principale; elle entoure au sud la vallée longitu- 
dinale de l'Oued Ourika supérieur, et, suivant cette vallée, 
se poursuit au nord en augmentant de hauteur dans sa 
partie orientale, de même que la chaîne centrale. Vue de 
la plaine septentrionale, la moitié orientale, la plus élevée, 
paraissait ressembler beaucoup 6 par ses contours à la 
chaîne principale occidentale constituée par des schistes 
argileux. Une parenté géologique de ces deux chaînes est 
très vraisemblable d'après les explorations de Thomson 
dans la vallée supérieure de l'Asif Adrar n Iri, où, au sud de 
Sarktan, des schistes et des quartzites (comme au col des 
Bibaouan) constituent le noyau de la chaîne 7 . En outre, ce 

1. P. 65. 

2. Thomson, carte. 

3. De Foucauld, Reconn., p. 337. 

4. Ben Daoud, Hooker's Journal, p. 370. 

5. Travels, p. 462 et carte. 

6. Maw, Hookcr's Journal, p. 457. Von Fritsch, Mitt., 1878, p. 55 et 56. 

7. Travels, p. 213. 



LE HAUT ATLAS 123 

même voyageur 1 trouva des blocs de grauwacke dans la 
vallée inférieure de la Mesfioua, blocs qui peuvent d'ail- 
leurs provenir aussi bien de la chaîne schisteuse des avant- 
monts, traversée par ce fleuve. Les porphyres et diorites 
associés à la grauwacke font présumer que les forces 
auxquelles la chaîne centrale doit son élévation ont été 
également actives dans la chaîne orientale. Dans cette 
même vallée, Washington 2 trouva aussi des fragments de 
gneiss. De laquelle des deux chaînes proviennent les gra- 
nités syénitiques que von Fritsch 3 trouva dans la vallée in- 
férieure de l'Ourika, c'est une question qu'on ne peut en- 
core résoudre. 

D'après Thomson, la paroi sud de la vallée de TOurika 
atteint environ 3 . 300 mètres 4 et culmine au coude de cette 
vallée en un sommet que l'explorateur anglais appelle 
Djebel Sig, d'après le plus oriental des deux cours d'eau 
qui constituent l'C/ued Ourika. Cette même montagne fut 
aperçue du nord par Hooker 3 et von Fritsch , et tous deux 
la décrivent comme s'avançant un peu au nord de la chaîne 
principale. Von Fritsch, qui la vit du plus élevé des avant- 
monts d'Ourika, ajoute que c'est au sud-ouest de cette 
montagne que commence la muraille montagneuse de 
l'Adrarn Deren. La combinaison des indications ci-dessus 
avec la carte de Thomson donne au sommet une position 
correspondant assez bien à celle que donne Washington 7 
au Djebel Miltzin par 31° 13' lat. N. ; les suppositions de 



1. Travels, p. 277. 

2. Op. cit., p. 147. 

3. Mitt., 1879, p. 13 et 17. 

4. Carte in Proceed. 

5. Journal, p. 155. 

6. Mitt., 1879, p. 17. 

7. Profil sur la carte, op. cit. 



124 L'ATLAS MAROCAIN 

Hooker 1 et Thomson 2 justifient l'identification des deux 
montagnes. La position de ce sommet répond mieux en- 
core à celle qu'occupe sur la carte de Foucauld» le Djebel 
Tidili, pilier occidental du profond et large affaissement 
par lequel les trois Tizi n Glaoui permettent de franchir la 
chaîne. De Foucauld 4 , du lieu où il se trouvait au sud du 
Haut Atlas (Tikirt 30° 57' lat. N., 6° 49' 30" W. Gr.) 5 , ne 
pouvait voir le Djebel Glaoui placé trop loin vers le nord 6 ; 
comme on n'aperçoit aucun autre sommet que celui-là 
dans l'espace qui s'étend jusqu'au Tizi n Telouet 7 , la vrai- 
semblance devient une certitude : le Djebel Sig de Thom- 
son, le Djebel Tidili de Foucauld et le Djebel Millzin de 
Washington sont un seul et même sommet. 

L'altitude de la montagne mesurée trigonomélrique- 
ment parWashington (3.454 m.) 8 correspond à l'évaluation 
de Thomson 9 . Hooker 10 regarde cette valeur comme trop 
faible, et voit l'origine de l'erreur dans ce que Washington 
avait pris la hase trop courte (17 milles, d'après la carte de 
Washington 27-28 milles). Il calcule à nouveau la hauteur 
avec une base de 33 milles, ce qui est indubitablement 
trop élevé, et trouve 4.069 mètres. Une valeur moyenne de 
3.700 mètres nous approchera de la vérité. Une élévation 
plus importante estle Djebel Glaoui H qui s'avance fort loin 

1. Op. cit. 

2. Travels, p. 431. 

3. B. S. G. P., 1887. 

4. Reconn , p. 95. 

5. Reconn., p. 415. 

6. Carte de Thomson. 

7. Reconn., p. 95. Cf. le tour d'horizon de Balansa, pris de Mouley 
Ibrahim, op. cit., p. 328. 

8. Carte de Washington. 

9. Carte : 3.300-3.600 mètres. 

10. Op. cit.. p. 155. 

11. Carte de Thomson : 3.600-3.900 mètres cf. Balansa, op. cit., p. 328. 



LE HAUT ATLAS 125 

de la chaîne. La chaîne elle-même n'est guère inférieure 
en altitude aux sommets ci-dessus nommés, comme le re- 
marqua Thomson 1 du Djebel Taourirt (à l'est du Tizin Te- 
louet); du sud, son élévation est particulièrement impo- 
sante : elle se dresse très abrupte au-dessus des hautes 
plaines situées environ 2.000 mètres plus bas. D'autant plus 
importantes pour le commerce sont les trois selles des cols 
de Glaoui, dont le plus oriental, Tizi n Telouet (de Fou- 
cauld 2 2.634m., Thomson 3 2.540 m.) est le seul point de la 
chaîne dont la hauteur ait été mesurée barométriquement. 
Ce col conduit de la vallée de l'Asif Adrar n Iri à un des 
cours d'eau qui forment l'Oued Draa, l'Oued Marghen, et 
unit les deux parties de la province de Glaoua; la partie 
nord de la province, la plus étendue, coïncide avec la 
vallée de l'Oued Rdat, dont Thomson 4 atteignit le point 
le plus oriental à Tizert ; la partie méridionale, la plus 
petite mais de beaucoup la plus fertile, le pays de Telouet, 
renferme, au-dessus du coude méridional de l'Oued Mar- 
ghen, la résidence du gouverneur de la province, Imaounin 
ou Dar el Kaïd ou Dar el Glaoui 5 (1.550 m.) G . Par suite de 
la difficulté croissante du commerce aussi bien au sud de 
Fez et Meknes 7 qu'à l'entrée dans la chaîne à Demnat 8 (à 
la lisière de l'aile orientale, 6° 51' W. Gr. 9 ), le Tizi n Te- 
louet devient de plus en plus le passage le plus important 
pour le commerce entre le Tell marocain et le Sahara. Le 



1. Travels, p. 243. 

2. Reconn., feuille n° 7. 

3. Carte. 

4. Travels, p. 142 et 192. 

5. Reconn., p. 85. 

6. Carte de Thomson. 

7. Rohlfs, Pet. Mitt., 1865, p. 170. 

8. De Foucauld, Reconn., p. 78. 

9. Md.y p. 415. 



126 L'ATLAS MAROCAIN 

ïizi n Tichka 1 unissant l'Oued Rdat% qui prend sa source 
au Djebel Glaoui, avec l'Oued Tichka, affluent de l'Oued 
Marghen, n'a qu'une importance locale; il en est de même 
du Tizi n Tamanat. Ce dernier col marque l'abaissement 
delà chaîne à l'est du Djebel Tidili; il conduit de la vallée 
de l'Oued Mesfioua à l'Oued Tamanat, affluent de l'Oued 
Tidili, qui, avec l'Oued Marghen, forme l'Oued Idermi, 
branche nord-ouest de l'Oued Draa 3 . 

Le Djebel Tidili-Sig sépare donc les vallées de l'Oued Ou- 
rika et de l'Oued Mesfîoua. Ces deux rivières ont été suivies 
seulement dans la partie inférieure de leur cours en mon- 
tagne. La vallée de l'Ourika débouche à la localité d'Atch- 
liz (Hooker * 880 m., Thomson 3 810 m.), résidence du 
cheikh d'Ourika; Atchliz est situé d'après Hooker 6 , von 
Fritsch 7 et Ben Daoud 8 sur la rive orientale et non, comme 
le représente la carte de Thomson, sur la rive occidentale ; 
sa position est établie par plusieurs évaluations de dis- 
tances. Aux faits énumérés plus haut 9 , il faut ajouter un 
renseignement de Thomson 10 , d'après lequel il atteignit 
Atchliz de Marrakech en six heures d'une course rapide à 
cheval. En remontant la vallée, von Fritsch vit sur la rive 
droite du fleuve le village de taourirt, évidemment le Ta- 
sarocht de Thomson, que ce dernier place comme Ben 
Daoud à une heure au sud d' Atchliz et comme von Fritsch 



i. Reconn., p. 86. 

2. Travels, p. 204. 

3. Reconn., p. 96. 

4. Journal., p. 173. 

5. Carte in Proceed. 

6. Journal, p. 172. 

7. Mitt., 1879, p. 15. 

8. Hooker' s Journal, p. 370 

9. Cf. ci-dessus, p. 112. 

10. Travels, p. 446. 



LE HAUT ATLAS 127 

au débouché d'un affluent oriental de l'Oued Dermat. En 
bas de la petite vallée latérale se trouvent quelques salines * , 
qui, malgré leur installation primitive, suffisent, paraît-il, 
à la consommation de sel d'une grande partie du Maroc 2 . 
Ben Daoud place encore à mi-route entre Atchliz et Taourirt 
la localité d'Asrou Miloul; il indique plus loin au sud sur 
la même rive du fleuve les localités d'Agadir et de Timlou- 
sen, à une demi-heure et une heure de distance de Taou- 
rirt. Au-dessus de ce lieu von Fritsch 3 traversa l'Oued Der- 
mat, monta sur le flauc occidental de la vallée, et, à Anerer 
(Anrar de Ben Daoud), pénétra dans la chaîne schisteuse, 
dont il évalua* les sommets les plus élevés à plus de 
1.405 m.). Hooker longea le fleuve et atteignit après une 
chevauchée de 1 heures et demie un lieu dont le nom n'est 
pas bien établi 5 . La forme Asghin, donnée par le voyageur 
anglais, désigne, comme on peut le voir d'après les dis- 
tances, l'Assgher de Ben Daoud. Ce lieu est situé dans la 
gorge étroite que l'Oued Dermat a taillée dans la chaîne 
schisteuse des avant-monts. Son extrémité septentrionale 
doit être placée d'après Thomson 6 à 6 kilomètres environ au 
sud d'Atchliz. D'Asghin, Hooker chercha à pénétrer plus 
loin, mais fut forcé par l'hostilité des habitants de la vallée 
de retourner après une marche d'une heure, pendant la- 
quelle il put constater qu'environ 3 kilomètres au-dessus du 
point extrême atteint par lui la vallée se bifurque en deux 
branches, sud-est et sud-ouest. La première branche lui 



1. Ben Daoud, Hooker's Journal, p. 370. 

2. Von Fritsch, Mitt., p. 15. 

3. Ibid., p. 16. 

4. Ibid., p. 17. 

5. Journal, p. 180. 

6. Travels, p. 448 et 450. 



128 L'ATLAS MAROCAIN 

parut être la principale, mais cette opinion est contredite 
par Thomson 1 . 

La vallée de l'Oued Mesfîoua a été révélée la première 
parmi toutes les vallées du Haut Atlas par Washington*, qui 
plaçait son débouché (727 m.) 3 à environ 25 kilomètres au 
sud-est de Marrakech; il donnait, pour un point situé à en- 
viron 9 kilomètres au sud de l'ouverture de la vallée, la pre- 
mière détermination de latitude (31°25' 30") de tout l'Atlas. 
L'abandon de cette détermination est l'origine de la re- 
présentation inexacte de la région entre OuedNfis et Oued 
Rdat sur les cartes récentes du Maroc. Au-dessus de ce 
point, Washington monta en deux heures à la localité de 
Tagheraïn, où il pénétra dans la zone du hardred sandstone 
jusqu'à 1.939 mètres 4 . Hooker, qui ne s'avança pas beau- 
coup plus haut que l'issue de la vallée, donne à Tasserimout, 
qu'il place à environ 32 kilomètres de Marrakech, une al- 
titude de 1 .077 mètres 5 , et relie, comme on l'a montré plus 
haut 6 par des évaluations de directions et de distances, le 
débouché de la vallée de la Mesfîoua à celui de la vallée de 
l'Ourika. 

La région de la rivière la plus voisine à l'est, qui vienne 
de la chaîne montagneuse, l'Oued Rdat ou Ghdat, forme 
la transition entre l'aile occidentale et l'aile orientale du 
Haut Atlas. Dans la région du cours d'eau principal, les 
conditions géologiques paraissent être encore à peu près 
les mêmes que plus à l'ouest : noyau de la chaîne constitué 
par des schistes, avant-monts de grès et de calcaires 7 ; 

1. Carte. 

2. Washington, Journal, p. 147 et carte. 

3. Washington, op. cit., carte. 

4. Hooker's Journal, p. 160. 

5. Ibid. y p. 163. 

6. P. 113 de ce travail. 

7. Travels, p. 201 et 204. 



LE HAUT ATLAS 129 

seulement les formations récentes occupent une zone 
beaucoup plus large. L'affluent oriental, l'Asif Adrar nlri, 
qui a beaucoup plus d'importance pour le commerce que 
le fleuve principal, coule presque complètement dans la 
région des grès et des calcaires qui forment ensuite la 
chaîne à l'est de son sillon. La carte géologique dans Tra- 
vels fait commencer, contrairement aux indications du 
texte 1 , les couches récentes de l'aile orientale à l'ouest 
du Tizi n Telouet, et par conséquent attribue à tort ce col 
à l'aile orientale. 

Pour le cours de l'Oued Rdat et celui de l'Asif Adrar n 
Iri, nous n'avons pas des évaluations de directions et de 
distances aussi complètes que pour les cours d'eau plus à 
l'ouest, car les voyageurs auxquels nous devons la con- 
naissance de cette région, de Foucauld et Thomson, ne la 
parcouraient pas sous la protection du sultan et devaient 
être par suite très réservés dans leurs observations. Les 
représentations cartographiques que ces deux explorateurs 
donnent de la vallée se correspondent dans les grandes 
lignes. Les grosses différences concernent seulement la 
position du commencement et de la fin du parcours en 
montagne. A la sortie de la chaîne est placé Sidi Rehal 
715 m. % 598 m. 3 ), situé d'ailleurs, d'après le texte de 
Thomson 4 et les indications de Foucauld et de Ben Daoud, 
contrairement à la carte de Thomson, sur la rive droite, 
par31°38'45"lat. N., 7° 13' 30" W. Gr. 3 . Thomson, parsa 
route directe Marrakech-Sidi Rehal (48 km.), relia cette 
localité à la capitale et la plaça 8' i j t plus à l'est que de 



1. P. 207 et 209. 

2. Reconn., feuille n° 7. 

3. Carte in Proceed. 

4. Travels, p. 138. 

5. Reconn. y p. 415. 



130 L'ATLAS MAROCAIN 

Foucauld ; il en résulte pour le Tizi n Telouet une position 
qui ne concorde pas avec les déterminations faites par le 
voyageur français des deux côtés du col ». Pour ces raisons, 
nous avons donné la préférence à la carte de Foucauld. 



B. — L'aile orientale du Haut Atlas. 

Nous étendons l'aile orientale, comme nous l'avons déjà 
expliqué 2 , jusqu'au Tizi n Telghemt ; c'est une des régions 
les moins explorées de tout le système de l'Atlas. La 
chaîne n'a été atteinte par des Européens qu'à ses deux 
extrémités : au Tizi n Telghemt par Rohlfs 3 et de Foucauld \ 
à un col à l'ouest de celui-ci par Schaudt 8 , et au Djebel 
Taourirt par Thomson. Le reste de la chaîne, sur une 
étendue d'environ 250 kilomètres, ne nous est connu que 
par les profils de De Foucauld, ainsi que par les renseigne- 
ments de cet explorateur, de De Castries 6 et de Ben Daoud 7 . 

Pour la constitution géologique de la chaîne, nous 
sommes réduits aux observations de Thomson dans les 
avant-monts et aux conclusions qu'il en tire, et qu'il con- 
firma par l'ascension du Djebel Taourirt 8 (3.384 m.) 9 . 

1. Reconn., p. 415. Tagmout,31<>25' 7"lat. N., 7<> 5' W. Gr. ; Tikirt, 30° 57' 
lat. N., 6° 49' 45" W. Gr. 

2. V. ci-dessus, p. 59-60. 

3. Op. cit. 
A. Op. cit. 

5. Ztschr. d Ges. f. Erdk., Berlin, 1883, t. XVIII, p. 404-405. 

6. Notice sur la région de VOued Draa (5. S. G. P., 1880, t. XX, p. 497- 
519, carte au l/1.000.000e). 

7. Il faut y joindre les levés encore inédits du commandant de Breuille 
(1888), utilisés dans la carte du Maroc de M. René de Flotte d'après la carte 
provisoire du Maroc au 1 /500.000e du Servicegeogr.de l'armée (N.dulrad.). 

8. Travels, p. 143, 170, 188, 189, 241, 242. 

9. Travels, p. 241. 



LE HAUT ATLAS 131 

Rohlfs * remarque brièvement que sur le flanc sud du Haut 
Atlas au dessous du Tizi n Telghemt dominent des couches 
de grès, mais parfois interrompues par des schistes, 
des calcaires et des marbres ; cette remarque générale n'a 
d'intérêt qu'en ce que cet explorateur a constaté les mêmes 
conditions géologiques sur le flanc nord du Moyen Atlas: 
il a attiré notre attention sur le contraste entre les deux 
chaînes d'une part et la région qu'elles enferment d'autre 
part, à savoir la plaine des sources de la Moulouïa, cons- 
tituée par du granité. 

A l'aide du petit nombre de faits géologiques qu'il re- 
connut avec certitude à l'extrémité sud-ouest de l'aile 
orientale, Thomson cherche à expliquer l'origine des 
formes orographiques de cette région, et il y est aidé par 
l'analogie des phénomènes avec ceux de la région mieux 
connue à l'ouest de l'Oued Rdat, et même avec ceux de la 
zone des avant-monts septentrionaux. Les mêmes traits 
caractéristiques par lesquels cette région se distingue si 
nettement de la zone gréseuse méridionale, à savoir l'im- 
portant développement des formations calcaires, le redres- 
sement et le plissement des couches sous la poussée des 
roches éruptives récentes, plaident en faveur de la parenté 
entre cette partie basse de l'aile occidentale et l'aile orien- 
tale ; car non seulement les roches sédimentaires des avant- 
monts occidentaux s'étendent à l'est du Tizi n Telouet jus- 
qu'à la chaîne, mais encore on y trouve les mêmes roches 
massives sur tout le flanc nord-ouest du système jusqu'au 
sommet le plus élevé 2 . Sur la route du Djebel Tazeragh 
(1.828 m.) 3 , au nord-nord-est du TizinTelouet,et du haut 



1. Pet. Mitt., 1865, p. 170. 

2. Masses basaltiques intercalées dans les grès du Djebel Taourirt, 
Travels, p. 241 et 242. 

3. Carte dans Proceed. 



132 L'ATLAS MAROCAIN 

de ce sommet même, Thomson ■ vit que le système se 
compose d'une série de chaînes étagées s 'élevant jusqu'à 
la chaîne principale, les anticlinaux des crêtes étant for- 
més de calcaires fortement plissés, et les synclinaux des 
vallées remplis d'argile rouge schisteuse. La chaîne prin- 
cipale elle-même (évaluée à 3.000 m.)* paraissait être 
seulement le dos aplati du plus élevé de ces plissements, 
une muraille épaisse, presque ininterrompue, et semblant 
par son aspect extérieur et sa faible élévation au-dessus 
des avant-monts témoigner déjà de sa parenté avec ceux- 
ci. Les eaux des nombreuses petites vallées longitudinales 
abandonnent la chaîne par la gorge profondément en- 
taillée de FOued Tessaout el Tahtia ou Tessaout occidental. 

Sur notre carte, nous avons reporté l'itinéraire de Thom- 
son tel qu'il figure dans les Proceedings, avec quelques 
changements que rendait nécessaire la préférence ac- 
cordée aux observations de De Foucauld, aussi bien pour 
la position du Tizi n Telouet 3 que pour celle de Demnat * ; 
en ce qui concerne cette dernière localité, un renseigne- 
ment de Ben Daoud 5 , qui est si digne de foi, confirme les 
déterminations du voyageur français. 

Les conditions géologiques paraissent avoir déterminé la 
hauteur de la chaîne comme son ordonnance. L'altitude 
demeure en général, d'après l'évaluation de Thomson 6 , au- 
dessous de celle de l'aile occidentale, et doit atteindre en- 
viron 3.000 mètres, valeur que lui attribue aussi Grema 7 , 
qui la vit de la plaine au nord-est de la capitale. C'est seu- 

1. Travels, p. 170-189. 

2. Carie in Proceed. 

3. Cf. ci-dessus, p. 130. 

4. 6o 51' 15" W. Gr. Reconn., p. 425. 

5. Hooker's Journal, p. 367. „ 

6. Travels, p. 243. 

7. Cosmos, t. VIII, 1884-85, p. 11. Cf. les cotes 2200, 2700, données 



LE HAUT ATLAS 133 

lement au point où la chaîne abandonne la direction sud- 
ouest-nord-est pour se recourber davantage à Test 1 , que sa 
hauteur moyenne se relève considérablement en un puis- 
sant massif, même d'après Rohlfs en un double massif, 
le Djebel Aïachin et le Djebel Ait Ahia, situé à l'ouest de 
celui-ci. Le dernier de ces sommets n'est plus porté sur 
les cartes récentes; cependant son existence, comme nous 
le montrerons ci-dessous, est. suffisamment établie. 
Rohlfs 2 évalue le Djebel Aïachin à 3.500 mètres, tandis 
que Renou 3 , se fondant sur les données de WimpfFen et 
de Foucauld, d'après lesquelles ce massif porte « de la 
neige éternelle », estime sa hauteur à 4.50.0 mètres. 

La représentation du Djebel Aïachin et de ses environs 
a été de tout temps un point obscur de la cartographie du 
Maroc. On a longtemps regardé cette élévation comme le 
centre de l'orographie du nord-est marocain. Cette manière 
de voir trouve encore son expression dans la carte de Lannoy 
de Bissy, et dans celle d'Andrée et Scobel qui exagère les 
défauts de la précédente. La carte de Habenicht a cher- 
ché à se conformer aux idées nouvelles suggérées 4 par 
les tours d'horizon de Foucauld, mais déjà soupçonnées 
d'après les relations des précédents explorateurs, et plus 
conformes à la réalité. Cependant, même dans cette 
carte, la représentation insuffisante des affluents de 
l'Oued Oum er Rebia et de l'Oued Beht (Oued el Bet) 3 
interrompt le parallélisme général du Haut Atlas et du 
Moyen Atlas, et fait du Djebel Aïachin le principal centre 

par la carte de M. de Flotte, d'après la carte provisoire au l/500.000 e du 
Serv. géogr. de l'armée (N. du trad.). 

1. Pet. Mitt:, 1865, p. 169. 

2. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 

3. C. R. Soc. Géogr. Paris, 1886, p. 506. 

4. V. ci-dessus, p. 25-32. 

5. Timbuktu, I, p. 188. 



134 L'ATLAS MAROCAIN 

hydrographique de la région, centre dont RohhV exagé- 
rait encore l'importance en en faisant sortir l'Oued Sebou. 
Déjà pourtant, d'après les renseignements qu'il utilisait, 
Grâberg de Hemsô 2 plaçait la source de l'Oued Sebou 
dans la chaîne des Aïana, d'où l'Oued Oum er Rebia 
coule dans une direction opposée. Le nom d'Aïana, qui 
se retrouve chez Rohlfs dans la désignation d'une haute 
montagne et de la chaîne de hauteurs qui s'en détache 
(Djebel Aïan), est identique à celui de « Zaïan » % donné 
par les explorateurs récents comme un nom de tribu. Le 
sommet, que nous avons indiqué d'après la relation de 
l'explorateur allemand, parut à celui-ci le point le plus im- 
portant, avec le Djebel Aïachin, dans la physionomie de 
toute la région montagneuse, observation que complètent 
parfaitement les données des divers voyageurs sur les 
conditions hydrographiques de cette contrée. Nous vou- 
lons parler des remarques de Rohlfs 4 et de Schaudt 5 sur 
la longueur et la direction de l'Oued Moulouïa au dessus 
du point où Rohlfs le traversa, et des renseignements de 
Schaudt et de Foucauld 6 d'après lesquels ce fleuve prend 
sa source non loin de l'Oued Oum er Rebia ; il faut en rap- 
procher la représentation ci-dessus mentionnée de Grâberg 
de Hemsô, qui est confirmée non seulement par les données 
antérieures, mais encore par la relation du voyage de 
Rohlfs 7 ; il résulte de tout cela que le Djebel Zaïan est 
le plus important des deux sommets au point de vue 



1. Pet. Mitt.y i865, p. 168. 

2. B. S. G. P., 1840, t. XIII, p. 177. 

3. Pour plus de détails, voir ci-dessous l'étude du Moyen Atlas. 

4. Op. cit., p. 169. 

5. Op. cit., p. 406. 

6. Reconn., p. 259. Cf. aussi Le Maroc, notice gêogr., par Barbie du 
Bocage {B. S. G. P., 1861, t. I, p. 425). 

7. Op. cit., p. 168. 



LE HAUT ATLAS 135 

hydrographique, d'autant plus que, d'après de Fou- 
cauld 1 , l'Oued Bou Regreg doit également y prendre sa 
source. 

Pour ce qui est du cours de l'Oued Beht, la quantité 
d'eau qu'il roule n'est pas assez importante pour qu'on 
doive chercher sa source dans la chaîne du Moyen Atlas, 
encore moins dans celle du Haut Atlas. Lenz 2 traversa le 
fleuve non loin d'un lieu où il s'étale 3 la plus grande par- 
tie de Tannée dans le marais des Béni Ahsen, impuissant à 
atteindre l'Oued Sebou; il y trouva, malgré la pluie tombée 
les jours précédents, une quantité d'eau qui le faisait pa- 
raître moins important que l'Oued Rdem, qui coule plus 
loin à l'est ; or, on sait de ce dernier, avec assez de certitude 
qu'il prend sa source au pied des terrasses du Moyen Atlas*. 
De Foucauld 5 , qui traversa l'OuedBeht par 33° 42' lat. N., 
trouva le fleuve rapide, large de 20 mètres et profond de 
m ,50; ce volume, qui ne répond pas à la richesse des 
sources constatée par Rohlfs et Schaudt sur le versant nord 
du Moyen Atlas, ne permet pas de supposer que le lit de 
TOued Beht pénètre profondément dans la chaîne. D'autre 
part, les petits cours d'eau que croisa l'explorateur français 
en remontant la haute plaine d'Oulmes ne suffisent pas 
pour expliquer la quantité d'eau de l'Oued Beht. Il faut plu- 
tôt chercher l'origine du fleuve, avec Rohlfs 6 , plus à l'est, 
au voisinage d'Azro (à la lisière de la deuxième terrasse du 
Moyen Atlas), où il reçoit très vraisemblablement les eaux 



1. Reconn., p. 46. 

2. Timbuklu, I, p. 188. 

3. Tissot, Esquisse topographique d'une partie du royaume de Fez (B. S. 
G. P., 1876, t. XII, p. 229 et carte au l/500.000 e ). 

4. Erckmann, Le Maroc moderne, carte. 

5. Reconn., p. 43 et feuille n° 3. 

6. Op. cit., p. 166. 



136 L'ATLAS MAROCAIN 

des sources nombreuses et abondantes vues par Schaudt 1 . 

L'ensemble confus de chaînes montagneuses qui jus- 
qu'ici occupait sur les cartes la région autour du Djebel 
Aïachin se résout donc en deux lignes principales : le 
Moyen Atlas avec les sources de l'Oued Moulouïa, de 
l'Oued Oum er Rebia, de l'Oued Sebou et de l'Oued Bou 
Regreg dans le Djebel Zaïan ou dans son voisinage, et le 
Haut Atlas avec le Djebel Aïachin, auquel se rattachent de 
hautes plaines 2 , qui forment le lien entre la chaîne prin- 
cipale et la chaîne parallèle, en séparant les affluents 
de l'Oued el Abid et ceux de l'Oued Moulouïa (Oued 
Sgemmel 3 ). La région comprise entre les deux domaines 
fluviaux n'est traversée par aucune route de commerce 4 . 
Quant à ses conditions orographiques, nous n'avons que 
les renseignements de Foucauld, en partie confirmés par 
les observations de Schaudt. Schaudt 5 rapporte que, dans 
la région des sources de l'Oued Moulouïa (au dessus de 
son confluent avec l'Oued Sgemmel), s'étendent une série 
de hautes plaines; il regarde comme les traits principaux 
delà surface de cette région, qu'il paraît avoirlonguement 
visitée, les deux chaînes du système principal et du sys- 
tème parallèle au nord (allant des Ait Youssi aux Zaïan) ; 
mais il n'indique pas de chaîne de jonction, comme le 
voulait l'ancienne cartographie 6 . 

Le Haut Atlas s'affaisse peu à peu à l'est du Djebel Aïa- 



i. Op. cit., p. 409. 

2. Keconn., p. 102. 

3. Schaudt, op. cit., p. 405 : Ued Annsgemier. 

4. Reconn., p. 259. 

5. Op. cit., p. 405. 

6. Reclus (op. cit., p. 658) développe un peu arbitrairement une remar- 
que de Rohlfs (loc. cit., p. 169) dans la conception suivante : le Djebel Ait 
Ahïa et le Djebel Zaïan divergent du Dj. Aïachin, pendant que le Djebel 
Tamarakouit à son tour est une ramification du Dj. Zaïan. 



LE HAUT ATLAS 137 

chin pour se terminer en tant que haute chaîne au Tizi 
n Telghemt (Rohlfs, 2.589 m. f ; de Foucauld, 2.182 m. 2 ). 
Ce col n'appartient pas à la chaîne proprement dite, le 
Djebel el Abbari 3 , mais à un rameau qui s'avance vers le 
nord, et qui sépare les eaux de l'Oued Moulouïa de celles 
de TOued Ziz 4 . La chaîne ne paraît pas avoir de nom 
particulier ; à l'ouest du col elle s'appelle encore Djebel 
Aïachin, pendant que la partie orientale, plus basse, porte 
d'après Rohlfs 5 le nom de la passe. Cette donnée est con- 
firmée par Schaudt 6 , qui, à peu près d'accord avec de Fou- 
cauld 7 , place l'habitat des Ait ou Afella dans la « chaîne du 
Tizi n Timrount ». Dans l'ancien itinéraire du musulman 
Ahmed ben Hassen el Mtioui , cité par Walckenaer et 
Renou 8 , la chaîne est appelée Ouaougrous. Le Tizin Tel- 
ghemt a une importance extrême pour le commerce entre 
les capitales du nord, Fez et Meknes, et les oasis du Tafî- 
lelt ; les deux routes principales qui coupent le Moyen Atlas 
dans la région des Reni Mgill et des Ait Youssi se réunis- 
sent à ce col- Rohlfs 9 , il est vrai, remarque déjà que, par 
suite des droits élevés que ces tribus, jointes aux Ait Izdig 
de la vallée du Ziz, font payer aux caravanes, le com- 
merce a beaucoup diminué sur ces routes orientales, au 
profit du commerce de Marrakech. L'itinéraire des cara- 
vanes, après la réunion de ces deux branches, suit la vallée 



1. Pet Mitt, 1866, p. 119. 

2. Reconn., feuille n° 17. 

3. Ainsi qu'il est indiqué à tort dans Lannoy de Bissy et Habenicht. 

4. Reconn., feuille n° 17. 

5. Pet. Mitt., 1865, p. 170. 

6. Op. ci*., p. 405. 

7. Reconn., p. 366 et carte. 

8. Op. cit., p. 96. Cf. aussi le renseignement concordant de Delaporte 
dans le même ouvrage, p. 103. 

9. Pet.Mitt., 1865, p. 170. 



138 L'ATLAS MAROCAIN 

de l'Oued Nzela, dont les sources se réunissent au sud du 
Tizi n Telghemt, avant d'atteindre le versant sud par la 
porte, longue de 100 mètres et large de 30 mètres, qui 
s'ouvre dans la chaîne principale. La configuration de ce 
couloir (environ 2.000 m.) ! a frappé les deux voyageurs 
européens. Rohlfs 2 l'appelle une porte rocheuse, et de 
Foucauld 3 pense que l'érosion seule n'a pu le produire et 
qu'il doit plutôt son origine à un plissement des couches, 
qui des deux côtés s'inclinent vers l'Oued Nzela. L'explora- 
teur allemand donne à cette passe un nom (Essalamou 
alikoum, ou Selam aleikoum), « salut à vous » qui, dans 
les anciennes relations 4 , est donné à une source du voisi- 
nage. Une autre dénomination du même col (Chrob ou 
herb, « bois et fuis », Rohlfs : Gherbcharb) est appliquée 
par Rohlfs à une montagne qui s'élève dans le voisinage. 
Le nom de la chaîne principale est connu depuis long- 
temps; déjà Ville 5 par exemple dit que les deux bordures 
du plateau des Chotts se réunissent dans le massif mon- 
tagneux du Djebel Hiril el Abhari. Entre ce massif et la 
chaîne dans laquelle est entaillé le Tizi n Telghemt, 
s'étend la petite plaine des sources de l'Oued Nzela, 
la première des trois plaines parallèles à la chaîne 
(W.S.W. — E.N.E.), qui partagent le cours du fleuve en 
trois tronçons et établissent des divisions naturelles dans 
la partie supérieure du versant sud du Haut Atlas 6 . Le 
deuxième étage est formé par la plaine qui, comme le 



i. Reconn., feuille 17. 
2.0p. cit. 

3. Reconn., p. 231. 

4. Renou, p. 96. 

5. Bull. Soc. GéoL, 1858-59, p. 741. Cf. Le Maroc, de B. du Bocage (B. S. 
G. P., 1861, t. I, p. 425). 

6. De Foucauld, Reconn., p. 234. 



LE HAUT ATLAS 139 

fleuve, tire son nom du lieu de campement de la tribu des 
Girouan 1 (« Nzela » 2 , 1.801 m. 3 ). En ce point, d'après 
Rohlfs*, le fleuve doit prendre le nom d'Oued Ziz, opinion 
qui est combattue par de Foucauld et Schaudt. L'Oued 
Nzela traverse la chaîne du Djebel el Abbarat, qui l'en- 
ferme au sud, par une gorge très étroite (Kheneg el Abba- 
rat) ; l'entrée en est placée par de Foucauld au Kaf es 
Soultan 5 , par 1 .775 mètres 6 . Houmo Saïd (à 7 heures du 
Tizi n Telghemt, appelé par de Foucauld Ait Hammou ou 
Saïd, mais placé par lui sur la rive gauche), non loin de la 
sortie vers le sud (de Foucauld, 1.735 m.), doit se trou- 
ver, d'après Rohlfs 7 , par 1.895 mètres d'altitude. Nous ren- 
controns ici pour la première fois, exception faite des 
hauteurs du Tizi n Telghemt, l'importante différence entre 
les chiffres de Rohlfs et de Foucauld, qui devient de plus 
en plus frappante avec la diminution de la hauteur ab- 
solue. 

Après la traversée de la troisième plaine, dans laquelle 
ils entrèrent à Aït Hammou ou Saïd, les deux voyageurs 
eurent à franchir une haute plaine ondulée; ils y rencon- 
trèrent de grandes difficultés de marche, car la route de 
caravane ne suit pas le sillon de l'Oued Nzela, qui se 
recourbe vers le sud-ouest, mais se dirige droit au sud 
vers la large vallée principale. Sur cette route ils rencon- 
trèrent un petit affluent de l'Oued Ziz s , Oued Tira n Imin, 
qui vraisemblablement est identique à l'Oued Abou Ge- 

1. Renou, p. 96 et 98. 

2. Cf. ci-dessus, p. 40. 

3. Reconn., feuille 17. 

4. Op. cit., p. 170. 

5. Ibid. 

6. Reconn., feuille 17. 

7. Pet. MitL, 1866, p. 119. 

8. Reconn., feuille 17. 



140 L ATLAS MAROCAIN 

roussen mentionné par Mohammed 1 . La large vallée flu- 
viale que suivirent les voyageurs est arrosée par l'Oued 
Ziz, dont les eaux sont ici déjà abondantes (trois bras d'en- 
viron 50 m. de large 2 ); ce fleuve, sur un court espace, 
dans le pays de Gers ou Girs 3 , porte le nom d'Oued 
Gers, mais ce n'est pas, comme l'indiquent le texte 4 et 
la carte deRohlfs, au-dessus dud ébouçhé de l'Oued Nzela, 
que le voyageur à tort appelle déjà Oued Ziz dans son 
cours inférieur. Schaudt 5 , dont la route depuis l'entrée 
dans le pays de Gers coïncide avec celle des deux autres 
explorateurs, a suivi le fleuve principaljusqu'à ses sources 
au Djebel Aïachin 6 ; il établit que, dans la partie orientale 
du pays de Ziz, qui commence environ deux heures à 
l'ouest du pays de Gers, le fleuve principal est rejoint par 
un affluent de gauche qui, d'après ce que nous avons dit 
plus haut, ne peut être que l'Oued Nzela suivi par Rohlfs 
et de Foucauld dans son cours supérieur. Les deux pays en 
question sont situés dans la large plaine fluviale de l'Oued 
Ziz, qui, dans la partie orientale, atteint une largeur d'en- 
viron 8 kilomètres et s'élend au loin vers l'ouest en remon- 
tant le fleuve, de sorte que du Gers, on peut, d'après de 
Foucauld, voir les sommets couverts de neige du Djebel 
Aïachin 7 . La direction et la largeur de cette plaine font 
de la vallée du Ziz dans cette partie une vallée longitudi- 
nale, qui partage en deux grandes subdivisions le versant 
sud du Haut Atlas. Si la principale route commerciale ne 



1. Rcnou, Op. cit., p. 98. 

2. Reconn., p. 230. 

3. Appelé Gersalouin par Ahmed. D'Avezac, B. S. G. P., 1836, t. V, 
p. 15; cf. Renou, op. cit., p. 96. 

4. Pet. Mit t., 1865, p. 170. 

5. Op. cit., p. 404-405. 

6. Cf. Reconn., p. 347. 

7. Reconn., p. 231. 



LE HAUT ATLAS 141 

suit pas la vallée du fleuve principal, c'est que le col au 
voisinage du Djebel Aïachin est vraisemblablement beau- 
coup plus haut, en tout cas, comme il résulte de la descrip- 
tion de Schaudt 1 , beaucoup plus difficile à traverser que 
le Tizi n Telghemt ; d'autre part, la cupidité des Ait 
Hattitou 2 ou Heddidou 3 , qui habitent le flanc sud du 
Djebel Aïachin, effraie les caravanes. Schaudt 4 mentionne, 
comme situées au voisinage des sources de l'Oued Ziz et à 
une heure de distance l'une de l'autre, les localités de Tas- 
serolfs, Zaouïa Sidi Hamza et Annd; près de cette der- 
nière, une tour de défense d'origine romaine (?) garde 
l'entrée de la montagne. De là, on atteint en un jour la lo- 
calité d'Odat (Outtad de Rohlfs), dans la plaine de la Mou- 
louïa, par une route qui vraisemblablement utilise la vallée 
de l'Oued Outtad 5 , qui vient du Djebel Aïachin. Le pays 
de Gers (3 heures de longueur) 6 est limité au sud par une 
chaîne montagneuse de même nom, constituée par des 
roches de couleur jaunâtre ; cette chaîne à son extrémité 
orientale se rapproche du Djebel bou Kandil, dont les ro- 
ches ont une coloration brune, et forme avec lui un défilé 
que doit franchir l'Oued Ziz, avant d'atteindre le lieu dit 
Rsiba el Ihoud (1 .469 m .) \ dans la plaine de Tiallalin 8 . Cette 
plaine est célèbre 9 parmi les habitants du pays à cause de 



1. Op. cit., p. 407. 

2. Ibid. 

3. D'après Mohammed (dans Renou, op. cit., p. 98), les Ait Hediddou vont 
jusqu'au pays de Gers; cf. Reconn., p. 347. 

4. Op. cit., p. 404. 

5. Rohlfs, Pet. Miit., 1865, p. 169. Reconn., p. 366. 

6. Pet. Mitt., 1865, p. 171. 

7. Reconn., feuille n° 17. 

8. Reconn., p. 230. Le pays de Tiallalin commence déjà au nord du dé- 
filé et se relie directement au Gers. Cf. Pet. Mitt., 1865, p. 171. 

9. Schaudt, op. cit., p. 404. 



142 L'ATLAS MAROCAIN 

ses sources chaudes, et atteint une largeur de deux heures 1 ; 
Schaudt évalue à vingt le nombre des localités du Tial- 
lalin. A l'ouest, la plaine s'étend encore sur 12-15 kilomè- 
tres, pendant qu'à l'est elle va jusqu'au delà de l'Oued 
Guir 2 . A sa lisière sud, la vallée de l'Oued Ziz se rétrécit 
dans une passe très difficile »; le chemin, entre des mu- 
railles rocheuses* de 150 mètres de haut, traversant plu- 
sieurs fois le fleuve, conduit par cette passe à la partie un 
peu moins resserrée de la vallée du Ziz. Le défilé porte le 
nom caractéristique d'El Rheneg 5 ; le fond de la vallée 
est large en moyenne de 300 à 400 mètres, souvent de 
50 à 60 mètres seulement. 

L'entrée dans ce pays est surveillée par la localité de 
Tamrakecht (1 .377 m.) 6 , le Tamaroks de Rohlfs, que celui- 
ci, en opposition avec de Foucauld, place sur la rive droite. 
Le palmier-dattier atteint sa limite nord du côté des 
oasis du Tafilelt à Tamrakecht d'après Foucauld 7 , seule- 
ment à Ifri d'après Rohlfs s , qui a déterminé à 862 mètres 9 
l'altitude de ce dernier point. Dlfri,le voyageur allemand 
arriva à l'extrémité sud du Rheneg et en même temps au 
point où l'Oued Ziz sort du Haut Atlas, point appelé par 



1. Rohlfs, op. cit., p. 171. 

2. Reconn., p. 229. 

3. L'entrée est à Foum Djabel. Profil dans Reconn., p. 229. Mohammed 
(B. S. G. P., 1836, t. V, p. 15) mentionne en ce point une localité fortifiée, 
Saabel. 

4. Rohlfs, op. cit. 

5. Lachnick (Rohlfs) et Chandeck (Schaudt) ne sont que des formes 
corrompues du nom donné par Foucauld, nom qui d'ailleurs au sud du 
Haut Atlas, notamment dans le Djebel Bani, est très usité comme dési- 
gnant des vallées fluviales transversales et étroites. 

6. Reconn., p. 229. 

7. Reconn., feuille n° 17. 

8. Op. cit. t p. 171. 

9. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 



LE HAUT ATLAS 143 

les indigènes Foum Ghiour '. La localité de Ksar es Souk, 
placée par Rohlfs sur la rive gauche de l'oued, ne peut se 
trouver qu'à l'ouest de celui-ci d'après l'itinéraire de Fou- 
cauld, et, ainsi que cela résulte de la détermination d'alti- 
tude de l'explorateur français (1.260 m.) 2 , à quelque dis- 
tance dudit fleuve, sur un des premiers gradins de la chaîne 
qui partage les eaux de l'Oued Ziz et celles de son affluent 
l'Oued Todgha.Schaudt 3 évalue la longueur du chemin de 
Ksar es Souk jusqu'au point le plus septentrional du Tial- 
lalin à un fort jour de voyage (environ 40 km.) 4 de Ksar es 
Souk au point le plus extérieur du pays de Ziz à 2 jours 
et demi de voyage (environ 100 km.). 

Tels sont en somme les principaux traits de l'image 
qu'on peut se faire de cette région d'après l'exploration ef- 
fective. Dans ce qui suit, nous chercherons, autant que la 
chose sera possible, à combler les grandes lacunes qu'on 
y rencontre. Le meilleur moyen de le faire est d'utiliser, à 
côté des résultats de l'exploration effective, les profils 5 
qu'a pris de Foucauld du Trik Iril n Oïttob dans le Djebel 
Saghro et dans la plaine de la Moulouïa, et qu'il a mis à 
profit dans sa carte d'ensemble. Le célèbre explorateur les 
complète fort à propos par des informations indirectes 6 , 
qui, réunies à celles de Ben Daoud 7 , mettent beaucoup de 
choses à leurplace dans la cartographie, qui se fondait sur 
tout jusqu'ici sur la relation et la carte très estimables de De 
Castries. Mais ces informations n'embrassent que la moitié 



1. Reconn., p. 228. 

2. Reconn., feuille 17. 

3. Op. cit., p. 404. 

4. Cf. Reconn., p. 229. 

5. Nos 6 et 9 sur la carte d'ensemble dans B. Si G. P., 1887. 

6. Reconn., p. 259-267. 

7. Op. cit. 



144 L'ATLAS MAROCAIN 

sud-ouesl de la chaîne entre le Tizi n Telouet et le Djebel 
Aïachin ; plus loin au nord-est, l'accroissement des masses 
montagneuses et leur caractère sauvage opposent à l'éta- 
blissement des hommes et au commerce des difficultés en 
apparence infranchissables 1 . 

Nous devons donc nous borner à traiter de cette partie 
de la chaîne qui envoie les eaux de son versant sud-est 
à l'Oued Dades, branche orientale de l'Oued Draa, et dont 
le versant nord-ouest appartient, avec l'Oued Tessaout 
et quelques affluents de l'Oued el Abid, au domaine hy- 
drographique de l'Oued Oum er Rebia. C'est pourquoi 
dans ce qui suit nous parlerons d'abord des abaissements 
de la chaîne qui, de la région des deux branches-mères de 
l'Oued Tessaout, l'Oued Tessaout et Tahtia (Tessaout occi- 
dental) et l'Oued Tessaout el Foukia (Tessaout oriental) ou 
Oued el Akhder, conduisent dans les pays de l'Oued Dades 
inférieur, à travers le Tizi Amzoug et le Tizi Tarkeddit ; 
nous mentionnerons les tribus que ces deux cols mettent 
en relation. D'après Ben Daoud 2 , l'Oued Tessaout et Tahtia 
prend sa source à la montagne de Tel Khedit, qui doit être, 
été comme hiver, couverte de neige. Sur le profil n° 6, de 
Foucauld trace un sommet important, et au nord de ce 
sommet le Tizi n Tarkeddit. Comme nous l'avons vu au 
cours de cette étude, dans le Haut Atlas une montagne et un 
col voisins l'un de l'autre portent souvent le même nom, de 
sorte que l'on peut supposer avec assez de certitude que 
le sommet du profil de Foucauld est le Tel Khedit de Ben 
Daoud'. Comme, d'après les renseignements de Fexplora- 



1. Reconn., p. 259. 

2. Hooher's Journal, p. 36. 

3. D'ailleurs le Djebel Tarkeddit est mentionné dans une information 
de Foucauld, et d'une manière qui s'harmonise avec notre manière de voir : 
Reconn., p. 274. 






LE HAUT ATLAS 145 

teur français, le Tessaout « oriental » et le Tessaout « oc- 
cidental » ont leur origine dans le même massif, mais le 
quittent dans des directions opposées, le cours d'eau 
« oriental » doit conduire au col situé sur le côté nord du 
haut sommet; tel paraît bien être le cas en fait, car de Fou- 
cauld * mentionne un chemin très fréquenté qui conduit 
de Demnal, en remontant l'Oued Tessaout el Foukia jus- 
qu'à la source, et de là par dessus la crête, dansle pays de 
llaskoura 2 , sur le versant sud-est de la chaîne. Le col uti- 
lisé par cette route ne peut être que le Tizi Tarkeddit, puis- 
que, d'après le profil de Foucauld, le Tizi Amzoug doit être 
cherché au sud du haut sommet, à peu près à l'extrémité 
de la vallée du Tessaout occidental. De Demnat, un chemin 
plus court conduit à la chaîne; son parcours, d'après Ben 
Daoud 3 , est le suivant : 

De Demnat aux Ait Sid Hassan (Chihatchen de Beau- 
doin, Chitachen de Gastries), quatre heures; de là aux Ait 
Emdoual (Medioual de Beaudoin), une heure ; de là aux Ait 
Affan, un jour; des Ait Affau au Tel Khedit, environ six 
heures. Cet itinéraire est particulièrement important parce 
que les Ait Affan y sont mentionnés comme habitant à 
l'ouest de la chaîne principale. Cette donnée, de même que 
celles mentionnées plus haut au sujet des sources des deux 
Oued Tessaout , contredit l'opinion de Castries, que le 
Tessaout et Tahtia supérieur coule au sud de la chaîne 
principale dans une vallée longitudinale; Thomson 4 a dé- 
montré, par des observations effectives, que cette opinion, 



1. Op. cil., p. 260. 

2. Cf. de Gastries, carte. 

3. Hooker's Journal, p. 366. Ce chemin parait identique à celui qu'in- 
dique L. de Bissy. 

4. Carte. 

10 



146 L'ATLAS MAROCAIN 

reproduite par les cartes les plus récentes 1 , est mani- 
festement erronée. Notre idée est encore confirmée par 
l'information de Foucauld*, d'après laquelle les Ait Bou 
Gemmez, que de Gastries place aussi dans cette vallée lon- 
gitudinale sous le nom d'Aït Bou Girmez, habitent sur un 
aftluentde l'Oued Tessaout el Foukia qui porte le nom de 
leur tribu. 

Parmi les pays du versant sud du Haut Atlas, entre 
Djebel Taourirt et Djebel Tarkeddit, nous avons d'après de 
Castries mentionné le Haskoura. L'autre région, appelée par 
de Castries 3 Maghran, par Thomson'' Moharam, est placée 
par ces deux explorateurs h l'ouest du Telouet, tandis que 
d'après de Foucauld les Imeghran 5 ont leurs habitations 
permanentes et leurs greniers sur l'Oued Dades inférieur 
el son affluent TOued Imgoun (?), leurs tentes sur le ver- 
sant sud du Haut Atlas et le versant nord du Djebel Saghro 6 . 
Les Ichichen s'étendent au nord-est, séparés d'eux par un 
petit désert, Khela Igrikan, et ils sont d'autre part séparés 
par une plaine étroite et stérile de la région des Ait Yaliia 
visités par de Foucauld 7 . 

Le ïizi Ait Imi semble avoir moins d'importance que le 
Tizi Tarkeddit; il paraît appartenir à un affluent de l'Oued 
Imgoun, traversé par de Foucauld dans le voisinage de 
son débouché. Ce dernier fleuve, qui, dans son cours moyen 
et inférieur, est, comme l'Oued Draa, bordé d'oasis éten- 



1. Il faut en excepter la carte de M. René de Flotte, qui représente 
exactement cette rivière (JV. du trad.). 

2. Reconn., p. 260-261. 

3. Carte, op. cit. 

4. Carte de Travels. 

5. Sur le pluriel dans les formes berbères de noms géographiques, cf. 
Reconn., p. 170, rem. 

6. Rcconn., p. 276. 

7. lbid., p. 272. 



LE HAUT ATLAS 147 

dues en longueur, prend sa source d'après de Foucauld ' au 
Djebel Tarkeddit; d'autre part, sa vallée, d'après le même 
explorateur, doit conduire 2 au Tizi n Hijimt, le col le plus 
septentrional que nous connaissions entre Oued Draa et 
Oued Oum er Rebia; or, cela ne concorde ni avec la don- 
née précédente, ni avec d'autres informations de Foucauld 
que nous mentionnerons plus loin. La région à l'ouest du 
Tizi Ait Imi est rendue plus claire par les relations hydro- 
graphiques qui sont indiquées sur notre carte d'après la 
représentation exacte 3 qu'en donne le même voyageur. 

Entre l'Oued el Abid et la région des sources de l'Oued 
Dades, il y a deux chemins par dessus la chaîne; le plus 
septentrional 4 conduit directement de l'Oued el Abid, par 
Talmest et Tarhamt, en trois jours de voyage, à l'Oussikis. 
Le col utilisé par cette route paraît être le Tizi n Rijimt 
du profil n° 6. La plus importante 5 des deux routes fran- 
chit la chaîne un peu plus loin à l'ouest; elle relie la ca- 
pitale Marrakech avec le Dades et les oasis, situées plus 
loin à Test, du Todgha et du Ferkla. Partant de Ouaouizert 
(1.004 m.) 6 sur le cours inférieur du cours d'eau du même 
nom, affluent le plus important de l'Oued el Abid, le che- 
min coupe le fleuve principal au sud de ce point, par 
805 mètres de hauteur 7 , et suit alors la vallée de l'Oued 
Aït Messat jusqu'à la zaouïa Ahansal, qu'on atteint à la fin 
du second jour. Ahansal est identique à l'Hahanssalah de 
la carte de Gastries ; le cours d'eau, coulant presque droit au 
nord, au dessous de la source duquel est située cette loca- 

1. Reconn., p. 274. 

2. Ibid., p. 277. 

3. Ifcùi,p. 260-261. 

4. Ibid., p. 266. 

5. Ibid., p. 267. 

6. Ibid., feuille n° 6. 

7. Ibid. 



148 L'ATLAS MAROCAIN 



lité, apparaît tout de suite comme l'Oued Ait Messat, qui 
effectivement , d'après les informations 1 de Foucauld, 
prend sa source au dessus de la zaouïa d'Ahansal, non 
loin du Tizi n Terboula, par lequel on franchi t la chaîne. 
De là, les caravanes ont à passer un second col, dans un 
contrefort de la chaîne, le Tizi n Terrisin, avant de tra- 
verser la haute plaine d'Izoughar; elles la quittent par le 
Trik 2 Akka, pour arriver le soir du troisième jour à l'Ous- 
sikis. Si l'on compare les conditions orographiques de ce 
versant sud avec celles que nous avons mentionnées plus 
haut au Tizi n Telghemt, on est amené à conclure que c'est 
dans la chaîne située à l'ouest du Dades supérieur que le 
Haut Atlas commence à s'articuler; cette articulation de- 
vient de plus en plus nette vers l'est ; elle conduit à la dé- 
composition du système en plusieurs séries de hauteurs 
distinctes, séparées par des plaines, et prépare leur ex- 
tinction successive. Cette manière de voir est encore ren- 
due plus vraisemblable par la remarque 3 de Foucauld sur 
la structure du versant sud du Haut Atlas entre Imitegh (à 
l'est du Dades), et le Todgha (à l'est d'Imitegh). Le voya- 
geur français vit là à sa gauche de hautes montagnes bru- 
nes avec des taches de neige sur leurs crêtes, qu'il recon- 
nut comme les degrés précédant la chaîne principale. 



G. — Contreforts du Haut Atlas. 

Sous cette dénomination nous comprenons le tracé du 
Haut Atlas depuis le Tizi n Telghemt jusqu'à sa dispari- 
tion dans la haute plaine orientale. L'étendue atteint pour 

1. Keconn., p. 260. 

•_\ Le mot trik (chemin) s'emploie souvent pour désigner un abaisse- 
ment de la chaîne, notamment dans le Djebel Saghro. 
3. Reconn., p. 221. 



LE HAUT ATLAS 149 

la chaîne principale environ 270 kilomètres, pendant qu'une 
chaîne secondaire au sud s'avance encore à peu près 
50 kilomètres plus loin. 

Noire connaissance de cette région repose pour la par- 
tie orientale sur des itinéraires exacts ' et des renseigne- 
ments indirects 2 importants d'officiers français. Pour la 
partie occidentale, presque uniquement sur des renseigne- 
ments indirects; aux anciens itinéraires d'El-Bekri et de 
Mohammed utilisés par d'Avezac 3 et Renou % se joignent 
ceux bien autrement détaillés de Foucauld. La seule rela- 
tion résultant d'une exploration effective est celle du voyage 
de Schaudt 5 , qui, n'étant pas accompagnée dune carte, n'a 
pas été prise en considération par les 'cartographes et est 
demeurée inutilisée. Elle ne peut être placée sur le même 
pied que les autres explorations, car les notes prises par 
ce voyageur pendant son séjour au Maroc lui furent volées 
avec d'autres objets, et il dut, pour la rédaction de son ré- 
cit, s'en rapporter à sa mémoire ; mais la relation de 
voyage de Schaudt, riche d'ailleurs en faits géographiques, 
a une grande valeur comme étant la description du seul 
voyage accompli par un Européen dans ces régions : elle 
confirme et complète les informations rassemblées jus- 
qu'ici, et les réunit les unes aux autres par des données 
nouvelles. Si les sources dont nous venons de parler nous 

1. Résumés dans Duveyrier, Historique des expéditions, etc. Cf. ci-des- 
sus, p. 21-24. 

2. Carie yénérale du commandement du Tafilala, dressée sur renseigne- 
ments fournis par des indigènes du Tafilala par le col. H. Dastugue, 
1/1.600.000* (B. S. G. P., 1867, avril), loué pour son exactitude par de 
WimpfFen (B. S. G. P., 1872, t. III, p. 38). 

3. B. S. G. P., 1836, t. V, p. 20-22. 

4. Description de V empire du Maroc, p. 108. 

5. Wanderungen durch Marokko (Zeilschr. d. G. f. Erdk., Berlin, t. XVIII, 
p. 290-304 et 393-411). 

6. Op. cit., p. 290. 



150 L'ATLAS MAROCAIN 

fournissent des renseignements de position, deux profils 1 
de de Foucauld nous permettent ici encore de déterminer 
les hauteurs relatives, au moins dans la chaîne principale 
occidentale. 

Cette chaîne principale atteint, à Test du Tizi n Tel- 
ghemt, 2.500 mètres, puis diminue rapidementvers l'est 8 . 
La division de cette chaîne en deux parties, telle que nous 
l'avons établie à ce col, paraît se maintenir encore à l'est. 
C'est au moins ce que semblent indiquer les données de 
Mohammed 3 dans son itinéraire Ksabi ech Cheurfa-Tiouz- 
zagin (à la source de l'Oued Guir). De Ksabi, le voyageur, 
« à travers de hautes montasses » (vraisemblablement la 
continuation du Djebel Tizi n Telghemt) atteint en un jour 
Bertat, qui, soit dit en passant, est placé sur les cartes ré- 
centes trop près de la première localité. De Bertat, le che- 
min conduit « par des précipices abrupts » en un jour au 
Tizi n Zerdount (le col de la mule), puis de là en une demi- 
journée à Tiouzzagin. Le Tizi n Zerdount est situé, à en 
juger par cette route, au nord-ouest de Tiouzzagin et dans 
la chaîne principale, car d'après de Foucauld la chaîne 
placée à la source de l'Oued Guir, le Djebel Chouf Agmar, 
est une continuation du Djebel el Abbari*; peut-être cet 
abaissement forme-t-il précisément la limite entre les 
deux chaînes. Le fragment le plus voisin de la chaîne prin- 
cipale vers l'est est, pour nous comme pour Renou, le 
Djebel Sfîfoun, très boisé, appelé aussi Deren, que men- 
tionne El-Bekri dans son itinéraire Tafîlelt-Matmata 
Amkessour-Fez 5 . Les stations entre le Tafilelt et Matmata- 



1. Nos 7 et 8. 

2. Cf. Iiecunn., p. 239. 

3. Op. cit. 

4. Fteconn., p. 364. 

5. Kenou, Description, etc., p. 108 et carte. 



LE HAUT ATLAS 151 

Amkessour (sur la rive sud de l'Oued Moulouïa) n'ont pu 
être identifiées ; mais le fait que le chemin traverse l'Oued 
Sebou seulement une demie-journée de voyage avant Fei 
permet de conclure avec certitude qu'il se maintient à l'est 
de l'itinéraire utilisé par plusieurs voyageurs (Ksabi ech 
Cheurfa-Aït Youssi-Fez) : il faut donc placer Matmata- 
Amkessourà peu près au coude nord-est de l'Oued Mou- 
louïa, au voisinage d'Ouizert 1 . Cette localité est située sur 
un fleuve de même nom, qui d'après de Foucauld 2 a sa 
source au Ikhf n Ighir (Djebel Ghir), par conséquent dans 
la muraille nord de la vallée supérieure du Guir. La chaîne 
parait donc être simple en ce point, ainsi que cela résulte 
aussi de la relation de Schaudt 3 . Schaudt fît l'ascension 
de la chaîne en partant de Tiouzzagin, et visita sur son 
versant nord quelques localités situées sur de petits cours 
d'eau ; parmi elles il compte la localité de Tagenza, que 
de Foucauld 4 place à l'est de Bertat et à l'ouest de Tans- 
lemt. De ce dernier village, un chemin" conduit par dessus 
la chaîne à l'Oued Mesri, qui prend sa source non loin 
de celle du Guir. Nous inclinons à croire que ces petits 
cours d'eau, mentionnés aussi d'ailleurs par de Foucauld, 
forment l'Oued Ouizert, que remonte l'itinéraire de Bekri; 
cet itinéraire est sûrement identique à celui qui conduit 
du Guir au pays de Misour (sur la Moulouïa moyenne), 
mentionné par de Foucauld 6 , et très vraisemblement le 
même qu'emprunta 7 Suetonius Paulinus venant du nord 



1. Cf. Renou, carte et Pet. Mitt., 1865, taf. 6. 

2. Reconn., p. 377. 

3. Op. ci*., p. 4CO. 

4. Reconn., p. 373 : Tagensa. 

5. lbid., p. 365 : Ksabi ech Cheurfa-Tanslemt-EI Bc-ur. 

6. I6ïd,p. 365. 

7. CL Mém. de VAcad., 1759, p. 81, et B. S. G. P., 1836, t. V, p. 21 



152 L'ATLAS MAROCAIN 

pour atteindre le ileuve « Ger ». Du domaine hydrogra- 
phique de TOued Guir trois routes traversent la chaîne : 
deux au voisinage de la source du fleuve principal, peut- 
être en longeant deux de ses branches-mères, qui venant 
du Tizi n Zerdount et du col utilisé par Schaudt, se réu- 
nissent à Tiouzzagin, à une demi-journée de voyage de la 
chaîne principale et prennent alors le nom d'Oued Guir; 
une troisième route va de l'Oued Mesri à Tanslemt, localité 
que L. de Bissy et Habenicht placent à tort sur le côté sud 
de la chaîne 1 . 

Avant de continuer la description de celle-ci, nous vou- 
lons d'abord esquisser rapidement lecours des deux fleuves 
plusieurs fois mentionnés dans ce qui précède. La région 
dans laquelle l'Oued Guir prend sa source est à peu près 
fixée par ce qui a été dit plus haut. Seule la question de 
savoir quelle localité est lapins rapprochée de son origine 
reçoit des réponses différentes dans les relations. Mo- 
hammed et de Foucauld indiquent Tiouzzagin, Schaudt 
Gettuali (le Tit n Ali des deux autres voyageurs), où il resta 
trois mois et d'où il entreprit la course au delà de la chaîne, 
dans le bassin de laMoulouïa, dont il a été parlé plus haut. 
L'informateur allemand donne Tiouzzagin comme la se- 
conde localité située dans la vallée, pendant que Moham- 
med indique Tit n Ali comme placé à sept heures de dis- 
tance au dessous de la source. Quoique le long séjour de 
Schaudt lui ait permis de se renseigner convenablement, 
comme il a écrit de mémoire son récit de voyage, il 
faut donner la préférence aux données concordantes de 
Mohammed et de De Foucauld. Le voyageur allemand 
peut avoir interverti les deux localités supérieures du 



1. La distance Tanslemt-El Bour est d'après de Foucauld (Reconn., 
p. 365), d'environ 15 kilomètres. 



LE HAUT ATLAS 153 

pays de Guir, qui d'après de Foucauld 1 comprend le cours 
montagneux du (leuve. C'est seulement ainsi qu'on peut 
expliquer la remarque de Schaudt 2 , que la dislance Tit 
n Ali-Boudenib serait de deux jours de voyage, pendant 
que d'après Mohammed et l'imam El'Aïachi 3 , la distance 
Talal-Boudenib est de deux petites journées, celle de 
Talal-Tiouzzagin, d'après Mohammed, de trois petites 
journées. Les trois auteurs en question se complètent 
d'ailleurs fort heureusement, car Schaudt et Mohammed 
ajoutent au dénombrement des principales localités des 
remarques sur les distances et la configuration du sol aux 
environs, tandis que les renseignements de De Foucauld 4 
sont plutôt ethnographiques. Après la localité de Tit n Ali, 
dont Schaudt évalue la population à 1.500 habitants 3 , on 
rencontre, en descendant la vallée : Mogger, composé de 
trois villages (Mohammed : Mogher; Schaudt : Mucker),qui 
s'étend l'espace d'une heure. Comme Tiouzzagin et Tit n 
Ali, Mogger est situé sur la rive droite du fleuve. Au sud, 
une chaîne de hauteurs semblable à une barrière ferme la 
vallée ; à en juger par sa distance à la chaîne principale, 
c'est la continuation du Djebel Bou Kandil de l'Oued Ziz. 
Celte chaîne est traversée par l'Oued Guir, mais par une 
gorge difficile; le chemin en effet ne suit pas le fleuve : il 
franchit les crêtes au Tizi n Khochou% qui, étant une porte 
d'entrée importante, est surveillé par une tour et une garde 
régulière 7 . Mohammed nomme les postes de ce genre une 
Kasba (El Kadhi), tandis que dans l'itinéraire donné par de 

1. Reconn., p. 364. 

2. Op. cit., p. 399-400. 

3. Reconn., p. 124. 

4. Reconn., p. 364-365. 

5. Cf. Reconn., p. 364 : 200 fusils. 

6. Mohammed, op. cit. 

7. Schaudt, op. cit., p. 399. 



154 L'ATLAS MAROCAIN 

Foucault], une localité nommée Talharit estmentionnée en 
ce point, dénomination qui parait être identique à celle de 
Taourirt, laquelle désigne parfois les localités situées au 
passage des cols 1 . Contrairement aux représentations don- 
nées jusqu'ici 2 , le chemin au dessus de Mogger suit la rive 
gauche de la vallée 3 ; c'est pourquoi aussi il faut placer le 
col à l'est de l'Oued Guir. Du versant sud de la chaîne, on 
descend dans une grande plaine déserte, Outa n Zema, 
continuation de celle d'Outa Tiallalin arrosée par l'Oued 
Ziz, ce qui établit une relation directe entre Talharit et le 
pays de Tiallalin. La remarque de Mohammed, que des 
montagnes de Tiallalin on aperçoit l'Oued Guir, ne permet 
pas d'admettre une distance importante entre les deux. On 
peut calculer une valeur plus exacte en se servant d'une 
autre donnée de ce même informateur, la distance Tiouz- 
zagin-Tiallalin (60 km.), dont il faut déduire environ 30 kilo- 
mètres pour la distance Tiouzzagin-Talharit. Une informa- 
tion de Foucauld^ donne à peu près la même valeur pour la 
route Talharit-Mellah Tiallalin (32° 15' 6" lat. N., 4° 4' 45" 
W. Gr.)\ Dans l'Outa n Zema se trouve, à une heure et 
demie du Tizi n Khochou, le pays d'Ei Heri, composé de 
trois localités et limité à l'est par des montagnes. Une heure 
plus au sud, Schaudt pénétra dans le pays d'El Geramma 
(Tizi n Gerrama de Foucauld) qui comprend trois villages 
importants, mais n'est pas mentionné par Mohammed. 



1. Cf. Taourirt dans le Todgha et dans ITkounka au pied nord-ouest de 
l'Anti Atlas 30° 9' lat. N.), Taourirt n Iala dans le Saghro, et aussi Dje- 
bel Taourirt. [Taourirt, diminutif d'Aourir, signifie mamelon, colline.] 

2. Par Renou et Pet. Mitt., 1865, taf. 6. L. de Bissy et Habenicht 
ne tiennent à peu près aucun compte des résultats des anciennes explo- 
rations. 

3. Reconn., p. 364. 

4. Ibid., p. 365. 

5. Ibid., p. 415. 



LE HAUT ATLAS iBfi 

Deux heures plus loin on atteint Talal (Schaudt : Toallele, 
composé de six localités), une heure plus au sud Mellaha, 
où se trouvent, comme le nom l'indique, des mines de sel. 
Ici s'arrête l'énumération des localités de l'Oued Guir par 
Schaudt; il ajoute qu'il y a encore diverses stations entre 
Mellaha et Boudenib, mais qu'il ne les a pas visitées dans 
sa route vers Boudenib 1 . Elles sont toutes situées sur la 
rive gauche du fleuve d'après de Foucauld 2 , qui donne 
aussi leurs noms : Batnou, Ighara, Kedoucha et El Ge- 
raan. Ces quatre localités et Mellaha paraissent être les 
cinq places fortes des Ait Aïssa Bon Hamar, que men- 
tionne Mohammed 3 au dessus de Talal, quoique d'après 
de Foucauld seules Batnou, Kedoucha et El Geraan ap- 
partiennent à cette tribu. El Geraan doit être cherché à 
l'endroit où l'Oued Guir sort du Haut Atlas, tandis que la 
station la plus voisine, Boudenib, est déjà dans la plaine 
au sud de la chaîne, à l'est du sillon du fleuve! d'après 
Mohammed, à l'ouest d'après l'itinéraire de Schaudt et au 
voisinage de l'embouchure d'un ruisseau appelé Oued 
Naam. A un jour de voyage au sud d'El Geraan, Moham- 
med 4 mentionne le Djebel Antar el Gharbi (Djebel Antar 
occidental), qui commence trois heures à l'est de l'Oued 
Guir, et que Renou s avait déjà reconnu pour la montagne 
mentionnée par El Aïachi sous le même nom. D'après les 
données de ce dernier informateur, le Djebel Antar indiqué 
par de Wimpffen 6 au nord d'Ain Chair doit être l'extrémité 
orientale de la chaîne de Mohammed. Les « collines de 



1. Schaudt, op. cit., p. 399-400. 

2. Recnrin., p. 364. 

3. B. S. G. P., 1836, t. V, p. 22. 

4. Cf. l'itinéraire du premier voyage de Rohlfs dans Pet. Mitt., 1863, 
taf. 6. 

5. Op. cit., p. 124-125. 

6. B. S. G. P., 1872, t. III, carte au l/800.000 e . 



156 L'ATLAS MAROCAIN 

miel » de Schaudt \ situées au voisinage de Boudenib, avec 
leurs gîtes métallifères importants et d'anciennes galeries 
(romaines ?), appartiennent-elles au Djebel Antar? c'est ce 
qu'on ne peut savoir d'après la relation de ce voyageur. 
Par contre, pour l'établissement cartographique du cours 
complètement inconnu du Guir entre Boudenib et l'Anti 
Atlas, une information de Schaudt 2 a une grande impor- 
tance ; c'est que le lit de TOued Guir pendant deux jour- 
nées (80-90 km.) traverse une région inculte 3 entre 
Boudenib et son entrée dans le pays bien cultivé des Doui 
Menia, dont de Wimpffen 4 visita la localité la plus septen- 
trionale, Djorf et Torba, à l'extrémité sud de la coupure du 
Guir dans la chaîne parallèle méridionale. Si l'on rap- 
proche cette information du fait remarquable, que les deux 
hommes qui ont franchi l'Oued Guir à Boudenib, Rohlfs 
et Schaudt, ne le mentionnent pas, on doit en conclure 
que le lit du fleuve dans la plaine entre les deux chaînes 
est à peu près sans eau et que c'est seulement un peu 
après son entrée dans 1 Anti Atlas qu'il reçoit par quelques 
affluents de gauche la quantité d'eau qui entretient les cul- 
tures d'oasis des Doui Menia. Nous pouvons admettre ce 
fait d'autant plus sûrement que Schaudt G rapporte que 
l'Oued Ziz, alimenté par la neige du Djebel Aïachin, pour- 
suivant son cours dans la plaine en question, a à peine 
assez d'eau au commencement des chaleurs pour en four- 
nira la localité la plus septentrionale des oasis du Mdaghra, 
Ksar es Souk ; les autres doivent la demander à des puits. 
Ce « grand désert», comme Rohlfs appelle la plaine de 



1 . Op. cil. , p. 400. 

2. Ihid. 

3. Schaudt, op. cit., p. 400. 

4. Op. cit., p. 42 et carte. 

5. Op. cit., p. 402. 



LE HAUT ATLAS 151 

Mdaghra, atteint, là où il est traversé par l'Oued Ziz direc- 
tement du nord au sud, une largeur de 4 1 à 5 2 heures. 
Schaudt évalue la longueur du cours du Guir dans la région 
infertile entre Boudenib et les Doui Menia à deux jours de 
voyage. Gomme le lieu dit Djorf et Torba est fixé par l'iti- 
néraire de Wimpffen, il ne nous reste qu'à supposer que 
l'Oued Guir ne traverse pas la plaine, comme l'Oued Ziz, 
parle plus court chemin, mais sans doute court d'abord 
au sud, puis, comme l'Oued Todgha, gêné par l'Anti Atlas, 
coule à l'est jusqu'à ce que, fortifié par ses affluents orien- 
taux, il soit de taille à franchir l'obstacle dans une gorge 
courte et étroite. Cette manière de voir est confirmée par 
la position de Boudenib, telle qu'elle est déterminée par 
les routes de Rohlfs et de Schaudt. Le premier, partant de 
Marka, localité principale des oasis d'Ertib au sud de 
Mdaghra, atteignit Boudenib en marchant au nord-est en 
deux (grandes?) journées de voyage 3 , pendant que Schaudt, 
de ce dernier lieu à Gaous* en Mdaghra, employa 6 égale- 
ment deux jours. Puisque, comme nous l'avons vu plus 
haut, Boudenib estau voisinage de l'Oued Guir, ce der- 
nier doit être, contrairement à la position admise jusqu'ici, 
repoussé vers l'ouest, ce qui permet aussi de tenir compte 
sur la carte des deux jours de voyage donnés par Schaudt 
pour la distance Boudenib-Doui Menia. De Boudenib, 
Rohlfs arriva le troisième jour à Bou Anan. De là, comme 



1. Pet. Mitt., 1865, p. 172. 

2. Schaudt, op. cit., p. 400. 

3. Pet. MM., 1863, p. 368-369. 

4. Cette localité ne peut être exactement fixée ni d'après les données 
de Rohlfs ni d'après celles de Schaudt. Comme stations sur la route Bou- 
denib-Gaous, Schaudt donne, à une journée et demie de Gaous, Chàli ben 
Abdurrahman, composé de trois localités, et entre ce point et Mdaghra 
encore deux puits. 

5. Schaudt, op. cit., p. 396. 



L58 L'ATLAS MAROCAIN 

on peut le voir par la relation de ce même explorateur', 
El Hadjoui est éloigné de quatre heures, et Kenadsa, situé 
encore un fort jour de voyage plus loin, obtient presque 
exactement la place qui lui est assignée par l'itinéraire 
de Wimptïen. D'autre part la route de Schaudt Aïn Chaïr- 
Bou Anun-Boudenib (deux jours) 8 relie cette localité à 
la route française. 11 y a ainsi une double jonclion entre 
les itinéraires de Kohlfs et de Foucauld dans la région de 
l'Oued Ziz et ceux des officiers français à la frontière 
algéro-marocaine, du moins pour la plaine, mais non pour 
la chaîne principale. 

Sur le tracé de celte chaîne depuis le Djebel Sfifoun 
jusqu'à la Chebka Tioudadin et au Djebel Tendrara el 
Gharbia 3 , reconnus par de Colomb comme les derniers 
contreforts de la chaîne principale, nous possédons deux 
informations, mais qui ne s'accordent pas. Daslugue* 
donne à la chaîne dans cette étendue, où d'après ses ren- 
seignements elle forme la ligne de partage entre l'Oued 
Moulouïa et l'Oued Guir, le nom unique de Djebel el Hadid 
(« montagne de fer »). De la crête de cette chaîne deux 
fleuves descendent vers le sud : l'un à l'ouest coule à peu 
près parallèlement à l'Oued Guir, l'autre est l'Oued Ben 
Ghiada, venant de la Chebka Tioudadin. Tous deux se 
réunissent, d'après Dastugue, pour former l'Oued Bou 
Anan, qui doit son nom sans aucun doute 3 à la localité vi- 
sitée par Bohlfs et Schaudt. Le fleuve occidental nous 
paraît être identique à celui dans la vallée supérieure 



1. Pet. Mitt., 1863, p. 369. 

2. Schaudt [op. cit., p. 403) écrit Aïn Schàhr, de Wimpffen (op. cit., 
50) : Aïn Chaïr. 



. owj : Ain uuair. 

3. Duveyrier, Historique^ etc., ci-dessus, p. 23-24. 

4. Carte générale du commandement du Tafilala, c 

5. Cf. Schaudt, op. ait., p. 396. 



LL HAUT ATLAS 159 

duquel Schaudt 1 , venant de Til n Ali sur l'Oued Guir, visita 
la région d'El Bour avec ses fonderies de plomb. El 
Bour est, d'après de Foucauld 8 , le nom de la localité la 
plus élevée dans la vallée d'un fleuve appelé Oued Béni 
Mesri, dont la source est non loin de celle de l'Oued Guir. 
L'explorateur français regarde l'Oued Mesri comme un 
affluent supérieur, indépendant, semble-t-il, de TOued 
Guir 3 ; cependant comme dans le reste de la littérature 
on ne trouve aucune remarque sur ces relations, nous 
nous sommes approprié la représentation de Dastugue. 

D'après la seconde des informations mentionnées plus 
haut, celle de Colomb \ la chaîne du Haut Atlas à l'est de 
son point culminant se dissout en massifs distincts, qui sous 
le nom de Djebel Sfîfoun et de Djebel el Akhdar (« mon- 
tagne verte ») établissent la liaison entre le Djebel Aïa- 
chin et le Djebel Tendrara el Gharbia. Ce renseignement 
de Colomb a été reconnu exact en ce qui concerne le 
Djebel el Akhdar par l'exploration effective de Wimpffen. 
D'après lui 5 , le nom de Djebel el Akhdar désigne la série 
de massifs qui, séparés les uns des autres par des gorges 
riches en sources, ferment au nord la plaine de Tamlelt, 
large en moyenne de 25 kilomètres, pendant que le 
Djebel Grouz forme la lisière sud de cette même plaine 6 . 

1. Op. cit., p. 4G0. 

2. Reconn., p. 365. 

3. Mentionnons encore, comme ayant une valeur éventuelle pour le 
croquis de l'Oued Béni Mesri inférieur, une information de Foucauld (Re- 
conn., p. 365), d 1 après laquelle la localité d'Aït Jatin (à peu près au point 
où le fleuve sort de la montagne) est à deux jours de voyage d'Aïn Chair, 
par conséquent apparemment non loin de Boudenib, de sorte que le dé- 
bouché de l'Oued Béni Mesri dans l'Oued Guir serait situé entre Boudenib 
et Bou Anan. Cependant Schaudt ne mentionne que le fleuve de Bou 
Anan pour la région entre ces deux localités. 

4. Duveyrier, Historique, etc. {B. S. G. P., p. 1872, t. III, p. 235). 

5. B. S. G. P., 1872, t. III, p. 36. 

6. Cf. carte générale du comm. du Tafilala. 



160 L'ATLAS MAROCAIN 

Cependant le Djebel el Akhdar n'appartient pas à la 
chaîne principale, mais à une ligne secondaire de hauteurs. 
La manière dont, il figure, avec la direction sud-ouest- 
nord-est, sur la carte par ailleurs très précieuse de Bru- 
rtcau ', contredit aussi la représentation de Wimpffen 2 . Le 
Djebel el Akhdar doit-il être relié à la barrière transver- 
sale coupée par l'Oued Guir, continuation supposée du 
Djebel Bou Kandil? On ne peut à ce sujet émettre même 
une hypothèse, par suite de l'absence complète de rensei- 
gnements sur la région entre ce fleuve et le Djebel el 
Akhdar. 

Pour ce qui est de la continuation orientale de la« mon- 
tagne verte », elle entoure le Chott Tigri, se dirige vers 
le Djebel Doug et le Djebel Farateiss ou Fratis, dans les- 
quels la dernière partie de la chaîne, qui se morcelle de 
plus en plus, est de nouveau nettement recourbée au nord- 
est 3 . Beliés à ces massifs par quelques hauteurs isolées 4 , 
le Djebel Guettar, les chaînes au nord-ouest d'Aïn Ben 
Khelil (1 .190 m.) \ avec 1.600 à 1.700 mètres d'altitude 6 , 
et d'autres, forment les derniers fragments de toute la 
série, qui se termine 7 au Djebel Amrag à la bifurcation 

1 . Carte du Sud-Oranais, dressée au bureau topogr. de la division d'Oran, 
4 feuilles 1/400.000°. Paris, Challamel aîné. 

2. Op. cit., carte. 

3. Itinéraire de Qéryvilk à Figuig, relevé par le sous-lieutenant L. Perrot 
(expéd. du lieutenant-colonel Colonieu,29 févr.-15 avril 1868), 1/600.000 6 
(B.S. 61. P-, 1881, t. II). 

i. Dastugue, Hauts-plateaux et Sahara de l'Algérie occidentale (B. S. G. P., 
1874, t. VII, p. 125). 

5. A. du Mazet, Les Ouled Sidi Cheikh et le territoire insurgé de la prov. 
d'Oran {Revue de Géogr., 1881, t. VIII, p. 452). 1.200 mètres d'après la 
dernière édition de la carie au 1/800. 000 e du Serv. géogr. de l'armée. 

6. Dastugue, Hauts-plateaux, etc., p. 125 : 400-450 mètres de hauteur 
relative. La carte au 1/800.000» donne seulement les cotes 1.415 et 1.600 
pour les montagnes situées au nord d'Ain Ben Khelil (N. du trad.). 

7. Dastugue, loc. cit. 



LE HAUT ATLAS 161 

sud-ouest du Chott Chergui. La chaîne principale, qui déjà, 
dans la Chebka de Tioudadin, prend, comme l'indique ce 
nom de Chebka', la configuration d'une haute plaine forte- 
ment érodée, paraît s'aplatir de plus en plus vers Test et 
cesse d'être le trait principal de l'orographie de la région. 
Le Djebel Tendrara el Gharbia devrait, d'après l'évaluation 
de Mares 2, atteindre encore 1.300 mètres; dans la haute 
plaine de grès du Djebel Oglat Moussa disparaît la direc- 
tion ouest-est des couches, que le Haut Atlas avait main- 
tenue depuis le Djebel Aïachin. Quelques kilomètres plus 
à l'est s'élève une chaîne secondaire, dirigée sud- ouest- 
nord-est, dans l'arête tranchante du Djebel Guettar, auquel 
Perrot 3 attribue une hauteur relative de 400 mètres, par 
conséquent une hauteur absolue d'environ 1.600 mètres. 
Il n'y a pas lieu de tenir compte de l'indication de Perrot 4 , 
d'après laquelle le Djebel Guettar dans sa partie sud serait 
composé de laves. 

Pour la hauteur des massifs de la moitié occidentale de 
la chaîne secondaire qui commence au Djebel el Akhdar, 
on n'a pas de mesures directes ni d'évaluations. Nous 
avons seulement une remarque de Perrot 5 , sur la hauteur 
dominante du Djebel Doug, dont il faut conclure que 
cette montagne s'élève notablement au dessus des contre- 
forts de la chaîne principale ; on peut par suite admettre 
pour les massifs occidentaux une hauteur égale à celle des 
massifs de l'est. 

1 . Chebka signifie une haute plaine sillonnée d'un réseau de vallées en- 
tre-croisées (litt. : filet). Pet. Milt., 1860, p. 55. Cf. de Wimpffen, op. cit., 
p. 43. Quedenfeldt, Zeitschr. d. G. f. Erdk., 1887, p. 425, rem. 2. 

2. B. S. Gcol., 1856-57, t. IV, p. 532. 

3. Perrot, carte dans Itinér. de Géryville à Figuig (Rev. de Géogr., loc. 
cit.). 

4. Op. ci£.,p. 278. Rien n'est venu confirmer cette indication qui paraît 
sans grande valeur et doit être rejetée (N. du trad.). 

5. Op. cit., p. 279. 

il 



162 L'ATLAS MAROCAIN 

Au point de vue hydrographique comme au point de vue 
orographique, la chaîne principale, dans la région du Choit 
Tigri, abandonne son rôle à la chaîne secondaire du sud. 
Après avoir été traversée une dernière fois à Foum Falet 
par les eaux du Haut Atlas », la série des massifs de cette 
dernière chaîne forme à Test la ligne de partage entre le 
Sahara et le plateau des Cholts ou Sebkhas, auquel appar- 
tient encore le Choit Tigri (1 . 1 37 m.) J ; ce rôle lui est dévolu 
jusque dans la région du Djebel Doug 3 ; ensuite cette 
fonction revient à l'Atlas Saharien, que nous avons déjà 
appris à connaître dans le Djebel Grouz, et qui, dans cette 
chaîne et dans le Djebel Zelmou\ partage en deux la plaine 
comprise entre le Haut Atlas et l'Anti Atlas : c'est l'Atlas 
Saharien qui sépare les eaux du plateau et du désert, et 
même, dans le Djebel Amour, celles de la Méditerranée et 
du Sahara 5 . 

Le Chott Tigri appartient aux dépressions qui caracté- 
risent les hautes plaines du système de l'Atlas. Mais Mares 6 
a déjà fait remarquer la grande différence entre ce Chott 
et ceux qui sont situés plus à l'est. Cette différence con- 
siste dans sa configuration plus arrondie, dans l'escarpe- 
ment de ses rives 7 et la dureté de son sol, qui est par- 

1. Dastugue, Carte générale, etc. De Wimpffen, carte, op. cit. 

2. B. S. Géol., 1857-58, p. 532 : dépression de Masar. 

3. De Wimpffen, carte. 

4. Dastugue, Carie générale, etc. 

5. Carte du pays compris entre Géry ville, Berezina et Tadjerouna, des- 
sinée par E. Picard {B. S. G. P., 1873, t. V, l/791.367e). 

6. Note sur la constitution du Sahara dans le sud de la province d'Oran 
(B. S. Géol., 1856-57, t. XIV, p. 532). Cf. G. B. M. Flamand, La frontière 
marocaine (extrait des Documents pour servir à Vétude du nord-ouest afri- 
cain de MM. H. M. P. de La Martiniôre et N. Lacroix), p. 5 et suiv. On 
trouvera dans ce travail la description la plus récente et la plus complète 
des Chotts oranais (N. du trad.). 

7. Du moins dans la partie septentrionale : au sud et à Test, les rives 
du Tigri sont en pente douce (Flamand, op. cit., p. 13) [N. du trad.]. 



LE HAUT ATLAS 163 

semé' de nombreux « témoins » de 30-40 mètres de hauteur, 
indiquant le niveau antérieur de la haute plaine de grès 
fortement érodée. Le Ghott lui-môme est constitué par un 
certain nombre de « Daïas », petites cuvettes d'ordinaire 
sans issue, qui à l'époque des pluies se relient les unes 
aux autres. Quelques-unes d'entre elles sont alors grandes 
comme des lacs et contiennent de l'eau potable 2 . La des- 
cription que donnent Mares et Perrot du Chott Tigri rap- 
pelle beaucoup celle du Chott Gharbi par Dastugue 3 . Cet 
explorateur décrit le Ghott Gharbi comme un ensemble 
de grandes dépressions, avec un sol rocheux parsemé de 
« témoins », des rives abruptes de 60-90 mètres de hau- 
teur, dans lesquelles de profondes coupures marquent 
le débouché des fleuves. Les cavités appelées Mert ou 
Mekamen'\ situées entre les deux grands Ghotts algériens 
et qui leur sont très inférieures en étendue, montrent la 
même constitution qu'eux. Le Ghott ech Chergui présente 
une opposition marquée avec les formes déprimées pré- 
cédemment décrites. C'est une cuvette à fond plat constitué 
par des substances argileuses, du sable et du gypse, avec 
des rives peu élevées et en pente douce, dans laquelle des 
sources chaudes avec de l'eau salée viennent au jour : en 
hiver c'est un marais salé, en été une plaine recouverte 
d'une croûte de sel. La différence de constitution des dé- 
pressions voisines de la région du Haut Atlas et de celles 
qui sont situées plus à l'est est tout à fait remarquable. 
Peut-être le voisinage des hautes chaînes marocaines a-t-il 



1. Perrot, Itinéraire, etc., loc. cit., p. 279. 

2. Ibid. 

3. Hauts -plateaux, etc., loc. cit., p. 121-122. 

4. Cavités circulaires, généralement d'une demi-heure de diamètre, 
qui sont utilisées comme quartiers d'hiver dans les grands froids. Hauts- 
plateaux, etc., p. 122-123. 



161 L'ATLAS MAROCAIN 

eu quelque influence sur la configuration des deux Ghotts 
les plus occidentaux, quoique l'exploration n'ait jusqu'ici 
apporté aucune preuve à l'appui de l'hypothèse de Reclus ', 
d'après laquelle le Chott Tigri devrait son origine à l'éro- 
sion des glaciers. 



1. Op. cit., p. 664. Celte hypothèse, d'après les explorations récentes, 
doit être rejetée (N. du Irad.). 






CHAPITRE II 



LE MOYEN ATLAS 



Le Moyen Allas commence dans la province des Enlifa, 
en un massif qui, d'après les cartes d'Erckmann et de Fou- 
cauld, est séparé par un sillon de la bordure nord-ouest de 
la chaîne principale. Ce sillon paraît être la continuation 
vers le sud de la vallée de l'Oued Ouaouizert, qu'il faut re- 
garder comme la ligne de séparation entre les contreforts 
du Djebel Ait Ahia et le Moyen Atlas. Cette vallée se réu- 
nit à celle de l'Oued el Abid dans la large cuvette d'un 
ancien lac, où le fleuve principal rassemblait ses eaux 
(l'Oued Aït Messat débouche par 805 m.) », avant qu'il 
n'eût abandonné les grès du Moyen Atlas par une ou- 
verture aux parois verticales, large actuellement de 
100 mètres 2 . Quant aux relations entre le Haut Atlas et sa 
chaîne secondaire au nord au point de leur séparation, de 
Foucauld se borne à remarquer que le passage de Tune à 
l'autre des deux chaînes est à peine visible, se marquant 
seulement par une série de collines plates aux flancs 
adoucis, qui accompagnent le massif mentionné plus haut 
sur son flanc ouest dans les Enlifa ; ces collines se conti- 
nuent ensuite vers le sud à travers le pays de Bzou jus- 

1. Reconti., feuille n°6. 

2. Jbid., p. 72. 



166 L'ATLAS MAROCAIN 

qu'au delà de l'Oued Tessaout el Foukia dans la province de 
Demnat, où d'après de Foucauld 1 elles sont les premiers 
indices d'une séparation des deux systèmes montagneux. 
Dans cette môme région de Demnat, Thomson 3 , venant du 
sud, remarqua, après avoir traversé l'Oued Tidili, un 
changement frappant dans la constitution du sol : la plaine 
devenait plus ondulée, et les montagnes qui la limitaient 
prenaient des formes nouvelles d'une grande variété. L'ex- 
plorateur anglais trouva l'explication de ce changement 
dans les puissants bouleversements dont les bancs de cal- 
caire brisés et tordus, ainsi que les masses de basalte qui 
y sont intercalées, apportent un éloquent témoignage. Au 
point de vue de la culture également une différence re- 
marquable se fait voir 3 : pendant qu'au nord de l'Oued 
Tessaout et Tahtia des bois d'olivier bordent le pied de la 
montagne, au sud de ce fleuve commence la région des 
grandes cultures de céréales. 

En ce qui concerne les altitudes, on peut, pour la partie 
du Moyen Atlas longée par l'Oued el Abid, conclure du 
profil n° 2 de Foucauld qu'elle reste notablement au des- 
sous du Djebel Béni Mellal, qui lui succède au nord. Cette 
dernière montagne a été franchie par le voyageur français 
en un col qu'il est facile de reconnaître sur le profil en 
question; le col ayant 1.259 mètres 4 , la chaîne dans cette 
région doit avoir 1.700 à 1.800 mètres. En tout cas elle est 
plus élevée que ne le suppose Erckmann 5 . La continua- 
tion de la chaîne vers le nord-est ne paraît pas atteindre 
tout à fait la hauteur du Djebel Béni Mellal. De Foucauld 



1. Reconn., p. 100 et carte in B. S. G. P., 1887. 

2. Travels, p. 143. 

3. Reconn., p. 79. Travels, p. 143. 

4. Reconn., feuille n° 6. 

5. Op. cit., p. 64 : dominant de 400 mètres la haute plaine occidentale. 



LE MOYEN ATLAS 167 

appelle cette partie Djebel Amhaouch, nom qui trouve son 
explication dans une remarque d'Erckmann 1 , d'après la- 
quelle les tribus berbères au sud des Zaïan sont sous l'in- 
fluence du marabout Mhaouch. Nous approchons ici d'une 
région qui aété défigurée parla cartographie plus que toute 
autre partie de l'Atlas marocain. Et cependant les rensei- 
gnements indirects des explorateurs anciens et nouveaux 
(car nous n'avons que des renseignements, sauf la relation 
déjà appréciée plus haut 2 de Schaudt), concordent parfai- 
tement ; ils nous donnent le tracé des principales lignes 
fluviales, d'où l'on peut déduire les éléments de l'orogra- 
phie delà région. Le principal service que nous ait rendu 
le voyageur allemand est d'avoir, en indiquant l'habitat 
des tribus visitées par lui des deux côtés du Moyen Atlas, 
établi un lien entre la région des sources de l'Oued Mou- 
louïa et de celles de l'Oued Oum er Rebia. D'après les 
informations d'Erckmann 3 et de Foucauld 4 , les Ait Seri 
habitent le Djebel Béni Mellal, remarquable par sa ri- 
chesse en arbres fruitiers ; de Foucauld toucha la région 
des Ait Zaïan nomadisants dans la haute plaine d'Oulmes ; 
ils s'étendent, d'après ses informations, jusqu'à la source 
de l'Oued Oum er Rebia, au nord et à l'est de la province 
de Tedla; au sud habitent les Ichkern, dont Schaudt 5 pa- 
raît avoir visité le village de Memmar et dont la limite occi- 
dentale d'après de Foucauld 6 est à 4 heures de Kasba 
Tedla. La plaine des sources de la Moulouïa est habitée 
dans sa partie supérieure par les Béni Mgill et les Ait Aïach ; 
le domaine de ces derniers commence au confluent de 

1. Op. cit., p. 65. 

2. P. 149 du présent travail. 
4. Op. cit., p. 64. 

4. Reconn., p. 59. 

5. Op. cit., p. 407. 

6. Reconn., p 263. 



168 L'ATLAS MAROCAIN 

l'Oued Moulouïa et de l'Oued Sgemmel (Oued Amsgemier 
de Schaudt), remonte ce dernier cours d'eau, et empiète sur 
les contreforts de la chaîne qui porle leur nom 1 . Pendant 
que les Béni Mgill ont comme voisins à l'ouest, d'après la 
donnée concordante de tous les voyageurs, les Aït Zaïan, 
Schaudt 2 mentionne, comme intermédiaires entre les 
Ait Aïach et les Tchkern, les « Eitz Sahia Hammet ». Cette 
désignation est apparemment une combinaison des deux 
noms Ait Ahia et Ait Mhammed. Le premier de ces noms 
désigne dans Rolilfs un haut sommet de la chaîne princi- 
pale au sud-ouest du Djebel Aïachin; c'est sur ses pentes 
inférieures qu'il faut chercher l'habitat de la tribu à la- 
quelle il doit son appellation. Les Ait Mhammed succèdent 
à l'ouest aux Ait Ahia, comme le fait supposer leur men- 
tion dans le profil n° 1 de Foucauld. Les Aït Ouihra, qui y 
sont également portés, n'ont pu être identifiés. La répar- 
tition des tribus que nous venons d'esquisser brièvement 
répond aux conditions orographiques, telles que nous les 
avons représentées plus haut 3 d'après Schaudt et de Fou- 
cauld. Des deux sommets du Haut Atlas, Djebel Aïachin et 
Djebel Ait Ahia, partent de hautes plaines qui forment la 
transition avec le Moyen Atlas et partagent le sillon placé 
au milieu des deux chaînes entre les domaines hydro- 
graphiques de l'Oued Oum er Rebia et l'Oued Moulouïa. 
Par suite de leur altitude importante, ces hauts sommets, 
situés sous 5° W. Gr., envoient aux deux systèmes flu- 
viaux les plus grands cours d'eau, l'Oued el Abid et 
l'Oued Sgemmel 4 ; mais comme les vallées de ces cours 
d'eau n'ont que peu ou point d'importance pour le com- 

1. Schaudt, op. cit., p. 405. 

2. Jbid. 

3. Ci-dessus, p. 136. 

4. Pet. Mitt., 1865, p. 169. 



LE MOYEN ATLAS 169 

merce, il ne faut pas s'étonner qu'ils n'aient pas 616 regar- 
dés comme les courants principaux, et que ce caractère 
ait été attribué à des rivières ayant un plus faible volume 
d'eau, mais arrosant des régions plus visitées. Ces dernières 
rivières prennent leur source, comme nous l'avons vu plus 
haut, dans la partie la plus élevée de la chaîne secondaire 
du nord, le Djebel Zaïan. 

Pour reporter le Djebel Zaïan, nous nous sommes laissé 
guider par les données de Rohlfs \ Pendant son ascension 
des terrasses du Moyen Atlas, le voyageur atteignit, envi- 
ron six heures au sud d'Azro, lalocalité dite Souk en Nsara 
(marché des chrétiens) (2.152 m.) 2 , d'où il vit au sud le 
Djebel Aïachin et au sud-ouest le Djebel Ait Zaïan 3 . Péné- 
trant plus avant, il arriva en deux heures de cheval dans la 
vallée de l'Oued Gigo ou Gigou 4 . Malheureusement Rohlfs 
ne décrit pas la route ; cependant il remarque que l'Oued 
Gigo, qu'il traversa non loin de sa source, coule au sud du 
Djebel Zaïan et dans la direction de l'est : on peut en con- 
clure que la bordure de l'étage franchi au dessus d'Azro 
est la continuation abaissée du massif vu par lui au sud- 
ouest. Une heure après avoir traversé l'Oued Gigo, l'ex- 
plorateur vit le Djebel Zaïan, à l'ouest du point où il se 
trouvait 5 , couvert de neige, du moins dans la partie haute 

1. Pet. Mltt., 1865, p. 166-170. 

2. Pet.Mitt., 1866, p. 119. 

3 . Nous avons placé le Djebel Zaïan au sud-sud-ouest de Souk en Nsara , 
pour le rattacher à la chaîne du Moyen Atlas, dont la direction est don- 
née par le Djebel Tamarakouit et le Djebel Ainhaouch. Peut-être la re- 
marque de Rohlfs, Pet. Mitt., 1865, p. 167, peut-elle justifier le déplace- 
ment du Djebel Zaïan vers l'est non seulement ici, mais encore dans 
l'indication de cet explorateur qui sera citée tout à l'heure. 

4. Renou (op. cit.. p. 95) et Rohlfs (op. cit., p. 168) donnent les formes 
Gigo et Dschigu, pendant que d'Avezac (B. S. G. P., 1836, t. V, p. 11) 
indique la première comme seule exacte. 

5. Cf. note 3. 



170 L'ATLAS MAROCAIN 

de la chaîne, qui ferme au nord le bassin du Sebou. Rohlfs 
appelle le Djebel Zaïan, en même temps que le Djebel 
Aïachin, un des sommets dominants de la haute chaîne. 
Il paraît donc surpasser de beaucoup le Djebel Tamara- 
kouit(col de Megader 2.517 m.) l , de sorte qu'une évalua- 
lion de 3.500 mètres pour son point le plus élevé n'est 
peut-être pas excessive. Nous avons déjà fait ressortir plus 
haut l'importance hydrographique de ce massif du Zaïan; 
quatre grands fleuves y prennent leur source : deux d'entre 
eux, l'Oued Sebou et l'Oued Moulouïa, coulent vers l'est, 
séparés par la chaîne principale du Moyen Atlas ; les 
deux autres, l'Oued Oum er Rebia et l'Oued Bou Regreg 2 , 
coulent vers l'ouest; leur ligne de partage n'est connue 
que dans la région inférieure. Par 5° 45' W. Gr., point où 
de Foucauld traversa la principale branche-mère de l'Oued 
Bou Regreg, l'Oued Grou, cette ligne de partage est formée 
par une chaîne de hauteurs d'une configuration particu- 
lière, le Djebel Hessaïa. Cette chaîne est difficile à gravir 
sur son versant nord, au sud au contraire elle s'abaisse en 
pente douce vers la haute plaine du Tedla 3 . Lannoy de 
Bissy et Habenicht indiquent juste le contraire. L'arête ro- 
cheuse allongée 4 , composée principalement de schistes, 
paraît toujours être, même vue du sud, un trait important 
de la physionomie du pays. Erckmann la mentionne comme 
telle sous le nom de Sokhra Djaja, et dit qu'en un point de 
son versant sud, appelé Biban (les porles), se réunissent 
quatre chemins. C'est en ce point ou non loin de là que de 
Foucauld quitta la région des Zaïan. A côté delà route que 
cet explorateur suivit lui-même, nous connaissons encore 



1. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 

2. Reconn., p. 50. 

'.'>. Reconn., p. 48 et feuille n° 5. 
4. Erckmann, op. cit., p. 66. 



LE MOYEN ATLAS 171 

par ses renseignements indirects deux itinéraires qui tra- 
versent le Moyen Atlas dans la région entre Fez et Bou el 
Djad 1 . Tous deux, partant de la capitale du nord, condui- 
sent par Sfrou(4° 44' 30" W. Gr.)* à travers la région des 
Ait Youssi chez les Béni Mgill ; là ils se séparent : l'un con- 
tourne les Ait Zaïan et touche Aïn el Louh 3 , Akebab et le 
pays des ïchkern ; l'autre traverse les Ait Zaïan, avant de 
rejoindre l'itinéraire précédent au pointterminus commun, 
Bou el Djad. Dans ces itinéraires deux localités sont men- 
tionnées, dont l'une, Akebab, ne se rencontre pas dans les 
autres documents, tandis que l'autre est identique à l'Ain 
Loh visitée par Schaudt 4 . D'après la relation du voyageur 
allemand, cette localité paraît être dans la même plaine 
bien arrosée et fertile où se trouve Azro 3 . Un quatrième 
itinéraire qui remonte l'Oued Oum er Rebia jusqu'à sa 
source, et, suivant l'Oued Moulouïa, conduit à Ksabi ech 
Gheurfa, est peu utilisé ; aux immenses forêts 6 qui dans 
tout le Moyen Atlas entravent le commerce, se joint dans 
la région du Djebel Zaïan un autre obstacle : la présence de 
bêtes fauves, lions et panthères. Même sur la route fré- 
quentée du pays des Béni Mgill, la caravane avec laquelle 
Rohlfs passa la nuit sur le versant sud du Djebel Tama- 
rakouit jugea indispensable de prendre des mesures pour 
éloigner les lions de son camp \ 

1. Reconn., p. 265. 

2. Reconn., p. 415. 

3. Source renommée située au milieu des forêts des Béni Mgill, à deux 
journées S. W. de Sfrou (Reconn., p. 39, note). 

4. Op. cit., p. "409. 

5. Pet. Mitt., 1865, p. 166. Azro est une des dechras que possèdent les 
Béni Mgill habitant la tente. Le mot dechra (dchar au Maroc) désigne, 
comme on sait, un centre de population fixe, par opposition au douar, 
composé de tentes (V. Tissot, B. S. P. G., 1876, p. 229, et Parmentier, Voca- 
bulaire arabe-français des principaux termes de géographie). 

6. Reconn., p. 100. 

7. Pet. Mitt., 1865, p. 169. 



172 L'ATLAS MAROCAIN 

Au point de vue orographique, le Djebel Tamarakouit 
paraît avoir une place particulière à l'intérieur du Moyen 
Atlas; il se compose de deux chaînes parallèles, séparées 
par un sillon longitudinal, dans lequel la Daïa de Sidi Ali 
Mohammed, large d'une demi-heure et longue de 3 heures, 
rassemble ses eaux. La chaîne principale est celle du sud, 
dont la crête est atteinte par une passe étroite à la montagne 
de Megader (2.517 m.) 1 ; puisladescente versle bassin de la 
Moulouïa s'effectue par le défilé étroit de Rhins el Hamar. 
Plus loin à l'est, le dédoublement de la chaîne prend 
fin; du moins Mohammed et Ahmed 2 indiquent une seule 
chaîne : le Djebel Oum Djeniba. Le difficile passage par 
dessus cette crête est déjà mentionné par Léon l'Africain 
et Marmol 3 , qui appellent la chaîne en ce point Kheneg el 
Gherab. Le consul De La Porte 4 entendit les indigènes dé- 
signer sous ce même nom une des chaînes les plus impor- 
tantes au sud-est de Fez. Ces remarques engagent Renou à 
appliquer aux tronçons montagneux situés des deux côtés 
du col les noms d'Oum Djeniba et de Kheneg el Gherab, 
mais il laisse le col lui-même sans dénomination. Nous ap- 
pelons, d'après Mohammed et Ahmed, la chaîne Oum Dje- 
niba, et employons pour le passage à travers cette chaîne, 
comme le veut l'expression de Kheneg (défilé), le nom de 
Kheneg el Gherab (défilé des corbeaux). A l'est de ce col, 
la crête s'élève à une hauteur importante dans le Djebel 
Tsoukt% que nous avons indiqué sur notre carte d'après la 
carte de Foucauld dans #. S. G. P., 1887. 'Dans son tracé ul- 
térieur, la chaîne s'abaisse de nouveau, d'après le profil de 

1. Pet. Mitt. % 1866, p. 119. 

2. B. S. G. P., 1835, t. V, p. 12. Renou, op. cit., p. 95 et 97. 

3. Renou, op. cit., p. 101-102. Cf. Léon l'Africain, édition Robert Brown 
(Hakluyt Society, London, 1896), p. 557 et 654 (iV. du trad.). 

4. Renou, loc. cit. 

5. Reconn., p. 98 et profil de la p. 235. 



LE MOYEN ATLAS 173 

l'explorateur français, et atteint son point le plus bas pré- 
cisément à l'endroit où la traversa Berquin 1 . Au delà de 
cette selle, le Moyen Atlas se relève encore une fois nota- 
blement dans le double massif du Djebel Ouled Ali et du 
Djebel Reggou* ; puis il tombe à pic vers l'est sur la vallée 
de l'Oued Moulouïa, et va s'éteindre au nord- est dans 
l'angle compris entre cette vallée et celle de son affluent 
de gauche l'Oued Serina 3 . 

Au voisinage du Djebel Tsoukt, une chaîne parallèle 
se détache vers le nord de la chaîne principale que nous 
venons de suivre. Un contrefort transversal bas, que Ber- 
quin franchit comme ligne de partage entre l'Oued Sebou 
et l'Oued Serina, réunit les deux chaînes. Les deux som- 
mets les plus au sud de cette chaîne secondaire paraissent 
avoir été fixés par Berquin; pour son extrémité nord, les 
observations de Chavagnac sont la seule source, tandis que 
les renseignements indirects de Foucauld 4 nous permet- 
tent d'indiquer la vallée de l'Oued Melillo comme la limite 
entre la chaîne principale du Moyen Allas et le Djebel 
Ghiata, massif appartenant à la terrasse supérieure qui la 
précède. 

Le versant nord du Moyen Atlas se termine effectivement 
en terrasses. Elles sont surtout développées et ont été tout 
d'abord reconnues dans la partie au sud de la grande plaine 
qui, entre Fez et Meknes, sépare le système de l'Atlas des 
contreforts méridionaux du Rif 5 . Cette plaine infertile se 
compose de deux gradins 6 : l'un à l'est plus bas (Fez, 

1. Cf. Lannoy de Bissy, Carie de /' Afrique, feuille 4. 

2. Profil n° 3 sur la carte de Foucauld dans B. S. G. P., 1887. Reconn., 
p. 246. 

3. De Chavagnac, op. cit., carte. 

4. Reconn., p. 372. 

5. Timbuktu, I, p. 126. 

6. Reconn , feuille n° 3 et p. 39. 



174 L'ATLAS MAROCAIN 

392 m.) ! et un autre à l'ouest plus élevé (Meknes, 535 m. *, 
540 m.) 3 ; un escarpement conduit de l'un à l'autre. Rohlfs 4 
traversa la plaine du Sais ou plaine de Fez dans sa partie 
orientale, entre Ouled Sidi Hassen (564 m.) 5 au pied sud 
du Djebel Mouley Driss Serone (Idris Zerhoun) et Aït 
Omogol (586 m.) 6 , où commence le relèvement général 
du sol vers le Moyen Allas, dans la région des Béni Mtir. 
On atteint le Moyen Atlas lui-même par la plaine de 
Ziz, large de 3 heures, à l'extrémité sud de laquelle 
Rohlfs rencontra la première chaîne de l'Atlas. Celle-ci se 
dirige d'ouest en est avec une hauteur relative d'environ 
200 mètres. Le col qui la franchit sur la terrasse la plus 
voisine et conduit « dans la montagne proprement dite », 
Bab el Forialh, doit donc avoir environ 900 mètres. La 
carte 7 qui accompagne le récit de voyage de Rohlfs con- 
tient une faute importante : elle indique ie pays de Ziz au 
sud du col, tandis que Rohlfs déclare avoir vu devant lui , de 
ce col, toute la plaine de Ziz et les villes de Meknes, Mouley 
Driss Serone, et Fez. 

De Bab el Foriath, Rohlfs monta encore pendant 
4 heures à travers les « montagnes pierreuses » des Béni 
Mtir, avant de pénétrer dans la région magnifiquement 
boisée des Béni Mgill, et, après un temps assez court 
(1 heure), atteindre un point situé environ 5 kilomètres à 

1. Cf. ci-dessus, p. 53. Voir, pour les altitudes de Fez et de Meknes, les 
plans de ces villes joints à la carte du Maroc de M. René de Flotte, d'après 
les observations du commandant Le Vallois, qui confirment celles de 
Foucauld (JV. du trad.). 

2. Reconn., feuille 3. 

3. De La Martinière, Revue de Gëogr., 1886 : carte. 
L Pet. Mitt., 1865, p. 70 et 166. 

5. Pet. MUL, 1866, p. 119. 

6. Ibid. 

7 Pet. MUt., 1865, taf. 6. 



LE MOYEN ATLAS 175 

l'est d'Azro. Cette dernière localité est placée par Rohlfs 1 
à la lisière d'une terrasse. Nous n'avons aucun élément 
pour juger de sa hauteur, car le texte ne donne aucune 
indication pour le croquis du Djebel Tebessa (1 .469 m.) sur 
la carte de Pet. Mitt. 1865; or cette carte repose sur des 
données inexactes, et l'altitude qui y figure n'est pas prise 
en considération dans la série des valeurs corrigées. Au sud 
d'Azro, le chemin court encore quelques heures dans une 
luxuriante forêt vierge, dont la flore rappelait à l'explora- 
teur sa patrie. Ala forêt succéda une haute plaine pierreuse, 
qui était entourée de collines boisées et dont la traversée 
prit 3 heures. La caravane atteignit ainsi le Douar de Sidi 
Abd Allah, et Souk en Nsara (2.182 m.) 2 , à la lisière de la 
terrasse supérieure. Cette terrasse, nous l'avons vu plus 
haut 3 , n'est autre que la plaine des sources de l'Oued Sebou 
et de son premier affluent le Gigo, qui est séparée par le 
Djebel Tamarakouit de la plaine de la Moulouïa. Cette der- 
nière plaine (Boulaïoul 1.802 m.*) est située quelques cen- 
taines de mètres plus bas que la précédente, qui n'a guère 
moins de 2.100 mètres. Les trois chaînes de hauteurs 
qui limitent ces plaines tombent en gradins vers le nord : 
le Djebel Aïachin (environ 4.000 m.), le Djebel Tamarakouit 
(environ 3.000 m.), et la lisière nord de la plaine supérieure 
du Sebou, qui se détache du Djebel Zaïan : cette dernière 
chaîne dans sa partie occidentale n'est pas très inférieure à 
la chaîne principale du Moyen Atlas, mais au point tra- 
versé par Rohlfs elle n'a pas beaucoup plus de 2.200 mè- 
tres, et à son extrémité orientale, là où elle est le plus 
indépendante (Djebel Kerm er Roumi et Djebel Ghiata), 



1. Pet. Mitt., 1865, taf. 6. 

2. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 

3. P. 169 et suivantes du présent travail. 

4. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 



176 L'ATLAS MAROCAIN 

elle est évaluée par de Chavagnac ! à 2.000 mètres. 

La direction du versant nord du Moyen Allas que nous 
venons d'esquisser brièvement peut être bien suivie vers 
l'est ; vers l'ouest la chose est moins facile, car là, sous 
l'influence de l'érosion puissante que produisent les vents 
marins humides, notamment dans le bassin de l'Oued Bou 
Regreg, les contours des différentes terrasses ne se. sont 
pas aussi nettement maintenus; en outre, c'est justement 
dans cette partie que les matériaux nous font le plus 
défaut. 

Nous commençons notre examen par l'est et par la 
terrasse supérieure, dont nous avons déjà suivi la bordure 
nord jusqu'au Djebel Ghiata.Ce massif se rattache dans sa 
partie inférieure aux contreforts du Rif 2 ; cependant le 
rattachement n'est pas assez important pour former ligne 
de partage ; il est coupé par une vallée étroite, large de 
15-20 kilomètres, celle de l'Oued el Haddar, la branche- 
mère de l'Oued Innaouen 8 , qui réunit les eaux du sillon 
compris entre le Rif et l'Atlas et les conduit à l'Oued 
Sebou. 

Une description détaillée du bassin de l'Oued Innaouen, 
qui paraît emprunter la plus grande partie de ses eaux à la 
chaîne côtière, est en dehors du cadre de notre travail. Sur 
notre carte, nous avons cherché à combiner les itinéraires 
et informations des voyageurs 4 qui ont visité cette région 
dangereuse. 

La ligne de partage entre l'Oued Sebou et l'Oued 
Moulouïa se trouve dans la haute plaine de Fahma, qui a 



1. Op. cit., p. 285 et carte. 

2. Reconn., p. 27-28. 

3. Colvile, op. cit., carte, de Chavagnac, op. cit., carte. 

4. Badia, Colvile, de Chavagnac, de Foucauld, de La Martinière et Del- 
brel. 



LE MOYEN ATLAS 177 

été traversée par Golville l , de Chavagnac * et de La Marti- 
nière 3 ; le col de Bab Tamalou, qui forme la séparation, 
paraît avoir une altitude de 1.000 mètres (960 m, d'après 
la carte), la plaine même ayant encore 740 mètres de 
hauteur moyenne. De là les voyageurs virent au sud une 
grande plaine entre Taza(620m., 34° 12' 54" lat. N.)\ 
qui envoie ses eaux à l'Oued Sehou 5 , et l'Oued Msoun ; 
la plaine s'étendait jusqu'au Djebel Ouariretz et au Dje- 
bel Deddouk 6 , qui sont les derniers contreforts de la bor- 
dure nord de la terrasse supérieure du Moyen Atlas. Ces 
massifs paraissent être des élévations plus indépendantes 
encore que le Djebel Kerm er Roumi et le Djebel Ghiata ; 
ils forment le rempart nord de la vallée de l'Oued Melillo; 
ce cours d'eau, d'après les informations de Foucaud 7 , sé- 
pare la chaîne principale du Moyen Atlas du Djebel Ghiata, 
et débouche à Agersif 8 dans la Moulouïa. L'Oued Melillo 
longe donc le versant nord-est de la terrasse supérieure 
du Moyen Atlas, qui pour le reste appartient au bassin de 
l'Oued Sebou. La séparation des eaux de ce dernier fleuve 
d'avec celles de l'Oued Melillo et de l'Oued Moulouïa est, 
en tout cas, formée par une ondulation basse entre le Dje- 
bel el Obiod (évalué à 2.500-3.000 m. 9 ), et le Djebel 
Ghiata. Le Djebel Ghiata est habité sur son flanc nord par 



1. Op. cit., carte. 

2. Op. cit., p. 306 et carte. 

3. De La Martinière, Itinéraire de Fez à Oudjda (Bull. Géogr. hist. et 
descript., 1895, p. 15 et 17). 

4. Reconn., feuille 4 et p. 415. 

5. Reconn., p. 30. 

6. De Chavagnac, op. cit., p. 307 et carte. 

7. Reconn., p. 372. 

8. Un jour de voyage à l'ouest de l'Oued Za(D'Avezac, B. S. G. P., 1836, 
t. V, p. 26). 

9. De Chavagnac, op. cit., p. 297 : « Il porte de la neige toute l'année . 

12 



178 L'ATLAS MAROCAIN 

la tribu du même nom 1 , sur son llauc sud par les Béni 
Ouaghaïn 2 . C'est dans cette dernière tribu que Y « Oued 
Sebou » prend sa source, d'après les informations de 
Chavagnac s . Comme nous l'avons vu plus haut \ le fleuve 
que Rohlfs regarde comme le Sebou proprement dit a sa 
source dans la partie occidentale de la terrasse. Cepen- 
dant on peut regarder comme certain que les eaux des 
puissants massifs qui comprennent la moitié orientale de 
l'étage supérieur, se réunissent également en un puissant 
cours d'eau. Peut-être devons-nous voir dans la place no- 
tablement plus à Test que donnent au Sebou les cartes 
anciennes 3 une indication de ce fait. — D'après nous, en 
combinant les résultats effectifs des explorations de 
Rohlfs avec les informations de Chavagnac, on se rappro- 
chera beaucoup de la vérité. C'est pourquoi nous avons 
admis sur notre carte la conception donnée par la carte 2 
dans Peterm. MitU 1866 (deux Oued Sebou), en lui faisant 
subir les modifications que comportaient les données de 
l'explorateur français. 

Quant à la vallée transversale que l'Oued Sebou a 
creusée dans les terrasses, on n'en sait rien, et elle paraît 
être peu fréquentée ; car la route principale de cette 
région ne suit pas ce sillon fluvial, sans doute parce qu'il 
offre de trop grandes difficultés au commerce; elle court 
parallèlement à l'ouest à travers la région des Ait Youssi, 
qui d'après Ahmed 6 s'étend des deux côtés de la chaîne 



1. Schaudt, op. cit., p. 297 : Reatsa ; Colville, carte, op. cit. : Graiatsa; 
de Chavagnac, carte, op. cit. : Riata; de Foucauld, op. cit. : Ghiata. 

2. Reconn., p. 387. 

3. Op. cit., p. 270. 

4. Ci-dessus, p. 169-170. 

5. Cf. rem. de Rohlfs à ce sujet dans Pet. Mit t., 1855, p. 163. 

6. Op. cit. 



LE MOYEN ATLAS 179 

principale du Moyen Atlas, et d'après Rohlfs 1 empiète 
même sur la seconde terrasse. 

Nous avons plusieurs renseignements sur cette route. 
Ahmed trouva au passage de l'Oued Gigou une localité de 
Tzagoutz. Schaudt trouva deux localités de ce nom, car il 
est facile de reconnaître ce nom dans « Tarsoud ». Lannoy 
de Bissy donne le nom de Tarzout, mais ne place pas 
cette localité sur l'Oued Gigou, où il faut la chercher 
d'après les autres documents. Jusqu'à quel point ce chan- 
gement est nécessité par la route de Berquin, c'est ce que 
nous ne pouvons juger. 

Le gradin suivant du versant nord-est est décrit par 
Ahmed et Mohammed 2 pour la route orientale des cara- 
vanes de la même manière que par Rohlfs pour la région 
des Béni Mgill. La partie septentrionale est occupée par 
une grande plaine, Asra el Hamar (« plaine rouge ») qui 
correspond à la grande forêt vierge au sud d'Azro. Un 
chemin conduit dans cette plaine, parle fleuve Vaugiel, à 
Aïoun el Esnam, qui, d'après Bekri 3 et Ahmed, est éloigné 
d'un jour de voyage de Sfrou. Plus loin à l'est, la partie 
plate du deuxième gradin doit diminuer de largeur, et, 
au delà de la coupure des deux Oued Sebou, disparaître 
dans le versant nord du Djebel Ghiata. Au sud d' Aïoun el 
Esnam, vers la localité de Nahar Merdou, Ahmed pénétra 
dans des montagnes chauves : c'est la continuation vers 
Test de la haute plaine pierreuse, dans laquelle Rohlfs dut 
marcher pendant trois heures avant d'arriver à Souk en 
Nsara. Après que Ahmed eut franchi la lisière nord de la 



1. Pet. Mitt., 1865, p. 167. Cf. Reconn., feuille 4 et l'itinéraire Fez-Bou 
el Djad donné p. 265. 

2. B. S. G. P., 1836, t. V, p. 11-12. Renou, op. cit., p. 95,97, 100-101, 

3. Renou, op. cit., p. 105. 



180 L'ATLAS MAROCAIN 

terrasse supérieure, il atteignit bientôt Tarzout sur l'Oued 
Gigou. 

Asra el llamar est limité au nord par une chaîne mon- 
tagneuse qui, au sud de Sfrou (837 m.) 1 , porte le nom 
de Mod el Feraoun 2 ; elle paraîl avoir à peu près la hau- 
teur déterminée par deFoucauld dans l'ouest pour la haute 
plaine d'Oulmes (1 .290 m.) 3 ; elle semble appartenir, à en 
juger par l'itinéraire de Rohlfs, à la lisière de la terrasse 
dWzro, de sorte que nous pouvons admettre avec de 
Foucauld 4 une chaîne continue entre le Djebel Ghiata et la 
haute plaine d'Oulmes. 

Celle chaîne n'a qu'une faible largeur, par suite de l'éro- 
sion des affluents de l'Oued Bou Regreg, qui ont fortement 
attaqué surtoutla partie occidentale de la seconde terrasse, 
comme le montrent les mesures d'altitudes de Foucauld 5 . 
Pendant que dans la partie septentrionale du bassin de ce 
fleuve, à peu près jusqu'au sillon de l'Oued Ksiksou, les 
crêtes de partage atteignent encore 1.100 mètres et plus, 
la hauteur diminue à mesure qu'on se rapproche de la 
branche principale du système fluvial, l'Oued Grou; vers 
ce dernier cours d'eau, elle s'abaisse même à 665 mètres. 
Mais alors la route de Foucauld remonte rapidement à 
travers plusieurs chaînes basses, pour franchir enfin la 
chaîne abrupte du Djebel Hessaïa, qui, avec ses 1.100 mètres 
environ, se rapproche du niveau qu 'atteint le deuxième 
gradin au nord et doit être regardé comme sa terminai- 
son sud-ouest. 



1. Reconn., feuille 4. 

2. Ahmed et Mohammed, op. cit. 
3 Reconn., feuille 5. 

4. Sur la différence entre notre conception et celle de l'explorateur 

français, cf. ci-dessus, p. 26-28. 

5. Reconn., p. 43-18 et feuilles 3 et 5. 



LE MOYEN ATLAS 181 

} 

Les deux paliers inférieurs du versant nord du Moyen 
Atlas, qui sont marqués dans leur partie moyenne par Bab 
el Foriath et par l'entrée dans le pays de Ziz, contrastent 
plus clairement encore dans l'ouest, car là l'étage infé- 
rieur et avec lui tout le système est nettement limité par 
la vallée profondément entaillée, aux parois abruptes, de 
l'Oued Ourgelim, qui dans sa partie supérieure ne dépasse 
guère 200 mètres d'altitude \ et sépare de la chaîne prin- 
cipale les avants-monts très boisés des Zemmour Ghellaha 
(Souk et Tleta 480 m.) 2 . La paroi sud de la vallée est for- 
mée par la montée extrêmement rapide vers la haute plaine 
de Tafoudeït, dont de Foucauld franchit la lisière nord par 
621 mètres"; c'est une altitude qui correspond à celle de 
l'entrée de Rohlfs dans la plaine de Ziz, car la plaine de 
Gourr qui précède cette dernière au nord ne s'élève que 
lentement (Ait Omogol 586 m.) 4 . Les hauteurs de la par- 
tie occidentale de la plaine de Meknes sont indiquées par 
de Foucauld d'une manière peu claire. Dans son voyage 
de Meknes (535 m.) 5 à l'Oued Beht, l'explorateur français 
croisa plusieurs petits cours d'eau qui viennent des avant- 
monts des Zemmour Ghellaha, et qui, réunis à l'Oued el 
Kharroub coulant sud-nord , rejoignent l'Oued Rdem au- 
dessus deMeknes.La ligne de partage entre ces petits fleuves 
et les eaux de l'Oued Beht porte sur la feuille 3 de la Recon- 
naissance le chiffre de 305 mètres, pendant que la réunion 
des affluents de l'Oued Rdem est à une altitude de 341 mè- 
tres. Lannoy de Bissy évite la contradiction, en attribuant 
ces petits cours d'eau au domaine hydrographique de 

1. Reconn.y feuille 3. 

2. Ibid. 

3. Reconn.y feuille 3. 

4. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 

5. Reconn., feuille 3. 



182 L'ATLAS MAROCAIN 

l'Oued Beht et en les faisant venir de l'angle occidental de 
la plaine de Meknes. Nous préférons regarderie chiffre 305 
comme une faute d'impression pour 350, ce qui permet 
de laisser sans changement toutes les autres données de 
Foucauld. 

S'élevant par une série de pentes et de gradins qui 
constituent la haute plaine de Tafoudeït, le voyageur fran- 
çais atteignit, par un col de 885 mètres *, quelques petits af- 
fluents de l'Oued Beht, qui ont profondément taillé leur 
vallée dans le flanc de la deuxième terrrasse. Ce col corres- 
pond au Bah el Foriath, évalué à environ 900 mètres, par 
lequel Rohlfs pénétra dans la chaîne proprement dite ; la 
troisième terrasse elle-même, dans la région traversée 
par de Foucauld, semble avoir une largeur à peine appré- 
ciable. Son extrémité orientale se trouve d'après cet infor- 
mateur 2 dans le Djebel el Behalil, que suit la moitié 
supérieure de la route Fez-Sfrou 3 ; cependant Ahmed 
mentionne pour la moitié orientale de cette route le Djebel 
Asabah, de sorte qu'il n'est pas impossible que la troisième 
terrasse s'étende aussijusqu'au Djebel Ghiata, comme nous 
l'avons admis plus haut 4 pour la seconde. Nous ne savons 
rien de son tracé dans la région hydrographique de l'Oued 
Bou Regreg; d'après la caractéristique donnée par de Fou- 
cauld de la partie supérieure de ce bassin, pour le troisième 
gradin aussi l'érosion et la destruction par les agents ex- 
ternes a dû avoir beaucoup d'importance. Son extrémité 
sud-ouest doit se trouver dans la chaîne des Béni el Khi- 
ran ou Hiran 3 , qui paraît être un contrefort occidental du 

1. Reconn., feuille 3. 

2. Carte, et Reconn., feuille 3. 

3. Ahmed, op. cit. 

i. Ci-dessus, p. 179. 

5. Erckmann, op. cit., p. 66 : une route conduit par une brèche de 
cette chaîne de la région des Saïr dans la province de Chaouïa. 



LE MOYEN ATLAS 183 

Djebel Hessaïa. Nous avons rendu le versant abrupt de la 
chaîne des Béni Khiran d'après l'itinéraire de Le Vallois 
tel qu'il figure sur la carte de Lannoy de Bissy. L'itinéraire 
même ne nous est pas connu. A en juger par le tracé de 
quelques cours d'eau traversés dans cette région par Le 
Vallois et par de Foucauld entre Bou el Djad et Kasba 
Tedla, les montagnes des Béni Khiran commencent aux 
terrasses d'érosion franchies par Lenz plus loin à l'ouest à 
Aïn Zettat; ainsi, à l'est comme à l'ouest, la fertile pro- 
vince des Chaouïa constituerait les avant-monts de la haute 
plaine calcaire intérieure, en général infertile et s'élevant 
jusqu'à 800 mètres 1 . 

La quatrième terrasse du versant nord du Moyen Atlas 
n'a pas été observée à l'est du pays de Ziz et paraît se ter- 
miner déjà à l'ouest de la route Fez-Sfrou. Nous avons 
cherché à construire son extrémité sud-ouest d'après la 
carte de Lannoy de Bissy et la route de Le Vallois, jusqu'au 
sillon de Korifla pour l'étendue duquel le texte 2 et la carte 
d'Erckmann donnent divers renseignements. De même 
que la vallée de l'Oued Ourjelim au nord-ouest, ce sillon 
paraît séparer à l'ouest les avant-monts des contreforts 
de la chaîne principale, qui forment un cinquième gradin 
dans l'angle entre Oued Korifla et Oued Bou Regreg. 
Cette région, habitée par les dangereux Zaïr, a été traver- 
sée par Le Vallois, tandis que des montagnes au nord de 
l'Oued Ourjelim et de l'Oued Bou Regreg on n'a reconnu 
que le flanc abrupt, au-dessus de la vallée inférieure de 
TOued Sebou, dont l'altitude est d'environ 50 mètres. 

Le contrefort occidental de la chaîne des Zemmour 
Chellaha est formé par la grande forêt de chênes-liège 



1. Bou el Djad : 803 m. Reconn., feuille 5. 

2. Op. cit., p. 66. 



184 L'ATLAS MAROCAIN 

de Mamora \ sur la lisière nord de laquelle se trouvent des 
marais étendus ; il atteint la mer sur la rive droite de 
l'Oued Bon Regreg, où est construite % sur une colline 
basse, rocheuse, la ville appelée daus le pays Sela (« Ro- 
cher »). Le flanc sud de la vallée est plus élevé et plus fa- 
vorable à un établissement; la ville de Rabat, bâtie en 
amphithéâtre, s'y appuie. Non loin au sud-sud-est de 
cette ville, sur les hauteurs qui commandent la rive gau- 
che de l'Oued Bou Regreg, les ruines de Ghella marquent 
encore l'emplacement de l'ancienne Sala Colonia, qui 
paraît être le point le plus méridional de la colonisation 
romaine dans la Maurétanie Tingitane 3 . 

Sur les conditions géologiques du Moyen Atlas, nous ne 
possédons que peu de données, et d'un caractère tout à 
fait général. D'après Rohlfs *, le versant nord, jusqu'au 
douar de l'Emkaden, à l'est de Tersa mta Tesmeght (bor- 
dure nord de la terrasse supérieure), est constitué presque 
partout par des grès, qu'interrompent, par places, des 
schistes, des marbres et des calcaires, parfois aussi des 
roches à micas blancs. Les remarques clairsemées de 
Foucauld concordent avec ces renseignements ; la montée 
vers la haute plaine d'Oulmes lui fut rendue difficile par 
de nombreux blocs de schistes"; la haute plaine elle- 
même est composée de sable, dur, parsemé de cailloux 
schisteux , pendant que la chaîne du Djebel Hessaïa est 
constituée par des schistes, mélangés de « terre blanche » \ 



1. Lenz, Timbuktu,!, p. 186. 

2. Ibid., p. 197. 

3. Tissot, B. S. G. P., 1876, t. XII, p. 269. 

4. Pet. Mitt., 1865, p. 168. 

5. Reconn., p. 45. 

6. Ibid., p. 46. 

7. Ibid., p. i8 



LE MOYEN ATLAS 188 

Bassin de la Moulouïa et Dahra. 

Dans la partie du bassin de la Moulouïa qui nous est 
bien connue, entre le Djebel Tamarakouit et le Djebel 
Aïachin, on peut distinguer deux gradins : le gradin supé- 
rieur et le gradin inférieur. Le premier est désigné par 
de Foucauld, au pied nord de l'Aiachin, sous le nom indi- 
gène de Sahàb el Geddim 1 ; il évalue sa hauteur, non 
loin du point où il se sépare du Haut Atlas, à 1.740 mè- 
tres 2 , pendant que Rohlfs, après l'ascension du Djebel 
Tamarakouit, déterminait dans la partie occidentale du 
gradin supérieur la localité de Boulaïoul, à 1.802 mè- 
tres 5 , et au sud de celle-ci la principale localité du pays 
d'El Outtad, à 1 .789 mètres*. Entre ces deux localités, 
l'explorateur allemand franchit d'abord l'Oued Moulouïa, 
qui forme ici la limite entre les Béni Mgill et les Ait 
Izdig 5 , puis l'Oued Sgemmel, aux eaux plus abondan- 
tes, quelques heures au-dessus de l'endroit où il s'unit à 
la Moulouïa \ Les lits des deux fleuves sont profondément 
entaillés dans le granité, roche qui constitue la plaine de 
la Moulouïa sur toute sa largeur entre le Djebel Tamara- 
kouit et le Djebel Aïachin. Ce massif ancien paraît avoir 
eu la plus grande importance pour le développement du 
système de l'Atlas dans le nord-est du Maroc, et avoir 
notamment déterminé le changement de direction du 
Haut Atlas dans le Djebel Aïachin. 

1. Reconn., p. 235. Geddim est le nom de l'halfa, dont les touffes par- 
sèment la plaine. 

2. Reconn., feuille 17. 

3. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 

4. Ibid. 

5. Pet. tft'ff., 1865, p. 170. 

6. Pet. Mitt., 1865, p. 169. 



186 L'ATLAS MAROCAIN 

D'El Outtad, Rohlfs atteignit Sebsakh,en quatre heures 
d'une course rapide à cheval, et trois heures plus loin 
l'entrée du Tizi n Telghemt. Schaudt pénétra dans cette 
région, qu'il appelle d'ailleurs Odad, en venant du sud, 
probablement en suivant le petit cours d'eau qui porte 
le nom même de la contrée 1 . Parmi les douze localités 
qu'elle renferme, Schaudt 2 en mentionne deux qui sont 
identiques à celles visitées par Rohlfs : Ottmann Abousa 
(Aidman <> Môsa) et Taschanit (Tschaschanitz). Le pays 
d'El Outtad est, d'après Schaudt 3 , une des hautes plaines 
qui constituent la région des sources de l'Oued Moulouïa. 
Le voyageur visita aussi, à une demi-journée de voyage 
d'El Outtad (sans doute dans la direction de Fouest), la 
haute-plaine de Ghochat, célèbre par sa richesse en mi- 
néraux et en pierres précieuses ; elle est voisine de la Mou- 
louïa qui, au-dessus de sa jonction avec l'Oued Sgemmel, 
suit déjà la direction qu'elle conserve au-dessous de ce 
point jusqu'à Ksabi ech Gheurfa *. 

Pour le passage du gradin supérieur au gradin inférieur, 
nous n'avons de donnée qu'au sud du pays d'El Outtad. 
La transition est formée là par un talus haut de 25 mètres 5 
entre le Sahab el Geddim qui s'incline fortement vers 
le nord (1.740-1.542 m.) % et le Sahab el Ermes. Cette 
dernière dénomination comprend la plaine que l'Oued 
Moulouïa partage en deux parties inégales. Sur la rive 
gauche, où, d'après une vue erronée 7 de Foucauld, elle 

1. Ci-dessus, p. 141. 

2. Op. cit., p. 406. 

3. Ibid., p. 405. 

4. Ibid., p. 406. 

5. Rcconn., feuille 17. 

6. Ibid. L' ermes est une plante basse qui couvre la plaine (Reconn., 
p. 235). 

7. Reconn., p. 238. 



LE MOYEN ATLAS 187 

s'étendrait jusqu'au pied du Moyen Atlas, la plaine a une 
largeur de 3-6 kilomètres; cette largeur va en diminuant 
de plus en plus vers Test, jusqu'à ce que, aux deux tiers du 
chemin entre Ksabi ech Cheurfa et le Misour, elle se ter- 
mine au pied de hautes montagnes qui bordent directe- 
ment le fleuve. Ce que de Foucauld, à 3-6 kilomètres de 
distance au nord de Ksabi ech Cheurfa, regarde comme le 
Moyen Atlas, est le Ghabet des Béni Obeïd, connu par les 
anciens itinéraires 1 ; c'est, en réalité, le bord relevé du 
gradin supérieur, qui est séparé de la chaîne principale 
du Moyen Atlas par la plaine de Serkou (dit aussi Enzil 2 
ou Rsour Ait Youssi), et par le pays de Khimet el Arbi. 

Les rochers rouges qui, au-dessus du Misour, bordent 
la Moulouïa et terminent la plaine de la rive gauche, sont 
l'extrémité orientale du Chabet des Béni Obeïd. Là, le 
fleuve commence à courir plus au nord, pour contourner, 
par une ligne bien marquée, la chaîne du Moyen Atlas, 
jusqu'au moment où il sort des montagnes. D'après la 
pente de la Moulouïa, telle que de Foucauld l'exprime par 
des chiffres 3 , le fleuve devrait, à sa sortie de la chaîne, 
couler à 500 mètres à peine au-dessus du niveau de la 
mer. La vallée ne doit pas être très large en ce point, car 
les caravanes l'évitent, comme le montrent les itinéraires 
de Schaudt et de Foucauld. 

La plaine de la rive droite de l'Oued Moulouïa est beau- 
coup plus grande que celle de la rive gauche. A l'endroit 
le plus large, entre le Chabet des Béni Obeïd et le Rekkam, 
qui ferme la vallée à l'est, elle a une étendue de plus de 
30 kilomètres 4 ; au nord elle se rétrécit, car le Rekkam se 

1. B. S. G. P., 1836, t. V, p. 13. Renou, op. cit., p. 95-98. 

2. Inschill (Schaudt, op. cit., p. 411). 

3. Reconn., feuille 19. 

4. Reconn. , p. 239. 



L'ATLAS MAROCAIN 

rapproche de plus eu plus du fleuve 1 . Cette plaine est* 
plus déserte qu'aucune partie du Sahara marocain; sur 
son sol de sable durci, l'alfa vit misérablement. C'est seu- 
lement près du fleuve même qu'une végétation puissante 
se développe, sous l'influence de l'irrigation naturelle, 
encore améliorée par l'art, en une série d'oasis parmi les- 
quels le Misour et l'Outtad des Ouled el Hadj (33° 21' 28" 
lat. N.) e , sont les plus importants. Au sud et à l'est, la 
plaine de la Moulouïa est fermée par un rempart que for- 
ment les flancs du Sahab el Geddim et du Rekkam. 

Le Rekkam est décrit par de Foucauld 3 comme une 
rampe formée par des étages de grès bas et aux pentes 
douces, qui va du Haut Atlas aux montagnes de Dedbou. 
Les conditions ci-dessus indiquées paraissent commander 
de rattacher le Rekkam non pas au Haut Atlas même 4 , 
mais plutôt au Sahab el Geddim qui le précède 5 . Les alti- 
tudes observées par l'explorateur français y invitent éga- 
lement. De Kasba el Makhsen (1.211 m.), une des Ksabi 
ech Cheurfa (par 32° 50' 1 4" lat. N. et 4° T 30" W. Gr.) 6 , de 
Foucauld reconnut le Rekkam dans son tracé au sud comme 
une hauteur peu importante, qui, d'après le profil n° 3, de- 
vait être eslimêe à 1.300-1.400 mètres; dans sa montée à 
Debdou, il évaluait à 941 mètres la bordure du rempart 
oriental de la vallée de la Moulouïa, au nord de la mon- 
tagne appelée Ras Rekkam, qui dépassait ledit rempart 
d'environ 60 mètres 7 . Le Rekkam, avec sa hauteur qui va 



\. Rcconn., p. 244. 

2. lieconn., p. 415. 

3. Ibid., p. 2.'39 et 371, 
\. Cf. Reconn., p. 239. 

5. Ibid., feuille 17. 

6. Ibid., p- 415. 

7. ibid., feuille 19. 



LE MOYEN ATLAS 189 

en diminuant vers le nord, paraît donc indiquer la pente 
de la plaine du Dahra, pente marquée d'autre part par 
l'Oued Gharef 1 . 

L'intérieur de cette plaine est encore peu exploré, ce- 
pendant nous avons quelques données sur sa nature dans 
la relation 2 de Schaudt. Celui-ci décrit le Dahra, ou, 
ainsi qu'il écrit, Dahara, comme un désert, qui s'étend sur 
une largeur de près de quatre jours de voyage, depuis 
Debdou jusque dans la région de Figuig, une mer de sable 
sans buissons ni arbres, avec une eau rare et généralement 
salée. La végétation maigre se compose de trois plantes, 
dont chacune domine dans une partie : ces plantes sont le 
chih, Tiialfa, et une plante verte à rhizome, haute seule- 
ment de quelques pouces, qui peut-être est identique à la 
plante lichéneuse que de Wimpffen 3 donne comme carac- 
térisant la région de Mengoub (plaine de Tamlelt), et dont 
les indigènes utilisent les propriétés médicinales. 



1. Dastugue, Carte du commandement du Tafilala, etc., op. cit. 

2. Op. cit., p. 301. . 

3. Op. cit., p 38. 



CHAPITRE III 



l'anti atlas 



Origine et sens de cette dénomination. 

Les cartes du siècle dernier, aussi bien celle de d'Anville 
(1759) 1 , le père de la géographie critique, que celle du 
médecin anglais Lemprière (1793) 2 , qui, dans son voyage 
avec son malade, le fils préféré du sultan d'alors, alla 
jusqu'à Taroudant, la capitale du Sous, n'offrent aucune 
indication d'une chaîne montagneuse au sud du Haut Atlas. 
C'est seulement vers la fin du dix-huitième siècle que 
le consul anglais Jackson 3 , pendant un séjour de dix-sept 
ans dans le Sous, put accroître notablement notre connais- 
sance effective des conditions géographiques de cette 
contrée. C'est sur sa carte que nous trouvons pour la pre- 
mière fois une chaîne au sud de Taroudant, représentée 
avec une précision remarquable pour l'époque, aussi bien 
en ce qui concerne ses relations avec la chaîne principale 
que pour ce qui regarde son articulation dans son tracé 
à l'ouest. Il est vrai qu'il ne fut pas permis à Jackson de 
suivre cette chaîne de hauteurs jusqu'à la côte ; ses excur- 

1. Mém. de VAcad. d. I. et B.-L., 1759, loc. cit. 

2. A tour frorn Gibraltar, etc. (cf. ci-dessus, p. 30). 

3. An Account of the empire of Marocco, etc. (cf. ci-dessus, p. 30). 



L'ANïl ATLAS 191 

sions dans la région de l'Oued Mesa l'autorisèrent seule- 
ment à émettre à ce sujet des hypothèses qui n'ont trouvé 
leur justification que dans ces vingt dernières années, avant 
de figurer sur les cartes récentes, et encore seulement 
à titre d'indication. Renou (1846), dont la carte a été long- 
temps la principale autorité pour cette région, a complè- 
tement négligé Jackson ; il y fut engagé, semble-t-il, par le 
jugement sévère, et, autant que nous pouvons en juger 
aujourd'hui, injuste, porté sur Jackson par Badia 1 . La 
représentation de Renou, qui s'appuyait sur les relations 
des anciens géographes arabes et de quelques Européens 
qui avaient traversé très hâtivement cette région, fut com- 
plétée par les informations recueillies par Beaudouin à 
Alger et employées par lui dans sa carte (1848). Les re- 
lations, pauvres en faits géographiques, de Panet 2 ( 1850) et 
de Bou el Moghdad 3 (1861) n'ont que fort peu enrichi nos 
connaissances, à cause de l'indétermination des directions 
et des distances. Beaucoup plus important fut le voyage 
de Rohlfs (1861), qui remonta la vallée du Sous et fran- 
chit la ligne de partage des eaux de la région du Draa; 
ce voyage mit la chaîne basse du sud en relations plus 
étroites avec la chaîne principale, relations qu'il exprime 
par le mot de ramification (« FUialast »). Ce nom et les 
conditions qu'il caractérise faisaient douter Hooker 4 (1871) 
que la chaîne vue par lui au sud du Djebel Tiza, et par- 
rallèle au Haut Atlas, pût être appelée Anti Atlas 5 , car il 

1. Op. cit., 1. 1, p. 391. 

2. Cf. ci-dessus, p. 36. 

3. Op. cit., t. I, p. 391. 

4. Journal, p. 260. 

5. C'est de la carte du Journal de Hooker que la dénomination d'Anti 
Atlas a pénétré dans la nomenclature géographique comme véritable nom 
propre. Cf. la carte du voyage de Lenz par Kiepertetlacarte de Jannasch 
Handelscxpedition, 1886. 



192 L'ATLAS MAROCAIN 

devait supposer que cette chaîne, par suite de sa réunion 
avec la chaîne principale, forme la ligne de partage entre 
Oued Sous et Oued Draa. Cette idée d'une réunion de 
deux séries de hauteurs courant parallèlement à l'ouest 
parut fortifiée par une hypothèse 1 de von Fritscli; celui-ci 
pense que la « haute chaîne » vue par lui, qui ferme au 
sud-est dans le pays de Tifnout la vallée des sources du 
Sous, et qui se réunit à la chaîne principale enlreGheghaïa 
et Ourika, est la continuation de la chaîne vue par Hooker. 
On ne pouvait appliquer la dénomination d'Anti Atlas à 
toute la série de hauteurs regardées comme des « ramifi- 
cations » (Filiaiast) de la chaîne principale ; mais le paral- 
lélisme entre le rempart sud de la vallée du Sous et la 
chaîne principale occidentale est si frappant, qu'au moins 
pour ce rempart le nom fut maintenu. Aussi Lenz (1879), 
qui vit la chaîne méridionale du haut du col des Bibaouan, 
trouva la dénomination d'Anti Atlas « fort bien appro- 
priée à la deuxième grande chaîne » \ et cette idée trouva 
son expression dans la carte de Habenicht (1887), qui 
limite ce nom à la partie comprise entre l'Océan et 7° 
W. Gr. 

Sous l'influence, sous aucun doute, des informations 
de De Castries (1880), Chavanne étendit la signification 
du nom, incorporant à l'Anti Atlas le massif du Saghro que 
ces informations avaient fait connaître, et le faisant aller 
jusque près du sillon de l'Oued Ziz 3 . Il supposait que la 
réunion avec la chaîne principale se faisait par des 
« crêtes transversales basses ». Cette opinion fut confirmée 
par de Foucauld. L'explorateur français établit qu'il existe 
en fait une chaîne montagneuse, qui est dans son ensemble 

1. Mitt. d. V. f. £., Malle a. S., 1879, p. 28 et 31. 

2. Timbuktu, I, p. 279. 

3. Affilia im Lichte unserer Tage, p. 13-14. 



L'ANTI ATLAS 193 

parallèle au Grand Atlas, et qui forme la lisière nord de la 
région saharienne occidentale; qui, se reliant aux chaînes 
côtières plusieurs fois traversées à l'ouest, va jusqu'au 
Djebel Saghro, mais s'éteint à Test de ce massif dans les 
hautes plaines entre Draa etZiz, plaines qui se poursuivent 
au delà de ce dernier fleuve jusqu'en Algérie 1 . 

De Foucauld appelle cette chaîne parallèle Petit A tlas 
à cause de sa hauteur plus faible, en opposition avec 
le Grand Atlas, notre Haut Atlas-, il s'appuie à cet égard 
sur Ptolémée qui, à ce que pense l'explorateur fran- 
çais 2 , sans d'ailleurs en donner de preuve, aurait em- 
ployé ces appellations pour les mêmes chaînes, mais en 
sens inverse 3 . Ptolémée, avec sa connaissance défectueuse 
de notre région, est trop ancien pour être une autorité dans 
la question ; en outre, sa description, qui, dans la contrée 
qui nous occupe, est plus claire et plus concordante avec 
les résultats des explorations récentes que dans toute autre 
partie, contredit les assertions de Foucauld. La position 
de X Atlas mïnor et du Durdus nions au sud du Subur 
(l'Oued Sebou) et des établissements romains de Sala et 
Volubilis 4 exclut toute espèce de doute sur l'identité de 
cette chaîne avec le Moyen Atlas, dont l'explorateur fran- 
çais regrette l'omission chez le géographe ancien. 11 est 
difficile d'admettre que les relations sur lesquelles Pto- 
lémée fondait sa carte n'aient pas mentionné la chaîne 
limitant au sud la Maurélanie Tingitane, qui parait avoir 
eu dans l'histoire ancienne la môme signification qu'au- 
jourd'hui pour le partage du pays en deux parties " ; c'était 

1. Reconn., p. 101. 

2. lbid., p. 98-99. 

3. Cf. ci-dessus, p. 26. 

4. Tissot, B. S. G. P., 1876, t. XII, carte. 

5. Cf. ci dessus, p 32. 

13 



194 IL'ATLAS MAROCAIN ' 

l'unique fragment de l'Atlas marocain que l'antiquité pût 
à peu près connaître. D'autre part, comme de Foucauld 
en convient tacitement, la correspondance des cours du 
Subur et de l'Oued Sous, en dehors des autres raisons, 
ne permet pas de douter que l'A lias major ne soit noire 
Haut Allas. 



La ligne de partage des eaux entre l'Oued Sous et 
TOued Draa. 



La chaîne principale et la chaîne parallèle sont réunies 
par une barrière transversale, que nous allons nous efforcer 
de décrire, avant de parler de l'Anli Allas proprement 
dit. Une telle description présenle de nolables difficultés, 
car celte chaîne de hauteurs n'a été traversée qu'une fois, 
par Rohlfs, et pour accomplir noire tâche, en dehors des 
profils de Foucauld et Thomson, nous n'avons que les in- 
formations indirectes du premier, qui ici surprennent une 
fois encore par leur précision et leur concordance avec 
celles d'autres explorateurs, notamment de De Castries. 

De Foucauld 1 caractérise la jonction entre les deux 
chaînes comme un massif monlagneux, composé de 
haules plaines désertes, tombant en terrasses vers l'est et 
l'ouest, et dans lesquelles court la ligne de partage entre 
Oued Sous et Oued Draa. Du milieu de ce sauvage pays 
montagneux s'élève un sommet visible au loin, le Djebel 
Siroua, qui, au dire des indigènes, porte une neige éter- 
nelle 2 . Hooker 3 a déjà fait remarquer qu'il ne faut pas 



1. Reconn., p. 102. 

2. Ibid., p. 96. 

3. Letters to Sir Roderick Murchinson, etc. (Proc. R. G. S. London, 1871, 
\ V, p. 216). 



L'ANTI ATLAS 195 

prendre de pareilles données trop au pied de la lettre. La 
description de l'explorateur français correspond en subs- 
tance à celle de Rolilfs; ce dernier, de Ras el Oued (sur le 
Sous supérieur), se dirigeant au sud-est, marcha à travers 
des plaines stériles, entourées de montagnes, ramifica- 
tions de l'Atlas (c'est-à-dire du Haut Atlas); le troisième 
jour il parvint, en passant par une gorge large de 5 pas et 
enserrée par de hautes murailles d'environ 300 mètres, 
dans le pays de Tazenakht, à la localité deTesna 1 . Cet 
itinéraire est menlionné par de Caslries 2 , qui précise son 
tracé de la manière suivante : il longe l'Oued Tazenakht, 
passe par Ikhf Anan dans la région des Ait Oubial et par 
Taguergoust dans la région des Zagmouzen 3 , pour at- 
teindre le pays de Sous dans la localité d'Aoulouz. Ces 
données sont rendues très vraisemblables parles positions 
des pays et des fleuves en question telles que les donne 
de Foucauld. Que la caravane de Rohlfsait visité la loca- 
lité principale de Tazenakht, comme l'admet Habenicht 
dans sa reconstruction de l'itinéraire allemand, cela nous 
paraît douteux, car le voyageur aurait sûrement men- 
tionné dans ce cas celte place de commerce, encore im- 
portante 4 alors. On devrait plutôt comprendre sous ce 
nom, comme l'indique Lannoy de Bissy, une région dé- 
pendante de la grande oasis 5 située beaucoup plus à l'est, 
puisque le col qui conduisit Rohlfs dans le « pays de Tas- 
sanakht » doit être cherché dans la principale ligne de 
partage. Cette idée est rendue plus vraisemblable encore 

1. Pet. Mitt , 1865, p. 365. 

2. B. S. G. P., 1880, t. XX, p. 511 ; pour plus de détails, voir la remar- 
que sur la carte. 

3. Ce sont eux qui donnent leur nom à la branche-mère méridionale 
de lOued Sous. Reconn., p. 321. 

4. Reconn., p. 109. 

5. 30° 34' 40" W. Gr., 6° 58' 30" lai. N. (de Foucauld, Reconn. , p. 415). 



196 L'ATLAS MAROCAIN 

par la remarque de Foucauld 1 , que l'expression « pays de 
Tazenakht » est assez indéterminée, et comprend même 
souvent la région occidentale de l'Amara. 

Le col franchi par Kohlfs est au sud du Djebel Siroua, 
qui, d'après de Foucauld, forme un centre de divergence 
pour les affluents de l'Oued Sous et de l'Oued Draa. De là, 
la ligne de partage de ces fleuves s'étend au nord et au 
sud, jusqu'au Haut Atlas et à l'Anti Atlas. L'explorateur 
français 8 met le tracé sud de cette ligne de partage au 
milieu de la haute plaine déserte (Khela) de Ta ou Amelloul 
et de Tasghirt, mais il n'explique pas dans ce passage de 
son livre comment elle est constituée. Par contre, il donne 
en un autre endroit 3 le profil d'une chaîne montagneuse 
qu'il vit du Tizi n Haroun (7° 15' W. Gr.) « en direction 
nord », et qui, apparemment plus haute que son point 
d'observation, a son extrémité orientale dans le Djebel 
Siroua. Cette chaîne de hauteurs n'est malheureusement 
marquée sur aucune des cartes de Foucauld, de sorte que 
l'endroit où elle se sépare de l'Anti Atlas n'est pas déter- 
miné avec précision. Lannoy de Bissy et Habenicht cher- 
chent ce point un peu à l'ouest des postes d'observation de 
Foucauld, et font faire un arc important 4 à la chaîne com- 
prise entre Tizi Azrar et Tizi n Haroun, qui d'après cet ex- 
plorateur se dirige pourtant en ligne droite. Pendant que 
Lannoy de Bissy relie l'Ami Atlas au Djebel Siroua, Habe- 
nicht recourbe la chaîne au nord-est, de sorte qu'elle cesse 
d'être la principale ligne de partage des eaux. Nous plaçons, 



1. Reconn., p. 281. 

2. Reconn., p. 282. 

3. lbtd., p. 204. 

4. Une conséquence de cette modification importante est le déplacement 
vers l'ouest, dans L. de Bissy, de l'Oued Ighan Ikis, le long duquel de 
Foucauld monta au Tizi n Haroun. 



L'ANTI ATLAS 197 

sans changer si peu que ce soit le croquis de Foucauld, la 
séparation du contrefort transversal à l'endroit que l'explo- 
rateur indique sur sa carte 1 comme un point de très grande 
importance pour la structure et l'articulation de l'Anti 
Atlas. Ce point se fait aussi remarquer extérieurement 
par son élévation puissante, qui le rend reconnaissable de 
loin. Hooker le vit du Djebel Tiza dans la chaîne principale 
« a few degrees West of due Soulh* », c'est-à-dire juste à 
l'endroit donné par de Foucauld; il se détachait, par ses 
contours très accentués, au-dessus de la ligne des crêtes 
doucement ondulée. Non loin à Test du sommet, de Fou- 
cauld, avant d'atteindre la chaîne principale de l'Anti 
Atlas au Tizi Azrar (1 .934 m.) 3 , dut franchir une chaîne de 
plus de 1.800 mètres de haut, dirigée au nord-est; elle 
est séparée par une large et profonde vallée (Taourirt, non 
loin de l'extrémité supérieure, 1.539 m.) 4 de lachaîne prin- 
cipale, plus élevée ici d'environ 100 mètres. Cette avant- 
chaîne septentrionale 5 est le commencement des hauteurs 
vues par de Foucauld du Tizi n Haroun « en direction 
nord », qui établissent la jonction entre Anti Atlas et 
Djebel Siroua et séparent les eaux de l'Oued Sous et de 
l'Oued Draa. De cette manière, l'Oued Azrar, le fleuve qui 
draine ce profond sillon entre la chaîne principale etl'avant- 
chaîne septentrionale, est attribué, comme étant le cours 
supérieur de l'Oued Tasghirt, au domaine hydrographique 
de l'Oued Draa, et non, comme l'admettent Lannoy de Bissy 
et Habenicht, à l'Oued Sous. Notre opinion est fortifiée 



1. B. S. G. P., 1887. 

2. Journal, p. 262. 

3. Reconn., feuille 9. 

4. Ibid. 

5. Cf. carte de Thomson dans Proceed., 1889. 



198 L'ATLAS MAROCAIN 

par les données de Foucauld 1 sur le cours de l'Oued Tas- 
ghirt. L'Oued Tazenakht se forme, quatre heures au-dessus 
de l'oasis du même nom, à la localité de Imidgher Tah- 
tani, par la réunion de trois fleuves : l'Oued Siroua, l'Oued Ta 
ou Amelloulet l'Oued Tasghirt. Les deux premiers coulent 
par les pays d'Aït Ouaghrda et d'Amara. L'Oued Tasghirt 
est le plus long de ces cours d'eau. Il prend sa source dans 
le Khela Tasghirt, ce désert qui, avec le KhelaTaou Amel- 
loul, remplit l'espace compris entre le Djebel Siroua et 
l'Anti Atlas et paraît même empiéter sur cette chaîne, 
puisque l'Oued Aguinan. affluent de droite de l'Oued Draa 
inférieur, doit y prendre sa source. L'Oued Tasghirt coule 
« longtemps » dans cette région montagneuse déserte, et 
l'abandonne à une demi-journée de voyage au dessus de 
Tamserra, lalocalité la plus élevée de l'Amara ; trois heures 
au-dessous de ce point, à Imidgher Tahtani, il se réunit 
aux deux autres cours d'eau qui constituent l'Oued Taze- 
nakht. 

L'affluent le plus éloigné vers le nord-ouest du bassin du 
Draa, l'Oued Tidili, rassemble ses eaux 2 près de la mon- 
tagne du même nom ; un cours d'eau qui va à l'Oued Sous 
dans la région du Tifnout descend du Tizi Tagherat et 
coule à Test 3 pour se recourber ensuite au sud-ouest ; c'est 
donc entre ces deux fleuves que doit se trouver la moitié 
nord de la ligne de partage Draa-Sous, et elle doit se rat- 
tacher à la chaîne principale. En fait, von Fritsch, du haut 
du Tizi Tagherat, vit « une haute crête montagneuse » 
s'unir à lachaîne principale entre Gheghaïaet Ourika ; cette 
crête ferme au sud-est la vallée de l'Oued Tifnout, et le 
voyageur crut y reconnaître l'extrémité orientale de l'Anti 

1. lieconn., p. 281-282. 

2. Reconn., p. 93 et 278. 

3. Mitt. d. Ges. f. Erdk. Halle a. S., 1879, p. 28. 



L'ANTI ATLAS 199 

Atlas vu par llooker. Quant à la continuation de celte 
crête jusqu'au Djebel Siroua, nous savons que deux che- 
mins conduisent de la région du Draa à la branche sep- 
tentrionale de l'Oued Sous. L'un franchit la ligne de par- 
tage non loin de Djebel Siroua, au Tizi n Ougdour 1 ; il unit 
la vallée de l'Oued Amasin", qui prend sa source à ce col 
et qui est un affluent de gauche de l'Oued lriri,venu du 
Djebel Siroua, avec celle de l'Oued Tifnout; il traverse le 
Rhela Igisel, large de cinq heures, pour aboutir au pays 
des Ait Tameldou, sur le versant sud du Tizi n Tamjourt. 
Le second chemin passe plus au nord; il part du pays de 
Telouet, et, par la région du Tidili, aboutit à l'ouest à Tif- 
nout. Le col qui marque le passage par dessus la ligne de 
partage n'a reçu de nom ni de Foucauld, ni de Gastries 3 ; 
ce dernier mentionne, comme station de ce chemin dans 
la région de l'Oued Draa, la localité d'Agerdhan ou Ardous ; 
d'après lui , l'itinéraire pénètre dans le bassin du Sous par le 
pays d'Ousiouen ou Iousioun 4 , partie la plus élevée de la 
région des sources de l'Oued Tifnout. Thomson 5 , qui parle 
aussi de ce chemin, a entendu dire par les indigènes qu'il 
était très pénible. 

Il est facile de reconnaître la chaîne de partage esquissée 
ci-dessus dans la « belle chaîne montagneuse » que vit de 
loin Thomson 6 au sud-ouest du Djebel Telouet ; « frontmg, 
thouyh not running parallel to the Atlas », elle s'élève en 
son milieu jusqu'à un sommet important strié de neige 
(évalué à 3.000-3.300 m.) : c'est le Djebel Siroua de Fou- 



1. Reconn., p. 336. 

2. lbid., p. 279. 

3. Op. cit., p. 510. 

4. R"Conn., p. 321. 

5. Travels,p. 236. 

6. lbid. 



200 L'ATLAS MAROCAIN 

cauld. Thomson aété amené ultérieurement par ses propres 
observations et par les remarques de Foucauld à modifier 
sa conception primitive, telle qu'elle figure sur sa pre- 
mière carte ! d'une manière qui d'ailleurs ne correspond 
pas complètement au texte; il fut conduit à regarder 2 cette 
chaîne comme la lisière sud de la haute plaine, fortement 
érodée par l'Oued Draa et l'Oued Sous, qui sert de socle à 
la chaîne principale, laquelle plonge à pic d'environ 
2.000 mètres. Cette conception trouve son expression dans 
la carte d'ensemble des hauteurs jointe à l'œuvre de 
Thomson. 

La chaîne de jonction entre le Djebel Siroua et le Haut 
Atlas à l'est du Tizi n Telouet, qui figure sur les cartes de 
Lannoy de Bissy et de Habenicht, n'est pas connue par des 
explorations effectives ; c'est une conjecture fondée sur 
la représentation inexacte chez de Foucauld du Djebel 
Telouet, qui limite au sud le pays de Telouet. Le Djebel y 
est indiqué comme un cône montagneux à pente raide au 
nord et au sud ; Thomson 3 , qui en fit l'ascension et l'évalua 
à 2.229 mètres*, reconnut que ce n'est pas un sommet do- 
minant, mais seulement une partie de la bordure nord de 
la haute plaine du Draa, dont les couches gréseuses sont re- 
dressées en une muraille sur un espace d'environ 15 kilo- 
mètres. Le long de cette muraille s'étend au nord, paral- 
lèlement au Haut Atlas, la dépression de la vallée du 
Telouet, probablement le fond d'un ancien lac, dont le 
sol est aujourd'hui couvert de vertes prairies et de champs 
fertiles, formant un agréable contraste avec le désert en- 
vironnant. La formation de cette vallée longitudinale 

1. Proceed., lac. cit. 

2. Travels, p. 236. 

3. I6id.,p. 235. 

4« Proceed., loc. cit., carte. 



L'ANTI ATLAS 201 

paraît avoir été accompagnée par la venue au jour de 
roches éruptives récentes en grande abondance, comme 
en témoigne' la présence d'importantes masses de basalte 
sur le flanc nord de la vallée, notamment dans la partie 
orientale. D'après l'opinion de Thomson, le cône isolé du 
Djebel Ounila ou Anghemer* doit également son origine à 
l'activité volcanique. Il faut remarquer ici, comme dans la 
zone inférieure des avant-monts des provinces de Ghe- 
ghaïa et d'Ourika, la présence concomitante de roches 
éruptives récentes et de rochers de sel cristallisé 3 . Ces 
derniers se trouvent notamment dans l'Oued Melh (fleuve 
salé) ou Asif Marghen, qui parcourt la vallée du Telouet 
dans sa direction est-ouest, avant que, ayant reçu l'Oued 
Tichka, il pénètre dans la haute plaine du Draa à sa lisière 
septentrionale. Au débouché de cet affluent, à Imirghen, 
un gîte salifère étendu paraît venir au jour. A l'ouest, la 
vallée du Telouet est fermée par des montagnes basses, 
au delà desquelles le Haut Allas tombe directement sur la 
haute plaine du Draa*. 

L'Anti Atlas. 

L'Anti Atlas est une chaîne de montagnes continue, qui, 
dans la plus grande partie de son tracé, a une élévation 
moyenne et uniforme de 2.000 mètres 8 , mais danslaquelle, 
par suite de la structure et de la disposition des crêtes, on 
observe une division nette en trois parties. La partie occi- 
dentale est composée de deux fragments : une chaîne prin- 

i. Travels, p. 241. 

2. Reconn., p. 95. 

3. Ibid. t p. 277-278. 

4. Travels, p. 236. 

5. Reconn., p. 100. 



20^ L'ATLAS MAROCAIN 

cipale haute d'environ ±.000 mètres, couronnée par de 
hautes plaines, qui commence à environ 40-50 kilomètres 
de la côte, et une chaîne parallèle au sud, de 1.200- 
1.300 mètres de hauteur moyenne, dont les contreforts 
amènent l'Atlas jusqu'à la côte, et qui se termine à l'est en 
un sommet que Hooker ', le voyant du Djebel Tiza, évaluait 
à 2.700-3.000 mètres. Dans le Djebel Tiza se marque, ainsi 
que nous l'avons montré plus haut 2 , le passage à la struc- 
ture qui caractérise la partie suivante de l'Anti Atlas : c'est 
une arête plusieurs fois brisée, avec une crête unique et 
effilée, qui conserve son caractère à peu près jusqu'à la 
coupure de l'Oued Draa. Mais déjà, à l'ouest de ce tleuve, 
dans la division en deux parties de la chaîne du Djebel 
Tifernin, on remarque l'articulation propre à la troisième 
partie, qui est bien nette dans le plus haut massif de toute 
la chaîne, le Djebel Saghro, et se poursuit plus à l'est avec 
une altitude beaucoup moindre : une haute plaine avec 
une bordure nord élevée et une bordure sud basse. 

1 . Partie occidentale. 

A partir d'une ligne de crêtes horizontale 3 , que de Fou- 
cauld traversa par le Tizi n Iberkaken, haut de 1.912 mè- 
tres 4 , la partie supérieure de la chaîne principale s'abaisse 
au nord et au sud, mais d'une manière dissymétrique, car 
ausudonatteint la lisière des montagnespar 1 .873 mètres 5 , 
au nord seulement par 1.247 mètres 6 . Le versant sud 
tombe rapidement dans sa partie supérieure, plus douce- 

1. Journal, p. 262. 

2. Ci-dessus, p. 197. 

3. Reconn., p. 100. 

4. Ibid., feuille H. 

5. Ibid. 

6. Ibid. 



L'ANTl ATLAS 203 

ment dans la partie inférieure, vers un sillon longitudinal 
dont le fond fut estimé par de Foucauld dans son cours 
moyen (l'Oued Akka) à environ 1.100 mètres 1 . A son ex- 
trémité probable vers Test (à l'Oued Sidi Mohammed ou 
Yakob 2 ), le sillon fut traversé par ce même explorateur et, 
ici comme là, reconnu par lui pour une large vallée longi- 
tudinale, séparant la chaîne proprement dite des hauteurs 
situées plus au sud, qui ont également la forme pro- 
noncée d'une chaîne. Le voyageur franchit ces dernières 
auTizi Tanamrout (1.310 m.) 3 . Le résultat des explorations 
de Foucauld quant à l'existence d'une vallée longitudinale 
dans le cours montagneux moyen des deux fleuves ci-des- 
sus mentionnés permet de conclure à des conditions sem- 
blables pour l'Oued Tatta 4 situé entre eux, et venant égale- 
ment de la lisière de la haute plaine; nous avons indiqué 
son tracé en conséquence. Ce sillon séparatif atteint son 
extrémité occidentale, d'après Mardochée 5 , dans la vallée 
supérieure de l'Oued el Ghas 6 , pendant que l'avant-chaîne 
basse au sud de ce fleuve se ramifie plusieurs fois et cou- 
vre de ses branches la région entre Oued el Ghas et Oued 
Asaka. 

De la lisière du versant nord de la chaîne principale, 
qu'il atteignit du Tizi n Iberkaken par des gradins d'une alti- 
tudede 1 .600 mètres (Asagharad 1 .580 m.) 7 et 1 .400 mètres 
(Touf el Az), de Foucauld arriva, par un chemin que sa 
raideur rendait très difficile, à une deuxième terrasse assez 

1. Reconn., feuille 11. 

2. Ibid., feuille 10. 

3. lbid., feuille 11. 

4. lbid., p. 309. 

5. B. S. G. P., 1875, t. X, p. 568. 

6. Mardochée, carte, loc. cit., écrit : Oued el Gas; Lenz (/oc. cit.) : Raz 
Douls (loc. cit., p. 472) : Oued el Rhas. 

7. Reconn., feuille 11. 



204 L'ATLAS MAROCAIN 

large (Afikourahen * 967 m. 2 ). Pendant la descente, il ne 
rencontra plus aucun gradin 3 jusqu'à Taourirt ou Seliman 
35 \ m.)% dans le pays d'Ikounka, où sont les avant-monts 
des Chtouka. Le versant ouest, d'après la description de 
Lenz% tombe aussi à pic que ce versant nord-ouest vers 
un pays de collines basses, dépassant à peine 300 mètres 6 , 
qui se transforme au sud-ouest de Taourirt en une plaine 
parsemée de dunes, d au moins 30 kilomètres 7 de lar- 
geur, entre l'Oued el Ghas inférieur et l'Oued Sous. Ce pays 
de collines est habité par les Kabyles Chtouka, Ait Milk 8 
et Ait Lougan 9 . Lenz, qui, pour sa sûreté, chemina à 
l'ouest de la route principale plus rapprochée de la chaîne, 
traversa la région des Ait Milk, tandis qu'elle n'est point 
mentionnée dans l'itinéraire de Foucauld qui se tient plus 
à l'est 10 . En revanche, l'explorateur français mentionne une 
autre tribu qui habite près de l'Oued el Ghas et porte le 
nom de ce fleuve sous une forme modifiée : Ait Ouïras. 
C'est ce qui nous a fait renoncer à porter sur notre carte 
une désignation qui, dans les divers documents connus 
jusqu'ici 11 , ne s'emploie que pour le fleuve. La donnée de 



1. Reconn., p. 415 : 30° 4' 50" lat. N., 8°5V30" W. Gr. 

2. lbid., feuille 14. 

3. lbid., p. 179. 

4. Ibid., feuille 12. 

5. Timbuktu, I, p. 318. 

6. lbid.,p. 321. 

7. Jannasch, op. cit., p. 236. 

8. Mardochée, op. cit., : p. 567. Lenz, op. cit. : Ait Midik. Quedenfeldt, 
Karte des w est lichen Sus-Nun-und Tekenagebiets in 1/1. 000. 000 e . Ztschr. 
d. Ges. f. Erdk., Berlin, 1887, t. XXII, taf. IV : Ait Melek. 

9. Les Ait Wadrim de Lenz, loc. cit., appelés à tort Ait Adrim sur 
la carte de Timbuktu, t. II, sont donnés par De Foucauld (Reconn., p. 341) 
comme une fraction des Ait Lougan. 

10. Reconn., p. 341 et 342. 

li. De La Porte : Ouelrhas, Davidson : Wholgrass. Renou, op. cit., p. 60. 



L'ANTl ATLAS 205 

Foucauld, d'après laquelle l'Oued Ouïras traverse la région 
des Ait Ouïras et des Massa 1 avant de se jeter dans la mer, 
paraît refléter seulementla double dénominalion que porte 
le fleuve au témoignage de presque tous les voyageurs. 
Gatell 2 seul pense que le nom de Maza désigne non le 
fleuve, mais sa vallée; dans le même sens, Douls 3 donne 
Massa comme le nom de la tribu qui habite à l'embouchure 
du fleuve, mais il laisse celui-ci sans nom. Erckmann 4 men- 
tionne, comme la principale des neuf localités du pays de 
Massa, Arbalo, que Gatell place sous le nom d'Agoubalou 
sur l'Oued Meza non loin de son embouchure. Cette loca- 
lité nous paraît être identique au Gharbelo de Jannasch 6 , 
que le voyageur allemand rencontra au nord-est du point 
où il avait franchi l'Oued Meza. Pour nous conformer au- 
tant que possibleà ces trois indications, nous avons, comme 
Lannoy de Bissy, placé Aghbalou près de l'embouchure 
du fleuve, mais à l'écart de ses rives. La remarque de 
Jannasch 6 , que les Hoouara habitent cette localité, ne pa- 
raît pas être confirmée par les données de Lenz 7 et de 
Foucauld 8 sur l'extension de cette tribu des deux côtés de 

1. Ce nom se rencontre pour le fleuve et le pays sous quatre formes : 
Messa (Jackson, op. cit., carte); Massa (Mardocliée et Douls, op. cit., 
carte. Erckmann, op. cit., p. 55); Mesa (Jannasch, op. cit.,. carte); Masa 
(Gatell et Quedenfeldt, op. cit., carte). Pour nous conformer au dire des 
deux explorateurs les plus récents et les plus importants (Jannasch et 
Douls) nous appelons le fleuve Mesa et le pays Massa. [Cf. pour toute cette 
région Le Chàtelier, Tribus du Sud-Ouest marocain (publicat. de l'École 
des Lettres d'Alger, Paris, E. Leroux, 1891). Le Chàtelier appelle le fleuve 
Oued Oulghass et la tribu Ait Massât (<V. du trad.)]. 

2. B. S. G. P., 1871, t. I, p. 82 et 92 et carte. 

3. Op. cit., p. 472. 

4. Op. cit., p. 55. 
à. Carte, op. cit. 

6. Op. cit., p. 260. 

7. Timbuktu, I, p. 306. 

8. Carte dans B. S. G. P., 1887. 



206 L'ATLAS MAROCAIN 

l'Oued Sous jusqu'à Taroudant. Les noms des autres tribus, 
que visita Mardochée dans sa roule de l'Oued Sous infé- 
rieur à l'Oued el Ghas, ont été portés par nous d'après la 
carie de son itinéraire, qui améliore notablement la carte 
de Gatell en ce qui concerne leur situation. 

L'Oued el Ghas, dans son cours moyen et inférieur de 
môme que dans son cours de montagne, forme une limite 
précise entre les deux fractions de l'Anli Allas occidental. 
A l'époque de Lenz, il avait encore une importance poli- 
tique comme limite nord de la région du redoutable Sidi 
Hecham ou Sidi Hosseïn 1 (mort en 1886); mais depuis 
la mort de ce chef, le sultan de Maroc a réussi à étendre 
sa domination jusqu'à l'Oued Draa 2 . 

Gatell 3 évalue la longueur de l'Oued el Ghas à 2 jours 
de voyage ; sa source, d'après les informations de ce même 
explorateur, qui concordent avec une ancienne relation 4 , 
se trouve dans la région des Ait Hamed, qui sont identiques 
aux Ait Ahmed mentionnés au même endroit par Queden- 
feldt. Le cours du fleuve en montagne ne paraît pas être 
long, car d'après Mardochée 5 il doit avoir son origine non 
loin de la source de l'Oued Tazeroualt, franchi par ce 
voyageur dans sa partie supérieure. Le cours moyen de 
l'Oued el Ghas est indiqué sur les cartes de Lannoy de 
Bissy et de Habenicht d'une manière qui ne correspond pas 
à l'état actuel de nos connaissances ; les deux cartographes 
ne tiennent pas assez de compte de l'itinéraire de Lenz, 
qui est assez exact dans la région en question, et de la 
route de Mardochée dans l'excellente conslruclion de 

1. Carte de Kiepert de l'itinéraire de Lenz, op. cit. 

2. Jannasch, op. cit.. p 47. Douls, op. cit., p. 469. Cf. aussi Reconn., 
p. 343 et carte de Quedenfeldt. Le Châtelier, op. cit., p. 10 et 3?. 

3. B. S. G. P., 1871, t. I, p. 82. 

4. Venture de Paradis dans Kenou, op. cit., d. 60. 

5. Op. cit., p. 568. Cf. Le Châtelier, op. cit., p. 52 et 63. 



L'ANTl ATLAS 207 

Duveyrier. Lannoy de Bissy ne pouvait pas encore d'ail- 
leurs utiliser pour le cours inférieur du fleuve la nouvelle 
représentation de Jannasch. Sur les deux cartes, le cours 
moyen de l'Oued el Ghas est placé trop au nord. Sa posi- 
tion est déterminée par les routes de Mardochée et de 
Lenz. Elles se croisent au nord du fleuve dans la région 
des Ait Lougan. De là, Lenz chevaucha au sud-sud-ouest 
jusqu'à Ilegh; Mardochée marcha au sud -est jusqu'à Ta- 
malicht (Tamaleh de Gochelet, 1 heure au nord du fleuve) l , 
puis presque droit au sud jusqu'à Oudjan* (Wison de Mar- 
dochée, Wesan de d'Avezac) 3 , la capitale des Ida ou Ba 
AkkiP (Ida bou Akkil de Gatell), suivant dans la dernière 
partie de son itinéraire la roule Afîkourahen-Oudjan 
(2 jours de voyage) mentionnée par de Foucauîd 6 . Lenz 6 
partant de Souk Tlela (marché du mardi), situé presque 
droit à l'ouest deTaroudant et qui en est éloigné de 2 heures, 
parvint en une longue et rapide chevauchée d'environ 
6 heures dans la région des Ouled Saïd er Roumla. Le 
jour suivant, continuant son chemin vers l'ouest, il ren- 
contra les Kabyles Chtouka à Ait Menou (Ida ou Menou de 
Gatell) 7 ; puis, se dirigeant au sud-ouest par delà une 
chaîne calcaire basse, il atteignit le charmant pays de 
Ronga (dans Gatell Conca 8 , avec la localité de Sidi Bou Mes- 



1. Naufrage du brick La Sophie, etc., t. II, p. 108. D'après Renou (op. 
cit., p. 57) la meilleure forme est Tamellaht (village de Juifs). 

2. Gatell, Le Sous, carte. Duveyrier, Itinéraire de Mardochée. 

3. Nouveau canevas, etc. (B. S. G. P., 1836, t. V). 

4. D'après de Foucauîd (Reconn., p. 342). Wissan, Oussan ou Ouchan est 
la localité principale des Ida ou Llit, qui sont mentionnés par Jackson 
(carte), mais non par Gatell et Mardochée. 

5. Reconn. y p. 341. 

6. Timbuktu, I, p. 315-323. 

7. Op. cit., carte. 

8. Ibid., p. 84. 



208 L'ATLAS MAROCAIN 

guida) : c'est l'Ikounka de Foucauld 1 , que cet explorateur 
traversa dans une direction Sud-est-INord-ouest et quitta par 
une brèche dans les collines qui le fermaient à l'ouest, à 
Taourirt ou Seliman (354 m.) 8 . Comme la carte de Galell 
ne peut prétendre à l'exactitude de la situation, le point de 
croisement des routes de Lenz et de Foucauld présente le 
premier point d'appui solide pour reporter l'itinéraire alle- 
mand. Ce point se trouve dans la représentation de Kiepert 
quelques minutes plus au sud que dans de Foucauld. Nous 
suivons ce dernier, car il relie la localité de Taourirt avec 
Afikourahen 3 qui est déterminée astronomiquement. 

Le jour suivant, Lenz atteignit Ida bou Sian 4 (280 m.) 5 , 
localité qui, à en juger par la longueur approximative du 
chemin, doit être située non loin du pied sud des collines 
enfermant l'Ikounka au sud. Le jour suivant, une chevau- 
chée d'environ 13 heures (dans la direction du sud-ouest, 
peut-être plutôt du sud) amena le voyageur par la région 
des Ait Wadrim et des Ait Lougan, au delà de l'Oued Bo- 
gara, jusqu'à la rive sud de l'Oued el Ghas. L'Oued Bogara 
doit être regardé à peu près sûrement comme le cours 
inférieur de l'Oued Ait Mezal mentionné par de Foucauld 
au sud-ouest d'Afîkourahen, car Lenz ne connaît aucun 
autre fleuve entre Ikounka et Oued el Ghas, et déjà sur la 
carte de Jackson l'Oued el Ghas a un semblable affluent 
de droite, qui prend sa source dans un lac à Ilalen. Lenz, 
surtout dans ces régions dangereuses, voyageait assez rapi- 
dement, de sorte qu'en déduisant le retard causé par la tra- 
versée des deux fleuves, notamment de l'Oued el Ghas qui 

1. heconn., feuille 12. 

2. Ibid. 

3. Reconn., p. 415 : 30° 4' 50", lat. N., 8°57'30' W. Gr. 

4. Indiqués sur la carte comme Ida Bouissa. 

5. Carte dans Timbuktu, t. IL 



L'ANTl ATLAS 209 

est large, profond et rapide, nous pouvons admettre pour 
la journée entière environ 50 kilomètres. L'Oued el Ghas 
se trouverait donc, au point où l'explorateur allemand l'a 
passé, à environ 25' au sud d'Ida bou Sian. Cette position 
correspond exactement à celle calculée par Duveyrier 
d'après l'itinéraire de Mardochée pour le passage de celui- 
ci, et fait apparaître l'Oued Mesa figuré d'après Galell et 
Jannasch, et coulant presque directement sud-nord, 
comme la continuation naturelle de l'Oued el Ghas. 

La suite de l'itinéraire de Lenz jusqu'à Ilegh, la capitale 
des Kabyles du Tazeroualt l , est difficile à fixer, car elle tra- 
verse une région sur laquelle les autres sources ne donnent 
guère d'indication. Un seul nom, Es Smoga, qui est porté 
sur la carte itinéraire dans Timbuktu, t. II, mais sans aucun 
renseignement dans le texte, et à l'ouest de la route, se 
trouve à une place correspondante dans Quedenfeldt 2 , 
d'ailleurs sous la forme modifiée d'Asmouka. Le Smougen 
de Gatell 3 paraît être placé beaucoup trop à l'est. La meil- 
leure information est encore ici celle de Mardochée 4 , dont 
les Idaga our Samouk, habitant à l'abri de la chaîne 5 , 
sont une tribu portant le nom ci-dessus 6 . Quedenfeldt 
mentionne sur sa carte au nord de l'Oued el Ghas une lo- 
calité d'Ersemouka, dont le nom paraît ne devoir son exis- 
tence à côté d'Asmouka qu'à une différenciation de la 
même forme originelle (Smouka). Cette carte se fait re- 
marquer par une grande richesse de nomenclature, mais, 

1. Seul Lenz, Timbuktu, t. II, p. 3;et carte, donne la forme « Taserult ». 

2. Op. cit. 

3. Carte, op. cit. 

4. Op. cit., p. 567. [Cf. Le Chàtclier, op. cit,, p. 34 et 54 : les Ida ou 
Garsmouk, connus en pays arabe sous le nomd'Ersmouka » (N. du trad.)]. 

5. Cf. la remarque de Gatell {op. cit., p. 82) sur la division du pays 
montagneux au sud de TOued el Ghas. 

6. Sur les formes arabes et berbères des noms géographiques, cf. Re- 
conn., p. 171, rem. 

14 



210 L'ATLAS MAROCAIN 

en ce qui concerne les positions des localités et des pays, 
comme nous le verrons à maintes reprises, elle n'est pas 
très sûre, de sorte qu'il ne faut utiliser cette source qu'avec 
beaucoup de prudence. 

Parvenu sur la rive sud de l'Oued el Ghas, Lenz redes- 
cendit le fleuve jusqu'en un point où se rencontrent des 
restes d'un ancien pont (romain ?) ; de là, il monta à travers 
une haute plaine bien cultivée jusqu'au pied d'une longue 
chaîne montagneuse, qu'il fallut traverser en zigzag. Mar- 
dochée' franchit cette chaîne plus à l'est, où elle forme 
ligne de partage entre l'Oued el Ghas et l'Oued Tazeroualt, 
et où on peut se rendre compte qu'elle est une rami- 
fication de la chaîne principale méridionale. Elle atteint 
son extrémité occidentale dans une série de collines 
très irrégulières 2 à l'est de Tiznidz, qui, d'après Bou el 
Moghdad 3 , s'appellent Djebel Innlir et sont très riches en 
mines de plomb. D'après les informations de Jannasch 4 . 
on y trouverait aussi de l'or. Entre l'endroit où passa Lenz 
et Tiznidz, la chaîne doit être traversée par l'Oued Taze- 
roualt, car ce fleuve n'est plus mentionné à l'ouest. La 
carte de Jackson 5 , qui donne la chaîne dans toute son 
étendue, plaide également en faveur de cette opinion. 

Ilegh, la localité la plus importante pour le commerce 
saharien au nord de l'Anti Atlas occidental, est fixée à peu 
près au point de vue cartographique par trois indications. 
Lenz, de l'Oued el Ghas (chevauchant d'abord vers l'ouest, 
puis vers le sud-ouest) jusqu'à cette ville, mit environ 
10 heures, pendant que Coehelet 6 franchit en 9 heures la 

i. Op. cit., p. 568 et carte. 

2. Panet, Pet. Mitt., 1859, p. 111. 

3. Rev. Mar. et Col., 1861, t. I, p. 492. 

4. Op. ci*., p. 233. 

5. An accountf ete , carte. 

6. Henou, op. cU. t p. 55. 



L'ANTI ATLAS 211 

route entre llegh et le fleuve au sud de Tamalichl, dans la 
direction du nord-est. Jannasch 1 , lorsqu'il sortit, au sud 
de Tiznidz, des contreforts septentrionaux de la chaîne de 
l'Anti Atlas, vit à 25 kilomètres de distance dans l'est le 
bordj de Sidi Housseïn, l'Agadir Sidi Housseïn de Lenz 2 , 
construit sur un de ces cônes éruptifs qui longent le ver- 
sant nord abrupt de la chaîne au sud d'ïlegh. A 1 heure 
au nord-est d'ïlegh est la zaouïa de Sidi Ahmed ben Moussa 3 
(appelée aussi brièvement Sidi o Moussa), que Lenz laissa à 
sa gauche quelque temps avant d'arriver à la capitale du 
Tazeroualt. Ilegh se trouve à 460 mètres 4 d'altitude, dans 
une haute plaine étendue, qui est entourée par les pre- 
mières saillies de la chaîne. Jannasch 3 traversa sa con- 
tinuation occidentale dans la plaine « d'Asaghar », qui 
s'étend dans la région des Kabyles Ouled Djerar jusqu'à 
10 kilomètres au nord de Tiznidz. Là, le lehm pierreux est 
remplacé par des dunes de sable, sous lesquelles le grès 
dur et lisse affleure souvent. L'Oued Mesa forme la limite 
nord de cette haute plaine, et coule au pied de son ver- 
sant abrupt, tandis que sur la rive droite de l'Oued s'étend, 
jusqu'au flanc nord de la vallée, une plaine au sol profond 
large de 1 kilomètre. 

D'ïlegh, Lenz 6 atteignit, en remontant d'abord l'Oued 
Tazeroualt, le pied du versant nord abrupt de la chaîne 
principale de l'Anti Atlas occidental. Par une ascension de 
plusieurs heures sur un sentier en zigzag, il parvint à la 
crête. Lenz évalue sa hauteur à 1.200-1.300 mètres 7 , 

1. Op. cit., p. 228. 

2. Timbuktu, t. II, p. 3. 

3. Timbuktu, t. I, p. 323. 

4. Carte de l'itinéraire de Lenz parKiepert. Cf. LejGhâlelier.qp. cit., p. 43- 

5. Op. cit., p. 226 et 228. 

6. Timbuktu, II, p. 2-12. 

7. Ibid., p. 4. 



212 L'ATLAS MAROCAIN 

les hauteurs environnantes à environ 1.600 mètres 1 . De 
là, il vit que la chaîne se résolvait au sud en une série 
de collines de plus en plus basses. En descendant du ver- 
sant sud de la chaîne principale, il arriva le même jour aux 
dernières maisons des Kabyles Imedjat, dont le domaine, 
d'après les informations 2 de Foucauld, devrait s'étendre 
beaucoup plus loin à l'est, car c'est chez eux que l'Oued 
Tazeroualt paraît rassembler ses eaux « avant de passer à 
Ilegh et Sidi o Moussa. » Les conditions hydrographiques 
de cette région ne sont pas exactement indiquées par les 
remarques de Lenz et de Foucauld. Le voyageur allemand 
mentionne dans son texte seulement l'Oued Tazeroualt, et 
en fait le fleuve d'Ilegh, tandis que Kiepert, sur la carte 
qui y est jointe, porte deux fleuves et, à ce que nous pen- 
sons, les nomme exactement. L'Oued Tazeroualt prend sa 
source, nous l'avons vu 3 , sur le versant sud de la ramifica- 
tion de la chaîne principale traversée par Mardochée. Ce 
fleuve passe à côté de Sidi o Moussa; l'Oued Ilegh n'est 
qu'un affluent de gauche, qui s'unit à l'Oued Tazeroualt à 
l'ouest des deux localités en question, mais avant le point 
où Mardochée traversa ce dernier fleuve pour la seconde 
fois. Contrairement à l'opinion de Foucauld, d'après la- 
quelle les deux localités sont situées sur le même fleuve, 
il faut mentionner le fait que la zaouïa de Sidi o Moussa se 
trouve à 1 heure au nord-est d'Ilegh 4 , tandis que la vallée 
fluviale remontée par Lenz court sud-nord. L'itinéraire de 
Mardochée, qui aurait pu sûrement nous fournir des expli- 
cations, renferme une lacune entre Oudjan et l'endroit où 
il traversa pour la seconde fois l'Oued Tazeroualt. 

1. Timbuktu, t. II, p. 4. 

2. Reconn., p. 342. 

3. Cf. ci-dessus, p. 206 et 210. 

4. Timbuktu, t. I, p. 323. 



! L'ANTI ATLAS J 213 

Le second jour, Lenz se mit en route le matin à 6 heures 
et chevaucha pendant quelques heures au sud-est, à travers 
une haute plaine de 600 mètres d'altitude 1 , dont la ter- 
minaison est formée par une chaîne montagneuse en pente 
douce vers le sud. Traversant cette chaîne, le voyageur 
arriva au lit large, mais sans eau, de l'Oued Oudeni, sur la 
rive droite duquel s'étend une haute plaine étroite d'en- 
viron 700 mètres de hauteur. Là la caravane fît halte, à 
4 heures de l'après-midi. Lenz reconnut l'Oudeni comme 
le cours moyen de l'Oued Asaka, le fleuve principal du 
pays de l'Oued-Noun 2 , opinion qui, partagée par Jannasch, 
est appuyée par les explorations de Davidson et de Mar- 
dochée. 

Le jour suivant, la route de Lenz courut en zigzags pen- 
dant 8-9 heures, avec une direction générale sud, à tra- 
vers une région montagneuse, privée d'eau et inhabitée, 
qui appartient aux Ait Brahim. Dans sa partie méridionale, 
cette contrée stérile est traversée par le large sillon, éga- 
lement sans eau, de l'Oued Tamanart, que Lenz suivit en- 
core pendant 4 heures, avant que sa vallée ne s'élargisse 
en une vaste plaine, que limite au sud une chaîne monta- 
gneuse. A l'est le voyageur vit la Kasba Tamanart, résidence 
du cheikh des Kabyles Ait Brahim. Deux heures après 
la chaîne du sud fut franchie, en décrivant un arc vers 
l'ouest, puis la caravane arriva à^Foum el Hossan (510 m.) 3 . 
Cette oasis se trouve, contrairement au figuré de Lannoy 
de Bissy, au débouché sud de l'étroite vallée transversale 
de FOued Tamanart, qui de là, sous le nom d'Oued Imi 



1. Carte, op. cit. 

2. Pour les distinguer des noms des fleuves du même nom, nous écri- 
vons les noms des pays d'Oued-Noun et d'Oued-Draa avec un trait d'union. 

3. Carte dans Zeitschr. d. G. f. Erdk., loc. cit. : 510 mètres. Timbuktu, 
II, p. 42 : 500 mètres. 



214 L ATLAS MAROCAIN 

Ougadir 1 , se détourne dans la direction du sud-ouest vers 
l'Oued Draa; à sa réunion avec celui-ci, il fait naître un 
des six 5 espaces fertiles (« mader ») qu'on rencontre sur 
le cours inférieur du Draa après qu'il se dirige à l'ouest : 
c'est le Mader d'Imi Ougadir 3 . Foum el Hossan, appelé 
aussi Tisgi Ida Selam, est la résidence du cheikh des Ka- 
byles Maribda'% qui habitent la plaine entre Djebel Bani et 
Oued Draa, s'étendant à Test jusqu'à l'Oued Akka 5 . Le 
figuré de la région traversée par Lenz au sud d'Ilegh dans 
Lannoy de Bissy et Habenicht contredit de diverses ma- 
nières la relation de l'explorateur. Les deux cartes ont en 
commun la position inexacte de l'oasis de Tamanart, qui 
dérive de la carte de Kiepert. Le nom de l'oasis se trouve 
dans Lenz sous des formes différentes : Temenet dans 
Timhuktu, t. Il, p. 8; Temenelt pour le fleuve et la kasba 
dans la carte de Ztschr. d. G. /. E. ; Oued Temerlt et 
Kasba Temenelt dans la carte de Timbaktu, t. IL Ce sont là 
diverses formes du même nom, Tamanart, qui se trouve 
dans Renou G et dans GatelU et que répète de Foucauld. 
Kiepert place la Kasba Tamanart non loin de l'endroit où 
Lenz pénétra dans la vallée du fleuve du même nom, tan- 
dis que l'explorateur eut 4 heures à cheminer dans cette 
vallée avant d'apercevoir cette kasba. Parmi les localités de 
l'oasis de Tamanart, de Foucauld 8 compte Agerd, identique 
sans aucun doute au Ghard 9 de Lenz; au sud de ce point, 



i. Reconn., p. 316. 

2. Ibid., p. 146. 

3. lbid. y p. 298. 

4. Timbuktu, II, p. 9. 

5. Reconn , p. 316. 

6. Op. cit., carte. 

7. Reconn., p. 316. 

8. Ibi I. 

9. Timbuktu, II, p. 8. 



L'ANTI ATLAS 21 5 

la chaîne « s'ouvre », c'est-à-dire qu'un kheneg la tra- 
verse; à l'Est de Ghard est l'oasis d'Icht 1 . La distance 
entre Kasba Tamanart et Foum el Hossan admise par 
Kiepert est beaucoup trop grande pour la durée de 2 heures 
que mit Lenz à franchir la chaîne la plus méridionale de 
l'Atlas. Celte chaîne n'est autre que le Djebel Bani, ainsi 
qu'il résulte de diverses informations de Foucauld 2 , no- 
tamment d'un itinéraire donné par cet explorateur et par 
Panet 3 . Cet itinéraire sert à relier la route de Foucauld à 
celle de Lenz, et nous le mentionnerons ici en détail à 
cause deson importance pourlasituationdecette région. De 
Tizounin(sur le cours inférieur de l'Oued Akka. par 29° 16' 
lat.N.) jusqu'à TizgielHaratin, la route conduit pendant une 
journée à travers un désert de pierre; de là, en longeant 
la lisière sud du Djebel Bani ininterrompu, jusqu'à Icht : 
1 jour; par le Kheneg d'Icht le voyageur arriva sur le 
versant nord du Bani, puis par une plaine déserte, partie 
sableuse, partie pierreuse, jusqu'à Tamanart : 1 jour. Après 
un autre jour de voyage on atteint Taghdjijt 4 sur l'Oued 
Saïad, localité d'où Glimim, la capitale de l'Oued-Noun, 
est encore éloignée d'un jour de voyage 5 . 

Aux fautes qui ont pour cause la représentation de 
Kiepert, Lannoy de Bissy et Habenicht en ont ajouté 
quelques autres. Par suite du raccourcissement important 

1. Timbuktu, II, p. 8. 

2. Reconn., p. 316. 

3. Ibid., p. 317. Carte du voyage de Panet, parRenou et Panet, Paris, 1851. 

4. Panet écrit : Taghdjiset; Davidson (Renou, op. cit., p. 79} :Terdjesit; 
Mardochée (op. cit., carte) : Tagsist; de Foucauld (op. cit.) : Taghdjijt ; 
Le Ghâtelier (op. cit., p. 74) : Taghejizt. 

5. Dans Panet, une station entre Glimim et Taghdjijt a été ajoutée par 
inadvertance . c'est Igherm, ITghram que mentionne Venture de Para- 
dis (B. S. G P., 1849, t. XI, p. 100-105) dans les Itinéraires sur les pays 
compris entre le Maroc, Tombouctou et le Sénégal; c'est l'Oghrem de Jan- 
nasch, qui se trouve à un jour de voyage au nord, non à l'est de Glimim. 



216 L'ATLAS MAROCAIN 

de la route de Lenz entre Taroudant et Oued el Ghas, 
Foum el Hossan a été reculé par Lannoy de Bissy d'en- 
viron 15' trop au nord. Surtout, toute la région entre 
Glimim et cette oasis a été placée trop loin vers le nord, 
comme le prouve déjà la distance Taghdjijt-Glimim, qui 
sur la carte Lannoy de Bissy atteint à peu près le double 
de la donnée mentionnée dans l'itinéraire ci-dessus. En 
ayant plus d'égard aux renseignements de Lenz, on donne 
à Foum el Hossan une position qui correspond à celle que 
lui assigne Jannasch 1 d'après une information de bonne 
source, d'où il résulte que cette oasis est à 2 fortes journées 
de voyage de Glimim. Le chemin qui réunit ces deux loca- 
lités est mentionné par Mardocbée et paraît avoir comme 
station intermédiaire Tinzert, qui d'après Davidson 2 est 
comme Taghdjijt à un jour de voyage de Glimim. 

La carte de Habenicht est tout à fait défectueuse dans 
la partie concernant notre région, car elle reproduit le 
figuré absolument faux de la deuxième des cartes 3 qui 
accompagnent l'ouvrage de Jannasch. L'Oued Tamanart y 
est marqué comme la source principale de l'Oued Noun, et 
Foumel Hossan, dont l'appartenance au bassin du Draa est 
si clairement indiquée dans le texte et la carte de Lenz, 
est introduit dans le pays de l'Oued Noun. Par suite de 
cette conception, la région entre llegh et Foum el Hossan 
s'est trouvée rapprochée, ce qui, joint au raccourcisse- 
ment de la route de Lenz au nord de l'Oued el Ghas, fait 
que Foumel Hossan occupe à peu près lamêmepositionque 
dans Lannoy de Bissy, mais, se trouvant mise dans la ré- 



1. Op. cit., p. 198. 

2. Kenou, loc.cit., p. 79 et carte. 

3. D'ailleurs Jannasch exprime dans le texte (p. 224), comme nous 
l'avons déjà dit, qu'il est d'accord avec Lenz pour la manière de conce- 
voir les relations de l'Oued Oudeni et de l'Oued Noun. 



L'ANTI ATLAS 217 

gion de l'Oued Noun, à environ \ jour de voyage trop près 
de Glimim. La conséquence est que la partie sud de l'iti- 
néraire de Mardochée est également défigurée dans Habe- 
nicht. La faute résultant du déplacement vers le nord se 
trouve compensée sur cette carte au sud du Djebel Bani, 
en ce que, pour les 8 heures qu'il fallut à Lenz deFoumel 
Hossan à Maden (sur l'Oued Draa), Habenicht indique une 
trop grande distance. Maden (310 m.) 1 est sur un affluent 
de droite de l'Oued Draa, qui ne peut être que l'Oued Icht 
mentionné par de Foucauld. Ce cours d'eau prend sa 
source dans la plaine entre l'Anti Atlas et le Djebel Bani, 
traverse cette dernière chaîne près de l'oasis d'Icht, dont 
on a essayé plus haut de ûxev la position, et détermine à 
son débouché dans le fleuve principal la formation du 
fertile Mader d'Icht 2 . Il n'est pas impossible que le Maaden 
de Lenz soit une forme corrompue de Mader. 

Résumons, en terminant ce paragraphe, les résultats des 
explorations, en ce qui concerne les conditions orographi- 
ques de la région comprise entre l'Oued el Ghas moyen 
et l'Oued Draa au sud de Foum el Hossan. Une chaîne 
principale , à pente rapide vers le nord et adoucie vers le sud, 
envoie, par environ 9° 10' W. Gr., un rameau secondaire 
vers le nord; se dirigeant d'une manière générale vers 
l'ouest, ce rameau sépare les eaux de l'Oued el Ghas de 
celles de l'Oued Tazeroualt supérieur, mais il est traversé 
par le cours inférieur de ce dernier fleuve et va finir dans 
des collines détachées à l'est de Tiznidz. Séparé de la chaîne 
principale par le sillon de l'Oued Oudeni, qui est l'Oued 
Noun supérieur, un pays montagneux stérile, qui a environ 
30-40 kilomètres de large et 900 mètres de hauteur, sépare 

1. Carte de l'itinéraire de Lenz par Kiepert in Zeitschr. d. G. f. Erdk., 
loc. cit. 

2. Reconn., d. 298. 



218 L'ATLAS MAROCAIN 

l'Oued Noun et l'Oued Draa. Au-delà d'une plaine déserte, 
large d'une heure, qui continue vers l'ouest ElFeïja 1 et ren- 
ferme aussi des oasis, l'étroit Djebel Bani forme la ter- 
minaison du système de l'Atlas. A son pied sud, un plan in- 
cliné, large d'environ 40 kilomètres, dans la partie septen- 
trionale duquel se dressent encore des rochers isolés, 
formés par des couches verticales de quartzites sombres 4 , 
forme la transilion vers le sillon de l'Oued Draa. 



Les contreforts occidentaux de la chaîne de l'Anti 

Atlas. 

Tiznidz, située plus à l'ouest qu'Ilegh, a engagé avec cette 
dernière pour la primauté dans le commerce saharien une 
lutte dans laquelle elle paraît triompher; les roules de 
caravanes qui passent par cette ville coupent la vallée de 
l'Oued Noun, une des deux avenues qui mènent au Sou- 
dan 3 , en son point le plus large, le plus riche et le plus facile 
à traverser, dans le pays d'Oued-Noun. La capitale de ce 
pays, Glimim 4 , est le principal point de croisement des 
routes de commerce de l'Anti Atlas occidental; elle est 
unie par deux routes à Tamanart et à Foum el Hossan et 
par là avec les oasis orientales aussi bien qu'avec Tindouf 
et Tombouclou; elle entretient en outre par une route di- 
recte des relations commerciales actives avec la capitale du 
Soudan occidental, et sert encore d'intermédiaire au com- 
merce de la Sénégambie. Aussi Glimim a été visitée de très 

1. Cf. p. 49 du présent travail. 

2. Lenz, carte dans Zeilschr. d. G. f. Erdk. 

3. Jannasch, loc.cit., p. 49. Cf. Le Châtelier, op. cit., p. 14. 

4. Appelée aussi Aglimim ou Oglimim. Sur le a préfixe (aleph prostheti- 
cum), cf. Quedenfedt, Berner kungen zu der Karte des westlichen Sus-, Nun 
und Tekenagebietes (Zeitschr. d. G. f. Erdk., 1887, t. XXII, p. 424). 



L'ANTI ATLAS 219 

bonne heure par des Européens, mais sa position sur les 
cartes a été soumise jusqu'à l'époque la plus récente à 
des fluctuations importantes, par suite de la défectuosité 
des itinéraires. Cette position n'a été fixée un peu plus 
sûrement que par Jannasch , qui l'a reliée à la ligne côtière 
établie par Arlett et autres; l'explorateur allemand a rec- 
tifié la représentation de la côte adoptée jusqu'ici par quel- 
ques déterminations astronomiques 1 : 

Embouchure de l'Oued Chouika, 28° 19' lat. N ., il 29' 
W. Gr. 

Cap Nachligal, 28° 34' lat. N., 11° 15' W. Gr. 

Embouchure de l'Oued Draa, 28° 42' lat. N., 11° 5' W. 
Gr. 

Cap Draa 2 , 28° 46' lat. N., 11° 2' W. Gr. 

Embouchure de l'Oued Asaka, 29° 10' lat. N., 10° 20' 
W. Gr. 

Cap Noun, 29° 16' lat. N., 10° 15' W. Gr. 

Les caravanes qui de Glimim se dirigent vers le nord sui- 
vent toutes le même chemin pendant 10 heures 3 jusqu'au 
pied nord de la chaîne principale de l'Anti Atlas. La pre- 
mière moitié de ce chemin parcourt une vallée large, fertile, 
qui dan,s la partie méridionale est appelée Egesel d'après 
Jannasch. Le nom paraît étroitement apparenté à l'Igissi 
donné parPanet 4 , d'ailleurs comme désignation d'une ville, 
et à l'Igisli 5 qu'on rencontre chez Bou elMoghdad 6 avec la 



1. Op. cit., p. 114-116. 

2. Désignation préférable à celle usitée jusqu'ici de Gap Noun (Los Mor- 
retes), Jannasch, op. cit., p. 114-116, remarque. 

3. Douls, B. S. G. P., 1888, t. IX, p. 470. Jannasch, op. ci*., p. 270. 

4. Pet. Mitt., 1859, p. 111 et carte, où Igaisi est une faute d'impression 
pour Igwici de la carte du voyage de Panet, 1851. 

5. JSouv. Ann. des voy., 1861, t. II, p. 268 : à tort Ignisli, au lieu 
d'Igwisli. 

6. Op. cit., p. 215. 



220 L'ATLAS MAROCAIN 

même signification. La vallée est arrosée par l'Oued Siad, 
dont l'explorateur allemand 1 évalue la longueur à 45 kilo- 
mètres et qu'il indique comme coulant dans sa partie supé- 
rieure dans la direction est-ouest. Là où l'Oued Siad se dé- 
tourne au sud, il reçoit de droite un affluent de la chaîne 
principale 2 , et de gauche un cours d'eau venu de la chaîne 
qui, avec ses sommets en forme de cloches, atteignant envi- 
ron 500 mètres 3 , accompagne la vallée àl'est jusqu'au-dessus 
de Glimim ; cette ville s'étage en amphithéâtre sur le der- 
nier contrefort. Non loin au nord de cette localité, un autre 
petit affluent de l'Oued Siad 4 s'écoule encore de la chaîne. 
Remontant à cheval la vallée du plus septentrional de ces 
affluents, Jannasch 5 atteignit avec de grandes difficultés 
la chaîne, couronnée par les ruines d'un ancien fort 6 . De 
là, il vit un fleuve coulant à l'est, dont la vallée, à une heure 
de distance, s'élargissait en une haute plaine parsemée de 
collines. Habenicht regarde ce fleuve, quoique sa direction 
soit opposée à celle de l'Oued Oudeni, comme un inter- 
médiaire entre ce dernier et l'affluent le plus septentrional 
de l'Oued Siad. Le fleuve ainsi construit se continue par 
le cours inférieur de l'Oued Siad, dont le cours supérieur 
est-ouest devient un affluent de gauche. Cette conception, 
d'après ce quia été dit plus haut, est insoutenable. Mardo- 
chée 7 traversa la chaîne entre la route de Jannasch et 
celle de Lenz, et longea la vallée du Siad sur le versant orien- 
tal de son rempart Est, appelé par lui Djebel Ida ou Sagra; 

1. Op. cit., p. 215. 

2. lbid. 

3. Jannasch, op. cit., p. 213. 

4. Jannasch, op. cit., p. 191. 

5. Op. cit., p. 219. 

6. Apparemment identique aux ruines mentionnées par Gatell (B. S. G. 
P., 1871, t. I, p. 92) de l'ancien fort Tioukount bâti par des chrétiens. 

7. Carte, loc. cit. 



L ANT1 ATLAS 221 

or, il ne rencontra aucune eau courante entre la chaîne 
principale et la continuation de l'Oued Oudeni ; il ne reste 
donc qu'à regarder le fleuve vu par Jannasch et se dirigeant 
à l'Est comme la branche-mère ou l'affluent de l'Oued Siad. 

Descendu de la chaîne, Jannasch 1 , avant de se diriger 
droit au nord, suivit pendant une demi-heure un cours 
d'eau dirigé vers l'ouest, que Douls traversa dans la même 
région sous le nom d'Ouel Tigizit, avant de pénétrer dans 
les montagnes de calcaire et de grès des Kabyles Ait Bou 
Amran 2 . Ce fleuve est. le cours supérieur de l'Oued Ifni, 
dont l'embouchure se trouve 3 par 29° 24' lat. N. et 10° 43' 
W. Gr. Le tracé de son cours par Quedenfeldt ne repose 
pas pour la partie orientale sur des observations effec- 
tives. 

La route de Jannasch et de Douls dans sa continuation 
passe par une localité où se tient un marché du jeudi (Souk 
elKhamis 4 , Suk Eljamis de Gatell) 5 . Ce lieu est à l'est 
d'une ville 6 habitée exclusivement par des Juifs, que Douls 
désigne par le nom général de « Mellah » (ville de Juifs), 
tandis que Jannasch l'appelle Okhrem. Ce nom se trouve 

i. Loc. cit., p. 219 et carte. 

2. La région des Ait Bou Amran s'étend d'après Jackson (loc. cit., carte) 
et Gatell (cf. la 2 e des cartes souvent citées par nous) sur la côte de 
l'Oued Asaka jusqu'au fleuve appelé Asif à Aglou : en faveur de cette 
opinion est le fait que d'après Douls (loc. cit., p. 470) El Ksich (d'après 
Erckmann, loc.cit., p. 57, sous 29° 10' lat. N.) appartient à ces Kabyles et 
que d'après Gatell (8. S. G. P., 1871, t. I, p. 82), l'Oued Asaka prend sa 
source dans la chaîne des Ait Bou Amran. Cf. Lannoy de Bissy, le figuré 
différent dans Quedenfeldt (Zeitschr. d. Ges. f. Erdk., 1888, carte), et inexact 
dans Douls (loc. cit., carte). [V. aussi Le Châtelier, op. cit., p. 23]. 

3. Croquis del fonde aderoy costa prôxima d la boca del rio Ifni levan- 
tado desde el mar por el Alférez de novio D. Manuel Otal y Rautenstrauch, 
1878 (Bolet, de la Soc. geogr. de Madrid, 1878, t. V, 1/40.000°). 

4. Douls, loc. cit., p. 470. 

5. B. S. G. P., 1871, t. I, carte. 

6. Jannasch, loc. cit,, p. 219. 



222 L'ATLAS MAROCAIN 

déjà dans Renou « sous la forme Okhchan, mais cet érudil 2 
a placé la localité inexactement par suite d'une confusion. 
Davidson dit que, après avoir traversé la montagne à Ofran, 
« le dernier village des Ait Bou Amran », il parvint dans 
le pays de l'Oued-Noun. L'Ofran du voyageur anglais est 
évidemment une transcription défectueuse de Okhkhan. 
Renou au contraire croit retrouver dans la localité visitée 
par Davidson l'Ofran 3 de Léon l'Africain, réunion de quatre 
villages fortifiés, éloignés de trois milles les uns des autres. 
Gatell* décrit de même le pays d'Ifren au sud-ouest du Ta- 
zeroualt ; d'après le voyage plus détaillé de Mardochée 
et les informations de Foucauld\ Tlfren se trouve dans 
l'angle entre la chaîne principale et le Djebel Ida ou Sagra, 
à l'ouest des Ait Imedjat visités par Lenz. 

Le dernier fragment de la route commune de Jannasch 
et de Douls conduit par une gorge profonde au pied nord 
de la chaîne principale et à la Kasba des Ait Bou Amran qui 
n'en est pas fort éloignée; le sultan du Maroc y entretient 
depuis 1883, de même qu'à Glimim, une garnison perma- 
nente (600 6 ou 1.000 7 hommes). La kasba s'appelle, dans 
Cochelet, Davidson et Panet, Tassrit, dans Jannasch 
Toursa. En ce point, le chemin qui conduit au Sous se par- 
tage en trois branches : l'une à l'ouest qui suit la côte, une 
autre droit au nord, et une au nord-est conduisant à ïlegh. 

La route occidentale a été suivie par Davidson 8 et Douls. 
Ce dernier 9 parcourut en 10 heures la distance entre 

1. Carte, loc. cit. 

2. Op. cit., p. 62-63. 

3. Appelé par Marmol Ifren et Oufaran. Renou, loc. cit. 

4. B. S. G. P., 1871, t. I, p. 92. 

5. Reconn., p. 316. Cf. Le Châtelier, op. cit., p. 70. 

6. Jannasch, op. cit., p. 219. 

7. Douls, op. cit., p. 470. 

8. Renou, op. cit., p. 56. 

9. Op. cit.,\). 471. 



L'ANTI ATLAS 223 

Tassrit et Aglou (sur la côte au sud de l'Oued el Ghas). Le 
voyageur anglais ne mentionne aucune station pour cette 
route en dehors de la localité de Tamasert dans le district 
d'Aglou, mais dit brièvement que la route passe par les 
montagnes calcaires des Ait Bou Amran. L'itinéraire du 
Français est plus développé, mais doit, d'après la position 
fixée par Jannasch pour Glimim, être repoussé d'environ 10' 
vers l'ouest, alors la position de la koubba de Sidi Bou 
Baker dans Douls correspond à celle que lui donne Ga tell l . 
Environ 1 heure au sud d'Aglou, le voyageur français 
abandonna la dernière série de collines du pays monta- 
gneux des Kabyles, et traversa un fleuve dont le ravin n'a 
d'eau qu'à l'époque des pluies 2 . L'extrémité supérieure de 
ce ravin doit se trouver à l'ouest de la route médiane 
conduisant à Tiznidz, car elle n'est pas mentionnée dans 
les itinéraires orientaux. L'embouchure de ce cours d'eau, 
appelé brièvement Asif (fleuve 3 ), se trouve entre deux col- 
lines ; sur le versant sud de la plus septentrionale des deux 
s'élève la ville d'Aglou, dominée par sa kasba. 

La seconde route, dirigée au nord, fut suivie par 
Panet 4 , Bou el Moghdad 5 et Jannasch 6 , et les conduisit 
en 1 1 heures environ à Tiznidz 7 . L'itinéraire de l'explora- 
teur allemand est le plus développé et le plus précis. Il 
visita la localité de Ferda, El Ferda de Moghdad, le pays 
d'Iferda de Gatell, qui est placé trop au nord par Queden- 



1. B. S. G. P., 1871, t. I, carte. 

2. Gatell, loc. cit., p. 93. 

3. Douls, loc. cit., p. 471 et carte. 

4. Revue coloniale, 1850, p. 551-552. Pet. MU t., 1859, p. 111, et cartes, 
loc. cit. 

5. Nouv. Ann. des voy., 1861, t. II, p. 269. 

6. Op. cit., p. 225-230. 

7. Jannasch, loc. cit., p. 230. Les autres formes de ce nom sont : Ti- 
schint (Panet), Tisnint (Bou el Moghdad), Tisnit (Gatell). 



&H L'ATLAS MAROCAIN 

feldt, et Aithreïm; puis il franchit, dans la direction de 
l'Est-nord-est, par un défilé escarpé, un contrefort de 
l'Anti Atlas ; il poursuivit sa route en se détournant au nord 
jusqu'à Tiznidz à travers le pays des Ouled Djerar (Ait 
Guerrar de Gatell). Le nom propre d' Aithreïm se recon- 
naît facilement parla carte de Gatell pour une mutilation 
du nom d'Aït Brahim. Nous pouvons mentionner, comme 
autre exemple de transcriptions semblables dans Jannasch, 
le mot à' Eitlachzen* , au lieu d'Aït el Hasen ou Ait el Has- 
sen, comme nom des habitants de TOued-Noun. 

L'itinéraire de Panet se confond avec celui de Jannasch 
au commencement et à la tin; pour le reste, le voyageur 
français mentionne trois autres stations : Aït'Oukherib 
non loin de Tassrit, plus au nord Bou Garfa, dont l'appar- 
tenance à cette route est établie par la carte de Gatell, et 
Idjil. Mais comme les distances de ces points ne sont pas 
données, nous avons dû renoncer à les porter sur notre 
carte. 

La troisième route n'a été parcourue qu'une fois, par 
suite du naufrage à la côte, entre le cap Bojador etSaguiet 
el Hamra, d'un Français, Cochelet 2 , qui fut fait prison- 
nier par une tribu de pillards sahariens. Il fut conduit de 
Tassrit à Taroudant par Ilegh. Vu les circonstances, sa 
relation est pauvre en faits géographiques ; elle ne con- 
tient aucune indication de direction et peu d'indications de 
durée. Au nord de Tassrit la route présente de suite des dif- 
ficultés importantes, car le voyageur pénétra immédiate- 
ment dans un pays montagneux. L'itinéraire de Jannasch 
au contraire court pendant les premiers 25 kilomètres dans 
une vallée large d'environ 7 kilomètres, d'où l'on peut 

1. Op. cit., p. 188. 

2. Naufrage du brick français La Sophie, etc. Paris, 1821, t. II, p. 82- 
107. 



L'ANTl ATLAS 225 

conclure que les routes des deux voyageurs se séparent im- 
médiatement au nord du point de départ commun. Par une 
chaîne difficile à franchir, avec une pente nord abrupte, 
Gochelet atteignit à Tillin, au débouché d'un cours d'eau, 
évidemment un affluent de l'Oued Tazeroualt \ la lisière 
de la plaine dans laquelle il poursuivit sa route par Talent 
jusqu'à llegh, qui en est éloigné d'un quart d'heure. Nous 
admettons avec Renou 2 10 heures pour la première partie 
du voyage jusqu'au pied nord de la chaîne, qui, dans sa 
partie nord-est, la plus difficile à traverser, est identique 
à la chaîne franchie par Jannasch ; 4 heures pour la 
distance Tillin-Talent. La différence de 2 heures et demie 
entre le temps de marche de Cochelet et celui de Jannasch 3 
s'explique par la nature du sol ; il faut remarquer en outre 
que le voyageur allemand fit son voyage à cheval, le 
Français le sien à pied. La route de Panet et de Bou el 
Moghdad n'est pas mentionnée dans Quedenfeldt, celle 
donnée par Cochelet a subi le déplacement des positions 
qui est si fréquent sur cette carte. 

Les principaux traits de l'orographie de l'Anti Atlas 
entre les méridiens d'Ilegh et de Glimim sont donc les 
suivants : contrairement à ce qui a lieu pour la région au 
sud de la capitale du Tazeroualt, où Lenz n'eut à traverser 
qu'une chaîne pour aller de la région de 1 Oued el Ghas à 
la branche-mère de l'Oued Noun, plus à l'ouest trois 
chaînes montagneuses traversent le pays, la chaîne mé- 
diane étant la principale par sa hauteur et sa longueur. 
Elle atteint, dans sa continuation vers l'ouest, 905 mètres 
au Pico Fogo, puis se recourbe avec environ 700 mètres 



1. Même conception dans Renou, op. cit , p. 60. 

2. Op. cit., p. 55. 

3. Op. cit., p. 223-226. Jannasch mit environ sept heures et demie pour 
aller de Toursa à la plaine d'Azarar. 

15 



226 L'ATLAS MAROCAIN 

d'altitude l , pour enfermer du côté de l'ouest le pays 
dOued-Noun. Traversée en une vallée étroite par l'Oued 
Asaka, la chaîne, et avec elle l'Anti Atlas 2 , va finir au 
sud de l'embouchure de ce fleuve dans des montagnes 
évaluées à 600 mètres. Les deux autres chaînes sont des 
contreforts de la chaîne principale. Nous avons déjà briève- 
ment caractérisé celle du sud en parlant de la vallée du 
Siad ; à son extrémité s'élève la capitale de l'Oued-Noun. 
La chaîne secondaire du nord n'atteintpas non plus la côte, 
car ni Davidson ni Douls ne la mentionnent au sud d'Aglou ; 
sa dernière élévation importante paraît être le sommet vu 
par Arlett non loin de la côte, et évalué de la mer à 
730 mètres. 

La position des points où les chaînes secondaires se 
détachent de la chaîne principale se laisse déterminer 
avec assez de précision d'après l'itinéraire de Mardochée. 
Malheureusement cet itinéraire n'est pas continu ; il pré- 
sente une lacune au-delà d'Oudjan, jusqu'où nous l'avons 
déjà suivi plus haut. Nous nous sommes tenu aussi rigou- 
reusement que possible à la relation de Mardochée 3 et 
avons seulement modifié en quelques points la représenta- 
tion de Duveyrier * d'après les évaluations de distances du 
texle. Ainsi il est devenu possible de prendre l'itinéraire 
de Mardochée comme intermédiaire exact entre les deux 
routes de caravanes mentionnées plus haut. 

Pour fixer l'itinéraire 5 , il faut se servir de deux faits qui 

1. Jannasch, op. cit., p. 213 et carte. Cette partie de la chaîne a été 
traversée par Davidson, mais il y a peu de chose à prendre dans sa rela- 
tion. Uenou, loc. ci£.,p. 70. 

2. Dans Arlett, loc. cit.. p.39, comme dans Jannasch (carte) sous 29» 3' 
lat. N. 

3. B. S. G. P., 1875, t. X, p. 569-573. 

4. Ibid., carte au 1/1.450.000. 

5. Lenz {Timbuktu, II, p. 11) croyait que cette partie de la route de 



L'ANTl ATLAS 227 

sont bien établis par des explorations et des informations 
dignes de foi. Le pays d'Ofran se trouve sur le versant sud 
de la chaîne principale au sud-ouest du Tazeroualt, conligu 
à la région des Imedjat l ; au sud des Imedjat et de l'Ofran 
s'étendent les Ait Brahim. Les pays des Imedjat et des Ait 
Brahim ont été visités par Lenz ; Mardochée traversa l'Ofran 
et la partie occidentale des Ait Brahim. Taghdjijt, la loca- 
lité que visita Mardochée au sud de l'Ofran, est une station 
sur une route mentionnée par Panet et de Foucauld 2 ; elle 
est éloignée d'un jour de voyage deGlimim d'une part et de 
Tamanart d'autre part, c'est-à-dire qu'elle est à moitié che- 
min entre les routes de Jannasch et de Lenz. Si l'on con- 
sidère ces faits pour reporter le voyage de Mardochée, la 
sinuosité de l'Oued Tazeroualt, que le voyageur traversa 
avant son entrée dans les chaînes de l'Anti Atlas, se place 
entre Ilegh et les Ouled Djerar, et marque la place où le 
fleuve passe de la direction est-ouest à la direction nord. 
Les montagnes isolées du Djebel Tafraout, par lesquelles 
passe la route de Mardochée au nord de l'Oued Tazeroualt, 
doivent être de la même espèce que celles mentionnées par 
Lenz au sud d'Ilegh sur le versant nord de la chaîne. Après 
la traversée de l'Oued Tazeroualt, Mardochée pénétra 
dans une chaîne montagneuse, Djebel Tizelmi , qui n'ap- 
partient pas à la chaîne principale, mais à la chaîne secon- 
daire septentrionale traversée plus loin à l'ouest par Go- 
chelet, Jannasch, etc. Ce Djebel est séparé par une vallée 
(Ifrad) de la chaîne principale, qui s'appelle ici Djebel Ignan. 
Le Djebel Ignan est la continuation de la chaîne traversée 
par Lenz ; cela résulte avant tout de ce fait, que Ma rdochée 

Mardochée passait à l'est de la sienne. Lannoy de Bissy rectifie cette 
donnée. 

i. Cf. ci-dessus, p. 222. 

2. Cf. ci-dessus, p. 215. 



223 L'ATLAS MAROCAIN 

ne rencontra à son pied sud, de même que l'explorateur al- 
lemand, qu'un seul sillon fluvial appartenant au bassin du 
Noun, celui de l'Oued Saïad; comme nous le savons par Da- 
vidson 1 , l'Oued Saïad est un des noms de l'Oued Noun, qui 
ne s'appelle ainsi qu'à Asserir, à l'entrée du pays du même 
nom*. L'Oued Oudeni est donc le cours supérieur, l'Oued 
Saïad le cours moyen de l'Oued Noun. La route de Mardo- 
chée pénètre dans l'Ofran au pied Est d'une chaîne, le Dje- 
bel Ida ou Sagra, dans laquelle il est facile de retrouver le 
contrefort sud de la chaîne principale. Go contrefort trace 
son cours à l'Oued Saïad au-dessous de Taghdjij t. En cette 
localité même, le fleuve a dû se frayer un chemin à travers 
une li°"ne de hauteurs ; le flanc nord du défilé est formé par 
le Djebel Aznagiz : on peut très bien le regarder comme 
situé dans la chaîne que Lenz mentionne sur le versant 
nord de l'Oued Oudeni, formant la bordure de la haute 
plaine des Ait Imedjat. La paroi sud de cette gorge est 
l'extrémité d'une série de montagnes, Djebel Ida ou Tal- 
tas, dont Mardochée, poursuivant son voyage, longea le 
pied Est pendant 3 heures, avant d'arriver par-dessus une 
ondulation basse dansledomaine hydrographiquedel'Oued 
Draa, à FOuedTarga elMaïat. Cette ondulation conduisait 
de la première chaîne à une seconde, dont Mardochée suivit 
la bordure occidentale pendant 3 heures, avant de pé- 
nétrer avec le petit cours d'eau en question dans une plaine 
sableuse déserte 3 . De même que la première série de hau- 
teurs à l'ouest du seuil bas, la seconde série à l'est de ce 
même seuil constitue la ligne de partage entre l'Oued Draa 

1. Renou, op. cit., p. 70. 

2. Nous parlerons plus loin en détail de la nomenclature des fleuves 
de la région de l'Oued-Noun. 

3. Le figuré de l'Oued Targa el Maïat aussi bien que du Djebel Bani oc- 
cidental sur la feuille 10 de la carte de l'Afrique de Lannoy de Bissy ne 
correspond ni à la carte ni à la relation du voyage de Mardochée. 



L'ANTl ATLAS i>29 

et lOued Saïad. La distance Taghdjijt-Targa el Maïat est 
trop longue dans Duveyrier. Mardochée employa 6 heures 
à la parcourir, durée qui correspond à environ 25 kilo- 
mètres, non à 40 kilomètres, d'autant plus que le chemin 
ne devait pas être très facile ; car cette partie de l'itinéraire 
passe par la continuation occidentale de ce pays monta- 
gneux désert que traversa Lenz en 9 heures entre Oued 
Oudeni et Oued Tamanart. Toute cette région, ainsi que la 
plaine sableuse qui la précède au sud, appartient, d'après les 
deux voyageurs, aux Ait Brahim, dont le kaïd principal ha- 
bite la kasba de Tamanart. Leur domination s'étend au sud 
jusqu'au Djebel Bani, non seulement à l'est de l'Oued Tama- 
nart, mais encore dans la région traversée par Mardochée. 
La vallée de l'Oued Targa el Maïat est utilisée d'après Mar- 
dochée ' par un chemin conduisant à Glimim ; c'est le même 
chemin que le compagnon de Lenz, le chérif du Tafilelt, 
suivit 2 à partir de Foum el Hossan, et que le kaïd Dachman 
de Glimim évaluait à deux fortes journées de voyage 3 . Nous 
avons reporté sur notre carte le reste du voyage de Mar- 
dochée d'après Duveyrier, mais en le repoussant un peu vers 
l'ouest. Contrairement à la relation de Mardochée, Lannoy 
de Bissy attribue le Djebel Tabayout, qui est « très élevé 4 » , 
et le Djebel Taskaleouin à la chaîne du Bani, tandis que ce 
voyageur déclare ne les avoir rencontrés qu'au sud de 
cette chaîne allongée. Habenicht s'efforce de reproduire 
l'extrémité sud de l'itinéraire de Mardochée, mais le 
figuré inexact qu'il donne de la région hydrographique 
de l'Oued Noun l'amène à une représentation entièrement 
fausse. 



i. Carte, loc. cit. 

2. Timbuktu, II, p. 15. 

3. Jannasch, op. cit., p. 198. 

4. Mardochée, op. cit., p. 572. 



23(1 L'ATLAS MAROCAIN 

L s régions traversées par LenzetMardochéesur le ver- 
sant sud de l'Anti Atlas montrent les mêmes éléments oro- 
graphiques. Séparé de la chaîne principale par le cours 
supérieur et moyen de l'Oued Noun, le pays montagneux 
des Ait Brahim forme la ligne de partage entre ce fleuve et 
l'Oued Draa. Sur sa bordure sud, une plaine sableuse dé- 
serte s'étend jusqu'au Djebel Bani. Cette dernière chaîne 
précède à son tour la Hammada, dont les étendues déso- 
lées ne sont interrompues dans leur partie septentrionale 
que par des îlots rocheux en saillie. 



Le pays de TOued-Noun. 

Cette région exige une description spéciale, tant à cause 
de ses conditions naturelles particulières, qui lui assignent 
une place à part, qu'en raison des matériaux que nous 
possédons sur cette contrée très visitée, matériaux abon- 
dants mais qu'il faut trier par une critique attentive. L'hy- 
drographie notamment, avec sa nomenclature relative- 
ment riche, laisse jusqu'ici beaucoup à désirer au point de 
vue cartographique. Et pourtant le premier Européen que 
le désir de l'exploration conduisit dans cette contrée dan- 
gereuse pour les chrétiens en avait indiqué les lignes prin- 
cipales avec une clarté que n'a atteinte aucun de ses suc- 
cesseurs. Ses conclusions ! , dont depuis Renou on n'a plus 
jamais tenu compte dans la cartographie du Maroc, for- 
ment, complétées parles résultats des explorations nou- 
velles, le fondement de notre représentation. 

Dans son itinéraire de la capitale de l'Oued-Noun au cap 
Noun ou cap Sidi Ouarzek 2 (29° 16' lat. N., 10° 15' W. Gr.), 

1. Renou, loc. cit., p. 69-71. 

2. Gatell, JB. S. G. P., 1871, t. I, p. 82* 



L'A NT! ATLAS 2S1 

le voyageur anglais traversa, directement au-dessous de 
Glimim, un fleuve qu'il entendit appeler Bouatkouman, 
Boukoukman ou encore Moulasar. Les deux premiers 
noms ne se retrouvent plus dans les textes; au contraire, 
dans Moulasar, on peut reconnaître sans grande difficulté 
l'appellation d'Oued Oum el Achar 1 donnée par Gatell* et 
Douls* pour le cours inférieur de l'Oued Siad. Après que 
Davidson eut continué à marcher pendant une heure et 
demie dans la direction du N.-JN.-W., il atteignit la rési- 
dencedu cheikhde l'Oued-Noun, soncompagnondevoyage. 
Cette localité est évidemment identique à 1' « Eillachzen » 
mentionnée par Jannasch à 2 heures au nord de Gli- 
mim, dans laquelle il faut chercher 4 l'ancienne capitale des 
Ait el Ahsen ou Ait Hassen \ habitants de l'Oued-Noun, 
et la résidence antérieure de leur chef. De là, Davidson eut 
encore deux rivières à traverser jusqu'àla côte, l'Oued Saïad 
et l'Oued Asaka. lisse réunissent à Tilouint 6 , le Tilivin de 
Bou el Moghdad 7 , et forment un fleuve qui porte le nom 
du plus court, mais apparemment du plus abondant 8 des 
deux cours d'eaux, l'Oued Asaka; ce fleuve se jette dans 
l'Océan entre deux collines, dont la plus méridionale a en- 



1. Nous avons choisi la forme que Lenz (Timbuktu, II, p. 23) donne 
pour un point dans l'Oued Draa. La carte de Kiepert porte Im el Ascher. 

2. B. S. G. P., 1869, t. XVIII, p. 266 : Oued Om Elacher. 

3. Loc. cit., p. 468 : Oued Om Elaxaer; sur la carte, Oum Elaxier, qui 
paraît une faute d'impression. 

4. Panet, Pet. Mîtt., 1859, p. 111. Gatell, B. S. G. P., 1869, t. XVIII, 
carte. 

5. La résidence du kaïd Dahman Ben Birouk est Glimim. Jannasch, 
loc. cit., p. 190. [Cf. A. Le Chatelier, Tribus du Sud-Ouest marocain, p. 79 
{N. du trad.)} 

6. Gatell, carte, loc. cit. 

7. Nouv. Ann. des voy., 1861, t. II, p. 268. 

8. Gatell, fi. G. S. P., 1869, t. XVIII, p. 259: 12 mètres de profon- 
deur» 



232 L'ATLAS MAROCAIN 

viron 100 mètres de haul ! . Nous avons déjà' appris à con- 
naître l'Oued Saïad comme la continuation de TOued Ou- 
deni. 11 fut traversé à l'ouest de Glimim par Panet et 
Jannasch; tous deux l'appellent là OuedNoun, contraire- 
ment à Gatell', qui prétend que OuedNoun et cap Noun sont 
deux noms inconnus des indigènes. L'Oued Asaka prend sa 
source, d'après l'explorateur espagnol 4 , dans la chaîne des 
Ait Bou Amran, et, à en juger par son importance, dans le 
haut massif à l'ouest de la route Glimim-Tiznidz, le Pico 
Fego. C'est un fleuve parallèle à l'Oued Siad, et qui marque 
la limite du pays d'Oued-Noun \ Douls 6 traversa cette li- 
mite à 3 heures au nord de Glimim. 

La dénomination d'Oued-Noun a deux sens : au sens 
large, c'est la région entre Oued Asaka et Oued Draa; au 
sens étroit, c'est seulement le bassin de l'Oued Noun. Pen- 
dant que Douls 1 emploie le nom au sens large, Panet % 
Bou el Moghdad 8 et JanuaschTemploient au sens restreint, 
et Gatell 9 dans les deux sens. Chez ce dernier on trouve 
aussi une division du bas pays en partie nord-ouest et partie 
sud-est. La première, Oued Noun au sens le plus étroit, com- 
prend d'après Gatell 10 les localités d'Ogilmim 11 ou Glimim, 
Tisgouantet El Rasabi ou El Aksabi, réunion de plusieurs 



1. Arlett, B. G. S. P., 1837, t. VII, p. 39. 

2. Ci-dessus, p. 228. 

3. B. S. G. P., 1871, t. I, p. 82. 

4. lbid. 

5. B. S. G. P., 1869, t. XVIII, p. 257 et 259 et carte. 

6. Loc. cit., p. 467. 

7. Loc. cit., p. 456 et carte. 

8. Loc. cit. 

9. B. S. G. P., 1869, t. XVIII,p.258. Cf. Rohlfs : « Tekna und Nun », 
Pet. mtt., 1877, p. 422-426. V. aussi Le Chatelier, op. cit., p. 77. 

10. Loc. cit., p. 264-266. 

il. Sur le a sourd préfixe dans les noms propres arabes, cf. Queden- 
feld in Zeitschr. f. d. G. Erdk., 1887, p. 424. 



L'ANTI ATLAS 233 

localités, comme le monlre déjà la forme même du nom 
(pluriel de Rasba). La deuxième partie, Asouafit, renferme 
les localités d'Asserir, Tigmert 1 et Ouaroun 2 . Ces ksour 
sont, à l'exception de Tisgouant, placés aussi différem- 
ment, surtout Glimim. Bou el Moghdad 3 mettait cette 
capitale sur la rive gauche de l'Oued Noun, erreur qu'il est 
facile d'expliquer parle tracé de son itinéraire : il regar- 
dait l'Oued Siad venu du nord comme le fleuve principal. 
Galell * rectifia l'erreur en plaçant Glimim sur la rive 
gauche d'un affluent, mais appela le fleuve principal Oued 
Siad, sans doute en souvenir du Saïad ou Seïad de David- 
son. Jannasch 5 le premier fit la clarté complète au sujet 
de la position de Glimim. D'après lui, cette localité se 
trouve à trois quarts d'heure au nord de l'Oued Noun, 
sur la rive gauche de l'Oued Siad qui la baigne au nord. Il 
paraît résulter de cette dernière donnée que la rivière en 
question ne va pas directement à l'Oued Noun, mais coule 
parallèlement à celui-ci dans son cours inférieur. Cette opi- 
nion est fortifiée par le tracé du cours du fleuve dans 
Gatell et Douls. El Rsabi 6 , El Akasabi 7 . ou Rasabi 8 , se 
trouve, d'après les relations de tous les voyageurs qui l'ont 
visitée, sur la rive droite de l'Oued Noun ; une seconde lo- 
calité du même nom, située au sud de ce fleuve et que 
mentionne Habenicht, ne nous est pas connue dans les 
textes. 



1. Bou el Moghdad, loc. cit., p. 268 : Tikhmirt. 

2. Gatell, p. 267. Azouafid est un nom de tribu d'après Le Chatelier, 
op. cit., p. 83 (N. du trad.). 

3. Loc. cit., p. 269 ; cf. carte in Revue Mar. et col., 1861, t. I. 

4. Cartes citées. 

5. Loc. cit., p. 190 et carte. 

6. Bou el Moghdad, loc. cit., p. 268. 

7. Panet, Revue coloniale, 1850, p. 518. 

8. Jannasch, loc. cit., p. 187. 



:>34 L'ATLAS MAROCAIN 

Les trois ksour mentionnés pour l'Asouafit sont sur le 
fleuve principal ; Asserir est, d'après Davidson', à 3 heures 
de Glimim. Tigmert est le point de départ des trois princi- 
pales routes de caravanes qui de l'Oued-Noun se dirigent 
au sud-est; nous y reviendrons plus loin. Davidson 8 men- 
tionne, à 4 heures à l'ouest d'Asserir, la localité d'Oues- 
nouna, que Bou el Moghdad 3 , également d'après une infor- 
mation, appelle plus exactement Ouaroun. La localité a été 
visitée et fixée par Douls \ qui la met sur « le seul fleuve 
qui ait de l'eau au sud de Glimim », lequel ne peut être 
que l'Oued Saïad : l'explorateur français l'appelle Oued 
Bouddiat. L'Abaïnou mentionné par Bou el Moghdad n'a 
pu être identifié, tandis que son « Igisli » est identique à 
1' « Igissi » de Panet et doit être regardé comme une forme 
intermédiaire entre celle-ci et 1' « Egesel » de Jannasch. 

Si la localité visitée par les deux premiers voyageurs 
n'est pas celle-là même que Jannasch appelle Eillach- 
zen% elle doit en tout cas se trouver dans son voisi- 
nage. Le Tilvin de Bou el Moghdad a déjà été reconnu 
plus haut 6 pour le Tilouint de Gatell (au nord-ouest d'El 
Ksabi). Chose singulière, on ne trouve pas, parmi les huit 
ksour qu'énumère Bou el Moghdad pour l'Oued-Noun 
au sens large, la localité d'El Abiar, que ce voyageur dans 
un autre passage 7 et Douls 8 indiquent comme la localité la 
plus méridionale de la plaine. El Abiar se trouve, d'après 



i. Renou, loc. cit., p. 71. 

2. Ibid. 

3. Loc. cit., p. 268. 

4. Loc. cit., p. 464. Ouaroun est, d'après Le Ghatelier (op. cit., p. 83), 
sur l'Oued Aroualou, affluent de gauche de l'Oued Noun [N. du trad.). 

5. Ci-dessus, p. 231. 

6. Ibid. 

7. Loc. cit., p. 268. 

8. Loc. cit., p. 457. 



L'ANTI ATLAS 23o 

les données concordantes de Gatell 1 et de Douls*, sur le 
versant ouest d'une chaîne de hauteurs dirigée vers le nord; 
cette chaîne porte dans l'explorateur espagnol le nom de 
Djebel Tamsouk et appartient aux deux pays, plats par 
ailleurs, d'Oued-Noun et d'Asouafit*. Au nord d'El Abiar, 
Douls vit des sommets montagneux de forme bizarre qui 
limitaient la plaine à l'ouest; ils sont identiques aux mon- 
tagnes de granité et de schistes traversées par Jannasch 4 
au sud et à l'ouest d'El Ksabi. La ligne El Abiar-Glimim, 
longue de 25 kilomètres d'après Douls 5 , représente la plus 
grande étendue de la plaine, que Gatell 6 estime à 24 kilo- 
mètres. La largeur de 6 kilomètres attribuée à ce pays par 
ce voyageur est fort inférieure à celle indiquée par Jan- 
nasch 7 (2 milles allemands). 

Sur la hauteur des montagnes entourant FOued-Noun, 
nous n'avons que l'évaluation superficielle de Jannasch 8 ; 
dans Test elles atteignent 500 mètres, dans l'ouesj; 600- 
700 mètres, dans le nord elles sont un peu plus hautes, 
dans le sud un peu moins; de ce dernier côté la plaine est 
ouverte. En remontant le fleuve, elle s'étend encore jus- 
qu'à l'est du méridien de Glimim, dans l'ouest elle va finir 
à El Ksabi 9 , couverte d'une épaisse couche de terre 
végétale. Au-delà du gué traversant l'Oued Noun au voi- 
sinage d'El Ksabi, le fleuve s'élargit en un lac aux rives 
abruptes formées de rochers gréseux, avant de couper 



1. Carte in B. G. S. P., 1869, t. XVIII. 

2. Op. cit., p. 464. 

3. B. S. G. P., 1869, t. X.VIII, p. 258. 

4. Loc. cit., p. 184. 

5. Loc. cit., p. 464. 

6. Op. cit., p. 257. 

7. Loc. cit., p. 188. 

8. Op. cit., p. 188 et 213. 

9. Pet, Mitt., 1859, p. 111. 



236 L'ATLAS MAROCAIN 

les contreforts occidentaux de la chaîne principale l . 
Lenz* caractérise d'une manière générale les condi- 
tions géologiques de la région de l'Anti Atlas occidental 
de la manière suivante : « Les couches paléozoïques de 
l'Anti Allas correspondent à celles de la lisière sud du 
Haut Atlas »\ Cette remarque est confirmée dans le dé- 
tail par les explorations de Lenz lui-même et de quelques 
autres voyageurs. La chaîne principale au sud d'Uegh est 
composée de schistes argileux et de granité; ia raideur de 
son versant nord s'explique 4 par la présence de ia série 
des cônes éruptifs qui raccompagnent. De l'avant-chaîne 
septentrionale, qui sépare l'Oued Tazeroualt de l'Oued el 
Ghas, on sait seulement que l'or et le plomb se rencontrent 5 
dans son extrémité ouest, à Tiznidz. On ne sait rien non 
plus delà constitution géologique de la chaîne secondaire 
du nord. Pour la connaissance de la chaîne principale 
au sua 1 de Tiznidz, nous avons une importante remarque 
de Panet 6 , qui a trouvé des schistes argileux et des quartz 
à Oukherib (Okhrem?), au voisinage de Tassrit, mais qui 
dans toute la route Glimim-Tiznidz n'a rencontré aucune 
trace de granité. Il établit aussi la présence de schistes ar- 
gileux dans la partie supérieure de la capitale de POued- 
Noun. Ces couches, qui sont, ici comme au sud 
d'Ilegh,, accompagnées par du granité, se continuent 
et se terminent dans les cônes isolés (300 m.) au sud 
de l'Oued-Noun 7 . Us marquent, avec les montagnes au 



1. Jannasch, op. cit., p. 187. 

2. Timbuktu, 1, p. 290. 

3. C'est-à-dire de la chaîne principale traversée par Lenz aux Bibaouan. 

4. Timbuktu, II, p. 3. 

5. Jannasch, op. cit., p. 233. Bou el Moghdad, Revue Mar. et col., 1861, 
I, p. 492. 

6. Pet. MM., 1859, p. 111. 

7. Jannasch, loc. cit., p. 184 et 186 et carte. 



L'ANTI ATLAS 237. 

sud de l'embouchure de l'Oued Asaka 1 , l'extrémité de 
l'Anti Allas; car dans la région plus au sud les caractères 
du désert se marquent clairement dans les conditions géo- 
logiques aussi bien que dans la végétation. Cependant, 
certains faits orographiques engagent à attribuer encore à 
la région de l'Atlas le pays entre Oued Noun et Oued Draa. 
En outre, Lenz 8 plus à l'est a constaté le commencement 
du désert de sable au sud de TOued Draa, où des épanche- 
ments de granités et de porphyres marquent sa limite nord. 
Jannasch 3 et Douls 3 ont découvert sur l'Oued Draa infé- 
rieur, au milieu de la région des grès et des calcaires, des 
îlots de granité, qui doivent être apparentés au point de vue 
géologique aux montagnes de l'Oued Noun composées des 
mêmes roches; d'autre part, Lenz a pu suivre jusqu'au 
sillon du Draa les couches paléozoïques de l'Anti Atlas* : 
dans sa haute muraille méridionale, les schistes argileux 
anciens, redressés verticalement, et de direction parallèle à 
celle du système de l'Atlas, sont recouverts de marnes ré- 
centes et de calcaires en couches horizontales \ Le cours 
de l'Oued Draa, dans lequel se reproduit une fois encore 
la direction de la chaîne septentrionale, peut donc être 
regardé comme la limite du système de l'Atlas. 

Entre TOued Draa inférieur et l'Oued Noun les couches 
anciennes sont surmontées par des calcaires et des grès : 
d'après Jannasch 6 , la côte est composée de grès; les 
marnes et les calcaires constituent les hautes plaines et les 
plateaux, et, par suite de leur plus faible résistance à l'éro- 
sion, prennent les formes les plus étranges ; les calcaires 

1. Cf. ci- dessus, p. 226. 

2. Timbuktu, I, p. 290. 

3. Cartes, loc. cit. 

4. Kiepert, Itinéraire du voyage de Lenz, loc. cit. 

5. Timbuktu, II, p. 28. 

6. Op. cit., p. 125. 



238 L'ATLAS MAROCAIN 

surmontent les grès, auxquels ils sont par conséquent pos- 
térieurs 1 . Au nord de l'Oued-Noun jusqu'à l'Oued Mesa, ces 
couches récentes occupent également les parties comprises 
entre les contreforts et TAnti Atlas. L'embouchure de 
l'Oued Draa est creusée dans les grès 8 ; au-dessus du granité 
trouvé par Jannasch et Douls, une argile blanche puis- 
samment développée constitue la rive sud de l'Oued Draa 
dans le Termatakour Y haut de 200 mètres. Ces couches 
sont remplacées, dans la région où Lenz traversa l'Oued 
Draa, par des marnes horizontales, blanches et sableuses 4 . 
Dans l'Oued Noun, le grès s'étend transgressivement sur 
les schistes argileux de la chaîne secondaire du sud 5 . 
D'après Jannasch 6 , à Glimim, des canaux d'environ 6 mè- 
tres de profondeur sont creusés dans le grès; au voisinage 
même de la ville un lac d'eau douce est entouré de hauts 
rochers gréseux. Les hautes berges du fleuve principal 
au-dessous d'EI Ksabi, constituées par la même roche, 
ont déjà été mentionnées plus haut 7 . 

Pour les conditions géologiques au nord de la chaîne 
principale, nous avons trois témoignages caractéristiques. 
Pendant que Douls 8 , dans son voyage Toursa-Aglou, ne 
trouva que des grès bigarrés, et que Davidson 9 , qui suivit 
à peu près le même chemin, parle des montagnes calcaires 

1. Op. cit., p. 125. 

2. Jannasch, carte, loc. cit. A l'endroit traversé par Jannasch, la vallée 
de l'Oued Draa avait 1 kilomètre de large, le bras principal du fleuve en- 
viron 150 mètres, plusieurs bras latéraux de 30 à 50 mètres de largeur. 
Loc. cit., p. 134. 

3. Panet, Pet. Mitt., 1859, p. 110. 

4. Timbuktu, II, p. 28, profil. 

5. Panet, Pet. Mitt., 1859, p. 111. 

6. Op. cit., p. 207-211. 

7. Ci-dessus, p. 235. 

8. Loc. cit. y p. 471. 

9. Renou, loc. cit., p. 56. 



L'ANTI ATLAS 239 

des Ait Bou Amran, Panet 1 , qui marcha droit au nord par 
une vallée large, profonde et présentant par suite de bonnes 
conditions d'observation, mentionne des grès bigarrés ten- 
dres et des calcaires. Si la disposition des grès et des cal- 
caires, constatée par Jannasch pour la région au sud de 
l'Oued Noun, peut être regardée comme s'appliquant aussi 
à la région au nord de ce fleuve, les remarques géologiques 
de Douls et Davidson donnent un point d'appui pour placer 
leurs routes, l'une par rapport à l'autre; la route de Douls 
d'après cela doit se trouver à l'ouest de celle de Davidson. 
Les chaînes de l'Anti Atlas occidental sont très riches 
en mines, notamment en mines de cuivre et d'argent*. L'or 
paraît aussi y avoir été trouvé; du moins Gatell 3 dit que 
l'or et l'argent du Sous sont apportés à Mogador. Particu- 
lièrement riches sont les régions d'Ikounka, Idaga our Sa- 
mouk, Tazeroualt, et la chaîne des Ait Bou Amran, où, 
d'après Douls 4 , les mines d'Erkchich" sont exploitées par 
des gens du sultan. En général l'industrie des mines a 
beaucoup diminué et n'est plus exercée qu'isolément. Les 
industries qui s'y rattachent, et qui étaient jadis très floris- 
santes chez les Berbères, sont aujourd'hui à peu près 
mortes par suite de l'insécurité du commerce; les malheu- 
reuses conditions économiques qui régnent au nord du 
Haut Atlas ne permettent pas d'espérer que l'extension de 
la souveraineté du sultan jusqu'à l'Oud Draa améliore no- 
tablement cet état de choses dans l'Anti Atlas occidental. 



1. Pet. Mitt., 1859, p. 111. 

2. Gatell, B. S. G. P., 1871, t. I, p. 84-85. Douls, loc. cit., p. 470. 

3. Op. cit. Cf. Jannasch, loc. cit., p. 233. 

4. Op. cit., p. 470. 

5. Identique à El Kchich, qui est, d'après Erckmann (loc. cit., p. 57) 
un point de la côte par 29° 10' lat. N. avec un port meilleur que celui de 
FOued Asaka. Cf. l'Oued Arcksis de Lannoy de Bissy et Arsis dans Que- 
denfeldt, loc. cit., p. 427. 



240 L'ATLAS MAROCAIN 

La région entre l'Oued Noun et l'Oued Draa inférieur. 

Comme nous l'avons vu plus haut, les chaînes de l'Anti 
Atlas se terminent immédiatement au sud de l'Oued Noun. 
Dans la région dont nous allons dire quelques mois vien- 
nent finir les deux fragments montagneux que traversèrent 
Lenz et Mardochée au sud de la chaîne principale. Nous 
sommes renseignés là-dessus surtout par l'itinéraire de 
Panet, dont la route est trop raccourcie dans Lannoy de 
Eissy et placée inexactement par rapport à la route de 
Mardochée dans Habenicht. La relation allemande dans les 
Mitteilungen de Petermann, 1859, p. 220, ne reproduit pas 
tous les éléments nécessaires pour la construction exacte de 
l'itinéraire, éléments qui sont contenus dans la relation 
plus étendue de la Revue coloniale, 1850 (p. 514-518). 

De Termassoun, au sud de l'Oued Draa, Panet atteignit, 
<( en quelques heures », le lit de ce fleuve, au-delà duquel il 
marcha jusqu'à la tombée de la nuit, qu'il passa dans une 
plaine, El Rheneg. Si l'on admet environ 3 heures pour 
la distance au sud de l'Oued Draa, il reste pour la route 
au nord de ce fleuve environ 6 heures, qui correspondent 
à une étendue de 30 kilomètres. Le jour suivant, le voyageur 
traversa une plaine fertile jusqu'à 4 heures de l'après- 
midi; il entra alors dans un pays désert, parsemé de nom- 
breuses collines couvertes d'éboulis, qu'il ne quitta qu'à la 
lisière sud de la plaine de l'Oued Noun. Après avoir traversé 
cette dernière, il entra à 10 heures du soir à El Rsabi. Ce 
jour de voyage fut long, de sorte que nous pouvons comp- 
ter, pour la roule dans la plaine au sud du pays de collines, 
environ 6 heures. D'après les renseignements donnés 
plus haut 1 sur la largeur de l'Oued-Noun, Panet doit avoir 

i. P. 235. 



L'ANTI ATLAS 241 

mis 1-2 heures pour traverser le pays bas appartenant 
à cette contrée, de sorte qu'il employa environ 4-5 heures 
dans la région des collines, ligne départage entre Oued 
Noun et Oued Draa. Cette région n'est pas autre chose 
que la continuation, plus basse et plus étroite, de la région 
montagneuse stérile traversée par Mardochée en 6 heures, 
par Lenz en 9 heures. La distance totale Oued Draa-El 
Ksabi, franchie par Panel, doit être évaluée à 90-100 ki- 
lomètres. Quant aux conditions du relief, il résulte de 
l'itinéraire en question que dans la région traversée 
par l'explorateur il n'y a quwi seul fragment monta- 
gneux entre Oued Draa et Oued Noun; que le Djebel Bani 
y est déjà éteint, c'est-à-dire que l'opinion de Mardochée 1 , 
reposant sur uneinformation, et d'aprèslaquellele Bani irait 
jusqu'à la côte, était démentie avant d'être émise. Le nom 
du pays, El Kheneg (col, passage), fait supposer qu'il est 
situé entre le Djebel Bani et la région des collines septen- 
trionales, rejetée ici vers le sud-ouest. La grande fertilité 
de la plaine, attestée par le riche tapis de fleurs, et parla 
présence de diverses plantes qui viennent aussi dans nos cli- 
mats à l'état sauvage, rappelle les oasis de la plaine sableuse 
entre Anti Atlas et Djebel Bani, El Feïja, grand centre de 
culture des dattes. La fertilité du sol, obtenue là-bas par 
l'irrigation artificielle, est spontanée dans la plaine d'El 
Kheneg, où elle résulte des pluies importantes que les 
vents marins prodiguent 2 à la zone côtière. 

Si les indications de durée sont très parcimonieuses 
dans Panet, un autre élément important, et nécessaire pour 
la construction exacte d'un itinéraire, ne s'y rencontre 
guère : les directions. Nous en sommes réduits sous ce 



1. B. S. G. P., 1875, t. X, p. 572 et carte. 

2. Jannasch, loc. cit., p. 171. 

16 



■2i-2 L'ATLAS MAROCAIN 

rapport à la carie dressée par Panel et Renou '. Cette carte 
mon-tre la route se dirigeant directement nord-sud, direc- 
tion que n'ont maintenue ni Lannoy de Bissy niHabenicht. 
Nous avons aussi repoussé un peu vers l'ouest la route de 
Panet, pour la placer dans sa position exacte par rapport 
à celle de Mardochée. Nous y avons été aidé par un itiné- 
raire recueilli par Panet et reporté surla carte en question : 
il va de Glimim à Bir el Abbès dans le Sabara et coupe 
celui de Mardochée à Aïnat Ait Aoussa. La station la plus 
rapprochée s'appelle Tourkous, encore au nord de l'Oued 
Draa. Lannoy de Bissy a tracé la roule inexactement, en 
reliant cette dernière localité à la route de Mardochée sur 
l'Oued Targa el Maïat. Nous avons déjà parlé plus haut 2 
de la représentation inexacte du Djebel Bani occidental 
dans Lannoy de Bissy, ainsi que de la route Foum el Hos- 
san -Targa el Maïal-Glimim 3 . 

Au cours de notre étude, nous avons appris à connaître 
les trois routes de caravanes qui de Glimim ou de Tigmert 
rayonnent vers l'est el le sud-est. La première conduit, par 
Taghdjijt, Tamanart et Icht, les produits européens dé- 
barqués à Mogador aux oasis orientales du Djebel Bani * ; 
la deuxième passe par Tinzerl, longe FOued Targa el Maïat 
et mène à Foum el Hossan, puis de là suit la route de Lenz 
vers Tindouf ; cette ville, malgré son origine relativement 
récente (un peu plus de trente ans), a détourné le commerce 
saharien de l'oasis de Tizint (Agadir Tizint 29° 54' 8" lat. N., 
7° 8' 30" W. Gr. 5 ), pour l'attirer vers l'ouest sur les routes 
de caravanes qui touchent à F^oum el Hossan 6 . La troisième 

1. 1/5.000. 000 e . Paris, 1851. 

2. Ci-dessus p. 215-216 et p. 228-229. 

3. P. 228-229. 

4. Reconn., p. 126. 

5. Reconn., p. 415. 

6. Ibid. 



L'ANÏI ATLAS 243 

route est celle mentionnée par Panet : Tigmert-Aïnal Ait 
Aoussa-Tourkous-Bir el Abbès-Tombouctou. 

Encore plus indigentes que celles de Panet sont les don- 
nées géographiques de Bou el Moghdad , de telle sorte qu'on 
ne savait au début si la route suivie par lui se trouvait à 
l'est ou à l'ouest de cejle de Panet. Tandis qu'on supposait 
autrefois ' que les routes de ces explorateurs se coupaient 
à El Gaada (27° 33' lat. N.), puis que Bou el Moghdad tra- 
versait l'Oued Draa à l'e^t de Panet, on admet aujourd'hui 2 
que les itinéraires ne se rejoignent que dans l'Oued-Noun, 
et que la route de Panet se trouve à l'est de celle de son suc- 
cesseur. Bou el Moghdad 3 passa l'Oued Draa à Draa el 
Khelil, dans la région des Igout, qui sont identiques aux 
Ait Yaggout de la carte de Gatell 4 . On ne peut déterminer 
exactement leur habitat, car le sillonmême de l'Oued Draa 
n'est pas encore bien fixé au point de vue cartographique 
dans cette région, comme le montre une comparaison des 
cartes deLannoydeBissy 5 et de Habenicht. Au cours de son 
voyage, Bou el Moghdad arriva par Megissem el Heiram et 
le Galb el Attaris (les montagnes des boucs) à Loubouirat, 
l'El Abiar de Douls 6 , dans l'Oued-Noun. Le récit de voyage 7 
de l'explorateur français nous donne des renseignements 
sur la nature du pays ainsi traversé. Des montagnes de 
grès sont entrecoupées de plaines recouvertes de dunes, 



1. Pet. Mitt., 1861, p. 477 ; cf. en sens contraire Ja prél'ace de Malte- 
Brun à la description de voyage de Bou el Moghdad dans Nouv. Ann. de 
voy., 1861, t. I, p. 257. 

2. Cf. les cartes de Lannoy de Bissy et Habenicht. 

3. Nouv. Ann. de voy.. loc. cit., p. 268. « 

4. B. S. G. P., 1869, t. XVITI. 

5. Feuille 10. 

6. Loc. cit., p. 464 ; Ksar el Abiar (« les puits »). 

7. Loc. cit., p. 463-464. 



244 L'ATLAS MAROCAIN 

toutes deux revêtues d'une maigre végétation saharienne. 
Des sillons de vallées au sol argileux, remplis d'eau de 
temps en temps, traversent le pays. Douls a indiqué sur sa 
carte un fleuve que nous inclinons à regarder comme le 
cours supérieur de l'Oued Aureora. Jannasch, qui franchit 
la vallée de ce cours d'eau non loin de la côte, le tient, 
comme beaucoup d'autres de ceux qu'il traversa, pour une 
dépression ' sans débouché vers la mer. Cependant Gatell 
marque sur sa carte 2 un cours fluvial complet. Il est vrai 
que le voyageur espagnol indique plus au nord un autre 
fleuve, l'Oued Bouisefen, dans une région où son cours au- 
rait dû être traversé en deux points différents par Jannasch 
et Douls. Aucun des deux ne le mentionne; c'est pourquoi 
nous ne l'avons pas admis sur notre carte ; d'ailleurs la 
donnée de Gatell 3 , que l'Oued Bouisefen prend sa source 
dans le Djebel Tamsouk, paraît rendue très invraisemblable 
par les conditions du sol telles qu'elles sont indiquées par 
Douls à l'ouest de cette montagne. L'extrémité occiden- 
tale du pays de collines entre l'Oued Draa inférieur et 
l'Oued Noun est formée par des plateaux que vit Jannasch 4 
à environ 30-40 kilomètres de distance de la mer. A leur 
pied s'étale une plaine côtière parsemée de dunes de sable ; 
dans sa partie septentrionale, des champs d'orge forment 
la transition avec le fertile Oued-Noun, occupé par une 
population sédentaire 5 . 

1. Jannasch, op. cit., p. 182, note : environ 200-300 mètres de large, 
80 mètres de profondeur, 1 kilomètre et demi de long; cf. carte. 

2. B. S. G. P., 1869, t. XVIII. 

3. Op. cit., p. 260. 
• 4. Op. cit., p. 184. 

5. Jannasch, toc. cit.. carte. 



L'ANTI ATLAS 245 

2. Partie médiane de FAnti Atlas. 

La partie médiane de l'Anti Atlas se distingue des deux 
autres parties de la chaîne par sa faible largeur, sa ligne 
de crêtes particulière et la simplicité de sa structure. 
Nous la faisons commencer 1 au point où se détache la 
chaîne de jonction entre Haut Atlas et Anti Atlas; son 
extrémité orienlale ne peut être fixée qu'hypothétiquement 
par 6° 40' W. Gr. La crête de la chaîne ainsi limitée se 
coude deux fois presque à angle droit : au Tizi n Haroun 
(2.059 m.) 2 et au Tizi Agni (1 .674 m.) \ La représentation 
de cette partie de l'Anti Atlas n'est pas claire chez Lannoy 
de Bissy et Habenicht, par suite de l'idée qu'ils se font 4 
des relations entre l'Anti Atlas et la chaîne de jonction. Le 
cartographe allemand indique une liaison entre le dernier 
fragment de l'Anti Allas médian et l'avant-chaîne méridio- 
nale de l'Anti Atlas occidental, tandis que la cohésion de 
la chaîne principale est obscurcie, comme chez Lannoy de 
Bissy, par suite des changements dans le figuré de De Fou- 
cauld autour du Tizi n Haroun. L'idée que paraît se faire 
Habenicht est contredite parla description que donne l'ex- 
plorateur français b de sa double traversée du massif. Mon- 
tant au Tizi n Haroun et au Tizi Agni, il ne franchit chaque 
fois qu'une seule chaîne. Cette chaîne tombe très à pic au 
sud (5C»0-1 .000 m.) vers une région d'avant-monts (Ikis en- 
viron 1.100 m. 6 , Agni 1.104 m. 7 ), qui va en se rétrécissant 

1. Cf. ci-dessus p. 201-202. 

2. Reconn., feuille 9. 

3. Ibid. 

4. Cf. ci-dessus p. 196-197. 

5. Reconn., p. 115 et 204, feuille 9. 

6. Reconn., feuille 9. 

7. Ibid. 



246 L'ATLAS MAROCAIN 

vers Test et qui s'incline vers la plaine d'El Feïja. Sur le 
versant nord en pente douce de la chaîne, de Foucauld 
rencontra la grande plaine déserte au sud du Tazenakht l 
(1.502 m. 2 ) qui est habitée au sud par les Zenaga, au nord 
par les Ait Amer. Outre l'itinéraire de Foucauld, cette partie 
de la chaîne a été très vraisemblablement traversée aussi 
parRohlfs dans sa marche Tazenakht-Tansitta (Oued Draa), 
qui lui prit trois forts jours de voyage. Dans le figuré de 
cette route des Petermanri 's Mitteihingen, 1865, feuille 6, la 
localité d'Ouansifen se trouve indiquée comme station, sans 
être mentionnée dans la relation. D'après une comparaison 
attentive avec la carte 3 de De Gastries, reposant sur des in- 
formations, nous avons placé le pays d'Ouasifen (ainsi qu'é- 
crit de Castries) au voisinage du passage supposé de l'ex- 
plorateur allemand; or, cette carte s'est montrée plusieurs 
fois digne de créance, et elle reproduit les montagnes d'une 
manière sinon tout à fait exacte, du moins facile à amélio- 
rer. Chez de Gastries, le pays d'Ouasifen est à l'est d'un 
fleuve appelé Asif Asougmarsi, l'Azgemerzi de Foucauld, le 
long duquel ce voyageur suivit la route indiquée par de 
Castries 4 . 

Le petit nombre de remarques faites parles deux voya- 
geurs sur les conditions géologiques de l'Anti Atlas médian 
indiquent la nature des roches, mais ne donnent aucune 
conclusion sur leur âge géologique. La plus répandue de 
ces roches paraît être un grès noir, luisant, à l'aspect cal- 
ciné. De Foucauld 5 le mentionne d'abord aux environs de 
Tazenakht, où, tantôt en longues tables, tantôt sous forme 



1. Reconn., p. 415 : 30° 34' 40" lai. N„ 6° 53' 30" W. (>. 

2. lidd., feuille 8. 

3. B. S. G. P., 1880, t. XX. 

4. Reconn., feuille 9. 
5 Ibid., p. 103. 



L'ANÏl ATLAS 247 

de croule constituée par de petites pierres noires, il donne 
à la contrée le caractère de désert nu qui lui est propre. 
La limite occidentale de ce grès noir suit la vallée supé- 
rieure de l'Oued Ait el Hazen (au nord du Tizi Azrar) ; sur 
le cours inférieur de ce cours d'eau, une roche jaunâtre, 
aux flancs escarpés et dénudés, détermine le caractère de la 
contrée, et des prairies rappellent la fertilité du Sous ; en ce 
qui regarde les cultures et les arbres, la limite est formée 
par la ligne de partage (1 .394 m.) 1 entre l'Oued Ait el Hazen 
el l'Oued Tangarfa qui coule vers l'Oued Sous 2 . Le grès noir 
paraît avoir fourni les matériaux de toute la partie du Moyen 
Atlas traversée par de Foucauld, sur le versant sud" aussi 
bien que sur le versant nord 4 . Cette roche, que Reclus 3 rat- 
tache au grès dévonien du Sahara central, joue également 
un grand rôle dans la constitution du Djebel Bani. 11 est 
remarquable que Rohlfs, dont la route coupe celle de Fou- 
cauld dans la région de Tazenakht, ne mentionne pas ce 
grès, mais indique une formation étendue de basaltes 
comme caractéristique de cette contrée r> . Ainsi qu'il ré- 
sulte de sa relation qui comprend quelques lignes, la cara- 
vane avec laquelle l'explorateur fît le voyage du Taze- 
nakht à TOued Draa voyageait en grande hâte, ce qui, 
joint à la défiance des indigènes, ne lui permit pas une 
étude attentive de la roche. Cette circonstance permet de 
se demander si le basalte de Rohlfs n'est pas le grès noir 
« aux écailles brillantes » de Foucauld \ 



\. Reconn., feuille 14. 

2. Ibid., p. 196. 

3. Ibid., p. 200 et 204. 

4. Ibid., p. 197,204 et 205. 

5. Op. cit., p. 665. 

G. Pet. Milt., 1863, p. 365. 
7. Rer.onn.. p. 138. 



248 L'ATLAS MAROCAIN 

Au sortir du col où il franchit la jonction de l'Anti Atlas 
et du Djebel Siroua, au voisinage de Tesna, l'explorateur 
allemand se trouva entre des rochers de marbre verticaux, 
hauts d'environ 300 mètres 1 . Les environs sont remar- 
quables par leur richesse en minéraux, notamment en an- 
timoine, dont Rohlfs trouva des morceaux d'un pouce et 
demi d'épaisseur 2 . De Foucauld mentionne aussi la ri- 
chesse minérale des roches du Djebel Bani 3 . 

3. Anti Atlas oriental. 

A l'est du pays d'Ouasifen, l'Anti Atlas s'étend de nou- 
veau sur une largeur notable; là crête se dédouble, pen- 
dant que les versants s'abaissent en pente vers les sillons 
séparatifs au nord et au sud. Cette région si caractéristique 
est divisée par la vallée transversale de l'Oued Draa. Les 
deux moitiés montrent d'ailleurs un parallélisme complet 
dans les traits principaux de leur relief; ces traits sont seu- 
lement marqués avec plus de netteté à l'ouest qu'à Test 
du fleuve. 

L'articulation du système ne comporte pas, comme 
dans l'Anti Atlas occidental, une chaîne principale et une 
avant-chaîne notablement plus basse; la différence de 
hauteur des deux chaînes n'atteint même pas 100 mè- 
tres, car de Foucauld traversa le Djebel Tifernin par le 
col du même nom à 1.872 mètres, la chaîne parallèle du 
sud au Tizi n Omrad à 1.738 mètres 4 . Les deux cols ne 
sont pas profondément entaillés dans la chaîne, qui, elle- 
même, notamment au Djebel Tifernin, ne dépasse que de 

1. Pet. MUt., 1863, p. 365. 

2. îbid. 

3. Ileconn., p. 138. 

4. Reconn . feuille 8. 



LANTI ATLAS 249 

peu les hautes plaines environnantes et ne se distingue que 
par sa configuration (une arête rocheuse nue, isolée) 1 . Les 
deux chaînes sont séparées par une profonde vallée lon- 
gitudinale, qui leur donne l'aspect de systèmes indépen- 
dants. La continuation de ce sillon vers l'est est moins 
profonde, de sorte que les membres correspondants du 
Djebel Saghro n'apparaissent pas comme des chaînes 
nettement marquées, mais comme les bordures nord et 
sud d'une haute plaine affaissée en son milieu 2 . Venant du 
sud, de Foucauld franchit la lisière méridionale par 
2.002 mètres 3 , et la bordure nord au Trik Iril n Oïttob 
par 2.280 mètres \ Lannoy de Bissy et Habenicht n'ont pu 
représenter exactement l'Anli Atlas oriental, car ils ne 
disposaient que de la carte d'ensemble insuffisante du 
voyage de Foucauld 5 , et non des feuilles parues plus 
tard de la Reconnaissance. Ils indiquent la chaîne parallèle 
au sud du Djebel Tifernin comme une haute plaine peu éle- 
vée, tandis que le Djebel Saghro est décomposé en une 
chaîne principale au nord à flanc sud abrupt et une courte 
avant-chaîne méridionale. 

Dans les avant-chaînes méridionales de l'Anti Atlas 
oriental, le parallélisme qui domine dans la chaîne princi- 
pale est interrompu. Les avant-monts sont presque com- 
plètement séparés de la grande chaîne par un profond sil- 
lon longitudinal, qui, dans son tracé occidental, est em- 
prunté par l'Oued Tamtsift, et occupé dans sa partie orien- 
tale par une étroite plaine déserte. Les avant-monts ainsi li- 
mités ont une configuration différente des deux côtés de 

1. Reconn., p. 207. 

2. Ibid., p. 213. 

3. Ibid., feuille 15. 

4. Ibid. 

5. B. S. G. P., 1887. 



250 L'ATLAS MAROCAIN 

l'Oued Draa. Au sud de l'Oued Tamisift, ils paraissent 
avoir plutôt l'aspect d'un large plateau, s'abaissanl dou- 
cement vers la plaine d'El Feïja ; la bordure nord-est 
abrupte de ce plateau, Koudia Ouled Yahia, s'élève ' de 
150-200 mètres au-dessus de la vallée du Draa (Tamnou- 
galt) 2 dans le Mezgita( 1.079m.) 3 ; le Djebel Kisan, qui ferme 
la vallée longitudinale au nord et qui appartient au Djebel 
Sagbro, est une petite chaîne de roches noires brillantes de 
200-300 mètres de hauteur relative; il est continué, au- 
delà d'une large plaine longeant l'Oued Tangarfa inférieur, 
par une série de chaînons étroits, qui, en s'infléchissant 
au sud, s'étendent jusque dans le pays de Ternata et tra- 
cent à FOued Draa* son cours. 

Une chaîne aussi puissante que l'Anli Atlas oriental op- 
pose au commerce des difficultés notables, d'autant plus 
que sa seule interruption , la coupure du Draa avec son dé- 
bouché au nord, le Rheneg Tarea ou Imi n Draa 5 , semble 
être évitée par les caravanes comme étroite et difficile à 
franchir. De là l'importance des cols. Les chaînes occiden- 
tales paraissent n'être traversées que parle chemin qu'u- 
tilisa de Foucauld. Le commerce est beaucoup plus actif 
entre les cinq provinces de l'Oued-Draaet les pays au nord 
du Djebel Saghro sur FOued Dadès. Là les caravanes tra- 
versent la chaîne par quatre cols, que de Castries 6 et de 
Foucauld 7 indiquent, d'après leurs informations, d'une ma- 
nière concordante. Le Trikldili, leTrik Anfoug ou Tagzart 



1. Reœnn., p. 209. 

2. Ibid., p. 415: 30o40' 43" lat. N., 6<>6'0" W. Gr. 

3. Ibid., feuille 8. 
\. Ibid., p. 212. 

5. Ibid., feuille 8. 

6. 8. S. G. P., 1880, I. XX, p. 512 et cari-. 
1. Ueconn., p. 211. 



L'ANTl ATLAS 251 

(Trik Tissart de Castries), le Trik ïril n Oïttob utilisé par de 
Foucauld e t le Trik Tilkit (Trik Tidekkit de Castries) servent 
au commerce entre les deux provinces les plus septentrio- 
nales de l'Oued-Draa, Mezgita et Tinzoulin, et le Dadès; 
le chemin partant de Ternata emprunte plus à l'est le 
Trik n Timeght. Les provinces du sud, qui sont séparées 
de celles du nord par le Djebel Zagora 1 ou Zagoura 2 et 
contrastent avec ces dernières au point de vue ethnogra- 
phique, ont peu de rapports commerciaux avec elles ; leurs 
relations se nouent avec les oasis à l'est du Dadès, notam- 
ment avec leTodgha, et traversent le Djebel Saghro plus à 
Test, parle Trik Taghassa (Tamgrout-Dadès) et le Taou- 
riret n Iala (Tamgrout-Aït Aïssa ou Brahim-Todgha), qui 
tous deux passent par l'oasis de Tazarin 3 . 

Le Djebel Zagora, d'après Rohlfs, non seulement divise 
l'Oued-Draa en deux moitiés, mais aussi sépare ses habi- 
tants d'après leur nationalité, les Arabes au nord et les Ber- 
bères (Aït Atta*) au sud; il ne doit pas être regardé comme 
une montagne unique, ainsi qu'on pourrait le croire d'après 
le figuré de Rohlfs et la carte des Mitteilungen de Peter- 
mann, 1865, feuille 6; c'est un fragment d'une longue 
chaîne de hauteurs. Notre conception s'appuie sur les don- 
nées exactes de Castries 5 , qui ont sur celles de Rohlfs le 
grand avantage d'indiquer la position des localités par rap- 



1. Rohlfs, Pet. Mitt., 1863, p. 365-366. 

2. pe Castries, loc. cit., p. 514. 

3. De Castries, op. cit. 

4. Placés à tort au nord du Djebel Bani sur la feuille 6dePet. Mitt., exac- 
tement par de Castries. D'après Schaudt (loc. cit., p. 401) les Ait Atta 
se sont avancés de l'Oued Draa vers le nord-est et possèdent aujour- 
d'hui l'oasis d'Krtib, à l'exception de la localité la plus septentrionale 
(Ali Bou Saïdan) et de la plus méridionale (Douera). Cf. aussi Rohlfs, 
Pet. Mitt., 1865, p. 173. 

5. B. S. G. P., 1880, t. XX, p. 513-517 et carie. 



■2b2 L'ATLAS MAROCAIN 

port au sillon du Draa. C'est pourquoi nous n'hésitons pas 
à améliorer, avecLannoy de Bissy et lïabenicht, la carte de 
Pet. Mit t. 1865 d'après les informations de Gastries. Ce 
dernier place le Djebel Zagora, en opposition avec Rohlfs, 
sur la rive gauche de l'Oued Draa et lui donne, au-delà 
d'un ensellement, Biin ez Zouagir, par lequel un chemin 
conduit du Fezouata au Ternata, une continuation dans le 
Djebel Bou Zeroual. Nous avons donc affaire ici à une 
chaîne longue et basse, séparée par une plaine déserte du 
pied sud dei'Anti Atlas : c'est la partie orientale du Djebel 
Bani. Les cols mentionnés par de Castries plus au sud entre 
Lektaoua et El Mehamid servent à faire franchir au com- 
merce quelques-uns de ces chaînons étroits qui, d'après de 
Foucauld 1 , s'allongent dans la partie nord de la plaine 
entre Djebel Bani et Oued Draa. 

A l'est du Taouriret ri lala, l'Anti Atlas diminue 2 rapi- 
dement de hauteur, de sorte que Rohlfs 3 , à la sortie du 
Haut Atlas à Ksar es Souk, crut entrer dans le grand dé- 
sert, et que c'est seulement 4 heures plus au sud qu'il re- 
marqua qu'une haute plaine, étendue dans la direction 
ouest-est, le séparait encore du Sahara. Il la traversa par 
l'étroite vallée de l'Oued Ziz, longue de 35 kilomètres, 
qui est occupée par l'oasis d'Ertib et ses 15 villages 4 . Elle 
est possédée presque entièrement par les Ait Atta; seul 
Douera, au débouché méridional de la vallée, est indépen- 
dant de cette tribu, tandis que la localité d'Aït Bou Zaïdan, 



1. Reconn., p. 146 et 160. Cf. aussi Timbuktu, II, p. 16. Lenzet de Fou- 
cauld, loc. cit., partagent la plaine au sud du Djebel Bani, appelée aussi 
El Feïja, en quatre ou cinq régions, et caractérisent chaque partie d'une 
manière presque identique. 

2. Reconn., p. 101. 

3. Pet. Mitt., 1865, p. 173. 

4. Schaudt, Ztschr. d. G. f. Erdk., 1883, p. 401. 



L'ANTI ATLAS 253 

à l'extrémité nord du pays, appartient aux Ait Izdig 1 . La 
brèche de l'affluent occidental de l'Oued Ziz, l'Oued Gheris, 
n'a été parcourue que par DelbreF; c'est à son débouché 
au sud qu'il faut chercher l'oasis d'El Djerf, située d'après 
Schaudt 3 à une demi-journée de voyage à l'ouest de Tis- 
simi 4 . A l'est du sillon du Ziz, FAnti Allas ne paraît pas pré- 
senter de difficultés au commerce, car Rohlfs 5 , dans sa 
marche de Marka(Ertib) àBoudenib, ne constate d'obstacles 
d'aucune sorte. La vallée étroite de l'Oued Guir au-dessus 
de Djorf et Torba a été déjà mentionnée plus haut 6 . Non 
loin à l'est de ce cours d'eau, la chaîne de hauteurs s'éteint 
dans une haute plaine 1res dénudée au nord de l'oasis de 
Kenadsa 7 ; sur cette plaine, une masse rocheuse de 
300 mètres environ de hauteur, très érodée (Djebel Oum 
Sbaa) présentait à Rohlfs 8 et à de Wimpffen l'aspect d'une 
cathédrale. Le Djebel Bechar', séparé de cette haute 
plaine par une large vallée fluviale, doit être, à en juger 
par sa direction, attribué déjà à l'Atlas saharien. 

1. Rohlfs, op. cit., p. 173. Schaudt, op. cit., p. 401. 

2. Gabriel Delbrel, Notes sur le Tafilelt (B. S. G. P., 189i, p. 199-228), 
avec itinéraires au i /3.000.000 e (N. du trad.). 

3. Loc. cit., p. 401. 

4. Cf. carte de Lannoy de Bissy. 

5. Pet. Mitt., 1863, p. 368. 

6. P. 156-157. 

7. De Wimpffen, L'expédition de l'Oued Guir (B. S. G. P., 1872, t. III, 
p. 40 et carte). 

8. Pet. Mitt., 1863, p. 369. 

9. Carte générale du commandement du Tafilala, etc. B. S. G. P., 1867 
(avril). Itinéraires d'Ain ben Khêlil à l'Oued Guir et au Uiguig, etc. {B. S. G. 
P., 1872, t. III). 



CHAPITRE IV 



LE DJEBEL BANI 



La dernière élévation du système de l'Atlas, « lisière 
d'écume de la puissante mer saharienne », a été men- 
tionnée déjà par nous plusieurs fois dans l'étude de l'Anti 
Atlas, car elle est étroitement reliée à cette chaîne par les 
itinéraires dirigés nord-sud; nous nous contenterons donc 
dans ce qui suit de résumer en peu de mots notre concep- 
tion. L'extrémité occidentale de la chaîne est fixée par 
nous d'après Panet, Mardochée et Lenz, et nous avons 
rectifié l'opinion de Mardochée d'après laquelle le Djebel 
Bani s'étendrait jusqu'à la mer. Les informations con- 
cordantes de Panet et de Foucauld relient la partie occi- 
dentale à la partie médiane; pour figurer cette dernière, 
nous avons suivi la carte d'ensemble de Foucauld dans 
IJ. S. G. P., 1887, en la complétant par les feuilles et la 
relation de la Reconnaissance. Nous attribuons une valeur 
particulière aux observations de position de trois localités 
de cette région faites par de Foucauld : Tintazart (oasis de 
Tatta) 29° 38' \ 2" lat. N. , 7° 38' 30" W. Gr. ; Mader Soultan 
(sur l'Oued Draa) 29° 22' 16" lat. N. ; Agadir Tizint 
29° 54' 8" lat. N., 7° 8' 30" W. Gr. Pour le tracé du Djebel 
Bani entre Foum Zgid et la coupure du Draa, on manque 
de tout point d'appui, tandis que les conditions orogra- 
phiques de l'Oued Draa sont éclaircies par les explorations 
de Rohlfs et les informations de De Castries. Nous devons à 
Rohlfs la fixation de l'extrémité orientale du Djebel Bani. 



LE DJEBEL BANI 

Cet explorateur avait traversé en 1861, dans sa route de 
rOuedDraaauTarileltfAbouamSOTmO^eDjebelBellgrull, 
à la lisière ouest de cette oasis; dans son second voyage, il 
établit que cette chaîne se relie au Djebel Adrar, qui 
ferme l'oasis au sud 2 . Celle-ci est ouverte au sud-est, tan- 
dis que sa limite au nord -est est formée par la lisière de la 
haute plaine de l'Anti Atlas qui se poursuit au sud d'Ertib. 
Le Djebel Bellgrull entoure l'oasis de Tissimi, qui, d'après 
Schaudt 3 , est séparée d'Ertib par une plaine sableuse large 
de 5 heures environ. Rohlfs ne remarqua le Djebel Bell- 
grull qu'à son entrée dans Tissimi, de sorte qu'on est 
amené à ne pas relier cette chaîne à lahaule plainede l'Anti 
Atlas, mais àla mettre à une distance entre les deuxsystèmes 
correspondant à peu près à la distance Douera-Tissimi ; de 
cette manière, la plaine sableuse dont il est fait mention 
serait l'extrémité orientale de la plaine d'El Feïja, qui sé- 
pare le Djebel Bani et l'Anti Atlas. Cette idée est fortifiée 
par le tracé d'une route mentionnée par Rohlfs 4 , qui se 
trouve au nord de celle suivie par le voyageur, et qui, de 
Ternata, par Tazarin (à placer, d'après la carte de Castries 5 , 
au nord du Djebel Bani) conduit au Tafilelt. 

Le Djebel Bani se présente 6 comme une chaîne longue, 
étroite, et plusieurs fois brisée, avec une base large de 



1. Pet. Mitt., 1866, p. 119. 

2. Pet. Mitt., 1865, p. 176 et 177. [Cf. les renseignements donnés par 
G. Delbrel (/Votes sur le Tafilelt, B. S. G. P., 1894, p. 206), d'après lesquels 
le Tafilelt est limité au sud par le Djebel Adrar, à l'ouest par les pics de 
Gcrfs, à l'est par le prolongement des collines de Tizimi. — V. aussi 
\V. B. Harris, Ajourney to Tafilelt (Geogr. Journal, London, 1895) av. carte 
au 1/100.00O (N. du trad.)). 

3. Op. cit., p. 401. 

4. Pet. MUt., 1863, p. 367. 

5. B. S. G. P., 1880,|t. XX. 

6. Reconn., p. 138. 



256 L'ATLAS MAROCAIN 

1-2 kilomètres et une arête aiguë, qui s'élève de 200-300 mè- 
tres au-dessus du désert environnant, et s'étend parallè- 
lement à la direction du système de l'Atlas et au cours de 
l'Oued Draa inférieur sur plus de 800 kilomètres. Le grès 
noir calciné dont il se compose est riche en métaux : 
cuivre, zinc, argent et or. La chaîne est coupée en dix 
endroits environ par des khenegs, qu'autant de fleuves réu- 
nissant chacun plusieurs cours d'eau, utilisent pour aban- 
donner la chaîne de l'Atlas. Au débouché des vallées sont 
situées les oasis, dont les habitants pratiquent la culture 
des dattes et le commerce saharien. Les points les plus 
importants à ce dernier point de vue sont Foum el Hossan, 
Tatta et Tizint. 



CHAPITRE V 



LE SILLON LONGITUDINAL ENTRE LE HAUT ATLAS ET 

l'anti ATLAS 



Ayant caractérisé plus haut 1 d'une manière générale la 
vallée longitudinale comprise entre le Haut Atlas et l'Anti 
Atlas, nous abordons de suite la description de chacune 
des parties qui la composent. 



1. La vallée de F Oued Sous. 

L'Oued Sous se constitue par la réunion de l'Oued 
Tifnout, qui vient de la région du Tizi Tagherat, avec l'Oued 
Zagmouzen qui prend sa source au Djebel Siroua, dans la 
partie orientale du pays appelé Ras el Oued (la source du 
fleuve 8 ). La vallée et le cours du fleuve se divisent en deux 
moitiés : Ras el Oued, sur le cours supérieur, et Es Sous, sur 
le cours inférieur ; la limite passe un peu à l'est de Tarou- 
dant. Ras el Oued est enfermé par des montagnes 3 ; le fond 
de la vallée qui, sous l'influence de l'irrigation naturelle et 
artificielle, fait preuve d'une grande fertilité 4 , atteint, à peu 
près au milieu de son étendue, dans la région des Ait Me- 

1. Ci-dessus p. 48. 

2. Reconn., p. 321, 322 et 327. 

3. J6id.,p. 329. 

4. Pet. MM., 1863, p. 364-365. 

17 



258 L'ATLAS MAROCAIN 

nuba, une largeur de 12 kilomètres 1 ; plus loin à l'est, 
dans le Talkjount, la plaine fluviale parait pénétrer plus 
profondément dans les montagnes du nord 2 . En outre des 
deux tribus déjà mentionnées, de Foueauld indique encore, 
comme habitants du Ras el Oued et surtout de sa partie 
occidentale, les Ouled Yahia 3 , chez lesquels la caravane de 
Rohlfs 4 se pourvut de céréales pour le voyage de l'Oued 
Draa. A sa partie supérieure, la plaine fluviale de l'Oued 
Sous doit se trouver à environ 550-600 mètres au-dessus 
du niveau de la mer, car de Foucauld, à peu près au milieu 
du Ras el Oued, traversa le fleuve par 527 mètres 5 . A Ta- 
roudant(environ 200 mètres) 6 , l'Oued Sous abandonne laré- 
gion des montagnes par un kheneg, qui d'ailleurs est indi- 
qué seulement par deux petites chaînes parallèles del'Anti 
Atlas qui sont rejetées au nord; Erckmann* détermina 
les deux extrémités de la plus septentrionale, qui portent 
les noms de Djebel Frigaet Djebel Bourja. Le changement 
de constitution du lit du fleuve est mieux marqué : il est 
encore rocheux au sud de Taroudant, vaseux en aval. La ca- 
pitale du Sous n'est pas située sur le fleuve même, mais 
3 kilomètres au nord 9 , à un niveau supérieur asséché du sol 
de la vallée, et sur la rive gauche d'un fleuve que la rela- 
tion de Lenz 10 appelle Djisarin, mais qu'Erckmann 11 et de 

1. Reconn., p. 188. 

2. Ibid., feuille 14. 

3. Ibid., p. 194 et feuille n« 14. 

4. Pet. Mitt., 1863, p. 364 : Béni Lahia est une faute d'impression pour 
Béni Yahia. 

5. lieconn., feuille 14. 

6. Erckmann, Le Maroc moderne, p. 52 et carte. 

7. lieconn. y p. 192. 

8. hoc. cit., j). 52. 

9. Gatell, B. S. G. P., 1871, t. 1, p. 81. 

10. Timbuklu, I, p. 282. 

11. L>< cit. . \>. 52. 



SILLON ENTRE HAUT ATLAS ET ANTI ATLAS 259 

Foueauld l nomment Oued el Ouar. Lenz donne l'altitude 
de Taroudant au-dessus du niveau de la mer d'une manière 
différente dans le texte* (100 tn.) et sur la carie (180 m.); 
sous ce rapport aussi, nous adoptons les données des deux 
explorateurs français, qui s'harmonisentm ieux. Erck- 
inann 3 estimait la hauteurde la ville à environ 210 mètres, 
valeur qui correspond à celle mesurée par de Foucauld 4 
pour une localité située quelques kilomètres à l'ouest de Ta- 
roudant (213 m.). D'après l'évaluation de Lenz %1'Oued Sous 
se trouve, à l'endroit traversé par lui, à environ 50 mètres 
au dessous de Taroudant, de sorte que nous pouvons lui 
attribuer une altitude de 160 mètres. L'Oued Sous n'est 
pas, dans son cours inférieur, aussi puissant qu'on pour- 
rait s'y attendre d'après le nombre des affluents qu'il reçoit 
dans son cours supérieur; c'est qu'une grande quantité 
d'eau lui est enlevée par l'irrigation artificielle de la large 
surface de cultures qui s'étend comme un jardin continu 
le long du fleuve G * Aussi est-il guéable en beaucoup de 
points à certaines époques, surtout au voisinage de son 
embouchure, où l'eau ne réussit pas à remplir tout le lit, 
et se partage en deux bras qui ont souvent à peine quelques 
mètres de profondeur 7 . Ce que Jannasch s appelle le bras 
méridional est regardé par Mardochée 9 comme un affluent 
venant d'une forêt située à l'est : Mardochée passa en effet 



i. Reconn., p. 19^. 

2. Timbuktu, I, p. 321. 

3. Op. cit., p. 52. 

4. Reconn. , feuille 14. 

5. Timbuktu, I, p. 321. 

ô. Jackson, An account of the empire of Marocco, etc., p, 

7. Reconn., p. 184. 

8. Loc. cit., p. 262. 

9. B. S. G. P., 1875, t. X, p. 505. 



260 L'ATLAS MAROCAIN 

le fleuve un peu plus à Test que l'explorateur allemand 
(Jannasch vit le Sidi Bibi, mentionné par Mardochée, 
à une distance de 2-3 kilomètres). Duveyrier \ Lannoy de 
Bissy et Habenicht reproduisent la conception de Mardo- 
chée; nous suivons Jannasch, car celui-ci dit qu'il traversa 
le plus méridional des deux cours d'eau à la nage, ce qui 
suppose une quantité d'eau que 1' « affluent » de Mardochée 
ne peut avoir dans son court trajet. De Foucauld 2 , dont le 
chemin coupe les routes de ses deux prédécesseurs un peu 
au sud de l'Oued Sous, et cet oued lui-même plus à l'ouest, 
ne mentionne ni affluent ni division en deux du fleuve 
principal. Il en résulte que c'est seulement dans le court 
espace compris entre le passage de Foucauld et celui de 
Mardochée que l'Oued Sous se divise en deux bras, dont 
le plus septentrional est de beaucoup le moins important. 
Les deux côtés du fertile sillon de la vallée s'opposent l'un 
à l'autre de la manière la plus complète par suite du degré 
différent de l'irrigation. Au sud, le pays des jardins s'étend 
encore 3 au-delà des limites de la vallée fluviale proprement 
dite, et, sous l'influence des vents marins, de belles surfaces 
de prairies avec de nombreuses localités se montrent jus- 
qu'aux avant-monts de l'Anti Atlas 4 . Au contraire,le dé- 
sert avec son sol de lehm dur et jaune occupe la région 
située au pied du Haut Atlas ; on y trouve bon nombre de 
gorges et d'oueds, mais un seul fleuve permanent entre 
Agadir et Taroudant; il est interrompu seulement par quel- 
ques forêts d'arganiers peu denses 5 . Nous n'avons reporté 
que les affluents de l'Oued Sous qui ont été traversés par 

i. IL S. G. P., 1875, t. X, carte. 

2. Reconn., p. 184 et feuille 12. 

3. Mardochée, loc. cit., carte. 

4. Reconn., p. 183. 

5. Timbuktu, 1, p. 281^282. 



SILLON ENTRE HAUT ATLAS ET ANTI ATLAS 261 

de Foucauld. Au cours inférieur appartiennent seulement 
trois petits cours d'eau, qui ont été franchis non loin de 
leur source ' à la lisière nord de la haute plaine de l'Anti 
Atlas. Celui du milieu, le plus important, l'Oued Ikhoullan, 
paraît confluer au fleuve avec celui de l'ouest, qui aban- 
donne le pays d'Ikounka par le Kheneg de Taourirt ou 
Seliman. Gomme Lenz ne mentionne aucun cours d'eau 
entre l'Oued Sous et l'Anti Atlas, son cours inférieur doit 
se trouver entre la route de ce dernier et celle de Foucauld. 

2„ Le sillon longitudinal dans la région de l'Oued 
Draa supérieur. 

La seconde partie du sillon entre le Haut Atlas et l'Anti 
Atlas comprend les vallées longitudinales des deux bran- 
ches-mères de l'Oued Draa : l'Oued Idermi et l'Oued Da- 
dès, qui se réunissent au point le plus creux de la dépres- 
sion, pour traverser la chaîne parallèle du sud par le Khe- 
neg Tarea. La vallée longitudinale commence dans l'ouest 
à peu près à la réunion de l'Oued Idermi avec l'Oued Ait 
Tigdi Ouchchen, composé lui-même de l'Oued Tazenakht 
et de l'Oued Azgemerzi. Cependant un étroit fragment du 
grand sillon longitudinal s'étend sur l'Oued Idermi supé- 
rieur et sur le cours d'eau de ses sources, l'Oued Imini ou 
Tidili, en remontant entre les montagnes inférieures du 
Haut Atlas et celles du contrefort transversal qui culmine au 
Djebel Siroua. Le fond de ce sillon secondaire s'élargit au 
confluent de l'Oued Iounil et de l'Oued Tidili à Tikirt 
(30° 57' lat. N., 6° 49' 45" W. Gr. 2 ) (1 .313 m. 3 ) ; il en est de 
même au confluent de l'Oued Iriri, venu du Djebel Siroua, 

1. Reconn., feuille 12. 

2. Ibid., p. 415. 

3. Reconn., feuille 8. 



262 L'ATLAS MAROCAIN 

avec l'Oued Tidili à lmzoughen (environ 1.400 m.) ; il se 
forme là deux plaines étendues qui sont inondées en hiver 
parles eaux lentes de l'Oued Tidili, et très bien cultivées en 
été 1 . Au-dessous deTikirt,lesmonlagnesenfermantla vallée 
de ridermi forment encore un kheneg, par lequel l'Oued 
Idermi pénètre dans la grande vallée longitudinale entre 
les deux chaînes principales. Dans la région de la branche 
occidentale du Draa, appelée Oued Ouerzazat dans son cours 
inférieur d'après un pays de ce nom \ la vallée longitudi- 
nale n'esteonnue que parades informations, d'ailleursdignes 
de foi, de De Gastries et De Foucauld; il en est de même 
dans les ïmeghran ou Ichichen 3 sur l'Oued Dadès inférieur. 
De ces informations, surtout ethnographiques, il y a peu de 
de chose à conclure au point de vue du relief du sol; nous 
nous occuperons donc de la partie voisine de l'Oued Dadès, 
visitée par de Foucauld lui-même. Depuis les Ait Yahia, 
dans le pays desquels il atteignit l'Oued Dadès \ à 300 mè- 
tres du pied nord du Djebel Saghro, jusqu'à Ksar es Souk où 
l'Oued Ziz sort du Haut Atlas, l'explorateur français tra- 
versa une contrée qui fut jadis une haute plaine unie de 
largeur variable, mais dont la surface a été modifiée par 
des conditions hydrographiques particulières \ Elles pa- 
raissent résulter du changement dans la structure de la 
chaîne principale, tel que nous l'avons établi plus haut G 
dans la région des sources de l'Oued Dadès, et de la dé- 
viation du Djebel Saghro vers le nord. Les conditions 
d'écoulement qui en résultent ont fait de l'Outa (plaine) 



1. Reconn., p. 89, 94, 277-278. De Gastries, loc. cit.. p. 509. 

2. De Castries, loc. cit., p. 509. 

3. Cf. ci-dessus p. 146. 

4. Reconn., p. 213. 

5. Ibid., p. 214-226. 

6. P. 147. 



SILLON ENTRE HAUT TALAS ET ANTI ATLAS 263 

d'Anbed, qui par son extension et son altitude (1 .7.i() m. M 
est un « témoin » de l'ancienne haute plaine, malgré sa 
faible élévation (environ 50 m. au-dessus de l'Oued Dadès), 
la principale ligne de partage des eaux entre l'Océan et le 
désert. Les eaux venant de la chaîne principale se sont ar- 
rêtées au pied nord du Djebel Saghro et se sont creusé 
une vallée le long de ce massif 3 . Cette vallée est plus large 
à l'est qu'à l'ouest de l'Outa d'Anbed : c'est qu'à l'est les 
fleuves rencontrent plus à angle droit la lisière septen- 
trionale dirigée ouest-est de l'Anti Atlas, tandis que dans la 
région de l'Oued Dadès cette chaîne se détourne vers le sud. 
La vallée de l'Oued Dadès, à l'endroit où de Foucauldla tra- 
versa pour la première fois, est large d'environ 1 kilo- 
mètre, et diminue d'étendue vers le nord, où elle n'a plus 
que 300 mètres 3 au point le plus élevé visité par ce voya- 
geur, Ait Iidir (1.693 m.) *. Un peu au nord de ce point, 
l'Oued Dadès sort du Haut Atlas; il arrose successivement 
la région des Ait Merghad 5 . où il prend sa source, puis les 
pays de Semrir, Oussikiset Asaoun. Le sillon longitudinal, 
au pied sud du Haut Atlas oriental, remonte donc dans 
l'ouest jusque vers 1.400 mètres 6 , dans l'est jusque vers 
1.750 mètres, ce qui explique la différence frappante des 
productions du sol dans les régions supérieures. Tandis que 
de Foucauld 7 rencontra la première forêt de palmiers au 
nord de Tikirt, à Tazentout, il trouva dans la région supé- 
rieure du Dadès les cultures des régions hautes et froides, 
surtout les céréales avec des prairies étendues, mais point 

1. Reconn., feuille 15. 

2. Ibid., p. 219. 

3. Ibid., feuille 15. 

4. Ibid., p. 214 et 217. 

5. De Castries, loc. cit., p. 506. 

6. Reconn., feuille 8. 

7. Ibid., p. 89. 



264 L'ATLAS MAROCAIN 

d'oliviers ni de palmiers \ de sorte que la description don- 
née par de Castries 2 des magnifiques jardins d'oliviers n'est 
valable que pour les pays situés sur l'Oued Dadès inférieur. 

3. Le sillon longitudinal dans la région de l'Oued Ziz. 

La formation de deux terrasses, qui se marque déjà à 
l'ouest de l'Outa d'Anbed, n'atteint son plein développe- 
ment qu a l'est de cette ligne de partage. Là, le pied sud 
du Haut Atlas est précédé de deux étages qui sont reliés 
l'un à l'autre 3 par un talus régulier, constitué par une ro- 
che rouge, et d'une hauteur de 100 mètres. La terrasse su- 
périeure a été traversée par de Foucauld dans l'Outa 
d'Anbed, qui lui appartient entièrement (15 km. de large 
et 1 .700 m. de hauteur moyenne) et au nord-est de l'oasis 
duGheris (Gelmina, 31° 41' 5" lat. N., 40° 38' W. Gr.) 4 où 
elle s'étend sur plus de 20 kilomètres 5 . De là, sa largeur 
diminue sans cesse jusqu'à Ksar es Souk, car sa lisière sud 
recule de plus en plus vers le nord, pour faire place à la ter- 
rasse inférieure. Cette dernière commence au sud d'Imi- 
tegh 6 (Oued Imitegh, au point traversé par de Foucauld, 
1.581 m.) 7 , avec 3 kilomètres de largeur, s'accroît dans 
l'est dans les oasis du Ferkla(Asrir 1 .239 m.) et du Gheris 
(Gelmina 1.240 m.) 8 jusqu'à 18 kilomètres, et s'étend 
plus loin encore vers l'est, « à perte de vue » 9 ; dans 

1. Reconn., p. 214. 

2. Op. cit., p. 506. 

3. Reconn., p. 218-219. 

4. Reconn., p. 415. 

5. lbid., p. 226. 

6. Imitegh est placé trop loin à l'est sur la carte d'ensemble du voyage 
de Foucauld dans B. S. G. P., 1887. 

7. Reconn., feuille 15. 
s. lbid., feuille 16. 

9. /6td.,p. 220. 



SILLON ENTRE HAUT ATLAS ET ANTI ATLAS 263 

la région de l'Oued Ziz et de l'Oued Guir, elle paraît 
occuper toute la largeur du sillon longitudinal entre le 
Haut Atlas et l'Anti Atlas. La ligne de sa plus profonde dé- 
pression est indiquée par les fleuves ïmitegh el Todgha, 
dontles eaux ont fortement érodé la haute plaine, comme 
le montrent de nombreux « témoins », notamment dans 
la terrasse inférieure 1 . Le plus intéressant de ces témoins 
a été traversé 2 par de Foucauld à l'est de Timatrouin 
Ignaouen, sur la route de l'Imitegh au Todgha, par le Foum 
el Kous n Tazoult (1.522 m.) 3 . La constitution de cette 
crête, formée de roches noires et jaunes, engagea l'explo- 
rateur français à la regarder comme un rameau trans- 
versal réunissant les deux chaînes principales. L'oasis du 
Todgha, large en moyenne de 800-2.000 mètres, produit 
en grande abondance tous les fruits du sud, qui caracté- 
risent les oasis de la lisière du Sahara. En tout cas la lo- 
calité de Taourirt 4 , située à l'extrémité supérieure de l'oa- 
sis, à l'endroit où l'Oued Todgha abandonne 5 la terrasse 
supérieure, est encore à une altitude de 1.466 mètres 6 ; 
mais, par suite du rapide abaissement de l'Anti Atlas orien- 
tal, l'influence du Sahara s'y fait déjà sentir ; cette influence 
est plus marquée encore dans les oasis du Ferkla (1.239 m.) 
et du Gheris (1 .240 m.) % qui sont situées plus à l'est. 

Le parcours ultérieur du sillon qui sépare le Haut 
Atlas de la chaîne qui lui est parallèle au sud, dans la ré- 
gion de l'Oued Ziz et de l'Oued Guir, a déjà été indiqué; 



1. Reconn., p. 219. 

2. Ibid., feuille 16. 

3. Ibid., p. 220. 

4. 31° 32' lat. N., 5° 13' W. Gr. Reconn., p. 415. 

5. Reconn., p. 221. 

6. Ibid., feuille 16. 

7. Ibid. 



L'ATLAS MAROCAIN 

nous nous contentons donc de renvoyer à ce que nous en 
avons déjà dit plus haut 1 . 

i. P. 56, 153-158 



CHAPITRE VI 



LES HAUTES PLAINES ENTRE LE HAUT ATLAS ET l'oCÉAN 



Au pied du Haut Atlas et du Moyen Atlas occidental, de 
hautes plaines descendent vers la mer en trois ou quatre 
étages, dont la lisière est dirigée Sud-ouest-Nord-est. Le 
noyau de ce pays de terrasses est formé par les chaînes de 
hauteurs que nous avons caractérisées plus haut 1 comme 
des ondulations , repoussées vers le nord, de la chaîne schis- 
teuse ancienne. Ces hauteurs déterminent le tracé des prin- 
cipaux cours d'eau, l'Oued Tensift et FOuecl Oum er Rebia, 
et permettent de décomposer la région située entre la 
chaîne principale et l'Océan en trois parties se succédant du 
nord au sud ; parlasimilitude de leur structure, elles sont ap- 
parentéesau point de vue orographique non seulement entre 
elles, mais aussi selon toute apparence avec la terrasse infé- 
rieure du versant ouest de T Atlas Moyen; seulement, par suite 
de la hauteur et de la largeur variables des étages, elles ont 
pris chacune une configuration différente. Ace point de vue, 
les trois parties se groupent de la manière suivante. La par- 
tie sud s'unit à la partie médiane pour former la terrasse su- 
périeure; le Djebilet 8 et le pays montagneux des Rehamna 
qui s'y rattache à l'ouest doivent doïic être regardés comme 
la chaîne de séparation entre les deux moitiés d'une haute 

1. Ci-dessus p. 99. 

2. « La petite montagne », en opposition avec le Haut Atlas, cf. Hnll. 
Soc de géogr. et oVarchêol. d'Or an, 1885, p. 164. 



268 L'ATLAS MAKOCAIN 

plaine, d'unealtiludemoyennede 500 mètres, ces deuxmoi- 
tiés supposant nettement au point de vue de la culture, par- 
suite de la ^différence d'arrosement. D'autre part, le déve- 
loppement'plus considérable des étages inférieurs fait res- 
sembler la partie médiane à la partie septentrionale, et très 
vraisemblablement aussi au versant occidental du Moyen 
Atlas. C'est dans la région entre l'Oued Tensift et l'Oued 
Oum er Rebia que le relief du sol caractéristique du pays 
de terrasses est le plus complètement développé; c'est 
donc par là que nous commencerons notre étude. 

La ^largeur totale des terrasses, mesurée entre la côte 
et le Djebilet occidental, atteint dans le sud 1 environ 
100 kilomètres, pour augmenter vers le nord et atteindre 
1 60-1 70 kilomètres entre le port de Mazagan et le Djebilet*. 
La formation des terrasses, qui avec leurs gradins bas et 
leurs pentes douces caractérisent toute la région*, se dé- 
veloppe dans le même sens. Dans la partie méridionale, 
Beaumier et Thomson n'eurent à traverser que trois gra- 
dins, dont le plus bas atteint la mer au nord de Saffî par 
des rochers à pic, hauts de 161 m ,50 4 ; à l'ouest, en 
avant de cet « écueil terrestre » 5 , se développe encore 
un dernier étage, qui de son côté ne parvient à la côte qu'à 
ses extrémités nord et sud, dans la falaise du cap Cantin 
(64 m.) 6 et dans quelques rochers entre Mazagan et le cap 



1. Beaumier, Itinéraire de Mogador à Maroc et de Maroc à Saffy 
(B. S. G. P., 1868, t. XVI, p. 321-339, carte au l/500.000 e ). 

2. Mission militaire envoyée au Maroc en 1882 (Bull. Soc. de géogr. et 
oVarchèolog. de la prov. d'Oran, 1885, p. 158). 

3. Ibid. 

4. Arlett, B. S. G. P., 1837, t. VII, p. 27. 

5. Von Fritsch, Mitt. d. Ver. f. Erdk. Halle a S., 1878, p. 25-26. 

6. Arlett, toc. cit., p. 26 : à 6-7 kilomètres au nord du cap Cantin, la 
terrasse inférieure atteint sa plus grande hauteur à 137 mètres. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ;ET OCÉAN 269 

Blanc; partout ailleurs, une étroite plaine sableuse borde 
son flanc occidental 1 . L'origine de cette plaine de sable est 
encore attestée par quelques lagunes 8 , dont la plus grande , 
celle d'Oualidiia, longue de 12 kilomètres, s'ensable rapi- 
dement 3 . Tissot croit y avoir retrouvé le port d'El Ghaït, in- 
diqué comme sûr par Edrisi; son rétablissement aurait une 
grande importance pour l'exportation des très fertiles pro- 
vinces d'Abda et de Doukkala, d'autant plus que les em- 
bouchures de l'Oued Tensift et de l'Oued Oum er Rebia ne 
peuvent convenir comme ports, à cause de leur faible quan- 
tité d'eau, qui pas une seule fois dans toute l'année ne re- 
couvre complètement les bancs de sable 4 . Des deux autres 
baies que l'on rencontre dans cette partie de la côte, celle 
de Mazagan n'est qu'insuffisamment protégée 6 contre les 
vagues par une petite presqu'île qui s'avance vers le nord, 
et la baie de Saffi, qui d'ailleurs n'a pas un climat sain 6 , est 
ouverte à l'ouest et au sud-ouest, ce qui rend très difficiles 
le chargement et le déchargement des navires 7 . L'impor- 
tance de cette plaine côtière avait déjà été aperçue par les 
Portugais, comme en témoignent les trois ruines de leurs 
anciens établissements mentionnées dans un itinéraire 
donné par Beaumier 8 . Cet itinéraire conduit de Mazagan, 
par Tit (en 1 h. 50 m.) et Oualidiia (13 h. 30 m.), à Ayr 

1. Arlett, loc. cit., p. 24. 

2. Beaumier, Voyages à la côte du Maroc de Tanger à Mogador, carte 
au l/800.000 e (B. S. G. P., 1876, t. XI). 

3. Gh. Tissot, Note sur l'ancien port d'El Ghaït (B. S. G. P., 1875, t. X, 
p. 67-71, carte au l/40.000 e ). 

4. Arlett, loc. cit., p. 22 et 29. Beaumier, Excursion de Mogador à 
Saffy (B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 311; carte au l/800.000 e ). 

5. Arlett, loc. cit., p. 23. Jannasch, loc. cit., p. 32, indique le port de 
Mazagan comme un des meilleurs de toute la côte marocaine. 

6. Von Fritsch, Mitt., 1878, p. 27. 

7. Jannasch, loc. cit., p. 29. 

8. jB. S. G. P., 1870, t XI, p. 246. 



270 L'ATLAS MAROCAIN 

(Oh. 50 m.), puis s'incline vers l'intérieur, détourné parles 
falaises qui s'étendent au nord du cap Gantin ; après avoir 
traversé le lit desséché de l'Oued el lladj (2 h. 50 m.), il 
atteint Saffî, capitale de la province d'Abda (6 h. 50 m.). 
Un autre itinéraire, également indiqué par Beaumier 1 , court 
de Mazagan droit au sud, dans une gorge de la première 
terrasse, par Fahs Douaïb (1 h. 15 m.) et pénètre par la 
Zaouïa Aziz (environ 50 km. au sud du point de départ) 
dans la seconde terrasse, pour se tourner ensuite au sud- 
ouest par El Gharbia (limite entre Doukkala et Abda) et 
gagner Saffi (7 h. 40 m.). 

Nous étudierons mieux les terrasses intérieures en sui- 
vant les récits de voyages auxquels nous devons notre con- 
naissance de cette région. Pour la partie méridionale, nous 
possédons deux itinéraires, qui décrivent la même route : 
celui de Beaumier 2 contient des distances exactes et une 
description du relief; celui de Thomson 3 en est le com- 
plément géologique. D'après ces documents, la région 
comprise entre Saffi et la bordure montagneuse au nord 
de Marrakech se présente delà manière suivante : partant 
de la côte, les deux explorateurs traversèrent un pays par- 
semé de collines basses et de cavités singulières,qui s'étend 
jusque près de la Rasba du Kaïd Ben Ouman 4 . Cette zone 
de collines paraît se poursuivre vers le sud, car Arlett 3 et 
Beaumier 6 les mentionnent et évaluent leur élévation à 



1. B. S. G. P., 1876, t. XI, p. 246. 

2. Itinéraire de Mogador à Maroc et de Maroc à Safly (B. S. G. P., 1868, 
t. XVI, p. 332-335). 

3. Travels, p. 117-122. 

4. Il est facile de reconnaître ce nom dans le Ben ïomma de Thomson, 
mais le nom de Gergoma (que portent les caries de l'explorateur anglais) 
n'est pas clair. 

5. Loc. cit., p. 28. 

6. 6. S. G. P., 1868, t. XV, carte. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 271 

198 et 195 mètres. La durée donnée par l'explorateur fran- 
çais pour la distance Saffî-Kasba du Kaïd Ben Ouman se 
monlre trop courte si Ton compare avec les données de 
Thomson. La Kasba (221 m.) 1 se trouve déjà sur la 
terrasse voisine, au haut d'un talus peu élevé. Il n'est 
pas possible actuellement d'indiquer avec plus de précision 
les relations des étages des deux côtés de l'Oued Tensift in- 
férieur, car le voyage de Soller qui remonte ce fleuve n'a 
pas encore été publié. Thomson, qui regarde la configura- 
tion de la région à Test de Saffi comme un résultat de l'éro- 
sion marine, voit dans la région située entre la côte et la 
kasba un fond de mer tertiaire soulevé, qui atteint l'Océan 
avec les roches tertiaires 2 faciles à émietter du Djerf el 
Youdi (« rochers des Juifs » 76 m ,6) 3 et de là suit la côte 
jusqu'au-delà de Mogador en une zone de plus en plus 
étroite. Le rocher des Juifs ne peut donc pas, comme Maw 4 
incline à le penser, faire connaître l'âge géologique de la 
grande plaine de Maroc. Les « sables coquilliers » tertiaires 
sont supportéspar des terrains crétacés, qui, dans les rochers 
au nord de Saffi, regardés comme néocomiens, s'élèvent 5 
avec une puissance de 45 à 60 mètres environ au-dessus du 
niveau de la mer. Lasérie desterrains, et surtout laprésence 
sur cette côte abrupte du tuf calcaire, caractéristique de 
la grande plaine de Maroc, fait apparaître cette plaine 
comme une continuation de ces rochers dans l'intérieur 6 . 



1. Carte de Thomson dans Proceed. 

2. Hooher's Journal, p. 339. 

3. Arlett, loc. cit., p. 27 : à 6-7 kilomètres au sud de Saffi. Le passage 
par ces rochers est dangereux ; celui par le Djerf el Gheraba (rocher des 
corbeaux), quelques kilomètres plus au sud, présente moins de difficultés 
(B. S. G. P., 1876, t. XI, p. 247). 

4. Hooher's Journal, p. 451. 

5. ïbid. : profil géologique. 

6. Hooher's Journal, p. 456. 



272 L'ATLAS MAROCAIN 

La troisième terrasse, qui est pour la plus grande partie 
une plaine fertile, s'étend d'après Beaumier et Thomson 
sur 20 kilomètres de largeur jusqu'au pied de l'étage su- 
périeur, dont l'ascension est facilitée par un défilé sans eau 
long de 4 kilomètres. A peu près au milieu du défilé, un 
amas de cailloux (« kerkour ») marque la limite des pro- 
vinces d'Abda et d'Ahmar. A la sortie de ce col (environ 
450 m.) 1 , le chemin conduit pendant 3 kilomètres encore 
à travers un pays de collines sans arbres, avant de péné- 
trer dans la plaine de la province d'Ahmar ou Hamar, ainsi 
nommée de son grès rouge (crétacé ?). Cette province est 
d'une fertilité remarquable lorsque les pluies se produisent 
au moment favorable ; elle n'est traversée par aucun fleuve, 
contrairement à l'opinion de Lannoy de Bissy et de Habe- 
nicht ; les sources salées si caractéristiques des couches cré- 
tacées du Maroc alimentent plutôt un bassin lacustre de 
10-12 kilomètres de tour, qui dans la saison d'été se des- 
sèche et contient alors tant de sel que, comme le racontent 
Jackson 8 , puis Beaumier 3 , on en tire chaque jour de 
nombreuses charges de chameaux. De Zima, localité si- 
tuée sur la sebkha du même nom, la route utilisée par 
Beaumier passe par Dar Djemaa 4 (2 km.) et Kasba Addy 
Ben Dhou (1-2 km.), et conduit dans la plaine proprement 
dite de « Bled Ahmar ». « le pays rouge » \ Cette plaine 
s'étend avec une largeur d'environ 17 kilomètres jusqu'au 
pied des montagnes des Rehamna, dont Hooker 6 et von 

1. Travtls, p. i 18. La même hauteur est donnée dans le Bull. d'Oran, 
1885, p. 158, pour la terrasse supérieure plus loin au nord. 

2. An account ofthe empire of Marocco, p. 16. 

3. B. S. G. P., 1868, t, XVI, p. 334-335. 

4. Mosquée de Jemma; cf. Pet. Mitt., 4863, p. 364. 

5. Travels, p. 118. De Bled Ahmar mal prononcé est dérivé le Bled 
Hummel de Thomson. 

6. Journal, p. 120. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 273 

Fritsch 1 ont admiré de la plaine marocaine les formes 
singulières. Le pays montagneux se compose de schistes 
argileux 2 redressés presque verticalement, dont la direc- 
tion (S. S. W.-N. N. E.) a déterminé celle de tout le re- 
lief 8 . Le changement géologique se fait déjà sentir dans 
la plaine des Ouled Delim, qui précède les montagnes à 
l'ouest. Cette tribu, d'après Thomson, a été de l'Oued- 
Noun transportée par le sultan dans la région entre Ahmar 
et Rehamna, pour servir de séparation entre les habitants 
de ces deux provinces qui se faisaient continuellement la 
guerre. Leur transplantation paraît être de date récente, 
car les Ouled Delim ne sontpas mentionnés dans Beaumier, 
ni par suite dans Lannoy de Bissy et Habenicht. C'est peut- 
être pour la même raison que la localité de Libhera, men- 
tionnée chez cette tribu par Thomson à une altitude de 
623 mètres*, ne se trouve pas, quoique très vraisembla- 
blement Beaumier et Thomson aient ut'lisé l'entrée dans 
la chaîne qui se trouve au sud de cette localité. C'est seu- 
lement dans le labyrinthe des chaînes des Rehamna que les 
routes des deux explorateurs divergent. Le voyageur fran- 
çais continua ladirection de sa route antérieure par la Nzela 
Bou Izlefen (534 m.) 5 située dans une petite haute plaine 
déserte, descendit par une chaîne montagneuse dans la 
plaine du Tensift et traversa celle-ci jusqu'au fleuve sur 
une largeur de 10 kilomètres. Thomson passa plus à l'est, 
et rencontra à l'extrémité occidentale du Djebilet la fa- 
laise qui limite au nord la plaine marocaine \ La région 



1. Ift'tt., 1878, p 50. 

2. Beaumier, carte in B. S. G. P., 1868, I. XVI : « fausses ardoises ». 

3. Travels, p. 121. 

4. Carte in Proceed. 

5. Carte de Itinéraire de Magador à Maroc, etc. 

6. Travels, p. 122. 

1S 



274 L'ATLAS MAROCAIN 

traversée par Beaumier et Thomson se divise en trois 
étages, qui sont aussi assez clairement indiqués au point 
de vue géologique': un étage supérieur, composé de 
schistes argileux anciens et de grès rouge crétacé (?) ; un 
étage moyen, dont la constitution géologique n'a pu être 
observée à cause des nombreux champs de céréales qui le 
recouvraient 1 , et un étage inférieur, dans lequel le ter- 
tiaire, confiné au sud de l'Oued Tensift dans une étroite li- 
sière côtière, pénètre plus profondément dans l'intérieur. 
Cette ordonnance doit être admise aussi pour les régions 
septentrionales du pays de terrasses, entre l'Oued Tensift 
et l'Oued Oum er Rebia, pour laquelle les renseignements 
géologiques sont d'ailleurs plus rares ; la seule modifica- 
tion est que les schistes anciens gagnent en extension, 
ainsi qu'il résulte déjà 2 des itinéraires de Washington 3 et 
de l'ambassade française ( 1 882) \ Ces deux documents four- 
nissent des mesures de distances exactes, auxquelles s'ajou- 
tent dans la relation française des remarques sur la configu- 
ration du sol, dans Washington des indications sur les 
conditions géologiques. Partant de points différents de la 
côte, Azemmour et Mazagan, les itinéraires se coupent à une 
faible distance de la mer, à Fahs Douaïb, et se réunissent 
sur la terrasse supérieure. Washington suivit au début la 
route mentionnée par Beaumier 5 , et atteignit le second 

1. Thomson, sur sa carte géologique de Travels, attribue en grande 
partie le deuxième étage au grès crétacé, mais en désaccord avec Tra- 
vels, p. 118. 

2. Erckmann a suivi la même route que l'ambassade française; pour- 
tant sa relation assez sèche et sa carte inexacte n'apportent pas 
grand'chose de neuf. 

3. Journal of the Royal Geogr. Society. London, 1830-31, p. 132-135. 
Carte au 1/1. 650.000 e . 

4. Hull. d'Oran, loc. cit. Marcel, Le Maroc. Paris, 1885. La carte qui 
y est jointe paraît dressée un peu rapidement. 

5. B. S. G. P., 1876, t. XI, p. 246. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 2T3 

étage à la zaouïa d'Aziz, qui, d'après sa relation, se trouve 
exactement à la distance de Mazagan indiquée par l'explo- 
rateur français. Washington ne mentionne pas la pente oc- 
cidentale de cet étage, que Beaumier 1 considère comme 
formant le lien entre les deux grandes plaines au sud-ouest 
de la zaouïa, vraisemblablement parce qu'elle s'élève de 
peu au-dessus de l'étage inférieur. C'est sans doute pour 
f la même raison que l'explorateur anglais n'a pas indiqué 
le talus de la troisième terrasse, dont il est parlé dans la 
relation de l'ambassade française; dans Washington, la 
région entre la côte et la quatrième terrasse se présente 
donc comme une plaine uniforme, qui atteint 120 mètres 
de haut 2 à peu près en son milieu, entre Fahs Douaïb et 
Zaouïa Aziz. De cet endroit, il vit au sud-est le Djebel el 
Akhder, formant la limite unique de la large plaine, et c'est 
seulement lorsqu'il eut poursuivi sa route par Dar Alba- 
rek et Sidi Kassem 3 qu'il vit la première élévation qui lui 
parût digne d'être nommée, à savoir la lisière occidentale, 
haute de 60 mètres*, de la quatrième terrasse. 

L'ambassade française rencontra, à 8 kilomètres au sud- 
sud-ouest de Mazagan , la localité d'El Faha ou Fhaa des Ou- 
led Douïb 5 et se tourna ensuite au sud-est pour atteindre, 
par Sidi Brahim(15 kilom.),Souk el Arba (14kilom.), lo- 
calité située dans une petite vallée circulaire, au fond de 
laquelle se rassemblent les eaux d'une daïa. Souk el Arba 



1. B. S. G. P., 1876, t. XI, carte. 

2. Carte, loc. cit. 

3. Nous modifions la transcription des noms donnée sur Ja carte par 
Washington (Darem Beik, el Quassum) d'après Renou (loc. cit., p. 32). 

4. Bull. d'Oran, p. 163. 

5. Au lieu de Fahs Douaib de Washington et Beaumier; cf. Renou, 
loc. cit., p. 32. 

6. Erckmann, loc. cit., carte : Souk Arba Sidi Haddou. 



276 L'ATLAS MAROCAIN 

est à environ 35 kilomètres au sud-est de Mazagan, dans 
le prolongement du talus ouest de la seconde terrasse, 
qui arrive à la cote à Saffi et qui est mentionné par Beau- 
mier plus loin au nord; cette vallée circulaire doit donc 
être regardée comme entaillée dans ce talus. Une marche 
de 14 kilomètres amena ensuite les voyageurs français au 
douar des Ouled Zied; à l'est de ces douars, des versants 
en pente douce conduisent à la plaine de Sidi ben Nour 1 .* 
La région des Ouled Zied doit s'étendre dans la direction 
j\ord-ouest-Sud-est sur environ 10 kilomètres, de sorte 
que la largeur du second étage en ce point doit corres- 
pondre à la valeur identique donnée par Thomson pour sa 
partie sud. La distance, depuis l'entrée dans la région 
des Ouled Zied jusqu'à Mtal, dans le défilé qui débouche 
sur la terrasse supérieure, est de 30 kilomètres. En retran- 
chant les 10 kilomètres de la route dans le pays des Ouled 
Zied, il reste 20 kilomètres pour la largeur du troisième 
étage, ce qui correspond de nouveau aux évaluations de 
Beaumier et de Thomson. Dans la région des Sidi ben Nour, 
l'ambassade française visita un Souk Tleta (marché du 
mardi) qui est très fréquenté par les habitants des trois 
provinces d'Abda, de Doukkala etdeRehamna. On parla à 
Washington de ce marché et on lui en donna la position 
assez exactement pour qu'il l'ait reporté sur sa carte sous le 
nom de « Souk Tladda ». A l'entrée du défilé, l'expédition 
française passa près de la koubba de Sidi Rahal 2 , et parvint, 
en remontant la gorge, à un col du Djebel Fathnassa, éloi- 
gné de 7 kilomètres de Mtal ; après une descente par un pays 

1. Bull, d Oran, loc. cit., p. 162. Sur la même page se trouve aussi la 
l'orme Sidi ben Iour, cependant celle que nous employons paraît être 
seule exacte. Cf. Renou, loc. cit., p. 224. 

2. D'après Krckmann (loc. cit., carte) au lieu de Sidi Rahab, donné dans 
le Bull. d'Oran. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 277 

pierreux et inculte, elle atteignit l'étage supérieur. Dans 
une des montagnes qui ferment le col se trouve la ruine de 
Gerando 1 , où se rejoignent les itinéraires français et an- 
glais. La route commune passe d'abord par une plaine in- 
fertile, traversée par deux 2 sillons tluviaux, dont le plus oc- 
cidental s'appelle Djouil, le plus oriental Bou Chan 3 . Au 
sud-est de ce dernier se trouve (déjà dans le pays des Re- 
hamna*) l'abondante source de Smira, qui d'après Washing- 
ton donne son nom à la plaine. Cette plaine n'a, d'après le 
même explorateur, que 250 mètres d'altitude 5 ; il est donc 
possible que l'Oued Djouil et l'Oued Bou Chan se terminent 
au nord de la SebkhadeZima dans un bassin sans écoule- 
ment, d'autant plus que Beaumier et Thomson ne mention- 
nent pas, plus au sud, de sillons fluviaux correspondants. 
De la plaine de Smira, les voyageurs, à travers le pays acci- 
denté d'El Guentour 6 ou El Guentous 7 , composé de schistes 
argileux 8 , montèrent à un étage supérieur delà quatrième 
terrasse, la large plaine de Peïra ou Beïra (400 m. 9 ), dans 
laquelle les Ouled Mucheba font paître leurs troupeaux. 
Le sous-sol de la plaine est formé par des schistes 
argileux anciens, dont des débris de toutes dimensions 
parsèment la surface, parfois sableuse. On y trouve en 
outre, en grande quantité, des morceaux de quartz cristal- 



1. Vu aussi par Davidson. Renou, loc. cit., p. 32. 

2. La carte de Washington mentionne quatre cours d'eau, deux grands 
avec chacun un petit affluent. 

3. Cf. Erckmann, loc. cit., carte. 

4. Bull. oVOran, loc. cit., p. 164. 

5. Carte, loc. cit. 

6. Ibid. 

7. Bull. cVOran, p. 164. 

8. Journal of the Royal Geogr. Soc, 1830-31, p. 134. 

9. Carte de Washington. 



L'ATLAS MAROCAIN 

lin avec des agates 1 . Renou avait déjà reconnu 2 , dans le 
Peïra de Washington, l'appellation arabe d'une plaine éten- 
due, El Bhira, nom qui, ainsi que le Beïra de la relation 
française, se retrouve dans le nom de localité Libhera (El 
Bhira), donné sur la carte de Thomson. Au point de vue 
orographique, il en résulte qu'une plaine unique précède le 
pied nord des montagnes des Rehamna et du Djebilet oc- 
cidental, ce que fait supposer aussi l'indication concordante 
des conditions géologiques dans Washington et Thomson 3 . 
Sur la continuation de sa route, l'ambassade française vi- 
sita encore une citerne ou Sahridj', avant d'atteindre Soui- 
nea, visité aussi par Washington, au pied des montagnes des 
Rehamna. De là, les deux expéditions franchirentle Djebilet 
par un col bas (60 m. de hauteur relative), « une brèche 
dans les chaînes » 5 . Le chemin passe par des micaschistes 
et des schistes argileux avec de nombreuses intercalations 
de quartz 6 , dans lesquelles, d'après l'opinion d'un des infor- 
mateurs 7 , on peut trouver de l'or. 

La division de la terrasse supérieure en deux sous-étages 
est moins clairement marquée dans la province d'Ahmar, 
et, comme nous allons le voir bientôt, dans la grande plaine 
de Maroc, que dans le pays des Rehamna; dans ce pays, la 
séparation nette des deux plaines entre Djebel Fathnassa 
et Djebilet par une pente raide de schistes argileux se con- 
tinue vers l'est, dans la région traversée par l'itinéraire de 
Badia. La relation et la carte de cet explorateur-né concor- 



\. Washington, loc. cit., p. 134. 

2. Op. cit., p. 33. 

3. Travels, p. 120 et carte géolog. 

4. Bull. d'Or an, loc. cit., p. 164. Erckmann, loc. cit., carte : Scherig. 

5. Bull. (TOran, p. 165. 

6. Badia, loc. cit., p. 247. Washington, loc. cit., p. 134. 

7. Bull. (TOran, p. 165. 



HAUTES'PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 279 

dent pas, mais cette fois c'est la carte qui paraît digne de 
foi, car la représentation qu'elle donne est conforme à celle 
que nous avons appris à connaître, tandis que le texte qui 
Faccompagne 1 contient des inexactitudes en deux points, 
au commencement et au milieu de la route Azemmour-Dje- 
bilet. C'est pourquoi nous avons, comme Ta fait Kiepert 2 , 
placé Souk elHad (le marché du dimanche), d'après la carte, 
à environ 10' à l'ouest d'Azemmour 3 . Des données ainsi 
améliorées de l'explorateur espagnol, il résulte que les con- 
ditions de relief de la région traversée par lui présentent les 
mêmes traits essentiels que la partie méridionale. La zone 
des collines au nord-ouest de Souk el Had, où les sommets 
d'égale hauteur* paraissent indiquer le niveau d'une an- 
cienne plaine érodée, correspond au fond de mer soulevé 
de la deuxième terrasse à l'est de Saffî avec ses formations 
singulières, dont ArlettetBeaumier évaluentla hauteur uni- 
forme à environ 200 mètres 5 . Au dessus de Souk el Had s'é- 
tendent de vastes plaines, qui sont fermées au sud et sud- 
ouestparunelonguechainedehauteurs,tandisqu'ausud-est 
des montagnes plus éloignées forment la limite. Badia attei 
gnit le pied de cette chaîne et en même temps le flanc de la 
quatrième terrasse à environ 40 kilomètres de Souk el Had, 
de sorte qu'il faut admettre ici pour la troisième terrasse 
un notable élargissement, en rapport avec son extension 
dans le sud. Badia mentionne, comme un fait particulière- 
ment remarquable, que les plaines de cette terrasse, con- 

1. Voyages d'Ali Bey el Abbasi, etc., p. 240-247. 

2. Karte des nôrdlichen Telles von Marokko in 1/2.000.000 (Ztschr. f. 
allgem. Erdk., Berlin, 1860, t. VIII, taf. 1). 

3. Washington, carte, loc. cit. 

4. Badia.. loc. cit., p. 24t. 

5. V. ci-dessus, p. 270. Cf. la remarque de Thomson, d'après laquelle 
le relief du sol entre Saffi et la Kasba du Kaïd Ben Ouman ressemble à 
celui de la province de Doukkala. Travels, p. 117. 



280 L'ATLAS MAROCAIN 

trairement aux régions traversées par lui jusque-là et qui 
se cooiposaient de calcaires, montrent du sable quartzeux 
avec une assez grande quantité de feldspath rouge-brique. 
Il en conclut que la montagne voisine (vraisemblablement 
dans sa partie occidentale) est formée de granité ; cette idée 
est confirmée par le fait que cette roche a une assez grande 
extension sur le versant méridional de la chaîne de hau- 
teurs qui terme la région au sud. La chaîne montre donc 
une constitution géologique (schistes argileux et granité) 
telle que nous l'avons rencontrée plusieurs fois dans les 
chaînes de l'Anti Atlas. Son versant nord est long de 1 6 kilo- 
mètres, le versant sud de quelques kilomètres seulement. 
Badia ne donne aucun nom pour la chaîne, mais ce ne peut 
être que le Djebel el Akhder (« montagne verte 1 »), vue de 
loin par Washington et l'expédition française. A dire vrai, 
ils aperçurent seulement l'extrémité occidentale de cette 
chaîne dirigée ouest-est, et la regardèrent par suite comme 
une élévation isolée 2 . Les cartes actuelles représentent 
inexactement la direction du Djebel el Akhder, enle figurant 
comme la bordure d'une terrasse dirigée Sud-ouest-Nord- 
est s el en le prolongeant jusqu'au col de Gerando 3 ; c'est 
ce qui a rendu impossible de le relier aux hauteurs de 
direction ouest-est traversées par Lenz et Gora en aval du 
confluent de l'Oued Tessaout 4 avec l'O. Oum er Rebia. 
Le Djebel el Akhder, dans la partie traversée par Badia e , 



1. C. Kenou, loc. cit., p. 216. 

2. Washington, loc. cit., p. 133 : a much resembling the lone Soracte, 
rising in the Campagna di Roma ». 

3. Contra Ja représentation de Washington et de Marcel. Cartes citées. 

4. Non Oued el Abid, comme le pense Lenz (carte, loc. cit.). Cf. de Fou- 
cauld, Recunn., p. 260 : L'embouchure de l'Oued Tessaout se trouve 
à 7 heures au-dessous de celle de l'Oued el Abid. 

5. Loc. cit., p. 243. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 281 

se compose presque uniquement de schistes argileux; la 
lisière sud de la vallée de l'Oum er Rebia à l'ouest de l'em- 
bouchure de l'Oued Tessaout est constituée par des schistes 
argileux verticaux d'un bleu clair, avec des intercalai ions 
puissantes de quartzites blancs et de calcaires cristallins \ 
La constitution géologique, la direction et la position 
des couches, mettent toute la chaîne en relations étroites 
avec les schistes anciens du Haut Atlas occidental. Le sillon 
de l'Oued Oum er Rebia semble former la limite septen- 
trionale des schistes anciens à la surface des terrasses 
marocaines. Cependant, sur la muraille côtière abrupte 8 
entre Fdala et Dar el Beïda ou Casablanca, on ren- 
contre des schistes anciens et des schistes à grauwacke 
dirigés presque exactement nord-sud avec un pendage de 
35° vers l'est, et qui sont riches par places en feuillets 
de mica 3 ; on y trouve aussi des quartzites 4 mis à nu par 
l'érosion : abstraction faite de ces points, les roches an- 
ciennes semblent être recouvertes au nord de l'Oued Oum 
er Rebia par des bancs de calcaires horizontaux 5 , et ne 
réapparaître au jour que dans la chaîne brisée du Djebel 
Hessaïa et dans la haute plaine d'Oulmès 6 . L'époque qui a 
suivi le dépôt des schistes argileux anciens a été pour tout le 
système occidental de l'Atlas une période de puissantes per- 
turbations; il en est résulté un redressement des couches, 



1. Timbuktu, I, p. 226 et carte. En opposition avec la carte géologique 
de l'Afrique occidentale de Lenz au 1/12. 500.000 e (Pet. Mitt., 1882, taf. 1) 
qui dans d'autres régions également ne représente pas les conditions 
géologiques d'une manière qui corresponde à la relation de l'explora- 
teur. 

2. Cf. carte de Beaumier dans B. S. G. P., 1876, t. XI. 

3. Von Fritsch, Mitt., etc., 1878, p. 22. 

4. Timbuktu, I, p, 215. 

5. Ibid., p, 219, 225-226. 

6. Cf. ci-dessus p. 184. 



L'ATLAS MAROCAIN 

qui forment une série de hauteurs de direction générale est- 
ouest. C'est au centre de la région que la réaction du noyau 
interne contre l'écorce paraît avoir eu la plus grande puis- 
sance, à en juger par l'étendue qu'y occupent les roches érup- 
tives anciennes : les schistes anciens y ont été amoncelés en 
une haute chaîne, tandisqu'au nordetausudilsn'atteignent 
plus que 1.000-1.500 mètres. Les dépressions entre les 
chaînes de roches anciennes sont remplies de sédiments ré- 
cents, dontlescouches,endehorsdelachaîne principale, ont 
conservé presque partout leur position originelle. La hau- 
teur du Djebel el Akhder doit être évaluée à 1 .000 mètres au 
moins ; son prolongement vers l'est se démembre en massifs 
distincts, qui atteignent encore 700 mètres à l'ouest de la 
route de Crema. Au-delà de l'Oued Tessaout, dans la ré- 
gion qui est également traversée par les plis du Moyen 
Atlas 1 , les terrains anciens semblent disparaître sous de 
plus récents. Un large sillon longitudinal, dans lequel 
l'Oued Tessaout et Tahtia (762 m. à la sortie de la chaîne 2 ) 
et l'Oued Oum er Rebia (528 m. à Kasba Tedla 8 ) coulent 
à la rencontre l'un de l'autre et se réunissent par environ 
450 mètres 4 , sépare la chaîne principale de la région des 
terrasses. 

Sur le versant sud de la « montagne verte », Badia 
trouva du granité, dont le feldspath a été kaolinisé par la 
dénudation. La roche éruptive ancienne se poursuit vers 
le sud dans la région de deux fleuves 5 , qui sont sans au- 
cun doute le cours supérieur de l'Oued Djouil et de l'Oued 



1 . Cf. ci-dessus p. 166. 

2. Recomi., feuille 7. 

3. Ibid., feuille 6. 

4. Mechra el Hallouf (gué du sanglier) au-dessous de la jonction, 417 m. 
Itinéraire de Grerna, loc. cit. 

5. Hadia, loc. cit., p. 245 et carte. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 283 

Bou Chan. Dans le tracé ultérieur de sa route, le voyageur 
espagnol trouva d'abord des schistes argileux, puis des cal- 
caires sableux, avant d'entrer dans le Djebilet. Une com- 
paraison de ces données avec celles de Washington per- 
met de conclure que la configuration du sol se ressemble 
dans les régions traversées par les deux explorateurs. 
On ne peut déterminer jusqu'où s'étend vers l'est la 
division en deux parties de la terrasse supérieure, car 
l'itinéraire le plus voisin à l'est, celui de Lemprière, se 
borne à caractériser la région entre le Djebilet et la chaîne 
de hauteurs septentrionale comme un pays inhabité, unin- 
terrupted séries of wild uncultivated heath\ Ce voyageur 
ne paraît pas avoir rencontré d'élévation du sol de quel- 
que importance; rien ne contredit donc l'opinion dd Wa- 
shington, que la plaine traversée par lui dans l'Ouest et 
l'Est est continue. D'autre part, les mesures d'altitudes de 
Crema (Dar Allel Gherkaoui 440 m. 2 , et Ralaa Tessaout 
447 m. 2 ), et la direction de l'Oued Gaiino dans son cours 
supérieur, fixée par ce même explorateur, font de cette 
hypothèse une certitude, car elles permettent de constater 
dans l'est de la plaine la même hauteur et la même pente 
que dans l'ouest. L'Oued Gaiino, séparé 3 de la région de 
l'Oued Tensift par une élévation du sol à peine sensible, 
prend sa source à l'extrémité orientale du Djebilet, dont 
il longe le flanc nord, après s'être uni à un canal 4 dérivé de 
l'Oued Tessaout pour l'irrigation des cultures de Kalaa 
Tessaout 5 . Le cours inférieur doit en tout cas être cherché 
à l'est de la route de Lemprière; peut-être traverse-t-il les 

1. Lemprière, loc. cit., p. 419 et carte. 

2. Cora's Cosmos, 1884-85, carte 5. 

3. Cosmos, loc. cit., carte et profil. 

4. lbid. 

5. Cf. Timbuktu, I, p. 227. 



L'ATLAS MAROCAIN 

«haines sur la rive méridionale de l'Oued Oum er Rebia, 
au point où Badia observa qu'elles reculaient vers le sud. 
On connaît peu de chose de l'Oued Oum er Rebia, car 
aucune route ne suit son cours. En dehors de la montagne, 
son cours se divise en trois parties de directions différentes. 
Après avoir abandonné la région des Ichkern, le fleuve 
court dans la direction du sud-ouest le long du Moyen 
Atlas (528 m. à Kasba Tedla 1 , à 4 heures à l'ouest des 
Ichkern), jusqu'à ce que les prolongements du Djebel el 
Akhder l'obligent à se diriger droit vers l'ouest. Dans cette 
deuxième partie, il est traversé par la principale route 
de commerce nord-sud (Rabat-Fdala-Marrakech) à la 
Mechra el Hallouf (gué dusanglier,417 m.) 2 . Repoussé vers 
le nord par les contreforts du Djebel el Akhder, il descend 
des terrasses supérieures aux environs du bordj de Bou el 
Aouan, qui couronne 3 un rocher très élevé surplombant 
l'Oued Oum er Rebia, et qui domine les vastes plaines 
de Doukkala 4 ; le fleuve gagne ensuite la mer dans la di- 
rection du nord-ouest, Sur toute la région comprise entre 
la route principale suivie par Washington, Lenz et 
Grema et la côte, nous n'avons pas de renseignements 
positifs, en dehors de la remarque de Lemprière, d'après 
laquelle le Chaouïa occidental, qui paraît 5 avoir formé 
jadis une province spéciale, Temsena, est une grande 
steppe stérile sans population sédentaire. Cependant les 

1. Reconn., feuille 6. 

2. Grema, Cosmos, loc. cit., carte. 

3. Lemprière, loc. cit., p. 420. Au pied du rocher se trouve un bac, que 
le voyageur utilisa pour aller directement de Marrakech à Mansouria. 

4. Renou, loc. cit., p. 217. 

5. Lemprière, loc. cit., carte. Washington, loc. cit.) p. 134. Cf. au con- 
traire Beaumier, Voyages, etc. (£. S. G. P., 1876, t. XI, carte). Stutfield, 
EUMoghreb, carte : Temsena entre les Béni Meskin et les Ouled bou Ziri 
(p. 220-221). 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 285 

mesures d'altitudes de Crema dans la partie médiane des 
Chaouïa permettent de conclure à une certaine analogie 
de structure des étages inférieurs des deux côtés de 
l'Oued Oum er Rebia. Les courbes de 200 et 250 mètres 
au sud de Kasba Mediouna (181 m.) et de Kasba Béni 
Rechid (227 m.) doivent correspondre à peu près aux deux 
étages moyens au sud de ce fleuve. Pour les terrasses au- 
dessus de 450 mètres, le Djebel el Akhder et les chaînes 
de hauteurs qui s'y rattachent paraissent avoir formé au 
point de vue orographique et géologique une séparation 
entre la partie septentrionale de la région des terrasses et 
les deuxpartiesméridionales; cette séparation est marquée 
d'une manière frappante dans le relief. Pendant que les 
deux grandes plaines du Djebilet et des montagnes des 
Rehamna ont à leur étage supérieur une hauteur moyenne 
de 500 mètres, la haute plaine du Tedla entre le méri- 
dien de Bou el Djad (803 m.) ! et 7° W. Gr. a une altitude 
de 800 mètres. Elle tombe à environ 650 mètres dans la 
partie traversée par la principale route de commerce, 
l'érosion étant plus puissante à cause du voisinage de la 
mer ; cependant à l'ouest de cette route quelques massifs, 
le Djebel Fetetin, et sans doute aussi son prolongement 
vers l'ouest dans la région des Ouied bou Ziri, atteignent 
la même hauteur que la haute plaine du Tedla*. Dans la 
partie occidentale de la région des terrasses au nord de 
l'Oued Oum er Rebia, on ne rencontre que deux sillons 
fluviaux : le plus septentrional commence au sud de la 
source Bouita (par environ 600 m. de hauteur), l'autre un 
peu à l'est de Ksar Ben Daoud (621 m.) 3 . La rivière 
formée de leur réunion utilise pour rejoindre l'Oued Oum 

1. Reconn., feuille 5. 

2. Crema, carte dans Cosmos de Gora, loc. cit. 

3. Ibid. 



286 L'ATLAS MAROCAIN 

er Rebia une large vallée, qui sépare ici la haute plaine, 
unique dans l'est, en deux tronçons : les hauteurs des 
Ouled bou Ziri et celles des Ouled Zied. La végétation qui 
occupe ces sillonspériodiquement remplis d'eauinterrompt 
seule le caractère désertique de celte haute plaine. Ce ca- 
ractère est surtout marqué sur le versant sud du Djebel 
Fetetin, dans le pays des Béni Meskin (Kasba 524 m.) 1 , 
dont le nom indique déjà la pauvreté des cultures. Un con- 
traste agréable est formé parla haute fertilité du terrain 
marécageux du moyen Oum er Rebia (417 m.) 2 au sud de 
cette région 3 . 

D'après les explorations géologiques de Lenz 4 , nous pou- 
vons admettre que la région entre la côte et l'Oued Oum er 
Rebia se compose * en grande partie d'épais baucs cal- 
caires reposant horizontalement. Il rencontra ces bancs 
au voisinage de la côte au sud-est de Fdala, puis dans les 
collines de Zetlat (402 m.) 6 à l'entrée de l'étage supérieur, 
qu'il regarde 7 comme le reste d'un « plateau érodé qui 
s'étendait autrefois jusqu'à la mer », et dans le désert 
des Béni Meskin. Mais la même roche, par suite de l'iné- 
gal arrosement, présente des conditions toutes différentes 
au point de vue économique. L'influence de ce facteur a 
été déterminante non seulement au nord de l'Oued Oum 



1. Crema, carte, loc. cit. 

2. Ibid. 

3. Timbuktu, I, p. 225-226. 

4. Ibid., p. 213, 219 et 225. 

5. Cette unité géologique est également indiquée sur la carte de Lenz 
dans Pet. Mit t., 1882 mentionnée plus haut (p. 281, note 1); mais 
l'indication de l'âge des roches n'est sûrement pas exacte pour la partie 
sud de la région des terrasses, et probablement pas non plus pour la 
partie nord. 

6. Crema, carte, loc. cit. 

7. TimbuktUy T, p. 219. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 287 

er Rebia, mais encore au sud de ce fleuve pour la culture 
du sol ; c'est de là que résulte la division de toute la région 
des terrasses en trois zones de culture qui se succèdent 
d'ouest en est. Sur l'étage inférieur, où les vents marins 
apportent des précipitations abondantes, l'agriculture et 
l'élevage sont très florissants dans les provinces d'Abda, 
de Doukkala et de Chaouïa 1 ; la fertilité diminue rapide- 
ment avec Féloignement de la mer, surtout là où une 
haute chaîne de montagnes, comme le Djebel Fathnassa, 
le Djebel el Akhder ou le Djebel Fetetin, empêche la pé- 
nétration des vents marins. Le Bled Ahmar renferme en- 
core de grandes quantités de terres qui sont très fertiles 
lorsque les pluies se produisent au moment favorable, mais 
déjà les plaines de Smira et El Bhira ont le caractère de 
steppes, qui, dans la région des Béni Meskin, passent au 
désert. Au voisinage de la haute chaîne se montrent de 
nouveau des régions où parfois des pluies courtes mais 
puissantes font naître en peu de jours des prairies d'un 
vert intense 2 . Mais c'est seulement au pied même de 
l'Atlas, où les eaux coulent toute l'année et où leur action 
est encore fortifiée par l'irrigation artificielle, que se re- 
produisent les conditions nécessaires aux cultures perma- 
nentes. 



La bordure montagneuse septentrionale de la 
grande plaine de Maroc. 

Du cours inférieur de l'Oued Tensift jusqu'à près de 
7° W. Gr. s'étend, à la lisière nord de la grande plaine ma- 

1. Bull. d'Oran, loc. cit., p. 160. Quedenfeldt, Ztschr. d. G. f. Erdk., 1886, 
p. 458-459. 

2.Timbuktu, I, p. 221. 



2SS L'ATLAS MAROCAIN; 

rocaine, une chaîne montagneuse qui a seulement été 
aperçue de loin dans sa partie occidentale jusqu'à la route 
Bou Izlefen-Marrakech, mais qui n'a pas été explorée. Nous 
avons suivi, pour la représenter, la carte de Beaumier*. La 
chaîne y apparaît comme dominant à pic la rive droite de 
l'Oued Tensift, dont elle a déterminé le cours, de même que 
la chaîne commençant au Djebel el Akhder a déterminé 
celui de l'Oued Oum erRebia. Pour le tracé des affluents de 
droite donné par Lannoy de Bissy, nous n'avons trouvé 
aucune indication dans les textes. Attribuer au réseau 
fluvial de la grande plaine l'écoulement de la source 
Smira ne s'accorde pas bien avec nos renseignements 2 sur 
les altitudes au nord de la Sebkha de Zima. D'après ce que 
nous pouvons savoir actuellement, l'Oued Tensift paraît ne 
recevoir d'affluents de droite que là où la lisière monta- 
gneuse recule au nord et laisse place à leur développe- 
ment. Dirigée Sud-ouest-Nord-est, celte aile orientale, 
comme nous pouvons l'appeler par opposition à la partie 
occidentale dirigée plutôt d ouest en est, se partage en 
deux fractions, nettement séparées par le col au sud de 
Souinea (environ 600 m.) : d'une part les montagnes des 
Rehamna, larges (environ 20 km.) 3 mais basses, avec ses 
élévations de formes bizarres, et d'autre part l'étroite 
chaîne du Djebilet (10 km. de largeur environ) 4 . Les deux 
parties de l'aile orientale forment une unité au point de 
vue géologique, car elles sont composées de schistes ar- 
gileux verticalement redressés et de micaschistes 5 , dont la 



1. B. S. G. P., 1868, t. XVI. Cf. Crema, Cosmos, 1884-85, t. VIII, 
p. 236. 

2. Cf. ci-dessus p. 277. 

3. Beaumior, B. S. G. P., 1868, t. XVI, p. 334. 

4. Badia, loc. cit.,]). 246. Erckmann, loc. cit., p. 40. 

5. Beaumier, carte, loc. cit. : « Fausses ardoises »;sur le versant sud, 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 289 

direction correspond à celle de tout le relief 1 . Le pays 
montagneux des Rehamna se compose dans sa moitié sep- 
tentrionale de petites chaînes de hauteurs ; entre Bou Iz- 
lefen et la plaine du Tensift, Beaumier eut à traverser une 
chaîne de montagnes plus grande et plus haute , de la même 
largeur à peu près», qui, d'après Badia, appartient au Dje- 
bilet. Cette chaîne occidentale, dans la partie franchie par 
l'explorateur français, recule à quelques kilomètres de 
l'Oued Tensift; elle peut donc très bien être regardée 3 
commele commencement du Djebilet vers l'ouest, carie pied 
sud de celte dernière chaîne est également éloigné du fleu ve 
de 6 kilomètres environ 4 . Pour estimer les altitudes, nous 
n'avons quedes appréciations, qui se rapportent surtout aux 
plaines environnantes (500 m.). Il en résulte une hauteur 
de 650 mètres pour le pays montagneux des Rehamna 5 , de 
900-1.000 mètres pour le Djebilet 6 . L'extrémité orientale 
du Djebilet est formée par le massif que Washington tra- 
versa par 32° lat. N. et que déjà auparavant Lenz avait re- 
connu pour la continuation géologique de la chaîne tra- 
versée par lui dans l'ouest. Crema donne aussi cette re- 
présentation 8 . Au sud du Djebilet, dont les sépare un sillon 
longitudinal, s'étendent une série de hauteurs isolées qui 

de gros blocs de quartz et de granit. Washington, loc. cit., profil de la 
carte. Badia, loc. cit., p. 246-247. 

1. Travels, p. 121. 

2. B. S. G. P., 1868, t. XVI, p. 334. 

3. Cf. Hooker's Journal, p. 120. 

4. Badia, loc. cit., p. 246. 

5. Washington, loc, cit. : 150 mètres de hauteur relative. 

6. Maw, Hooker's Journal, p. 456 : 900 mètres. Ibid. : profil géologique, 
1.200 mètres. Erckmann, loc. cit., p. 40. Bull. d'Oran, loc. cit., p. 165 : 
450 mètres de hauteur relative. Hooker dans son Journal, p. 120 : 
600 mètres au-dessusde la plaine de Maroc. 

7. Carte, loc. cit. 

8. Dans le Cosmos, 1884-85, t. VIII, p. 236, mais non la sur carte. 

19 



290 L'ATLAS MAROCAIN 

d'après Washington *, le premier qui les ait mentionnées, 
sont situées entre 31° 45' et 'M 50'. Le fait, indiqué sur la 
carte de l'explorateur anglais, que l'Oued Tensift coule au 
sud de cette montagne, n'a pas été pris en considération 
par Launoy de Bissy et Habenicht, de sorte qu'il a fallu 
rectifier à l'aide de Thomson le tracé singulier qu'ils don- 
nent du cours supérieur de ce fleuve. Ce tracé paraît être 
une combinaison de l'indication de Grema, d'après la- 
quelle le ruisseau de Ras el Aïn est une des sources de 
l'Oued Tensift, avec celle de De Foucauld, d'après laquelle 
l'Oued Rdat est le cours montagneux du fleuve principal 
delà grande plaine marocaine. Washington 2 trouva, au 
point où il franchit la chaîne méridionale, entre Ras 
el Aïn et El Abbari, la même roche que dans les deux par- 
ties du Djebilet traversées par lui ; il considère cette chaîne 
et la série des massifs isolés comme des contreforts du pays 
montagneux des Rehamna, qui se séparent l'un de l'autre 
non loin à Test du col situé au sud de Souinea. Beaumier 3 
améliora cette conception en indiquant qu'entre le Djebi- 
let et le Tensift, au nord de la capitale, se trouve une mon- 
tagne isolée, Djebel Bremran, qui, d'après la légende po- 
pulaire, est entièrement composée d'antimoine. Thomson 
marque sur sa carte 4 cette montagne et le sillon qui la 
sépare de la chaîne principale. Le fait que les autres ex- 
plorateurs ne mentionnent pas le fleuve doit avoir pour 
cause qu'il n'a pas de l'eau pendant toute l'année. Dansl'est, 
Lenz indique que la plaine de Tamlet (524 m.) 5 est séparée 
par une série de hauteurs de |la grande plaine marocaine. 

1. Carte, loc. cit. 

2. Profil sur la carte, loc. cit. 

3. B. S. G. P., 1868, t. XVI, p. 334. 



Op. cit. Djebel Bremran y est indiqué à tort comme Djebilet. 



5. Crema, carte in Cosmos, loc. cit. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 291 

En ce dernier point, Crema traversa un cours d'eau venu de 
l'Atlas, l'Oued es Seous; comme il coule entre l'Oued Rdat 
et l'Oued Tessaout et Tahtia, il peut très bien être regardé 
commelacontinuationdelarivièrequiest pourdeFoucauld 1 
une dérivation de l'Oued Tessaout occidental. Peut-être, 
comme pour l'Oued Gaiino,ce canal sert-il à soutenir l'Oued 
es Seous, qui prend sa source dans la plaine, pour l'irriga- 
tion de l'oasis de Tamlet*. Entre l'Oued es Seous et l'Oued 
Tensift, les hauteurs qui précèdent le Djebilet au sudattei- 
gnent encore d'après Crema 700 mètres 3 et montrent d'a- 
près Lenz 4 une constitution géologique remarquable. La 
partie nord comprend un certain nombre de pics basalti- 
ques aigus d'un type nettement volcanique, dont les flancs 
sont très fertiles. Des séries de collines plates s'y relient; 
elles sont formées d'un granité blanc, dont le feldspath est 
souvent déjà kaolinisé. La dernière série se compose de 
couches de schistes sableux neutres, dont la couleur 
va du rouge sombre au noir. Crema 5 mentionne seulement 
les puissantes masses de granité du Bou Kourkour, mais 
présente exactement les conditions orographiques, en op- 
position avec la carte de Cora qui accompagne sa relation. 
Le nom de Bou Kourkour, que nous avons déjà rencontré 
s'appliquant à l'amas de pierres limitant l'Abda et l'Ah- 
mar, est identique au Bou Sourkar par lequel Ben Daoud 6 
désigne les « hauteurs pierreuses » entre Ras el Aïn et 

1. Reconn., feuille 7. La dérivation de l'Oued Tessaout et Tahtia indi- 
quée par de Foucauld ne nous paraît pas être, malgré la remarque de 
l'explorateur français, identique au canal mentionné dans Crema (carte, 
loc. cit.). Cf. la conception de Lannoy de Bissy. 

2. Ibid. t p. 236. 

3. lbid., carte. 

4. Timbuktu, I, p. 231. 

5. Op. cit., p. 236-237. 

6. Hooker , s Journal, p. 368. 



292 L'ATLAS MAROCAIN 

ïamlet. Les montagnes isolées au nord de l'Oued Tensift 
se continuent vers l'ouest au sud du fleuve par trois 
groupes de montagnes, qui surgissent comme des îles 
au-dessus du tut' calcaire de la plaine. Au nord-ouest de 
la capitale, qui en est éloignée de 5 kilomètres, se dres- 
sent en face du Djebel Bremran les collines du Gilliz 1 
(500-600 m. 2 de hauteur moyenne), dont Maw 3 décrit les 
terraius comme des rochers très durs, d'un gris noir, diri- 
gés Nord-ouest-Sud-est avec un pendage de 50°-80° vers le 
sud-ouest. Von Fritsch 4 y reconnut un calcaire sans fos- 
siles, semblable au calcaire de Kramenzel du dévonien su- 
périeur, et des schistes argileux sombres. De direction 
semblable à celle des collines du Gilliz sont les trois mon- 
tagnes isolées d'Ardhizet 6 (Roudiat Ardhouz*: 460 m. 7 au 
sommet sud), qui sont composées de puissants blocs de 
calcaires coralliens 8 paléozoïques (peut-être dévoniens). 
Dans les montagnes d'Ardhizet, Hodgkin 9 trouva en un point 
du marbre brun avec des traces d'exploitation. Le troi- 
sième groupe montagneux, à l'ouest de l'Oued Chichaoua, 



1. Beaumier, 5. S. G. P., 1876, t. XI, p.|253. 

2. Von Fritsch, Mitt., etc., 1878, p. 62 : colline sud-ouest 500 mètres, 
colline médiane 520 mètres, pied sud-est de la colline 452 mètres. 
Crema, loc. cit., p. 237 : 150 mètres de hauteur relative. Maw, loc. cit., 
p. 152 et profil géologique : 200 mètres de hauteur relative. Hooker 
(Journal, p. 121) : environ 240 mètres de hauteur relative. Les évaluations 
des trois derniers explorateurs donneraient aux collines du Gilliz une 
hauteur plus importante que les mesures de von Fritsch. 

3. Hooker' s Journal, p. 121. 
A. Mitt., etc., 1878, p. 61. 

5. lbid. 

6. Beaumier, li. S. G. P., 1868, t. XVI, p. 330. 

7. Von Fritsch, loc. cit. 
H. Ibid., p. 50. 

9. Proceed., 1864, p, 27. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 293 

n'a été vu que par Beaumier et seulement de loin. Il s'ap- 
pelle Koudiat er Raïat * , et paraît, d'après sa configuration 
et son étendue, appartenir aux îlots de la mer crétacée. 



La grande plaine de Maroc 8 . 

La grande plaine de Maroc est tout entourée de chaînes 
de hauteurs : au sud et à l'est, la haute chaîne lui envoie 
ses eaux, descendues de nombreux sommets hauts de 
3.000-4.000 mètres, et portant de la neige une grande 
partie de l'année; à l'ouest et au nord, elle est bornée par 
des élévations de 500-1 .000 mètres, qui arrêtent les vents 
marins froids. Celte plaine occupe donc une place à part 
parmi les étages qui précèdent l'Atlas à l'ouest; elle est 
suffisamment caractérisée par ce fait que le dattier, l'ar- 
bre des oasis du Sahara, y pousse en grandes forêts et y 
mûrit ses fruits 3 . 

La grande plaine est limitée au nord par les montagnes 
de l'Ahmar et du Djebilet, au pied oriental duquel la sépara- 
tion des eaux de l'Oued Oum er Rebia et de l'Oued Tensift 
est une fois encore faiblement marquée, pour disparaître 
ensuite complètement, comme le montre la bifurcation, ar- 
tificielle d'ailleurs, Oued Tessaout et Tahtia-Oued es Seous. 
La bordure occidentale est formée parla lisière abrupte des 
terrasses de Mtouga et de Chedma v , tandis qu'au sud et à 
l'est la plaine s'étend jusqu'au pied de la grande chaîne, 
à l'exception de l'espace comprise entre l'Oued Ourika et 
l'Oued Rdat. Dans sa partie occidentale, la plaine pénètre 

1. Beaumier, op. cit., carte. 

2. Il a été déjà parlé ci-dessus, p. 81-92, des avant-monts occidentaux. 

3. Balansa, B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 332. 

4. Cf. ci-dessus p. 88. 



894 L'ATLAS MAROCAIN 

fort avant dans le sud entre les montagnes de Mtouga et le 
Delà, dans la région de l'Oued Chichaoua ; là, elle atteint en- 
viron 100 kilomètres de largeur 1 ; elle n'en a plus que 40 
entre rOuedTensift au nord de la capitale et Taghinaout sur 
l'Oued Gheghaïa, pour se rétrécir encore davantage à l'est 
de l'Oued Ourika. Ici, la large zone de collines détritiques 
dont nous avons parlé plus haut 8 s'avance du pied de la 
montagne vers le nord. A sa lisière septentrionale, que 
llooker rencontraun peu avantla KasbaMesfîoua (731 m.) 3 , 
l'altitude de la plaine atteint environ 600 mètres 4 . Elle a sa 
plus faible largeur (environ 15 km.) à Sidi Rehal, dans ce 
passage étroit qui conduit à la plaine de Tamlet (524 m.), la- 
quelle en est séparée par le Bou Kourkour. Dans la partie 
orientale, au-delà de l'Oued Tessaout et Tahtia, commen- 
cent à se montrer les plissements 5 qui caractérisent l'aile 
orientale de la chaîne principale, de sorte que le sillon lon- 
gitudinal de ce fleuve doit être regardé comme la limite 
entre la plaine et la montagne. 

La plaine de Maroc n'est pas complètement horizontale; 
elle s'incline du sud au nord 6 , du pied du rempart sud, qui 
est dans l'ouest à 550 mètres 7 et dans l'est à 600 mètres 8 

1. Maw, Hooker's Journal, p. 456. 

2. Ci-dessus, p. 109-110. 

3. Hooker's Journal, p. 160. Nous avons indiqué la Kasba d'après la 
donnée de Hooker (à trois heures au sud-est de la capitale) et l'itinéraire 
de Crema. Il faut remarquer une ancienne information donnée par 
Renou (loc. cit , p. 198) d'après laquelle Kasba Mesfioua doit se trouver 
sur l'Oued Gedji, dont le nom se rencontre de nouveau dans Thomson. 
Cf. ci-dessus, p. 110. 

4. Maw, Hooker s Journal, p. 460. 

5. Travels, p. 143. Cf. ci-dessus, p. 165-166. 

6. Dans l'ouest 5 mètres, dans l'est 4 mètres par kilomètre; la valeur 
donnée par Hooker (Journal, p. 106) de 7 mètres par kilomètre nous 
paraît trop élevée. 

7. Crema, carte, op. cit. 

8. Maw, Hooker's Journal, p. 460. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 295 

d'altitude, jusqu'au sillon du Tensift, qui atteint environ 
400 mètres ! au nord de xMarrakech. et à peine 200 mètres 2 
à l'angle nord-ouest de la plaine, de sorte que la hauteur 
moyenne de toute la plaine peut être évaluée à environ 
450 mètres. Dans la direction ouest-est, la plaine se divise 
en deux étages, de même que la terrasse supérieure au nord 
des montagnes d'Ahmar 3 . L'étage inférieur, celui de l'ouest, 
qui dans sa partie septentrionale est à 375 mètres en 
moyenne, s'étend jusqu'à l'Oued Nfîs, à l'est duquel von 
Fritsch 4 observa un notable relèvement du sol, qui, d'après 
Hooker 3 , commence déjà à TOuedChichaoua et atteinte, 5 
par kilomètre. Les hauteurs mesurées dans cette partie 
de la plaine sont les suivantes, en allant d'ouest en est : 
Aïn Oumest 345 m ,5 6 , valeur qui d'après Hooker serait de 
15 mètres trop basse, de sorte que la donnée 7 de von 
Fritsch (356 m.) mérite la préférence. — Oasis de 
Chichaoua, dans la vallée du tleuve du même nom, 
347 m ,8\ — Dallil el Khirat, où von Fritsch franchit 
l'Oued Chichaoua, 370 mètres 9 ; cette localité doit se 
trouver au nord de l'oasis, ainsi qu'on va le voir. — Aïn el 
Beïda, 41 2 m , 4 10 . — Nzela Mzoudi 397 mètres H . — Oued Nfis 
402 mètres 12 . Dans la partie sud de l'étage inférieur qui 

1. Crema, carte spéciale des environs de Marrakech. Cosmos, loc. cit. 

2. Beaumier, B. S. G. P., 1876, t. XI, carte. 

3. Cf. ci-dessus p. 278.. 

4. Mitt., etc., 1878, p. 53. 

5. Journal, p. 106. 

6. Hooker' s Journal, p. 107. 

7. Mitt., etc., 1878, p. 46, 

8. Hooker's Journal, p. 116. 

9. Von Fritsch, Mitt., 1878, p. 48 : valeur approchée. 

10. Hooker's Journal, p. 362. 

11. Von Fritsch, Mitt., 1878, p. 50. Beaumier, B. G. S. P., 1868, t. XVI, 
carte : El Msoudia, 355 mètres. 

12. Von Fritsch, loc. cit., p. 50. Beaumier,/oc. cit., carte : 366 mètres. 



2% L'ATLAS MAROCAIN 

monte vers la chaîne, Crema 1 détermina Ras el Aïn Chi- 
chaona, à 455 mètres, el Dar Kaïd Atman, non loin du Delà, 
à 550 mètres. Entre Aïn Oumest et l'Oued Chichaoua, plu- 
sieurs montagnes tabulaires, visibles de loin 2 , dépassent 
les plaines environnantes ; leur hauteur relative de 
130 mètres 3 indique l'altitude ancienne de cette région, 
altitude qui correspond à l'élévation moyenne de la plaine 
orientale ; ce sont des « témoins » d'une importante éro- 
sion, marine ou fluviale 4 . Les plus considérables de ces 
montagnes sont le Hank el Djemel (dos de chameau) auquel 
Hooker donne une hauteur de 502 mètres \ von Fritsch de 
480-490 mètres seulement 6 , et le Djebel Tildet, non loin 
de l'Oued Chichaoua inférieur, que mentionne seul l'ex- 
plorateur allemand. 11 faut en conclure que Dallil el Rhirat, 
malgré la contradiction dans les données d'altitudes, doit 
être cherché au nord de l'oasis de Chichaoua 7 . 

Le Hank el Djemel se compose de couches calcaires 
jaunes stratifiées horizontalement, qui sont protégées 
contre la dénudation par une carapace de calcédoine 8 . On 
n'y a pas encore rencontré de restes de plantes ou d'ani- 
maux J , de sorte que la question de l'âge géologique (crétacé 
ou tertiaire) de ces roches ne peut être encore résolue. On 
a parlé plus haut 10 de leurs relations probables avecles Klip- 



1. Carte, loc. cit. 

2. Hooker les vit de la chaîne de Seksaoua. Journal, p. 290. 

3. Hooker' s Journal, p. 111. Von Fritsch (loc. cit., p. 47) l'évalue seu- 
lement à 70-80 mètres. 

4. Hooker' s Journal, loc. cit. 

5. Ibid. , 

6. Mitt., p. 47. 

7. Cf. carte d'Erckmann : Djebel Thilda. 

8. Hooker's Journal, p. 112 et 456. Von Fritsch, loc. cit., p. 47. 

9. Hooker's Journal, p. 450 et 456. 

10. P. 271. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 297 

pen au nord deSaffi. La plaine 1 montre la même constitu- 
tion géologique que les montagnes tabulaires, avec cette 
différence seulement qu'ici, au lieu d'une carapace calcé- 
donieuse, on trouve une croûte d'un tuf calcaire dur, qui, 
d'après Ilodgkin 2 , ressemble beaucoup au travertin. Les ha- 
bitants tirent parti de cette constitution du sol: ils brisent la 
croûte dure, et placent 3 leurs silos (matamora) dans les cou- 
ches calcaires alternativement dures et tendres. Maw pense 
qu'il faut expliquer cette croûte de tuf, épaisse de plusieurs 
pieds, par le fait qu'après des pluies violentes la chaleur 
brûlante du soleil attire à la surface l'eau saturée de car- 
bonate de chaux soluble, qui s'évapore rapidement et laisse 
déposer le carbonate de chaux 4 . Sous l'influence continue 
de l'ardeur du soleil, les couches supérieures du tuf se cre- 
vassent en beaucoup de points; leurs fragments couvrent 
comme shingle beds de grandes étendues delà plaine et lui 
donnent l'aspect d'un désert stérile 3 . Les cultures né se 
rencontrent qu'auprès de quelques sources pérennes, 
comme Aïn Oumest et Sidi Moktar, qui toutes deux d'ail- 
leurs se trouvent encore dans la région des plateaux cal- 
caires des terrasses occidentales 6 ; on les trouve encore 
dans le sillon du fleuve principal de l'étage inférieur, 
l'Oued Ghichaoua, et dans quelques lits fluviaux générale- 
ment à sec. 

Les conditions hydrographiques de la grande plaine 



1. Hooker's Journal, p. 412 et 454. 

2. Proceed., 1864, p. 24-26. 

3. Hooker's Journal, p. 455. 

4. Cette carapace calcaire se rencontre aussi, comme on le sait, dans 
beaucoup de régions de l'Algérie, où elle a été étudiée par M. Pomel et 
d'autres géologues (N. du trad.). 

5. Hooker's Journal, p. 456. 

6. Badia, loc. cit., p. 252. Von Fritsch, loc. cit., p. 47. 



L'ATLAS MAROCAIN 

de Maroc n'ont pas été jusqu'ici exactement indiquées. 
Pour la partie orientale, nous les avons éclaircies en 
parlant des avant-monts: il reste à faire la même chose 
pour l'étage occidental. Tous les explorateurs qui ont tra- 
versé la plaine sur la route directe Mogador-Marrakech 
ne nomment que deux fleuves importants : l'Oued Ghi- 
chaoua et l'Oued Nfîs ; von Fritsch 1 seul mentionne à l'est 
de Dar el Bridja (Aïn Beïda de Hooker) un sillon fluvial 
desséché, rempli de graviers et de galets de schistes argi- 
leux, dont la présence atteste que ce lit doit recevoir de 
l'eau par moments au moins du Delà. L'Asif el Melh, qui 
a été traversé par von Fritsch dans son cours supérieur et 
par Balansa dans son cours inférieur, d'après le témoi- 
gnage de tous deux 2 et l'information de Hooker, contrai- 
rement à ce que ditCrema 3 , coule vers l'Oued Ghichaoua; 
or, entre Oued Nfîs et Asifel Melh, l'explorateur italien n'a 
traversé aucun autre cours d'eau digne d'être nommé que 
l'Oued Ratmii, qui est identique au fleuve mentionné dans 
le Bulletin $Oran K comme coulant à l'est de Frouga et ve- 
nant d'une hrèche du Delà au sud de cette localité; il est 
donc plus que vraisemblable que le lit fluvial d'Aïn Beïda est 
le cours inférieur de l'OuedRatmii. Celui-ci est formé au sud 
du Delà par les deux fleuves de l'Atlas nommés par Lenz 
et Thomson 5 , Oued Ait Bour et Oued Ait Tinirt. Nous avons 
placé Frouga d'après les données combinées de Balansa 
et de la relation de l'ambassade française (1882). 

1. Op. cit., p. 50. 

2. Balansa, carte, toc. cit. Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 31 : Asif imed 
n'est qu'une forme corrompue d'Asif el Melh. 

3. Op. cit., p. 237, où sont indiqués comme fleuves indépendants : 
Ait Tmour, Nfes, Katmii, Sifilmol, Chichaoua. Cf. les représentations 
également inexactes de Lannoy de Bissy et Habenicht. 

4. Loc. cit., p. 172. 

5. Cartes citées. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET 0~EAN 299 

Au sujet de la présence du schiste argileux dans le lit 
de l'Oued Ratmii inférieur, il faut encore rappeler la re- 
marque de Maw 1 , qui, au sud de Frouga, rencontra cette 
roche, accompagnée de porphyre. Le géologue anglais ne 
put suivre Hooker jusqu'à la fin du voyage, et dut, par 
suite d'autres obligations, rentrer plus tôt dans sa patrie. Tl 
quitta l'expédition anglaise non loin à l'ouest d'Amzmiz et 
atteignit Mogador par un détour à travers la plaine maro- 
caine, pour éviter la province de Mtouga rendue peu sûre 
par des troubles de guerre. Nous ne possédons pas de re- 
lation exacte de sa route, mais la remarque sur la présence 
des schistes argileux au sud de Frouga permet de regarder 
comme certain que le voyageur utilisa la coupure de 
l'Oued Ratmii, par laquelle, d'après les informations de 
l'ambassade française 2 , passe « le chemin qui mène au col 
difficile de l'Atlas à l'est des Bibaouan ». 

Dans le Bulletin cTOran sont mentionnés encore trois 
petits sillons fluviaux, dont l'eau doit être rarement suffi- 
sante pour les relier au système de l'Oued Chichaoua. Sur la 
route menant d'Agefaït 3 (dans la région des Ait Amour, à 
3 kilomètres à l'ouest de l'Oued Nfis et à 23 kilomètres au 
sud-ouest de Marrakech) à Frouga, l'ambassade française 
traversa l'Oued Srarna et l'Oued Timboult et, dans la région 
des Medjat 4 , l'Oued Tensout, qui arrose les cultures de cette 
petite tribu berbère. D'après la relation citée, les Ait Medjat 
sont limités à l'est, au sud et à l'ouest, par le pays de 
Mzouda 3 , ce qui est en contradiction avecCrema et Thom- 

1. Profil géologique dans Hooker s Journal. 

2. Bull. dOran, loc. cit., p. 172. 

3. Ibid., p. 171. Ces données ne correspondent pas à celles de Beau- 
mier, Hooker et Crema sur la position du cours inférieur de l'Oued Nfis. 
Cf. ci-dessus, p. 100, note 5. 

4. Crema. loc. cit., carte : Mesot. Thomson, carte : Miot 

5. Ci -dessus, p. 69. 



300 l/ATLAS MAROCAIN 

son. Mais tous ces explorateurs sont d'accord sur ce point, 
qu'ils placent Mzouda au sud des Medjat : la limite entre 
les deux pays est le Delà. Lannoy de Bissy fait habiter à 
tort les Ait Medjat à l'est de Mzouda et au sud du Delà. Le 
nom d'Aït Imour, donné dans la relation française comme 
nom d'une tribu berbère, désigne dans le texte de Crema 
un fleuve indépendant, tandis que sur la carte il est donné 
comme une autre appellation de l'Oued Nfis. La tribu des 
Oudaïa, visitée par les Français sur la route Marrakech- 
Agefaït, et les Ouled Sidi Cheikh mentionnés au nord de 
ceux-ci sont indiqués sur la carte de Beaumier 1 . 

Nous avons déjà atteint ici la partie de la plaine ma- 
rocaine où von Fritsch remarque un notable relèvement 
du sol, par suite de la pente qui conduit de l'étage infé- 
rieur occidental à l'étage supérieur plus élevé. Ce der- 
nier atteint 400 mètres 2 sur l'Oued Tensift au nord de la 
capitale, la même hauteur sur l'Oued Nfis et s'élève en- 
core vers le sud-est, au pied des collines détritiques 
(600 m..). Pour l'altitude de la plaine deTamletau nord-est, 
la hauteur de la localité du même nom est caractéristique 
(524 m.) 1 ; la limite septentrionale de cette plaine vers l'Oum 
er Rebia est évaluée par Crema à 550 mètres 3 . La hau- 
teur moyenne de l'étage supérieur de la grande plaine 
de Maroc est donc de 500 mètres 4 , c'est-à-dire celle que 
nous avons admise pour l'ancien niveau de l'étage inférieur 
au Hank el Djemel. Cette même hauteur doit être aussi 
celle de la capitale, située à 6 kilomètres au sud de l'Oued 
Tensift 5 (31° 37' 40" lat. N., 7° 36' W. Gr. 6 ). De toutes les 

\. B. S. G. P., 1868, t. XVI. 

2. Crema, Carte spéciale des environs de Marrakech, loc. cit. 

3. Crema, carte, loc. cit. 

4. Cf. Timbuktu, I, p. 254. 

5. Bull. d'Oran, loc. cit., p. 158. 

6. Washington, carte, loc. cit. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCEAN 301 

villes du sultanat, Marrakech est celle pour laquelle nous 
possédons le plus grand nombre d'altitudes barométriques ; 
cependant le climat continental de la plaine est si différent 
de celui de la côte, que la nécessité d'une comparaison de 
la pression dans l'intérieur et au niveau de la mer rend 
les indications du meilleur baromètre seulement ap- 
proximatives 1 . Les mesures de hauteurs qui nous sont 
connues pour Marrakech sont les suivantes : Washington' 
450 mètres ; Beaumier 3 430 mètres ; Balansa 4 501 mètres ; 
Hooker 5 511 m ,9 (moyenne de 5 observations au baromètre 
anéroïde de Secrétan) ; von Fritsch 6 483 mètres (résultat 
de 14 observations avec le baromètre de Fortin en 5 jours, 
d'une foule d'observations sur l'état de l'anéroïde et du 
thermomètre, comparées avec celles de MM. Cohen et 
Beaumier à Mogador), Lenz 7 534 mètres. 

La configuration et la constitution géologique du sol dans 
l'étage supérieur paraissent ressembler dans les grandes 
lignes à celles de l'étage inférieur. Les blocs de roche 
éruptive sombre, que Hooker 8 rencontra entre Hank el 
Djemel et Chichaoua, augmentent en grosseur et en nombre 
d'ouest en est, apparemment à mesure qu'on se rapproche 
de la chaîne principale 9 . D'après Hodgkin 10 , le porphyre 
vert domine; on en rencontre aussi du rouge et du brun, 
notamment dans le lit de l'Oued Nfîs. Le développement du 

1. Von Fritsch, Mitt., 1878, p. 62. 

2. Loc. cit. 

3. Carte dans B. S. G. P., 1878, t. XVI. 

4. B. S. G. P., 1868, t. XV, p. 332. 

5. Journal, p. 362. 

. 6. Mitt., 1878, p. 62. 

7. Carte dans Timbuktu, t. II. 

8. Journal, p. 113. 

9. Ibid.y p. 117. Cf. Timbuktu, I, p. 263. 
1u. Proceed., 1864, p. 25. 



302 L'ATLAS MAROCAIN 

tuf calcaire paraît avoir été plus puissant dans Test que 
dans l'ouest. Lenz 1 vit dans la région de Tamesloht des pla- 
teaux entaillés jusqu'à 10 mètres de hauteur dans la cara- 
pace. La roche, ressemblant au travertin, a pour effet, dans 
la région de 11 arrakech , de protéger contre l'é vaporation les 
précipitations, qu'elle laisse facilement filtrer grâce à sa po- 
rosité, et de conserver de cette manière un grand lac sou- 
terrain, qu'atteignent des trous profonds, généralement 
groupés par séries 2 . Les eaux ainsi rassemblées, réunies à 
celles de quelques-uns des fleuves de l'Atlas, sont amenées 
aux champs de céréales et aux bois de palmiers par un sys- 
tème de canaux se ramifiant au loin, et il en résulte une 
culture très intensive sur l'étage supérieur de la grande 
plaine de Maroc. Presque tout le pays à l'est de l'Oued Nfîs 
est cultivé, sauf un petit nombre d'espaces déserts, dont la 
florepermetde constater qu'ils ont conservé la forte salinité 
du sol remarquée par Hooker dans les marais salés del'Oued 
Ghichaoua et indiquée par le nom de l'Asif el Melh 3 . Le 
dattier forme des forêts, notamment dans la partie basse de 
la plaine, surtout dans la vallée de l'Oued Tensift à l'est de 
Marrakech* et au voisinage immédiat de cette ville 5 ; il 
remonte aussi plus haut jusque vers Tamesloht 6 (538 m. 7 ) 
et Kasba Mesfioua s (731 m. 9 ), où, réuni à l'olivier, il 
couvre encore de grandes surfaces; mais dans les vallées 
de PAtlas on ne rencontre plus que l'olivier. 

i. Timbuktu, I, 263. 

2. Hodgkin, loc. cit., p. 27. Von Fritsch, Mitt., 1878, p. 52. 

3. Von Fritsch, Mitt.. etc., 1878, p. 50. 

4. Crema, carte, loc. cit. 

5. Hooker' s Journal, p. 125. 

6. Timbuktu, I, p. 264. 

7. Balansa/ carte, loc. cit. 

8. Von Fritsch, Mitt., 1879, p. 13. 

9. Hooker's Journal, p. 363. 



HAUTES PLAINES ENTRE HAUT ATLAS ET OCÉAN 303 

Les conditions naturelles favorables entretiennent une 
population dense 1 , qui jadis, lorsque furent créées les cul- 
tures en grande partie abandonnées maintenant, doit avoir 
été plus dense encore; Léon l'Africain 2 mentionne encore 
dix-huit villes dans cette même plaine où aujourd'hui une 
seule localité mérite ce nom. Le despotisme de tyrans 
cupides, qui, depuis la dernière tentative malheureuse 
de conquête des Portugais n'ont pas été sérieusement in- 
commodés par des ennemis extérieurs, a produitau cours de 
ce siècle dans l'intérieur du Maroc une œuvre de destruc- 
tion dont des ruines et des débris sans nombre attestent 
l'étendue; les habitants du Bled el Makhzen*, soumis au 
sultan, sont réduits à une stupidité insensible qui laisse 
tout périr autour de soi, pendant que dans le Bled es Sida 
(les cinq sixièmes de tout le Maroc) règne le brigandage, 
qui nuit au plus haut degré au commerce et aux échanges. 
Ainsi les trésors qui dorment encore inexploités dans 
le sein de cette terre, si richement dotée par la nature, 
attendent que la civilisation reprenne possession du Maroc, 
pour rendre un nouvel éclat à ce pays si longtemps négligé. 

i. Von Fritsch, Mitt., etc., 1878, p. 50. 

2. Hooker's Journal, p. 234. 

3. Reconn., Introduction, p. xv. 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



Les noms géographiques commençant par Asif, Djebel, Kasba, Oued, Outa, Tizi, Zaouïa, 
sont classés dans l'ordre alphabétique du second mot qui entre dans leur composition. Ex. : 
Djebel el Abbarat, Djebel Adrar n Deren, voir Abbarat, Adrar n Deren ; Tizi Agni, Tizi n 
Haroun, voir Agni, Haroun. 



Abaïnou, 234. 

Abda, 269, 270, 272, 276, 287, 291. 

Abbarat (Djebel el), 139. 

Abbari (Djebel el), 137, 138, 130. 

Abid (Oued el), 48, 51, 53,136, 144, 

147, 165, 166, 168. 
Abouam, 255. 

Abou Geroussen (Oued), 139. 
Adjerziman, 115. 
Adrar (Djebel), 255. 
Adrar n Deren, 22-23, 92, 93, 94, 97, 

103, 111, 112, 123. 

Adrar n Iri (Asif ou Oued), 31, 60, 

104, 122, 125, 129. 
Adrar n Iri (Djebel), 60. 
Afansou (Oued), 64, 72. 
Afikourahen, 204, 207, 208. 
Agadir, 127. 

Agadir Amoussoun, 82. 

Agadir n Irir, 73, 75, 77, 78, 82, 260. 

Agadir ben Selam, 70, 100, 120. 

Agadir Sidi Ilousseïn, 211. 

Agadir Tizint, 242, 254, 256. 

Agandis (Oued), 93-96. 

Agdau Ouasmauao', 92, 118. 

Agefaït, 299, 300. 

Agerdbau, 199. 

Agersif (ou Gersif), 177. 

Aghbalou, 205. 

Aghroud, 82. 

Aglou, 223, 226, 238. 



Agni (Tizi), 245. 

Aguiaan (Oued), 198. 

Ahansal (Zaouïa), 147, 148. 

Ahmar, 272, 278, 287, 291, 293, 295. 

Aïachin (Djebel), 6, 24, 25, 51, 53, 
60, 133, 134, 136, 137, 140, 141, 
144, 156, 159. 161, 168, 169, 170, 
175, 185. 

Aian (Djebel), 134. 

Aïana, 134. 

Aïnat Ait Aoussa, 242, 243. 

Aïu ben Khelil, 160. 

Aïn Chair, 155. 

Ain el Beïda, 295 , 298. 

Ain el Hadjar, 91. 

Aïn el Louh, 171. 

Aïn Oumest, 88, 295, 297. 

Aïn Tarsil, 76, 85, 87. 

Aïn Zettat, 183. 

Aïoun el Esnam, 179. 

Ait Affan, 145. 

Ait Ahia, 168. 

Ait Ahia (Djebel), 133, 165, 168. 

Ait Aïach, 167, 168. 

Ait Aïssa bou Hamar, 155. 

Ait Aïssa ou Brahim, 251. 

Ait Ahmed, 206. 

Ait «Ali, 114. 

Ait Amer, 246. 

Ait Amer (Oued), 78, 79. 

Ait Amour, 299. 

20 



306 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



Ait Atta, 251,252. 

Ait bou Ainrau, 221-223, 232, 239. 

Ait bou Gemmez, 146. 

Ait Bour (Oued), 298. 

Ait Bon Zaïdan, 252. 

AU bou Zoul (Asif), 81. 

Ait Brahim, 213, 224, 227, 229, 

230. 
Ait el Hasseu, 224, 231 . 
Ait el Hazen (Oued), 247. 
Ait Emdoual, 145. 
Ait Heddidou, 141. 
Ait Imedjat, 212, 222, 227, 228. 
Ait lidir, 263. 
Ait Imi (Tizi), 146, 147. 
Ait Imour, 300. 
Ait Izdig, 137, 185, 253. 
Ait Lougan, 204, 207, 208. 
Aït Medjat, 299. 
Ait Menaba, 257. 
Ait Meuou, 207. 
Ait Merghad, 263. 
Ait Mesan (Oued), 94, 98, 111, 112, 

114, 115, 116, 117, 118. 
Aït Messat (Oued), 147, 148, 165. 
Ait Mezal (Oued), 208. 
Ait Mhammed, 168. 
Ait Milk, 204. 
Ait Moussa (Oued), 76. 
Ait Omogol, 174, 181. 
Ait ou Afella, 137. 
Ait Ouaghrda, 198. 
Ait Oubial, 195. 
Ait ou Gourt (Djebel), 72. 
Aït Ouihra, 168. 
Ait Oukherib, 224. 
Aït Seri, 167. 
Ait Sid Ilassau, 145. 
Ait Tameldou, 199. 
Ait ïigdi Ouchcheu (Oued), 261. 
Ait ïinirt (Oued), 298. 
Ait Wadrim, 208. 
Ait Yaggout, 243. 
Ait Yahia, 146, 262. 
Ait Youssi, 28, 34, 136, 137, 151, 171 

178, 187. 
Akcbab, 171. 



Akermout, 91. 

Akhder (Oued el), 144. 

Akka (Oued), 203, 214, 215. 

Algérie, 54-58. 

Amara, 196, 198. 

Amasin (Oued), 199. 

Ambach, 86. 

Amdad (Oued el), 96. 

Ameuz n Kik, 119, 120, 122. 

Amhaouch (Djebel), 167. 

Amour (Djebel), 162. 

Amrag (Djebel), 49, 160. 

Amzmiz, 62, 64, 65, 66, 67, 68, 120, 

121, 299. 
Amzmiz (Oued), 65, 68, 95. 
Amzoug (Tizi), 144, 145. 
Anbed (Outa d'), 262, 263, 264. 
Angad, 55. 

Anerer (ou Anrar), 127. 
Aughemer (Djebel), 201. 
Annd, 141. 

Antar el Gharbi (Djebel), 155, 156. 
Anti Atlas, 5, 24, 27, 29, 35, 39, 50, 
156, 157, 190 et suiv. 

Aoulouz, 97, 195. 

Apennin, 44, 45. 

Ardhizet, 292. 

Ardhouz (Koudiat), 292. 

Arima, 111. 

Arround, 115, 116.1 

Asabah (Djebel), 182. 

Asaghar (Plaine d'), 211. 

Asagharad, 203. 

Asaka (Oued), 51, 203, 213, 219, 226, 
231, 232, 237. 

Asaoun (Pays d'), 263. 

Asghin (ou Asgher), 127. 

Askhar, 82. 

Asouafit, 233, 235. 

Asra el Hamar, 179, 180. 

Asrir, 264. 

Asrou Miloul, 127. 

Asserir, 228, 233, 234. 

Atchliz, 103, 105, 107, 108, 109, 112, 
113, 126, 127. 

Athnacher Gara ou Gara, 22. 

Atlas (Graud), 26. 



INDEX DES NOMS GEOGRAPHIQUES 



307 



Atlas (Haut), 27, 29, 38, 49, 59 et 

suiv. 
Atlas (Moyeu), 27, 29, 34, 88, 42, 51, 

54,165 et suiv. 
Atlas (Petit), 27. 

Atlas (Seus du mot), 19 et suiv. 
Atlas Saharieu, 54, 56, 162. 
Atlas Tellien, 54, 55, 58. 
Atlas (Système de 1'), 43 et suiv. 
Aureora (Oued), 244. 
Ayr, 269. 

Azaghar, 84, 85, 91. 
Azemmour, 41, 274, 279. 
Azgemerzi (Asif), 2i6, 261. 
Aziz (Zaouïa d'), 270, 275. 
Aznagiz (Djebel), 228. 
Azrar (Oued), 197. 
Azrar (Tizi), 196, 197, 247. 
Azro (ou Azrou), 27, 135, 169, 171, 

175, 179, 180. 

Bab Tamalou, 177. , 

Bab el Foriath, 174, 181, 182. 
Bâcha (Oued), 101. 
Bani (Djebel), 26, 28, 38, 49, 214, 

215, 217, 218, 229, 230, 241, 242, 

247, 248, 252, 254 et suiv. 
Batnou, 155. 
Bechar (Djebel), 253. 
Behalil (Djebel el), 182. 
Beht (Oued), 133, 135, 181, 182. 
Beïra, 277. 

Bellgrull (Djebel), 255. 
Ben Ghiada (Oued), 158. 
Béni Ahsen, 135. 
Béni el Khiran, 182, 183. 
Béni Mellal (Djebel), 166, 167. 
Béni Meskin, 41, 286, 287. • 
Béni Mgill, 35, 137, 167, 168, 171, 174, 

179, 185. 
Béni Mtir, 174. 
Bertat, 150, 151. 
Bhira (El), 278, 287. 
Bibaouan (Col de), 30, 62, 63, 74, 75, 

77, 89, 122, 299. 
Biin ez Zouagir, 252. 
Bir el Abbès, 242, 243. 



Bir Ida ou Tagoumma, 82. 

Blanc (Gap), 269. 

Bogara (Oued), 208. * 

Boghari, 55. 

Bou Anan, 157, 158. 

Bou Ghan, 277, 283. 

Bou Chirba, 82. 

Bouddiat (Oued), 234. 

Boudenib, 153, 155, 156, 157, 158, 

253. 
Bou el Djad, 35, 171, 183, 285. 
Bou Garfa, 224. 
Bou Grouz (Djebel), 56. 
Bou Izlefen, 288, 289. 
Bou Kandil (Djebel), 141, 153, 160. 
Bou Kourkour, 291, 294. 
Boulaïoul, 175, 185. 
Bou Regreg (Oued), 52, 135, 136 

170, 180. 182, 183, 184. 
Bou Riki, 79. 
Bourja (Djebel), 258. 
Bou Zeroual (Djebel), 252. 
Bordj Anserrani, 74. 
Bouisefen (Oued), 244. 
Bou Tazart, 82. 
Bremran (Djebel), 290,292. 
Brouz (El), 118, 119. 
Bzou (Pays de), 165. 

Cantin (Cap), 268, 270. 

Casablanca, 281. 

Chabet des Béni Obeïd, 187. 

Chaouïa, 41, 183, 284, 287. 

Charef (Oued), 189. 

ChebkaTioudadin, 158, 161. 

Chedma, 88, 293. 

Chéliff, 55. 

Chella, 184. 

Chiadma, 86. 

Chichaoua, 295. 

Chichaoua (Oued), 292, 294, 295, 296, 

297, 298, 300, 302. 
Chihatchen, 145. 
Chochat (Plaine de), 186. 
Chotts (Plateau des), 48, 54, 162. 
Chott Chergui, 161, 163. 
Chott Gharbi, 163. 



308 



INDEX DES NOMS GEOGRAPHIQUES 



Chouf Agûiar (Djebel), 150. 
Chouika (Oued) : 219. 
Chtouka, 204, 207. 
Cordillère Bétiqae, i'i. 

Dades (Oued), 144, 146, 147, 148, 

250, -Mil, 262, 263, 264. 
Dades (Pays de), 147, 251. 
Dahra, 185, 189. 
Daïa Sidi Ali Mohammed, 172. 
Dallil el Khirat, 295, 296. 
Dar Akinaght, 69, 70. 
Dar Allel Cherkaoui, 283. 
Dar Djemaa, 272. 
Dar el Beida, 281. 
Dar el Bridja, 298. 
Dar el Glaoui, 125. 
Dar el Kadi Ait Tsemerts, 82. 
Dar Mbarek, 275. 
Dar Ould Emflous. 80. 
Dar Tamesguida, 77. 
Debdou, 6, 53, 188, 189. 
Deddouk (Djebel), 177. 
Delà, 70, 100, 101, 107, 120, 294, 298, 

300. 
Demnat, 35, 51, 125, 132, 145, 166. 
Deren (Djebel), v. Adrar n Deren. 
Dermat (Oued), 101, 127. 
Diabat, 82. 
Djebilet, 267, 268, 273, 278, 279, 283, 

285, 288, 289, 290, 291, 293. 
Djeddi (Oued), 43. 
Djerf el Youdi, 271. 
Djisariu, 258. 

Djorf et Torba, 156, 157, 253. 
Djouil, 277, 282. 
Djurdjura, 46. 
Douar Sidi Abdallah, 175. 
Douera, 255. 

Douerani (Massif de), 71, 72. 
Doug (Djebel), 49, 160, 161, 162. 
Doui Menia, 156, 157. 
Doukkala, 41, 269, 270, 276, 287. 
Draa (Cap), 219. 
Draa el Khelil, 243. 
Draa (Oued), 5, 14, 24, 36, 38, 39, 

43, 48, 50, 51, 125, 126, 144, 146, 



147, 191, 192, 193, 194, 196, 197, 
198, 199, 201, 202, 206, 214, 217, 
218, 219, 228, 230, 232, 237, 238, 
239, 240 et suiv., 254, 255, 258, 
261 et suiv. 
Dyrin, 11. 

Egesel, 219. 

El Abbari, 290. 

El Abiar, 234, 235, 243. 

El Akhdar (Djebel), 49, 159, 160, 161 

El Akhder (Djebel), 275, 280, 282, 

283, 284, 285, 287, 288. 
El Bour, 159. 
El Djerf, 253. 
El Gaada, 243. 
ElGelob, 55. 
El Geraan, 155. 
El Geramma, 154. 
El Ghait, 269. 
El Gharbia, 270. 
El Guentour, 277. 
El Hadjoui, 158. 
El Heri, 154. 
El Kasabi (ou El Ksabi), 232, 233, 

234, 235, 238, 240. 
El Kourimat (ou El Krimat), 86, 87. 
El Mehamid, 252. 
El Outtad, 185, 186. 
Emkaden (douar), 184. 
Emnizlah, 62. 
Entifa (Province des), 165. 
Erdouz (loc), 68. 
Erdouz (Oued), 65. 
Erkchich, 239. 
Ertib, 157, 252, 253, 255. 
Espagne, 44. 

Fahs Douaib, 270, 274, 275. 

Fathnassa (Djebel), 276, 278, 287. 

Fdala, 41, 284. 

Feïja (El), 49, 218, 241, 250, 255. 

Ferda (El), 223. 

Ferkla (Pays de), 147, 264, 265. 

Fetetin (Djebel), 285, 286, 287. 

Fez, 13, 25, 27, 28, 34, 51, 52, 53 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



309 



125, 137, 150, 151, 171, 172, 173, 

174, 182, 183. 
Fezouata, 252. 
Figuig, 189. 
Foum el Hossan, 39, 213, 214, 215, 

216, 217, 218, 229, 242, 256. 
Foum el Kous n Tazoult, 265. 
Foum Falet, 162. 
Foum Ghiour, 143. 
Foum Zgid, 254. 
Fratis (Djebel), 160. 
Friga (Djebel), 258. 
Frouga, 70, 298, 299. 

Gaiino (Oued), 283, 291. 

Galb el Attaris, 243. 

Gaous, 157. 

Gedji (Oued), 110. 

Gelmina, 264. 

Geraudo, 277, 280. 

Gergouri, 105, 106, 107, 118, 120, 

122. 
Gergouri (Kasba), 120, 121, 122. 
Gers ou Girs (Pays de), 140, 141. 
Gert (Oued), 80. 
Ghard, 214, 215. 
Ghas (Oued el), 35, 36, 203, 204, 

206, 207, 208, 209, 210, 216, 217, 

225, 236. 
Ghdat (Oued), v. O. Rdat. 
Gheghaïa (Oued), 71, 98, 100, 101, 

102, 103, 105, 1C6, 107, 108, 109, 

111, 112, 113, 114, 198, 294. 
Gheghaïa (Province de), 98, 102, 

106, 107, 108, 119, 192, 201. 
Gheris (Oued et pays), 48, 253, 264, 

265. 
Ghiata, 26, 27, 28, 55, 173, 175, 176, 

177, 179, 180, 182. 
Ghir (Djebel), 151. 
Ghir (Gap), 14, 22,29, 30, 33, 75, 78, 

91. 
Ghored (Oued), 80. 
Gibraltar, 44. 

Gigo (Oued) ouGigou, 169, 179,180. 
Gilliz, 292. 
Gindafi (Pays de), 65, 66, 96,97. 



Gindaû (Oued), 93, 93. 

Girouan, 139. 

Glaoua, 22, 30, 31, 125. 

Glaoui (Djebel), 60, 124, 126. 

Glàoui (Tizi u), 124, 125. 

Glimim, 215, 216,217, 218,219, 220, 

222, 225, 227, 229, 231, 232, 233, 

234, 235, 236, 238, 242. 
Gourr (Plaine de), 181. 
Grou (Oued), 170, 180. 
Grouz (Djebel;, 159, 162. 
Guelma, 56. 
Guerimt (Tizi n), 67. 
Guettar (Djebel), 160, 161. 
Guil (Béni), 22. 
Guir (Oued), 22, 23, 56, 142, 150, 151, 

152, 153, 154, 155, .156, 157, 158, 

159, 160, 253, 265.^ 

Haddar (Oued el), 176. 

Hadid (Djebel), 89, 90, 91, 158. 

Hadj (Oued el), 270. 

Haha, 33, 40, 72, 73, 75, 76, 82. 

Haha (Kasba de), 83. 

Hanchen (Ali) ou (el), 86, 87. 

Hank el Djemel (Djebel), 296, 300, 

301. 
Haroun (Tizi n), 196, 197, 245. 
Uaskoura, 146. 

Hasni, 105, 106, 113, 116, 119. 
Herwa (Oued), 108. 
Hessaïa (Djebel), 170, 180, 183, 184, 

281. 
Hoouara, 205. 
Houmo Said (Ait Hammouou Saïd). 

139. 

Iberkaken (Tizi n), 202, 203. 

Ichichen, 146, 262. 

Ichkern, 167, 168, 171, 284. 

Icht, 215, 242. 

lcht (Oued et Mader d'), 217. 

Ida bou Akkil, 207. 

Ida bou Sian, 208, 209. 

Idaga our Samuuk, 209, 239. 

Ida Guargar, 82. 

Ida Mohammed (Djebel), 62, 63. 



3 lu 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



Ida ou Galloul, 19, 80. 

Ida ou Gert (Plaine à"), 80. 

Ida ou Sagra (Djebel), 220, 222, 228. 

Ida ou Taltas (Djebel), 228. 

Ida ou Tauan (Djebel), 76, 77, 78. 

Ida ou Tghomuia, 80. 

Ida ou Ziki (Djebel), 62, 63. 

Idermi (Oued), 126, 261, 262. 

Idjil, 224. 

Ifiri (Oued), 89. 

Ifni (Oued), 221. 

Ifrad, 227. 

Ifras, 82. 

Ifreu (Pays d'), 222. 

Ifri, 142. 

Ighara, 155. 

Igberould, 82. 

Ighir Oufrani (Cap), 78, 80. 

Igisli, 234.1 

Ignan (Djebel), 227.! 

Igout, 243. 

Ikhf Anan, 195. 

Ikhf n Ighir, 151. 

Ikhoullan (Oued), 261. 

Ikounka (Pays d'), 204, 207, 208, 239, 

261. 
Ilalen, 208. 
Ilegh, 207, 211, 212, 214, 216, 218, 

224, 225, 227, 236. 
Imaghiren, 65. 
Imaghireu (Oued), 81. 
Imaounin, 125. 
Imeghran, 146, 262. 
Imgoun (Oued), 146. 
Imidgher Tahtani, 198. 
Iminau (Oued), 94, 104, 111,112, 114, 

117. 
Imi n Draa, 250. 
Imini (Oued), 261. 
Imiunen (Oued), v. Iminan. 
Imintanout, 33, 63, 67, 68, 72, 73, 84, 

85. 
Imintella, 68. 
Iminzet, 111. 

Imi Ougadir (Oued), 213, 214. 
Imisgarn, 86. 
Imitegh (Oued), 264, 265. 



Imitegh (Pays d'), 148, 265. 
Imseggin, 77. 
Imsmiz, v. Arazmiz. 
Imzoughen, 262. 
Innaoueu (Oued), 28, 52, 176. 
luntir (Djebel), 210. 
Iriri (Oued), 199, 261. 
Issil (Oued), 108. 
Izoughar, 148. 

Kaf es Soultan, 139. 

Kasba Addy Ben Dhou, 272. 

Kasba Béni Rechid, 285. 

Kasba du Kaïd Ben Ouman, 270, 

271. 
Kasba Mtouga, 76, 82, 85. 
Kasba Douerani, 67. 
Kasba el Maghzen, 53,188. 
Kasba Maroussa, 68. 
Kasba Mediouna, 285. 
Kasba Mzouda, 67, 69. 
Kasba Seksaoua, 67, 85. 
Kedoucha, 155. 
Keïra (localité), 67, 70, 71. 
Keïra (Oued), 69, 70. 
Kerm er Roumi (Djebel), 175, 177. 
Kharroub (Oued el), 181. 
Kenadsa, 6, 50, 158. 
Khela Igisel, 199. 
Khela Igrikan, 146. 
Kheneg (El), 142. 
Kheneg (El), 240, 241. 
Kheneg el Gherab, 172. 
Kheneg Tarea, 250, 261. 
Khimet el Arbi, 187. 
Khins el Hamar, 172. 
Khochou (Tizi n), 153, 154. 
Kisan (Djebel), 250. 
Kouga (Pays de), 207. 
Korifla (Oued), 183. 
Koudia Ouled Yahia, 250. 
Ksabi eoh Gheurfa, 28, 34, 51, 150, 

151, 171, 186, 187. 
Ksar Ben Daoud, 285. 
Ksar er Roumi, 74. 
Ksar es Souk, 143, 156, 252, 262, 

264. 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



311 



Kseb (Oued), 75, 79, 80, 82, 83, 84, 

85, 86. 
Ksiba el Ihoud, 141. 
Ksiksou (Oued), 180. 

Lamsal, 82. 

Lektaoua, 252. 

Lella Sisa, 63. 

Lella Tasgitet, 84. 

Libhera, 273. 

Likoumpt (Tizi), 32, 94, 95, 97, 122. 

Madeu, 217. 

Mader Soultan, 254. 

Maghran (ou Moharam), 146. 

Malte, 44. 

Mamora, 184. 

Mansouria (El), 4i. 

Marghen (Asif), 201. 

Marghen (Oued), 125, 126. 

Maribda, 214. 

Marka, 157, 253. 

Maroussa (Prov. de), 68. 

Maroc, v. Marrakech. 

Marrakech (Plaine de), 293 et suiv. 

Marrakech, 15, 30, 33, 40, 52, 60, 61, 

67, 70, 100, 112, 121, 126, 128, 

129, 137, 147, 270, 284, 288, 295, 

298, 300, 301, 302. 
Masin (Oued), 111. 
Massa, 205. 

Matmata-Amkessour, 150, 151. 
Mazagan, 41, 268, 269, 270, 274, 

275, 276. 
Mdaghra, 56, 156, 157. 
Mechra el Hallouf, 284. 
Medjerda, 57. 
Megader (Col de), 170, 172. 
Megissem el Heiram, 243. 
Meharroug (Oued), 22. 
Meknes, 26, 27, 34, 42, 53, 125, 

137, 173, 194, 181, 182. 
Melh (Asif el), 70, 298, 302. 
Melha (Oued), 110. 
Melh (Oued el), 81. 
Mellaha, 155. 
Mellah Tiallalin, 154. 



Melillo (Oued), 173, 177. 
Memmar, 167. 
Mengoub, 189. 
Mergeshoum, 26. 
Mesa (Oued), 191, 209, 211, 238. 
Mesfioua (Oued), 15, 95, 101, 103, 
104, 105, 109, 110, 111, 123, 126, 

128. 
Mesfioua (Kasba), 110, 294, 302. 
Mesgina, 77. 
Mesri (Oued), 151, 159. 
Meza (Oued), 205. 
Mezgita, 250, 251. 
Milhaïn, 85, 87. 
Milhaïn (Oued), 73, 75, 76. 
Miltzin (Djebel), 31, 123, 124. 
Misour (Pays de), 151, 187, 188. 
Mod el Feraoun, 180. 
Mogador, 40, 68, 79, 80, 82, 83, 84, 

88, 89, 92, 239, 242, 271, 298, 299, 

301. 
Mogger, 153, 154. 
Mouça (Djebel), 44. 
Moulasar, 231. 

Mouley Driss Serone (Djebel), 174. 
Mouley Ibrahim (zaouïa de), 102, 108, 

109, 119, 120. 
Mouley Hassan (Djebel), 83. 
Moulouïa l(Oued), 6, 13, 22,35, 48, 

51, 52, 53, 55, 131, 134, 136, 137, 

141, 143, 151, 158, 167, 168, 170, 

171, 172, 173, 175, 176, 177, 185 et 

suiv. 
Msira (Oued), 73. 
Mskala, 79, 84, 86, 87. 
Msouid (Oued), 90. 
Msoun (Oued), 52, 177. 
Mtal, 276. 
Mtouga, 33, 40,69,72, 73,75, 76,82, 

88, 95, 293, 299. 
Mzouda (Pays et kasba de), 299, 300- 

Naam (Oued), 155. 
Nachtigal (Gap), 219. 
Nahar Merdou, 179. 
Naïret, 88. 
Nemiri (Tizi), 64, 66. 



312 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



Nfia (Oued), 31,61, 62, 64, 65,66, 69, 

10, 71,92, 93,96, 97, 99, 100, 103, 

107, 108, 109, 118, 120, 121, 295, 

298, 299, 300, 301, 302. 
Nouu (Cap), 13, 219, 230, 232. 
Noun (Pays d'Oued-), 213, 215, 218, 

222, 224, 226, 230 et suiv., 243, 

244. 
Noun (Oued), 216, 217,218, 225, 228 

229, 230, 232, 233, 235, 237, 238,' 

239, 240 et suiv. 
Nourzan, 121. 
Nzela Mzoudi, 295. 
Nzela (Oued), 138, 139, 140. 
Nzela bou Izlefen, 273. 

Obiod (Djebel el), 177. 

Odat (Outtad), 141. 

Ofran (Pays d'), 222, 227, 228. 

Ogdimt (Djebel), 32, 65, 92, 96, 97. 

Ogdimt (Pays d'), 96. 

Oglat Moussa (Djebel), 161. 

Okhrem, 231, 236. 

Omrad (Tizi n), 248. 

Orgiz (Djebel), 72. 

Ottmann Abousa, 186. 

Ouachmi, 86. 

Ouada(Tizi), 119. 

Ouaghaïn, 178. 

Oualidiia, 269. 

Ouaougrous, 137. 

Ouaouizert, 147. 

Ouaouizert (Oued), 165. 

Ouar (Oued el), 259. 

Ouariretz (Djebel), 177. 

Ouaroun, 233, 234. 

Ouarsenis, 55. 

Ouasifen (Pays d'), 246, 248. 

Oudaia, 300. 

Oudeni (Oued), 213, 217, 220, 221, 

228, 229, 232. 
Oudjau, 207, 212, 226. 
Oudjda, 13,53. 
Ouerzazat(Oued), 262. 
Ougdour (Tizi n), 199. 
Ouichdan (Djebel), 64, 92 : 93, 94, 

96, 97. 



Ouizert, 151. 

Ouizert (Oued), 151. 

Oukherib, 236. 

Ouled Ali (Djebel), 173. 

Ouled ben Sba, 88. 

Ouled bou Ziri, 285, 286. 

Ouled Delim, 273. 

Ouled Djerar, 211, 224, 227. 

Ouled el Hadj (Outtad des), 188. 

Ouled Mucheba, 277. 

Ouled Saïd er Roumla, 207. 

Ouled Sidi Cheikh, 300. 

Ouled Sidi Hassen, 174. 

Ouled Yahia, 258. 

Ouled Zied, 276. 

Ouïmes, 26, 27, 135, 167, 180, 184, 
281. 

Ouïras (Aït) et (Oued), 204, 205. 

Oumchach (Tizi), 97. 

Ouin Djeaiba (Djebel), 172. 

Oum el Achar (Oued), 231. 

Oum er Rebia (Oued), 41, 99, 133, 
134, 136, 144, 147, 167, 168, 170, 
171, 267, 268, 269, 274, 280, 281, 
282, 284, 285, 286, 288, 293, 300. 

Ouin Sbaa (Djebel), 253. 

Ounaïn (Pays d'), 96. 

Ounaïu (Oued el), 96. 

Ouogan, 118. 

Ourgelim (Oued), 181. 

Ourika (Oued), 31, 61, 71, 92, 97, 
100, 101, 103, 105, 106, 107, 109, 
110, 113, 122, 123, 126, 128, 198, 
293, 294. 

Ourika (Province d'), 103, 106, 112, 
123, 192, 201. 

Ourjelim (Oued), 183. 

Ousbi (Oued), 72. 

Ousioua, 23. 

Ousiouen (ou lousioun) (Pays d)', 

199. 
Oussikis (Pays d'), 147, 148, 263. 

Pico Fogo, 225, 232. 

Rabat, 41, 53, 184, 284. 
Raïat (Koudiat er), 293. 



INDEX DES NOMS GEOGRAPHIQUES 



Bas el Ain, 290, 291. 

Ras el Aïn Chichaoua, 296. 

Ras el Oued, 96, 195, 257, 258. 

Ratmii (Oued), 65, 70, 298, 299. 

Rdat (Oued), 31, 60, 61, 101, 103, 

105, 125, 126, 128, 129, 131, 290, 

291, 293. 
Rdem (Oued), 135, 181. 
Reggou (Djebel), 173. 
Begregi, 86. 
Rehamna, 267, 272, 276, 277, 278, 

285, 289, 290. 
Rekkam, 6, 53, 187-188. 
Rif, 13, 58, 173, 176. 
Rijimt (Tizi n), 147. 

Saffi, 40, 268, 269, 270, 271, 276, 

297. 
Saghro (Djebel), 7, 51, 143, 146, 192, 

193, 202, 249, 250, 251, 262, 263. 
Sahab el Ermes, 186. 
Sahab el Geddim, 184, 186, 188. 
Salie], 48, 57. 
Sahridj, 278. 
Saïad (Oued), 215, 228, 229, 231, 

232, 233, 234. 
Sais, 27, 174. 
Salé, 184. 
Sarktan, 122. 
Saout (Tizi n), 117. 
Sebkhas, v. Chotte (Plateau des). 
Sebou (Oued), 13, 53, 134, 135, 136, 

151, 170, 175, 176, 177, 178, 179, 

183, 193. 
Sebsakh, 186. 

Seksaoua, 63, 64, 67, 72, 85. 
Sektana, 92, 105, 106, 107, 109, 118, 

119, 120, 121, 122. 
Sektana (Kasba), 102, 119, 120, 121. 
Selam aleïkoum, 138. 
Semnara (Oued), 73, 75. 77. 
Semrir (Pays de), 263. 
Seous (Oued es), 291, 293. 
Serf er Rokma, 88. 
Serina (Oued), 173. 
Serkou (Plaine de), 187. 
gfifoun (Djebel), 23, 150, 158, 159. 



313 

Sfrou, 28, 171, 179, 180, 182, 183. 
Sgemmel (Oued), 136, 168, 185, 186. 
Siad (Oued), 220, 221, 226, 231, 232, 

233. 
Sidi Abdallah (Douar), 28. 
Sidi Abdallah ben Ouasmin, 86. 
Sidi Ahmed ben iMoussa (zaouïa de), 

211, 212. 
Sidi Aly Kouraty, 90. 
Sidi ben Nour, 276. 
Sidi Bibi, 260. 

Sidi bou Baker (Koubba de), 223. 
Sidi bon Mesguida, 207. 
Sidi bou Sekri, 82. 
Sidi Fars, 102. 
Sidi Kassem, 275. 
Sidi Lalkourat, 90. 
Sidi Mohammed ou Yakob (Oued), 

203. 
Sidi Moktar, 88, 297. 
Sidi Ouarzek (Cap), 230. 
Sidi Ouasmin, 90. 
Sidi Bahal (Koubba de), 276. 
Sidi Behal, 129, 294. 
Sidi Yakoub, 90. 
Sig (Djebel), 123, 124, 126. 
Sim (Gap), 40, 80, 88. 
Siroua (Djebel), 194, 196, 197, 199, 

200, 248, 257, 261. 
Siroua (Oued), 198. 
Smira, 277, 287, 288. 
Smoga(Es), 209. 
Sokra Djaja, 170. 
Souinea, 278, 288, 290. 
Souk Ait Moussa, 73, 74. 
Souk el Arba, 275. 
Souk el Had, 120, 122. 
Souk el Had, 279. 
Souk el Khamis, 221. 
Souk en Nsara, 28, 169, 175 

179. 
Souk Tleta ben Nour, 276. 
Souk Tleta (des Zemmour), 181. 
Souk Tleta du Sous, 207. 
Souk Tleta Hauchen, 86, 87. 
Sous (pays), 74, 79, 121, 190, 247 

257. 



314 



INDEX DES KOMS GÉOGRAPHIQUES 



Sous (Oued), 22, 24, 35, 88, 48, 50, 

51, 65, 71, 73, 76, 82, 90, 97, 98, 
116, 191, 192, 194, 195, 196, 197, 
198, 199, 204, 206, 247, 257 et 
suiv. 

Spartel (Cap), 40. 

Sraghna, 41. 

Srarna (Oued), 299. 

Tabayout (Djebel), 229. 

Taboulaouau, 41. 

Tafilelt, 15, 25, 34, 38, 39, 137, 142, 

150, 229, 255. 
Tafoudeït, 181, 182. 
Tafraout (Djebel), 227. 
Tafrata, 55. 

Tagadir Agadir el Bour, 65. 
Tagentaft (Kasba), 65, 96. 
Tagenza, 151. 

Taghdjijt, 215, 216, 227, 228, 229, 242. 
Tagheraïn, 128.. 
Tagherat (Tizi), 6, 22, 93, 94, 95, 96, 

98, 117, 118,198, 257. 
Taghiaaout, 100, 107, 108, 109, 112, 

113, 119, 120, 122, 294. 
Tagmout, 104. 
Tagouna (Oued), 96. 
Taguergoust, 195. 
Talal, 153, 155. 
Tala n Tefa, 82. 
Talent, 225. 
Talharit, 154. 
Talkjount, 258. 
Talmest, 147. 

Tamalicht (ou Tamaleh), 207, 211. 
Tamanat (Oued), 126. 
Tamanat (Tizi n), 126. 
Tamanart (Kasba), 213, 214, 215> 

218, 227, 229, 242. 
Tamanart (Oued), 213, 216, 229. 
Tamarakt, 110. 
Tamarakt (Oued), 77. 78. 
Tamarakouit (Djebel), 25, 35, 170, 

171, 172, 175, 185. 
Tamarout, 113. 
Tamasert, 223. 
Taraazart (Dj.), 83,86. 



Tamesguia'a l'Alàl, 82. 

Tamesloht, 100, 302. 

Tamgrout, 251. 

Tamjourt (Tizi n), 95, 199. 

Tamlelt (Plaine de), 22, 56, 159, 189. 

Tainlet, 290, 291, 292, 294, 300. 

Tamnougalt, 250. 

Tamrakecht, 142. 

Tamsouk (Djebel), 235, 244. 

Taujtsift (Oued), 249, 250. 

Tanamrout (Tizi), 203. 

Tangarfa (Oued), 247, 2."i0. 

Tansitta, 246. 

Tanslernt, 151. 

Ta ou Amelloul (Oued), 196, 198. 

Taourirt (Dj.), 32, 125, 130, 146. 

Taourirt, v. Talharit. 

Taourirt de l'Azrar, 197. 

Taourirt de l'Ourika, 105, 126, 127. 

Taourirt du Todgha, 265. 

Taourirt ou Seliman, 204, 208. 261. 

Taouriret n lala, 251. 

Targa el Maiat (Oued), 228, 229, 242. 

Tarhamt, 147. 

Tarkeddit (Djebel), 147. 

Tarkeddit (Tizi), 144, 145, 146. 

Taroudant, 30, 63, 73, 190, 206, 207, 

216, 224, 257, 258, 259, 260. 
Tarzout, 179, 180. 
Taschanit, 186. 
Tasghirt (Pays de), 196. 
Tasghirt (Oued), 113, 197, 198. 
Taskaleouin (Djebel), 229. 
Tasserimout, 15, 110, 111, 113, 119, 

128. 
Tasserolfs, 141. 

Tassilount, 107, 108, 112, 113, 119. 
Tassilount (Oued), 108. 
Tassrit, 223, 224, 236. 
Tast (Tizi n), 97. 
Tatta, 254, 256. 
Tatta (Oued), 203. 
Taza, 53, 177. 
Tazarin, 251, 255. 
Tazenaght (pays et Oued), 195, 196, 

198, 246, 247, 261. 
Tazentout, 263. 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



315 



Tazeragh (Djebel), 131. 

Tazeroualt (Oued), 206, 210, 211, 212, 

217, 225, 227, 236. 
Tazeroualt (Pays de), 35, 225, 227, 

239. 
Tebessa (Djebel), 175. 
Tedla (Kasba), 183, 282, 284. 
Tedla (Pays de), 41, 42, 167, 170, 

285. 
Teldj (Djebel et), 22, 23. 
Telouet (Djebel), 199, 200. 
Telouet (Pays de), 125, 146, 199, 

200, 201. 
Telouet (Tizi n), 31, 32, 60, 104, 125, 

129, 130, 131, 132, 144, 199, 200. 
Telghemt (Tizi n), 32, 59, 130, 131, 

137, 139, 141, 148, 150, 186. 
Tel Khedit, 144, 145. 
Temensift, 80. 
Temseua, 284. 
Tendrara el Gharbia (Djebel), 23, 

158, 159, 161. 
Tensift (Oued), 31, 71, 87, .88, 89, 

100, 108, 111, 267, 268, 269, 271, 

273, 274, 283, 287, 288, 289, 290, 

291, 292, 293, 294, 295, 300, 302. 
Tensout (Oued), 299. 
Terboula (Tizi n), 148. 
Termassoun, 240. 
Teruata (Pays de), 250, 251, 252, 

255. 
Terrisin (Tizi n), 148. 
Tersa mta Tesmeght, 184. 
Tesna, 195, 248. 
Tessaout (Kalaa), 283. 
Tessaout el Foukia (Oued), 51, 144, 

145, 146, 166. 
Tessaout et Tahtia (Oued), 132, 144, 

145,166, 280,281, 282,291,293, 294. 
Tiallalin, 141, 142. 143, 154. 
Tiallalin (Outa), 154. 
Tichka (Oued), 126, 201. 
Tichka (Tizi n), 126. 
Tidili (Djebel), 124, 126. 
Tidili (Pays de), 199. 
Tidili (Oued), 198, 261, 262. 
Tidili (Oued), 126, 166. 



Tidsi (Oued), 80. 

Tifernin (Djebel), 202, 248. 

Tifnout (Pays de), 96, 192, 198. 

Tifnout (localité). 98, 199. 

Tifnout (Oued), 65, 97, 198, 199, 257. 

Tigizit (Oued), 221. 

Tigmert, 233, 234, 242, 243. 

Tigri (Chott), 22, 23, 29, 49, 59, 160, 

162, 163, 164. 
Tikirt, 124, 261, 262, 263. 
Tildet (Djebel), 296. 
Tillin, 225. 
Tilouint, 231, 234. 
Tiuiassinin, 82. 
Timatrouiu Iguaouen, 265. 
Timbouktou, v. Tombouctou. 
Timboult (Oued), 299. 
Timekkoul, 96. 
Timesk, 65. 
Tim Gharem, 82. 
Tiuilousen, 127. 
Timrount (Tizi n), 137. 
Tindouf, 218, 242. 
Tinitin, 114. 
Tiutazart, 254. 
Tinzert, 216, 242. 
Tinzoulin, 251. 

Tiouzzagin, 150, 151, 153, 154. 
Tira n Imin (Oued), 139. 
Tisgi Ida Selam, 214. 
Tisgouant, 232. 
Tisgui (Oued), 96. 
Tissa (Dj.), 74. 
Tissimi, 253, 255. 
Tit, 269. 

Tit n Ali, 153, 159. 
Tiza (Djebel), 62, 65, 66, 98, 191, 197, 

202. 
Tizelmi (Djebel), 227. 
Tizert, 125. 

Tizi (Djebel), v. Djebel Tiza. 
Tizgi el Haratin, 215. 
Tizgin (Djebel), 68. 
Tizuidz, 210, 211, 217, 218, 223, 232, 

236. 
Tizouniu, 215. 
Todgha (Oued), 48, 143, 157, 265. 



316 



INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES 



Todgha (Pays de), 147, 148, 251, 265. 

Touibouctou, 218, 243. 

Touf el Az, 203. 

Toufelneh (Ras), 75. 81. 

Tourkous, 242, 243. 

Toursa, 222, 238. 

Trik Akka, 148. 

Trik Anfoug ou Tagzart, 250. 

Trik Idili, 250. 

Trik Iril n Oïttob, 143, 249, 251. 

Trik n Timeght, 251. 

Trik Taghassa, 251. 

Trik Tidekkit, 251. 

Trik Tilkit, 251. 

Trik Tissart, 250. 

Tsoukt (Djebel), 172, 173. 

Tzagoutz, 179. 

Wansero, 99, 104, 105, 112, 114. 



Za (Oued), 54, 55. 

Zagmouzen (Oued), 96, 195, 257. 

Zagora (Djebel), 251, 252. 

Zaïan, 52, 134, 136, 167, 168, 170, 171 . 

Zaïan (Djebel), 169, 17G, 171, 175. 

Zaïr, 52, 183. 

Zaouia Aziz, v. Aziz. 

Zelmou (Djebel), 56, 162. 

Zema (Outa n), 154. 

Zemniour Chellaha, 52, 181, 183. 

Zenaga, 246. 

Zerdouût (Tizi n), 150. 

Zettat, 286. 

Zima, 272, 277, 288. 

Ziz (Oued), 48, 50, 137, 139, 140, 141, 
142, 143, 153, 154, 156, 157, 158, 
192, 193, 252, 253, 262, 264, 265. 

Ziz (Plaine de), 174, 181, 183. 



l'AI'.IS, IMI>. CAMIS ET C ie . 



SECTION OHIEISTALE A. BUllDIN, ANGEP.S. 



ÀCS334 



Schnell, Paul, 1860- 
L 1 Atlas marocai 

: T ...près les documenta 

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